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CENI : l’UDPS favorite, mais …

Source: Le Potentiel

Les trois postes, sur sept, réservés à l’Opposition au sein du directoire de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) attisent bien des convoitises. Le MLC, l’UDPS, le RCD, le CDR et les autres sont dans la course. La Majorité observe, non sans intérêt. Les temps ont-ils mûri pour que l’Opposition présente, cette fois, l’image d’un corps homogène pour espérer équilibrer les vues de la Ceni avant, pendant et après les prochains scrutins ?

A quels partis de l’Opposition politique reviendraient les trois postes que réserve la Loi portant création et fonctionnement de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) ? Il est prématuré de répondre à la question. Cependant …

Au lendemain de la promulgation de cette loi, une certaine fébrilité s’est emparée du microcosme politique congolais. C’est bien naturel. Si les leaders des partis membres de la Majorité semblent se calfeutrer derrière les murs de sécurité, il serait imprudent de conclure qu’ils ne se mijotent pas de coups bas. La sérénité affichée, on le sait, n’est que de façade.

Par contre, dans le camp des partis de l’Opposition, l’agitation est vite montée d’un cran. Heureusement que, jusque là à travers leurs interventions dans les médias, les acteurs politiques de ce bord se montrent encore discrets, réservés, courtois. Ce n’est pas qu’ils ont perdu de leur pugnacité. Il est plutôt question de ne pas brûler les cartes et, avec elles, se brûler aussi.

Au cache-cache de la Majorité répond donc la dynamique de l’Opposition. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président de l’historique UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), a sonné le tocsin. Depuis l’Europe, où il poursuit son séjour médical, il a annoncé, au cours d’une conférence de presse, la volonté de son parti d’accéder au bureau de la prochaine Ceni.

INDISPENSABLE CONCERTATION

Le cri de Tshitshi a été entendu au pays. Il était même souhaité. Selon les observateurs, l’implication de l’UDPS, cette fois, contrairement aux scrutins de 2006, crédibiliserait davantage le processus électoral. Qu’on le veuille ou non, l’UDPS demeure une donne non négligeable dans le processus démocratique enclenché par le maréchal Mobutu le 24 avril 1990.

Mais, il y a un mais, comment cette « intrusion » est-elle appréciée par la classe politique étiquetée « Opposition politique » ? On sait que le RCD Azarias Ruberwa revendique l’un des trois postes du quota Opposition. Néanmoins, il plaide pour que, comme le RCD, l’UDPS obtienne un deuxième.

Pour le MLC Thomas Luhaka, une concertation est indispensable pour réunir et l’Opposition parlementaire et l’Opposition non institutionnelle aux fins de désigner les trois représentants de l’ensemble de l’Opposition à la future Ceni. Point de vue proche de celui de Me Lumeya Dhu Maleghi du Camp de la Patrie. L’avocat encourage le parti d’Etienne Tshisekedi à prendre langue avec les députés membres de l’Opposition parlementaire. Ce rapprochement aurait l’avantage d’amadouer l’égo de ces derniers, geste qui les incitera par la suite à endosser la candidature du délégué UDPS à la Ceni.

HABILETE PLUTOT QU’INTRANSIGEANCE

La polémique, apparemment, ne fait que commencer. L’irréductible Dr Kabamba Mbwebwe du Front Patriotique, n’a pas rompu avec son mordant. Face à cette question de représentativité au sein de la Ceni, le médecin suggère franchement à l’Opposition de préférer l’UDPS au RCD. « Si l’on veut donner un minimum de crédibilité à la Ceni, il faudrait choisir l’UDPS » laquelle, en sa qualité de parti de l’Opposition non institutionnelle, inspirerait à toute l’Opposition « un peu plus de sécurité ». Chose que ne réussirait pas le RCD. Une autre voix plutôt réservée par rapport aux déclarations citées ci-haut, c’est celle de Lisanga Bonganga. Le député national de la Convention chrétienne pense qu’à ce stade, on ne peut pas interdire à un parti politique d’exprimer ses ambitions. Toutefois, précise-t-il, « ce qui compte c’est la fin ». En d’autres termes, toute l’Opposition – parlementaire et non institutionnelle – devra dialoguer. A l’ordre du jour de la rencontre : la désignation des trois représentants membres de la future Ceni. Le consensus et le compromis seront-ils de la partie ? C’est l’idéal.

Il y a l’idéal. Il y a la pratique. Difficile, dans le contexte congolais, de jurer sur le personnel politique. Voilà une cruciale opportunité pour Tshisekedi et son UDPS de chercher à composer, coûte que coûte, avec les autres partenaires de l’Opposition. Et ce, sans considération de leur taille ou de leur assise. Il est trop tôt d’évoquer ces facteurs.

Autant l’Opposition a stratégiquement besoin du poids politique de l’UDPS dans les joutes à venir, autant la Majorité prie pour que la communion de pensée n’effleure pas les ténors de l’Opposition dans la quête de leurs représentants à la Ceni. Alors, qui fera couler la pirogue avant même sa mise à flot ? L’habileté ne vaut-il pas mieux que l’intransigeance ?

Par Le Potentiel
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