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En opérant plus en position défensive qu’en position offensive

KABILA- BAN-Le Pouvoir se fait trop avoir dans des rapports sur les droits humains…                                                                                    

  Le cas le plus éloquent est celui du Rapport de la Monusco sur les violences observées autour des élections du 28 novembre 2011. Incohérences, incongruités, indélicatesses ponctuent ce document visiblement rédigé par des plumes “politiquement motivées”, si bien que l’on se demande pourquoi la Monusco, sous le couvert duquel opère le Bureau Conjoint des Nations-Unies pour les Droits humains (BCNUDH), l’a-t-il endossé…

          Encore cinq petits jours, 2013 s’achève avec un dernier trimestre (octobre-novembre-décembre) fort mouvementé car pleins d’événements à caractère politique : clôture des Concertations nationales, victoire des Fardc sur le M.23, rendez-vous manqué de Kampala pour la signature des Actes finaux du processus dit de Kampala et, finalement, signature desdits actes à Nairobi en marge du 50ème anniversaire de l’indépendance du Kenya.

            Etrange coïncidence : c’est après le rendez-vous manqué de Kampala – imputé injsutement au Gouvernement congolais – que le BCNUDH/Monusco a sorti de ses tiroirs un rapport d’une vingtaine de pages sur les violences observées autour des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 datant de mars 2012 !

            Fait insolite : pour la première fois, la Monusco n’a pas été félicitée par les Opposants contestataires de la victoire électorale de Joseph Kabila. Ils y ont trouvé un “non-événement”. 

            Face à la tendance observée dans le chef des protagonistes de tourner la page, l’occasion est indiquée de revenir à la célèbre phrase de Yerodia Abdoulaye Ndombasi selon laquelle “On ne tourne pas la page avant de l’avoir lue“.

            Aussi, on ne peut tourner la page de 2013 sans revenir sur ce fameux rapport duquel les acteurs de la Majorité se doivent de tirer la leçon de s’intégrer, à partir de 2014, dans le monitoring des structures en charge de la promotion et de la défense des Droits humains. Exactement comme le font les “initiés” de l’Opposition.

            En 2008 – juste un rappel pour saisir la portée de l’implication dans ce monitoring –  Human Rights Watch avait largué une véritable bombe sous le titre  “On va vous écraser“. Son rapport avait repris les actes de violences qui avait entouré le processus électoral de 2006, les événements du Bas-Congo et de Kinshasa en 2007 avant de déboucher sur l’aventure du Cndp, alors sous Laurent Nkundabatware.

            Tout a été dépeint de façon à engager la responsabilité entière et totale du Gouvernement dans les actes d’insécurité connus à Kinshasa, au Bas-Congo, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Hrw soutenait avoir documenté 500 assassinats et 1.500 arrestations d’Opposants en l’espace de deux ans…

            C’est Lambert Mende qui, à force d’arguments-massue, démonta ce document sulfureux.

            “Chassez le naturel, le naturel revient au galop“, dit-on. La même ONG va effectivement revenir trois ans plus tard sur le sport qui lui réussit le mieux : les violences en période électorale.  Ainsi, fut-elle la première à annoncer l’assassinat de 18 combattants de l’Udps le 26 novembre 2011, chiffre repris par le cardinal Laurent Monsengwo dans sa déclaration du 12 décembre 2011.

            Mise par Lambert Mende au défi d’en produire les preuves devant la Haute cour militaire en tant que renseignante, l’ONG s’est pratiquement défilée. Tout ce que la RDC en a gagné, c’est la deuxième revendication du M.23 pour son aventure politico-militaire, après la première revendication relative à l’évaluation de l’Accord du 23 mars 2009.

            La suite est connue : il y a eu ce long et stressant processus de Kampala, ponctué d’actes de violence de tous genres, sur fond des pillages de ressources naturelles et autres formes de richesses congolaises. Des Congolais sont morts, mais aussi des Tanzaniens de la Brigade internationale de la Monusco.

 

Non ! Lambert Mende ne l’a jamais dit !

