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Football : le long printemps des ultras marocains

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Sur les murs de Casablanca, des fresques témoignent de la ferveur que suscitent les deux grandes équipes de football de la métropole marocaine, que sont les verts du Raja et les rouges du Wydad, et de la créativité de leurs supporteurs, les Ultras Eagles, les Green Boys et leurs rivaux des Winners. Cette rivalité n’est toutefois pas uniquement picturale : le 28 septembre, des affrontements ont causé la mort d’un partisan du Wydad, pris à partie par des ultras du Raja.

Cet homicide confirme que les autorités chérifiennes ont du mal à maîtriser le mal-être de la jeunesse locale. Dans un pays conservateur, avec un contrôle social très fort, une jeunesse désœuvrée, guettée par l’ennui et le manque de perspectives, trouve chez ces ultras une échappatoire à une existence morne.

C’est à partir de fin 2005 que l’ambiance des stades chérifiens s’est transformée progressivement avec l’émergence, à Casablanca et à Rabat, du supportérisme ultras. Le mouvement s’est diffusé rapidement de Tetouan à Agadir, de Marrakech à Fès, séduisant un large pan de la jeunesse du royaume qui se retrouve dans l’esprit de contestation qui l’anime.

Difficultés du quotidien, carcan conservateur, domination des aînés… tout cela disparaît le temps d’un match. Les tribunes deviennent un espace de liberté. S’y instaure une espèce de méritocratie, ouverte à tous, sans considération d’origine sociale ou d’opinion politique.

On retrouve chez les Winners par exemple des jeunes des quartiers populaires de la Médina, comme des adolescents des quartiers aisés du Maarif. Seule obligation : une passion démesurée pour le maillot du Wydad. Ce qui mène, parfois, à la confrontation violente avec les rivaux. Mais pas à la contestation politique.

Pas de convergence des luttes

Si, en 2011, au Caire et à Tunis, les ultras locaux ont participé aux manifestations contre les régimes en place, non par conviction politique, mais davantage par aversion du système (le slogan…

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