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Kabila-Kamerhe : Duel à mort

Source: Congo Libre

Dans son allocution prononcée mardi 14 décembre à l’occasion de la sortie officielle de son parti, Vital Kamerhe a décoché plusieurs “flèches empoisonnées” en direction de son ancienne famille politique en général et de son «autorité morale» en particulier. Pour les «super faucons» de la «Kabilie», «Vital», passe désormais pour un «traître».
Sans doute que ceux-ci se préparent à rendre coup pour coup. A Goma et à Bukavu, les «kabilistes joséphistes» l’ont fait savoir en réservant à l’ancien président de l’Assemblée nationale un “accueil agité”, annonciateur d’un duel à mort. «Ça, c’est de l’intimidation, a déclaré Kamerhe à Bukavu, sa ville natale. Les intimidations doivent cesser.
Personne ne doit plus vous intimider encore. Si une personne vous intimide, vous l’intimidez aussi.» Ancien haut cadre du parti dominant, le PPRD, Kamerhe découvre, en passant de l’autre côté de la barrière, les difficultés pour les forces politiques et sociales de l’opposition de se frayer des espaces de liberté dans ce Congo dit démocratique.

Quarante-huit heures après la sortie officielle de son parti «UNC» (Union de la nation congolaise), Vital Kamerhe, que d’aucuns ne désignent plus que par les initiales «V.K», est arrivé jeudi 16 décembre à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu à la tête d’une délégation composée d’une trentaine de personnes. Dans la suite, des observateurs ont aperçu notamment Jeannot Mwenze Nkongolo, l’ancien tout-puissant ministre de la Justice de LD Kabila. Il importe d’ouvrir la parenthèse pour relever que Mwenze se réclame de «Mzee».
Il se considère comme le «dépositaire» de la «pensée politique» du président décédé mystérieusement le 16 janvier 2001. A maintes reprises, cet ancien ministre a accusé «Joseph Kabila» de «déviationisme». Bref, d’avoir trahi la mémoire de LD Kabila. Les «déçus» du régime de «Joseph Kabila» vont-ils suivre l’exemple de Mwenze et rejoindre l’UNC? Fermons la parenthèse. Mercredi 15, Kamerhe et sa suite sont arrivés à Goma. But de la tournée : implanter les fédérations provinciales de sa formation politique. Au chef-lieu de la province du Nord Kivu, l’arrivée de l’ancien président de l’Assemblée nationale a été émaillée d’incidents graves. Que s’est-il passé ?

Meeting «non-autorisé»

Selon des sources, après avoir quitté l’aéroport de Goma, le cortège de l’ancien «Speaker» de l’Assemblée nationale a été bloqué au niveau d’un carrefour par plusieurs dizaines de moto-taxis conduites par des militants du PPRD. Selon Roger Rachidi, le maire de Goma, cité par l’AFP, «des incidents ont éclaté entre supporteurs de M. Kamerhe et des militants du parti présidentiel, les seconds accusant les premiers d’être des «traîtres». «Il y a eu des échauffourées et des jets de pierre entre ces deux groupes, la police a dû éparpiller ces gens et
tirer en l’air», a-t-il précisé. Le maire d’ajouter : «M. Kamerhe avait prévu de faire un meeting sur une place du centre-ville, mais il n’a pas demandé l’autorisation. Je n’interdis pas les réunions politiques, les conférences de presse, mais je ne peux pas donner une autorisation de meeting à chaque parti qui vient ici, car il y en a plus de 400 en RD Congo».