 

            Déjà, à l’analyse du premier paragraphe du rapport du BCNUDH/Monusco (Introduction, page 6), on tombe sur cette phrase : ” La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé les résultats provisoires de l’élection présidentielle 1“.          Quand on consulte dans les références le point 1, on lit exactement ceci : “La CENI a annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle selon lesquels M. Joseph Kabila a obtenu un total de 48,95 % des suffrages contre 32,33 % pour M. Etienne Tshisekedi“. Jusque-là, rien d’anormal à signaler.

            Mais, c’est avec le deuxième paragraphe que commence l’anormal, le soupçon. Les rédacteurs du rapport notent, en effet, que ” M. Etienne Tshisekedi, candidat à l’élection présidentielle pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et principal rival de M. Joseph Kabila, a rejeté les résultats annoncés par la CENI en s’appuyant sur les rapports des observateurs tant nationaux qu’internationaux qui ont fait état d’irrégularités 2“.

            Or, il est de notoriété publique que pour contester les résultats publiés par la Céni, Etienne Tshisekedi n’avait nullement évoqué ces rapports-là. Voici exactement ce qu’il avait déclaré le 10 décembre 2011 sur France 24 et sur Rfi. Sur France 24, il avait dit : « Sur base des données des différents bureaux de vote, je me considère comme Président de la République. Les résultats de Ngoy Mulunda  proclamant Joseph Kabila gagnant n’est autre que de la provocation, une insulte faite au peuple Congolais. Je les rejette en bloc. Ngoy Mulunda n’a pas le monopole des résultats. Des PV en notre disposition et auxquels nous nous tenons le contredisent ». Tandis que sur Rfi, le même jour, il s’était fait plus explicite. Convié à réagir à l’annonce la veille, par la Céni, de la victoire de Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi répondra : « C’est une provocation que nous rejetons avec force. Il n’y a aucun doute que c’est moi qui suis élu. Nous avons des procès-verbaux que mon parti qui est installé sur l’ensemble du pays a compilés. C’est moi qui suis de loin, de loin d’ailleurs vainqueur de ces élections. Dans les 75 % ! ». Rfi poursuit : « Vous êtes vainqueur à 75 % ? ». Etienne Tshisekedi va renchérir : « Contre 28, 27 ou 30 % de Kabila. C’est moi qui suis élu ».

            Or, il est de notoriété publique que les observateurs nationaux et internationaux n’ont jamais, mais alors jamais publié des résultats donnant Tshisekedi vainqueur. Même le Collectif des 15 ONGDH proches de l’Udps évoqué dans le rapport de ce parti du 17 janvier 2012 ne l’avait pas osé. Il s’était contenté de préconiser l’annulation pure et simple des scrutins.

            Autre indélicatesse que le BCNUDH/Monusco endosse, c’est la recommandation de la référence n°2 ainsi rendue : ” Consulter notamment www.cenco.cd/index.php/actualité/248-mise-au-point-du-secretariat-general-de-la-cenco-sur-les-elections.htlm. Le 14 décembre 2011, dans un communiqué du gouvernement, le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende, a lui-même explicitement reconnu que les élections étaient entachées “d’irrégularités et de dysfonctionnement”. Il a cependant déclaré que ces derniers ” n’étaient pas de nature à modifier l’ordre de proclamation des résultats de l’élection présidentielle tel que présenté par la CENI“.

            On ne comprend pas pourquoi le BCNUDH/Monusco s’abstient, sur ce point précis, d’évoquer le contexte dans lequel le ministre Lambert Mende avait fait cette déclaration. Pour rappel, le porte-parole du Gouvernement s’était appuyé sur un extrait du rapport du Centre Carter du 10 décembre 2011 soulignant que l’évaluation du processus électoral, selon son analyse, “… ne propose pas que l’ordre final des candidats est nécessairement différent de celui annoncé par la CENI… “. Il y a lieu de noter au sujet dudit rapport le refus de l’ex-président de la Zambie Ruphia Banda, pourtant à la tête de la délégation du Centre Carter, d’entériner ce rapport préliminaire.

            Ceci pour la partie concernant les résultats électoraux.

 

Informations provenant des sources non citées

 

            Pour la partie concernant les violations imputées à la GR, on peut se limiter au point 14 décrivant les événements qui s’étaient produits le 26 novembre 2011.

