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Entre le marteau de la Communauté internationale et l’enclume du Peuple congolais

-Le Face à face du ‘‘Rassemblement majoritaire’’ et de la ‘‘Majorité minoritaire’’

En quête de Consensus politique et national

Entre le marteau de la Communauté internationale et l’enclume du Peuple congolais

 

‘‘La meilleure arme, c’est s’asseoir et parler’’

Nelson Mandela’, Président de la République Sud-Africaine (RSA) 1994 – 1999 et Héros de l’abolition du régime ségrégationniste d’Apartheid

Depuis le jeudi 8 décembre 2016, Kinshasa est, indéniablement, en pleine ébullition. En effet, à la veille de la fin du second et, surtout, dernier mandat de Joseph Kabila Kabange, la capitale politique et administrative de la République démocratique du Congo (RDC) est, à vrai dire, le théâtre des pourparlers politiques. En fait, ces négociations politiques intercongolaises mettent face à face les signataires du fameux ‘‘Accord du 18 octobre 2016’’ ou ‘‘le Pacte du camp Tshatshi ’’, conclu à la va-vite à la Cité de l’Union africaine (UA), et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement – [politique et démocratique NDLR] – dont l’acronyme est le (RFPSC).

À la suite du monologue de la Cité de l’Union africaine (UA), ce nouveau forum politique, se déroulant au siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), réunit, en réalité, deux camps aux prétentions politiques et idéologiques, somme toute, variées et diamétralement opposées. Il confronte, réalistement, deux visions intrinsèquement liées à l’avenir politique de la Nation et de l’État. D’un côté, se pavane comme un paon le conglomérat de celles et ceux dont le slogan est ‘‘Wumela’’. Ce signifie ‘‘Régner ad vitam aeternam’’.

Cette équipe, certes, adossée au pouvoir finissant et vermoulu présente, manifestement, cette particularité et cette singularité d’offrir sur un plateau d’or à ‘‘l’imposteur’’ Joseph Kabila Kabange la certitude de ‘‘glisser’’. En effet, au travers d’une convention ‘‘privée’’ et ‘‘sectaire[i]’’, ce camp plutôt motivé par la seule et unique perspective de partage des maroquins ‘‘proroge’’, sans autre forme de procès, de 18 mois le mandat présidentiel de l’Usurpateur. Ce qui est, indubitablement, une manière d’accorder un sursis au pouvoir maffieux d’occupation étrangère et de pillage meurtrier de toutes ressources nationales. Il sied de mentionner que ce ‘‘cadeau’’ offert à Joseph Kabila Kabange n’est pas vraiment sans rappeler le tristement célèbre épisode de l’Hôtel des Cascades vécu à Sun City, une station balnéaire de la République Sud-Africaine[ii]. Sans compter que dans le cas présent, il a néanmoins cette faculté de violer, de manière flagrante, bon nombre de dispositions de l’édifice constitutionnel.

Aussi cette équipe dont l’idéologie politique est, sûrement, la ‘‘Wumelacratie’’ présente-t-elle cette particularité et cette singularité de faire d’un simple accord privé et sectaire – ce qui est incompréhensible et inadmissible – une ‘‘loi supraconstitutionnelle’’. Donc, ce conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes – pour reprendre cette formule d’ailleurs chère à Mzee Laurent-Désiré Kabila (LDK) – s’arroge, toute honte bue, le droit d’exercer une compétence politique et constitutionnelle qui relève, pourtant, du Parlement réuni normalement en Congrès. Ce qui est, par essence, un impair politique ‘‘gravissime’’. Une telle forfaiture relève, essentiellement, de la ‘‘haute trahison’’ d’autant plus qu’il s’agit, en l’espèce, d’un ‘‘coup d’État’’,  cette fois-ci soft. [Purement et simplement !]

Aussi cette équipe au service exclusif de l’occupation étrangère et du pillage meurtrier présente-t-elle cette particularité et cette singularité de faire retourner immédiatement la République démocratique du Congo à l’époque de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL). Cette triste période se caractérise par le fait que le destin politique de ce vaste pays au cœur de la région des Grands Lacs africains et d’Afrique centrale dépend inexorablement d’un texte manuscrit. Celui-ci est, d’ailleurs, griffonné par une bande de soudards locaux et étrangers dans l’optique d’hypothéquer tous azimuts l’indépendance de l’État et la souveraineté de la Nation.

En face des signataires du ‘‘Pacte privé et sectaire’’ du camp militaire Tshatshi, campent solidement les promoteurs de l’Accord de Genval (banlieue bruxelloise). Celui-ci porte, très naturellement, dans les fonts baptismaux le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Celles-ci sont réunies autour d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, leader charismatique de l’UDPS, qui plus est Opposant historique à la triade despotique incarnée, personnifiée, à diverses époques par le Togolais Mobutu Sese Seko du Zaïre, le Malawite Mzee Laurent-Désiré Kabila et le Rwando-tanzanien Joseph Kabila Kabange. Il sied de souligner que ce camp est viscéralement opposé à toute prorogation du mandat présidentiel de l’imposteur Joseph Kabila Kabange. À cet effet, celui-ci exige – rien que moins – le respect strict et intégral de la Constitution de Liège du 18 février 2006 qui est, par définition, ‘‘un acte de vente [bradage, spoliation] des ressources du pays’’.