Etrange discours de la part d’une autorité administrative censée se mettre au-dessus des contingences partisanes pour affirmer l’impartialité de l’Etat. A moins qu’il ne s’agisse de mauvaise foi, Roger Rachidi semble ignorer que le pluralisme politique fait partie
des libertés fondamentales en RD Congo (article 6-1 de la Constitution). Il en est de même des réunions pacifiques sans armes (article 25). Le maire de Goma semble ignorer également que la
Constitution en vigueur impose aux organisateurs de manifestation sur la voie publique l’obligation d’«informer par écrit» les autorités compétentes et non celle d’obtenir une «autorisation» préalable de ces mêmes autorités (article 26). Un partisan de “Vital” donne sa version des incidents: «Une rixe a éclaté entre deux groupes de jeunes motards dressés par le maire. Ils ont brûlé trois pneus et la police est intervenue pour les disperser et a tiré des coups de feu en l’air pour empêcher le rassemblement à la grande place de Goma où le président
Kamerhe devait tenir un meeting». L’homme qui a confié ces propos à l’AFP s’appelle Claudel-André Lubaya, ancien gouverneur de la province du Kasaï Occidental. Selon lui, jusque mardi 14 décembre, le meeting prévu à Goma était «autorisé». Ce n’est que mercredi matin que le maire a changé d’avis. Aurait-il reçu des instructions de la part de la «haute hiérarchie»? Sans doute. Il faut dire que dans son allocution prononcée mardi 14 au site GB dans la capitale, Kamerhe ne s’est pas limité à présenter sa vision de la société congolaise de demain. Il a surtout pilonné les positions de ses ex-camarades du PPRD en dénonçant pêle-mêle la mauvaise gestion, les violations des droits humains, l’impuissance des pouvoirs publics face à l’instabilité qui
règnent à l’Est et l’impunité accordée aux miliciens des groupes armés.

«Rendez-vous avec l’espérance»

Dans son speech, Vital Kamerhe, sans renier son passé de «kabiliste pur et dur», s’est évertué non seulement à couper le cordon ombilical avec son mentor mais aussi à aborder les thèmes qui fâchent. Auteur du fameux opuscule «Pourquoi j’ai choisi Kabila» édité en 2006 avant le
premier tour de l’élection présidentielle, Kamerhe est conscient du fait que la grande majorité de la population congolaise lui tient rigueur pour son rôle dans la «victoire» du président sortant. «Même si j’avais écrit pourquoi j’ai choisi Joseph Kabila, dit-il, j’ai le droit de prendre une position opposée lorsque je me rends compte que la voie qu’emprunte ma famille politique n’est pas celle qui conduira à la réalisation des promesses faites à notre peuple.» Pour “Vital”,
il a décidé de quitter l’écurie PPRD suite à «des divergences et des contradictions de fond».

Adoptant une tonalité idéologique chère aux sociaux-démocrates, il commence par décrire la misère sociale en RD Congo en clamant sa volonté d’éradiquer la pauvreté. L’homme prend aussitôt une posture moralisatrice : «On entre en politique pour être au service des autres». Pour lui, la politique en RD Congo est devenue une sorte de «réfectoire» où chacun vient pour se remplir l’estomac. «(…), malgré quelques timides progrès constatés ici et là, remarque-t-il, le pays avance péniblement chaque jour de 100 mètres, alors qu’au même moment, il recule dangereusement d’au moins 1000 mètres.» Il dénonce au passage le mauvais climat des affaires lequel n’encourage guère les investisseurs à s’aventurer au Congo.

Au lieu de stigmatiser les militaires et les magistrats, Kamerhe leur fait un clin d’œil. Aux premiers, il lance : «L’homme en uniforme doit être réhabilité». Aux seconds, il dénonce la politique dite de «Tolérance zéro» qui s’est illustrée par des nominations, des révocations et des mises à la retraite des magistrats. Pour lui, «les magistrats sont devenus les boucs émissaires d’un système défaillant».
«Pourquoi révoquer seulement les magistrats en violation de toute procédure alors que les véritables malfrats continuent à gangrener l’Etat ?», s’est-il interrogé.

«Vaincre la peur»

Dans son allocution, «Vital» a invité la population congolaise «à vaincre la peur». Parce que, «la peur est le premier ennemi de la démocratie.». Et de marteler : «Nous devons dorénavant refuser d’avoir peur de penser. La peur d’assumer, de s’assumer lorsqu’on s’est trompé. La peur de la vérité, même lorsqu’elle s’impose. Nous devons, pour aller de l’avant, nous débarrasser de toutes ces peurs qui paralysent beaucoup d’entre nous. Personne ne devrait plus craindre
pour sa vie.»

