Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Haïti, un Congolais rescapé témoigne !

Vonvon Boke

Nous sommes le second jour après le tremblement de terre en Haïti, la désolation est sans pareille. Dans presque toutes les rues, il y a que des pleurs, des cris de douleurs et de souffrances. Toutes les nuits l’on dort à la belle étoile avec la peur au ventre qu’il ait encore une forte réplique de séismes car les secousses continuent sans cesse. C’est comme le décrit la bible dans le livre d’apocalypse, c’est vivre les tribulations.

J’ouvre une petite parenthèse, Dieu averti toujours ceux qui le craignent de pareil événement. En effet, le 27 Décembre 2009, nous avions nuit de prière avec Innocent et moi. Au crépuscule, je lui ai posé la question de savoir s’il aurait fait un songe. Il a répondu qu’il avait vu les autorités de la Minustah et lui-même courir et chercher refuge dan la brousse avec de militaires armés mais impuissants. Sans pourtant, songer au tremblement de terre, nous avons prié pour la Paix en Haïti et que Dieu garde nos vies. Eh voila, ce qu’il y a aujourd’hui Hier soir, il y a eu un timide fonctionnement du réseau de communication.

J’ai pu joindre quelques compatriotes. Docteur Léonardo Shamamba qui, lors de fortes secousses, était à un séminaire avec le Docteur Bertin Mukadi, se porte bien ainsi que sa famille. Le DR. Bertin va aussi bien. J’ai pu joindre Léonidas (Pepe) Davout qui me rassure que tout le monde va bien, à l’exception de sa soeur Marianne qui jusqu’à hier était sous les décombres de l’Eglise le Rocher à Delmas 33. Leur maison est lézardée. Ce soir, j’ai eu la confirmation que Marianne est décédée. Que son âme repose en paix. Nos condoléances les plus attristées à la famille Davoust.

En effet, le centre ville, carfour feuille, nazon, christ rois, plaine, delmas, la boule et bourdon sont fortement frappés. La plupart des édifices en étages se sont effondrés et détruits. J’ai parlé avec la soeur Carine Woya qui est seule à l’estere (vers Gonaïve). Elle se porte bien, il n’y a pas de choc chez eux. Cependant, elle n’est en contact avec personne ni même avec les autres prêtes et soeurs religieux congolais. J’ai tenté de joindre le père Alexandre, Jean-Pierre, Augustin, Sylvain et Justin sans succès. Il en est de même pour la soeur Rose et Françoise. Communiquant avec Franco Kabuela, il me rassure d’avoir parlé avec Marie Solange qui va bien ainsi que ses frères. Toutefois, son quartier est dévasté, l’immeuble en face de chez elle est complètement effondré.

J’ai conversé avec Ya Bona Lemba qui va bien, toute la famille sauve. Cependant, il n’a pas encore pu communiquer avec sa famille à Kinshasa pour l’apaiser. Jean-René Lafortune va bien ainsi que sa femme et sa fille Elodie. Dans le quartier de sa belle famille, presque toutes les maisons sont détruites sauf celle de ses beaux parents. Il aurait perdu une de ses cousines Minou ver Lalue. Jean-Daniel Coimin est sain et sauf mais sa maison en plaine est complètement détruite. Joanne Malette qui est en vacances se porte bien. Plus de peur que de mal, seule la clôture de parcelle familiale s’est écroulé mais la famille est en bonne santé ainsi la maison est intacte. Elle m’a signalé que l’hôtel Impérial s’est effondré en une grande partie. Breuil Munganga va mieux, elle avait un petit choc au bras. En effet, lors du tremblement de terre, l’imprimante du bureau l’a heurtée comme un projectile. Franklin Moliba s’est remis des ses émotions car il était quelque peu traumatisé.

En courrant pour sortir de christopher, juste au moment ils étaient au dehors. Ce bâtiment de 6 étages s’était écroulé comme un château de cartes soufflé par un vent. Larson Safari et Gérald Sérufuli vont bien, sauf il y a beaucoup de dégâts dans leur quartier Delmas 75, l’hôtel flamboyant est par terre. Les morts dans la plupart des quartiers sont enterrés dans les fosses communes dans les cimetières des environs. Patrick Kafuka va mieux, comme nous travaillons dans un même édifice. Lui comme moi, lors de la première seconde nous avons cru que s’était un char de combat qui passait.

Mais à la deuxième seconde, nous nous sommes réalisés que c’était un tremblement de terre, chacun dans son bureau, on cherchait à sortir de l’édifice ; j’ai accouru vers la sortie principale ; par contre pour Patrick la porte de son bureau s’étant refermé, il a dû sortir par la fenêtre en sautant à partir de la première étage. Nous sommes toujours sans nouvelle de Didier et de Nicole, nous espérons avoir de bonne nouvelle aujourd’hui car les équipes des sauvetages sont en plein travail. Il est vrai qu’aucune image, aucun reportage ne peut transmettre fidèlement le désastre et l’hécatombe que nous vivons et surtout le désarroi, le désespoir, la fureur de la peur qui sévit Haïti, sans oublier la panique que suscite d’éventuelle montée des eaux suite à la réplique de ce Tsunami. Voici quelques images du désastre qui se passe de tout commentaire.