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Après l’avoir endurci: Le G7 supplie Tshisekedi d’aller au dialogue !

Moise et G7-Deux quotidiens paraissant à Kinshasa l’ont relevé dans leurs livraisons respectives du mardi 6 septembre 2016. Avec pour titre «Pour faire barrage à un compromis politique bidon et anticonstitutionnel, Tshisekedi doit conduire le ‘Rassemblement’ au dialogue», le premier considère qu’«Un contrepoids s’impose à l’heure actuelle pour contourner le schéma de la Majorité présidentielle visant à s’accrocher au pouvoir au moyen du dialogue. C’est le rôle que doit jouer Etienne Tshisekedi en assouplissant sa position afin de faire barrage à un compromis politique bidon et anticonstitutionnel mijoté par le pouvoir. En lieu et place du boycott, il a tout intérêt  à créer l’événement en allant, flanqué de son ‘Rassemblement’, s’approprier ces négociations dont il est l’initiateur et le défenseur». Avec sa manchette «Le G7 change de stratégie : rejoindre le dialogue, puis le détruire de l’intérieur», le second note : «Le Groupe de 7 partis dissidents vient prendre place au tour de la table du Dialogue pour une raison strictement tactique, vieille comme le monde. Mettre le pied à l’étrier pour bloquer la machine afin que rien n’avance, et qu’aucune résolution ne soit prise. Ce n’est pas un canular. L’information résulte des sources crédibles. Le G7 se préparerait à entrer au Dialogue Politique National Inclusif. Et ce, sans Moïse Katumbi ! Pourquoi  maintenant ? Qu’est ce qui se cache derrière ce revirement ? Ce qui inquiète davantage, c’est que c’est l’ancien gouverneur du Katanga qui aurait, lui-même, ordonné à ses collègues, dissidents de la mouvance présidentielle, de changer de stratégie»

            Il y a lieu de le souligner d’emblée : depuis un certain temps, le premier s’affiche ouvertement pro-Katumbi. Il a renoué avec Etienne Tshisekedi à la faveur du conclave de Bruxelles-Genval liant les deux acteurs politiques. Le second s’affiche pro-Kabila. Il s’agit, on s’en doute, des journaux «Le Potentiel» et «L’Avenir» dont les sièges sont côte-à-côte, avenue Kongo Central.

« L’Avenir » de l’honorable Pius Muabilu introduit son papier par le rappel du  parcours sinueux de quelques ténors du G7. Notamment Pierre Lumbi, Olivier Kamitatu et Mwando Simba. Se demandant comment « peut-on sereinement construire un projet solide avec un  groupe dirigé par ce trio, coutumier de trahisons», le quotidien révèle que «Jusqu’ici le G7 vit comme une sangsue, tirant la subsistance vitale du sang de ceux qu’elle approche et s’y accroche». Et de déduire : «Aujourd’hui, après avoir sucé autant que faire se peut le ‘régime Kabila’; après avoir manipulé et tiré la manne financière qu’il pouvait de Moïse Katumbi ; après avoir essayé de profiter du solde de popularité qui reste encore à Etienne Tshisekedi, le groupe des traîtres patentés tente de voler de ses propres ailes ». Objectif ? Entrer au Dialogue.

            Pro-G7, «Le Potentiel» de l’honorable Modeste Mutinga ne cite nulle part ce regroupement dans son article. Il met plutôt sous pression Etienne Tshisekedi en lui faisant observer qu’«En fermant la porte à toute forme de compromis pour lever le bouclier à sa participation à ces assises», le président national de l’Udps et «Rassemblement» «ont engagé un pari qui risque d’être contreproductif». En effet, soutient-il «Dans différents cercles politiques, le sujet alimente désormais les discussions». Et de se demander si «Etienne Tshisekedi serait-il en train de s’isoler en ravivant davantage un radicalisme et une intransigeance qui commencent à gêner la communauté internationale» !

            Le journal lui au lider maximo qu’il a été «le premier à réclamer un dialogue avec le camp présidentiel au lendemain de la crise postélectorale de 2011», que «La Majorité présidentielle a boudé, dans un premier temps» et que «…la persistance de la crise postélectorale, suivie du retour du feu l’abbé Malumalu aux commandes de la Céni», avait fait bouger les lignes. D’où l’Accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013.