Vital dit sa volonté d’instaurer «un leadership différent réellement au service du peuple». Pour démontrer son attachement aux valeurs démocratiques, il esquisse, à l’appui, un petit «bilan» de son parcours professionnel : «J’ai été ministre de l’Information du gouvernement de Transition 1 + 4. Mon premier réflexe a été d’abord de garantir la liberté d’expression et ensuite de réaliser la réunification communicationnelle de notre pays (…). Au bout d’une année, au terme de mon éphémère mandat à la tête de ce ministère, aucun organe de presse écrite ou audiovisuelle n’a été fermé ni menacé de l’être. Aucun signal des médias étrangers n’a été coupé.» Une attaque frontale en direction de l’actuel ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga, réputé autant pour ses pitreries que pour sa servilité à l’égard du “raïs”. Kamerhe de poursuivre : «Aucune information erronée n’a été donnée sur la
situation de l’Est du Congo. S’agissant par exemple de Bunia, dans l’Ituri, du Nord ou du Sud Kivu, il m’a été donné de me rendre sur place pour amener la bonne information car seule la vérité affranchit.
J’avais déjà compris à ce moment là qu’il ne servait à rien de faire des incursions radiotélévisées pour proférer des mensonges à notre peuple et au monde, car la vérité finie toujours par triompher et refaire surface. Dans la position délicate qui était la mienne dans un gouvernement de Transition, je me suis interdit d’être le chantre de ma composante et de son chef. Ce n’était pas un manque de loyauté : j’ai toujours considéré que l’intérêt général passe avant tout.»

«Duel entre l’intelligence et la force brutale»

Kamerhe va sans aucun doute jouer le rôle de poil à gratter pour la mouvance kabiliste. Il doit encore convaincre ses concitoyens – ils sont nombreux – qui le suspectent, à tort ou à raison, d’être un “infiltré” au service de “Kabila”. En attendant, l’homme propose à toutes les «forces de changement» d’adopter «un programme préélectoral commun». Et exige de «lier les dates de la tenue des élections générales et les élections municipales, locales et urbaines». Pour lui, il s’agit de «stimuler des initiatives locales et obliger les gouvernants de rendre constamment compte au peuple à travers leurs organes délibérants.»

Le président de l’UNC a eu l’audace dévoquer certains sujets tabous en invitant le Rwanda de Paul Kagame à “ouvrir son espace politique pour des véritables pourparlers avec des Hutu et des Tutsis pour parvenir à une réconciliation nationale». Pour lui, une telle ouverture “permettra aux rebelles Hutu” ayant trouvé refuge dans les deux provinces du Kivu “de rentrer chez eux” pour permettre la pacification de cette partie de la RD Congo. Il a lancé le même message en direction de l’Ouganda de Yoweri Museveni dont les rebelles «occupent
et terrorisent» une grande partie de la Province Orientale.

Comme il fallait s’y attendre, au PPRD, on semble minimise le départ de Vital Kamerhe. Interrogé par Radio Okapi, Louis Koyagialo, secrétaire exécutif adjoint du PPRD a eu ces mots : «S’il estime qu’il n’avait plus de place au sein de la famille politique du chef de l’Etat et qu’aujourd’hui il se positionne au sein de l’opposition, nous prenons tout simplement acte et nous laisserons au peuple congolais la liberté de décider qui de Kamerhe et de Kabila, peut
mieux conduire la destinée de ce pays.» Un confrère kinois de commenter : “Kamerhe pourrait devenir à terme du poil à gratter pour le clan kabiliste. Le duel entre “Joseph” et “Vital”, c’est la lutte finale entre l’intelligence et la force brutale…».

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2010


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reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car
sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de
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