            D’emblée s’impose cette observation : Human Rights Watch avait constaté 18 personnes tuées le même jour. Et voilà le BCNUDH/Monusco constater plutôt 17 personnes tuées le 26 novembre 2011 et les jours suivants.

            Mais, ce qui intéresse tout analyste avisé, c’est la circonscription des lieux : aéroport de Ndjili, boulevard Lumumba, Masina, Matete et Kingabwa.

            Les rédacteurs du rapport notent à ce propos : ” D’après les informations recueilles par l’équipe, des milliers de membres et sympathisants de l’UDPS et du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) s’étaient, en effet, rassemblés ce jour-là à l’aéroport international de Ndjili afin d’accueillir les présidents de leurs partis respectifs, qui devaient y atterrir en milieu de journée (…) Une fois entrés dans l’enceinte de l’aéroport, les éléments de la GR en sont ressortis et ont ouvert le feu pour disperser la foule. Alors que certains éléments de la GR tiraient en l’air, plusieurs autres tiraient à balle réelle sur les personnes rassemblées sur l’esplanade de l’aéroport. Après le départ du convoi reparti de l’aéroport vers Kinshasa sans le président, les éléments de la GR ont également tiré sur les passants circulant tout le long du boulevard Lumumba qui s’étend de l’aéroport de N’djili jusqu’à la commune de Limete, principalement aux quartiers Badara non loin du Camp CETA, Mikondo, Mokali, Bitabe, Marché liberté et Place Eucalyptus. A titre d’exemple, un homme âgé de 39 ans a été atteint à la tête par une par un élément de la GR alors qu’il s’était rendu à l’aéroport de N’djili pour accueillir le président de l’UDPS et qu’il était posté sur la route à quelques mètres de l’aéroport. L’homme est décédé sur le coup“.

            Récapitulons : les informations recueillies par l’équipe du BCNUDH/Monusco ne proviennent pas de ses propres agents déployés sur le principal terrain des événements. Elles proviennent des sources non citées. Qu’à cela ne tienne !

            Les faits gravissimes sont au moins les tirs à balle réelle sur les personnes rassemblées sur l’esplanade de l’aéroport et le long du boulevard, cela de l’aéroport à Limete, sur une dizaine de kilomètres. Ce qui laisse supposer un carnage quand on sait que des milliers de gens se trouvaient de part et d’autre de l’artère.

            Mais voilà que le BCNUDH/Monusco documente juste un mort dont il relève l’âge (39 ans) sans pour autant révéler son identité ! C’est quand même curieux que les rédacteurs se soient préoccupés de l’accessoire (âge et sexe) que de l’essentiel (noms). Dire que la victime était membre de l’Udps et que, de ce fait, elle était identifiable.

            Pourtant, un fait documenté est censé réunir des preuves élémentaires d’identification. Des preuves inattaquables, des preuves irréfutables.

 

Avant de tourner la page de 2013

 

            Au regard de ce qui précède, l’observation à faire aux officiels du Pouvoir est qu’ils ont doublement tort d’être absents des lieux où s’effectue le monitoring sur les droits de l’homme et de croire que le silence est d’or. En cette matière ultra-sensible, l’adage “Qui ne pipe mot consent” est généralement considéré comme un aveu de culpabilité.

            L’enseignement majeur à tirer alors est que le droit international fait peu cas, voire pas du tout, des violations dont se rendent coupables les membres des partis politiques de l’Opposition et les activistes des ONGDH.

            Le droit international s’applique sur des violations commises par les détenteurs du Pouvoir en raison de l’autorité qu’ils exercent sur les forces de l’ordre et les forces de défense.

            L’Opposition, depuis l’époque du maréchal Mobutu, en est consciente. Elle est présente là où se boutiquent, pardon se mènent des enquêtes sur certains incidents dont elle peut même planifier la production et en fournir rapidement les preuves aux partenaires extérieurs.

            C’est-là – elle le sait parfaitement bien – le vrai front qui fait agir ou réagir la communauté internationale et nourrit de haine une certaine “Diaspora des combattants”.

            Cela dit, tournons la page de 2013 pour ouvrir celle de 2014.

            Avec pour première ligne à lire calmement : Meilleurs voeux de Nouvel An.     

 

Omer Nsongo die Lema

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