            Sous l’intertitre «Prendre Kabila au mot», le journal affirme que c’est sous la pression de la communauté internationale qu’en 2015 le Chef de l’Etat a réchauffé «le projet en en fixant les objectifs et le cadre». Il reprend même en citation certains propos du discours sur l’état de la Nation du 15 décembre 2015, notamment l’impératif de «trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à des élections crédibles et apaisées». Il va même jusqu’à flatter l’orgueil du Raïs en évoquant la main tendue «à tous les courants politiques et sociaux en indiquant » et sa conviction sur le fait que «ce n’est pas par la violence que nous réglerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations Unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes. Mais plutôt de nous-mêmes, et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais, mus par la fibre patriotique, et inspirés par l’appel à l’auto-détermination et à l’auto-prise en charge, toujours d’actualité, de nos deux héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et M’zée Laurent Désiré Kabila».

Il salue l’adhésion de la communauté internationale «à la vision d’un dialogue inclusif en désignant un facilitateur international». Ce qui amènera le Conseil de sécurité, poursuit-il, à prendre la résolution 2277 «venue sceller les contours du dialogue en le quadrillant dans les limites de la Constitution».

Constatant l’ouverture du Dialogue le 1er septembre 2016 «après moult tergiversations », et ce en l’absence d’Etienne Tshisekedi et de ses alliés en raison «de la non prise en compte complète des préalables posés par le Rassemblement», «Le Potentiel» suggère le changement de cap en relevant le fait selon lequel «L’histoire politique de la RDC renseigne que la politique de la chaise vide n’a jamais payé ».

C’est sous l’intertitre «Contrer la Majorité de l’intérieur» qu’il appelle clairement Etienne Tshisekedi à se souvenir de «l’art de compromis» qu’est par essence la politique. Et de conclure : «Quoi de plus normal que Tshisekedi se déplace vers la cité de l’UA pour imposer un compromis dans le strict respect de la Constitution et de la résolution 2277 des Nations unies. Tshisekedi peut et doit créer l’événement en amenant le ‘Rassemblement’ au dialogue. C’est le seul moyen d’empêcher l’adoption d’un compromis politique bidon et anticonstitutionnel».

            Le G7, juste un rappel, n’apparaît nullement dans cet article. Moïse Katumbi une fois, et juste pour la cessation des poursuites judiciaires.

Que de temps et d’énergies encore perdus !

            Ce plaidoyer à la fois remarquable et pathétique a une explication. Une seule alors : le refus manifeste de la Communauté internationale de céder à ce qui vire de plus en plus au chantage dans le chef de Rassemblement, sinon de l’Udps.

            Dans l’avant-dernière livraison intitulée «Surenchère des préalables : Tshisekedi joue avec les nerfs des partenaires extérieurs…», résumé est fait des injonctions des Etats-Unis, de l’Onu, de l’Ua et de l’Ue en vue de la participation de «Rassemblement» au Dialogue. Déjà, les révélations du facilitateur international Edem Kodjo sur les contacts Mp-Udps à l’hôtel Raphaël à Paris contenues dans le discours-papier lors de la cérémonie d’ouverture du Dialogue à la cité de l’Union africaine le 1er septembre 2016 ont convaincu les observateurs nationaux et internationaux du double langage d’Etienne Tshisekedi. Pire, dans la fameuse nouvelle feuille de route du 31 août 2016, «Rassemblement» ouvre ce qui convient d’être considéré comme la boîte de Pandore en ce qu’il étend l’ordre du jour aux questions relatives à la Territoriale, à l’Armée, à la Police, aux Services de Sécurité, aux Sociétés d’Etat et aux Etablissements publics. Or, dans l’Acte final de Bruxelles-Genval du 10 juin 2016, les exigences portaient entre autres sur l’organisation des élections dans les délais constitutionnels, la mise en œuvre intégrale de la Résolution 2277, la décrispation de l’espace politique, l’organisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle…

            Au final, pour paraphraser Stève Mbikayi, on croyait avec Bruxelles-Genval que Tshisekedi devait amener le G7 au Dialogue, mais on se rend plutôt compte du contraire : c’est le G7 qui l’en éloigne.

            Le plaidoyer du journal «Le Potentiel» a donc tout d’un rétropédalage : G7 entreprend de ramener le président national de l’Udps à ce forum.

            Que de temps et d’énergies encore perdus !

            Mais, surtout, qui s’amuse à se jouer d’Etienne Tshisekedi…

 

Omer Nsongo die Lema