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La crédibilité de la CENI en jeu

Source: Le Potentiel

La crédibilité de la RDC et sa stabilité politique passent par la réussite du processus électoral que s’apprête à endosser incessamment la CENI. Or, le bureau de cette institution citoyenne doit, de par son speaker, rassurer tous les partenaires de manière à éviter des contestations indues, d’une part, et l’immixtion des puissances étrangères qui ne ratent aucune occasion pour créer des situations imprévisibles, d’autre part, à l’incapacité des Congolais à s’assumer.

La RDC est un pays post-conflit. Elle vient, bon an mal an, d’expérimenter sa première législature issue des urnes. A ce titre, elle ne devrait pas de si tôt oublier les raisons qui ont causé son instabilité politique et institutionnelle durant des décennies.

Les mutations qui s’opèrent sur le plan international ne devront pas être ignorées au pays. D’autant que la stabilité politique de la RDC et son décollage économique ne font pas l’unanimité de certaines puissances étrangères, lesquelles guettent la moindre opportunité pour la déstabiliser.

En d’autres termes, la paix retrouvée est encore fragile suite à la persistance des contingences internes et externes. Les élites de même que les dirigeants ne devraient pas dormir sur leurs lauriers et se dire que tout va aller comme sur des roulettes. La prudence recommande que l’on opère de bons choix.

A la veille de la nouvelle législature dont la légitimité sera, une fois de plus, issue des urnes, la RDC doit rassurer ses partenaires extérieurs et faire face aux enjeux géostratégiques pour lesquels des détracteurs du Congo se montrent très actifs.

Des observateurs avisés estiment que la stabilité politique et institutionnelle de la RDC est suspendue à la réussite du processus électoral en cours. Cette dernière passe à son tour par la crédibilité dont le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) va bénéficier sur le plan interne et externe.

Raison pour laquelle, il est attendu de la personne qui va diriger le bureau de la CENI, un profil qui mette tout le monde d’accord. Elle doit maitriser les mécanismes et systèmes électoraux de même qu’elle doit justifier d’une probité morale éprouvée.

Initiative malencontreuse

Tout cet exercice, somme toute préalable, doit aboutir à l’acceptation des résultats des scrutins. Car, en cas de contestations, les pêcheurs en eaux troubles ne vont pas louper l’occasion. Ils vont sauter dessus pour ramener le pays dans des schémas révolus du genre négociations ou dialogue afin de sortir d’une éventuelle crise.

Cette analyse peut-elle passer dans le chef des représentants du peuple au sein des institutions ? Difficile à dire. Dans la mesure où une unanimité est difficile à réunir autour d’un nom parmi les sept candidats désignés par l’Opposition et la majorité au pouvoir (AMP et Alliés).

Par ailleurs, il nous revient qu’une des priorités retenues à l’issue de la réunion institutionnelle qui s’est tenue à Lubumbashi le 11 novembre 2010 pose problème.

Il s’agit de l’initiative visant à mettre en place une structure chargée « de renforcer les mécanismes actuels de suivi du processus électoral ». Le compte rendu indique celle-ci sera composée par un représentant du cabinet du Président de la République, de l’Assemblée nationale, du Sénat et du cabinet du Premier ministre.

D’aucuns trouvent cette initiative malencontreuse en ce moment précis. Cela du fait qu’elle va, si pas faire ombrage à la CENI du moins, influer sur le fonctionnement de la CENI dont l’indépendance est garantie par la Constitution et la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI.

Il semble que si elle est concrétisée, la structure à créer va anticiper sur des suspicions sur la mainmise du pouvoir sur le processus électoral. L’on craint un doublon à la CENI, surtout que l’initiative n’aurait aucune base juridique, aucun texte de loi ne pouvant justifier sa mise en place.

Les 7 membres du Bureau de la CENI

AMP et alliés : 1. Matthieu Mpita (PALU), Bandundu, ancien Ministre des Transports et Voies de Communication; 2. Flavien Misoni (MSR), cadre à la CEI, Nord-Kivu ; 3. Crispin Kankonde (PPRD), Kasaï- Occidental, 3ème Vice-président de la CEI ; 4. Daniel Ngoy Mulunda (PPRD), Katanga, président du Parec.

Opposition : 5. Carole Kabanga (CD), Bas-Congo ; 6. Laurent Ndaye (ODR) ; Kasaï-Occidental 7. Jacques Ndjoli (MLC), Equateur

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