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Aucune disposition n’est prise pour l’entretien des artères « modernisées ».


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Par Rombaut Ot.

Il est de notoriété publique que la ville de Kinshasa est sale. Selon toute vraisemblance, cette allégation serait fondée au regard de l’image macabre qu’offre la capitale rd congolaise. Partout et cela est vérifiable, l’insalubrité saute aux yeux mêmes des aveugles. L’on ne peut franchir 1 m sans marcher sur des sachets. Ceux-ci non biodégradables jonchent tout le sol de la capitale. Partout sur les chaussées ce sont des détritus d’origine diverse. Dans les marchés, dans certains endroits publics, à côté de nos écoles et même des églises, les immondices sont jetées dans l’indifférence totale des citoyens. Des caniveaux sont bouchés à tel point où lorsqu’il pleut les eaux débordent sur les chaussées transformant celles-ci en ruisseaux. Dans plusieurs endroits, après la pluie la terre se transforme en boue, ce qui renforce davantage la laideur de la ville.  

Aujourd’hui nous constatons qu’aucune disposition n’est prise pour l’entretien des artères « modernisées » dans le cadre des cinq chantiers. Nous en voulons pour preuve l’état actuel du boulevard du 30 juin où une bande de sable s’amoncelle déjà sur cette importante artère en pleine réhabilitation. La place rebaptisée Place du cinquantenaire est actuellement envahie par des sachets et déchets de tous genres jetés par des inciviques alors qu’elle a attiré un grand nombre de badauds à la fin des travaux de sa modernisation. La tribune érigée en face du Palais du peuple à l’occasion du défilé du cinquantenaire n’échappe pas à ce genre de vandalisme.

Ce tableau sommaire indique clairement que Kinshasa n’est plus Kin-la-belle des années 70 Elle est devenue aujourd’hui Kin-la-poubelle. Ce qui inquiète les Kinois et les gens qui aiment encore ce pays c’est l’indifférence des autorités tant nationales que provinciales. Kinshasa étant le siège des institutions de la République, son image reflète celle du pays tout entier. Tout devrait donc être mis en marche pour redorer l’image de cette capitale qui compte parmi les plus grandes du continent africain.

Pourtant dans un passé récent, il a existé le Programme national d’assainissement (PNA) qui a abattu un travail tant soit peu honorable. Pourquoi un service aussi important pour notre capitale a-t-il mis la clé sous paillasson ? Parce que principalement il était financé par les partenaires extérieurs. Et lorsque ceux-ci ont fermé leurs robinets, le PNA est mort de sa belle mort.

Cette situation nous amène à poser la question de savoir si la salubrité de notre milieu de vie doit dépendre des autres. En sus de quoi l’on doit nous prendre pour des inconscients et des irresponsables. Effectivement nous le sommes. La preuve ? Voici bientôt cinq ans que l’assemblée provinciale de Kinshasa fonctionne. Aucune fois nous n’avons entendu un élu de la capitale interpeller l’exécutif provincial sur la problématique de l’insalubrité à Kinshasa. Souvent les débats à l’APK ne tournent qu’autour des sujets qui ne touchent pas directement les préoccupations des Kinois.

Mais que faire pour ne pas continuer à se lamenter alors qu’entre-temps la ville se meurt au vu et au su de tout le monde ? Puisque cette question d’insalubrité ne concerne pas uniquement Kinshasa mais l’ensemble de nos villes, il faut envisager une solution d’ensemble. Pour ce, il nous semble opportun de créer une société chargée de la salubrité de nos villes. S’il n’est pas possible de fonder un office de salubrité publique (OSP) pour des raisons de trésorerie, il importe néanmoins d’élargir les missions de l’Office de voirie et drainage (OVD) aux tâches de salubrité publique. D’ailleurs si les autorités publiques font de la salubrité une préoccupation, cette activité contribuera à réduire sensiblement le nombre de chômeurs qui peuplent nos villes par la création de nombreux emplois qu’elle va générer.

Le défi demeure grand à relever. Il ne faut pas croiser les bras. Kinshasa devient du jour au jour invivable. Il faut donc absolument faire quelque chose pour sauver la ville. Il faut réagir aujourd’hui. Demain risque d’être trop tard.

Rombaut Ot.