Force est de relever que, vingt-quatre ans après l’ouverture de la véritable Conférence nationale souveraine (CNS), l’Église catholique du Congo accepte volontiers de jouer, en sa qualité de puissance religieuse et d’autorité morale, la ‘‘Modération’’ dans un forum politique. Cette institution adopte cette attitude dans l’optique de trouver une solution viable consolidant aussi bien la paix et l’harmonie que la liberté et la démocratie. Ce qui n’est pas sans arrière-pensée surtout dans un pays gangrené par la montée en puissance des groupes charismatiques, syncrétiques et évangéliques d’obédience protestante.

Aussi convient-il de noter que, dix-neuf ans après l’effondrement irréversible du régime politique, directement issu d’une CNS revue et corrigée, ‘‘polluée’’ et ‘‘verrouillée’’ par les forces politiques mobutistes, cette Confession religieuse accepte volontiers de jouer la ‘‘Médiation ou les Bons offices’’ dans une crise politique qui affecte sensiblement la Collectivité publique. Cette Assemblée ecclésiastique accepte de jouer très ouvertement ce rôle à haut risque dans un conflit politique où les dés sont pourtant – c’est, d’ailleurs, un secret de polichinelle – déjà pipés. Pourquoi ?

Comme à l’époque effervescente de la CNS, ce conflit politique oppose brutalement ceux qui sacrifient à tout prix la vie de la Communauté nationale[iii] et ceux qui privilégient la dignité du Peuple et la liberté du Citoyen[iv]. Force est, toutefois, de reconnaître que dans cette crise politique, d’ailleurs, artificiellement provoquée par les officines étrangères, la ‘‘Moraliste’’ Communauté internationale cherche, d’abord et avant tout, à sauvegarder ses intérêts sacrosaints[v]. Ceux-ci passent forcément et logiquement par l’expulsion pure et simple de l’Empire du milieu [la République populaire de Chine] qui a naturellement conquis, et ce sans coup férir, le cœur de l’Afrique et de la région des Grands Lacs.

Aussi importe-t-il de relever que dans ce conflit politique où tout le monde a réellement tout à gagner et tout à perdre, le Peuple congolais qui est, par définition, plutôt une vue de l’esprit pour l’élite dirigeante et ses soutiens internationaux, veut sans aucun doute le changement politique et démocratique. En effet, celui-ci souhaite ardemment prendre part à la gestion politique et administrative du pays comme tout peuple digne vivant sur son territoire national. Il souhaite, donc, vivre de toutes ses richesses, de ses immenses ressources autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques. ‘‘Privilège lui catégoriquement interdit par la Communauté internationale, a fortiori occidentale, par l’entremise de sa classe politique moribonde et mentalement atrophiée[vi]’’. Ce dernier sera-t-il, vraiment, très largement entendu ? Sera-t-il effectivement le dindon de la farce ? Qui vivra verra !

[i] Cette convention est conclue le 18 octobre 2016 entre le gouvernement, la soi-disant famille politique de Joseph Kabila Kabange et ses partis satellites. S’y greffent l’opposition alimentaire et les mendiants de la société civile.

[ii] Le 19 avril 2002, la faction belligérante de Kinshasa incarnée par le général-major Joseph Kabila Kabange et le Mouvement de libération du Congo (MLC) animé par nul autre que l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo avaient signé un accord pirate et sectaire de partage du pouvoir. Ce pacte clandestin qui excluait de ces pourparlers la véritable opposition politique et démocratique (UDPS) et le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)-Goma adoubé par le Rwanda de Paul Kagame, avait pour effet de balkaniser la République démocratique du Congo en deux vastes territoires distincts.

[iii] Ce camp vise à assouvir la soif de pouvoir pathologique d’un individu, a fortiori incompétent et kleptomaniaque, dans l’optique de se créer un espace d’enrichissement sans cause, donc une sécurité matérielle et financière.

[iv] Ce camp est, plutôt, favorable à l’équité et la justice en tant que garante des droits humains fondamentaux et des libertés républicaines. Il s’oppose farouchement aux caprices loufoques d’un tyran aveuglé par les richesses matérielles et obnubilé par la violence, quelle qu’elle soit, dans l’intention fort délibérée de détruire la Collectivité publique et la Communauté nationale.

[v] Dans l’agenda politique et diplomatique de la fameuse Communauté internationale, le Peuple congolais meurtri et asservi n’existe malheureusement pas.

[vi] En clair, le Peuple congolais totalement néantisé est le seul détenteur des clés de cette crise à la fois politique et démocratique. En effet, la République démocratique du Congo sera à l’image de ses propres phantasmes s’il se décide finalement à agir pour se libérer définitivement de la camisole de force que lui font porter aussi bien de puissants intérêts extérieurs que des geôliers internes et qui entrave sa liberté. Donc, la libération nationale ne dépend pas de la classe politique. Ce processus révolutionnaire ou insurrectionnel dépend, plutôt, forcément et logiquement de l’implication positive et irréversible de la population. En d’autres termes, c’est le Peuple qui libère vaillamment la Nation tout entière et les dirigeants politiques et gouvernementaux qu’il se choisit dans le secret des urnes, ne sont que ses serviteurs patentés.