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La sélection séries du « Monde »

LES CHOIX DE LA MATINALE Cette semaine, une évocation tout en finesse de la vie de Victor Hugo alors qu’il se métamorphose en icône républicaine, Julia Roberts en psychologue chargée d’interroger des soldats atteints de troubles post-traumatiques, et la sixième et ultime saison de House of Cards, sans Kevin Spacey. « Victor Hugo, ennemi d’Etat » : de l’homme du monde au champion du peuple Février 1848, la République renaît dans la faillite de la monarchie de Juillet, renversée par la rue. Décembre 1851, elle est mise à mort par le coup d’Etat orchestré par Louis Napoléon Bonaparte, soucieux de confisquer le pouvoir qu’une élection démocratique ne lui accordait que pour quatre ans. Comment en vient-on, en si peu de temps, à basculer du statut d’écrivain unanimement salué, pair de France et soutien du parti de l’ordre, à celui d’« ennemi d’Etat », dont la tête est mise à prix avant que la proscription ne vous contraigne à l’exil ? C’est ce qu’entend faire comprendre cette évocation, précise et strictement menée par Sophie Hiet et Jean-Marc Moutout, du moment charnière où Victor Hugo abandonne les nostalgies monarchiques pour incarner une opposition frontale au régime despotique qui prépare le rétablissement de l’Empire. Savamment, les auteurs tissent avec finesse les liens entre vie familiale, vie sentimentale et vie politique de Hugo. Passé le 2 décembre 1851, ne reste que la voie de l’exil, d’où le nouvel Hugo tonne contre « Napoléon le Petit » avant de devenir une icône républicaine. Philippe-Jean Catinchi « Victor Hugo, ennemi d’Etat », de Jean-Marc Montout. Avec Yannick Choirat, Isabelle Carré, Erika Sainte (France, 2018, 4 × 50 minutes). Sur France 2, lundi 5 (en replay) et mardi 6 à 21 h 10. Francetelevisions.fr « House of Cards », saison 6 : un acte manqué Lançant un regard face caméra, Claire Underwood avait averti, en fin de saison 5 : « My turn » (« C’est mon tour »). A elle les rênes des Etats-Unis, son mari, Frank, ayant été contraint à la démission face à un risque de destitution. Voilà qui facilita l’annonce du décès de Frank Underwood (hors caméra, avant le lancement de la saison 6), lorsque son interprète, Kevin Spacey, fut accusé de harcèlement sexuel et évincé, en novembre 2017, du casting de House of Cards. Las ! Claire Underwood a beau présider la ploutocratie que sont devenus les Etats-Unis, cette sixième et ultime saison continue de ne tourner qu’autour de son défunt mari et de personnages auxquels il était étroitement lié ! Le premier épisode s’ouvre cent jours après le décès de ce dernier, quand il aurait fallu opérer un vrai saut dans le temps afin de découvrir la présidente sous un autre jour qu’en veuve éplorée – même si ce n’est qu’une apparence, bien sûr, celle-ci nous avertissant, dans l’un de ses apartés superfétatoires, que feu son époux ne lui manque nullement. Et faire reposer cette saison sur des personnages comme l’ancien chef de cabinet de Frank Underwood ou le journaliste qui enquêtait sur ses méfaits a perdu tout intérêt. Certes, l’équipe de scénaristes a dû réécrire cette saison en urgence, puisque le tournage avait déjà commencé lorsque Kevin Spacey fut congédié par Netflix. Mais Claire Underwood a beau asséner, cette saison-ci, que « le règne de l’homme blanc d’âge moyen est révolu», cette saison relève de l’acte manqué, tant le fantôme de feu son président de mari vient la hanter. Martine Delahaye « House of Cards », saison 6, série créée par Beau Willimon. Avec Robin Wright, Diane Lane, Michael Kelly, Greg Kinnear (Etats-Unis, 2018, 8 × 52 minutes). Netflix.com « Homecoming » : Julia Roberts dans un rôle double Homecoming apparut d’abord, en 2016, sous la forme d’une fiction podcastée, une pièce de théâtre audio. Ses auteurs, Eli Horowitz et Micah Bloomberg, sont aussi les créateurs de son adaptation filmée, dont Amazon a commandé d’emblée deux saisons. Le Homecoming Center, en Floride, sous l’égide du ministère de la défense, vient de lancer un programme destiné à de jeunes soldats traumatisés tout juste de retour au pays. Ils y sont pris en charge entre autres par Heidi Bergman (Julia Roberts) qui y mène les entretiens psychologiques. Saut dans le futur, quatre ans plus tard, en 2022 : Heidi, dorénavant serveuse dans un ­petit restaurant, semble ne pas se souvenir de l’époque où elle officiait pour le programme Homecoming, quand le ministère de la défense enquête sur l’expérience qui y était menée. Ment-elle ? Pourquoi une enquête sur ce centre ? Pour son premier rôle principal dans une série, Julia Roberts a choisi un scénario qui lui permet d’interpréter deux personnages différents : la Heidi psy plutôt rayonnante de 2018, et celle de 2022, éteinte et tristounette. Sam Esmail (créateur de Mr. Robot), a apporté une touche hitchcockienne et un grand soin à la réalisation, mais sans la tension ni le rythme nécessaires pour captiver. M. De. « Homecoming », série créée par Eli Horowitz et Micah Bloomberg. Avec Julia Roberts, Bobby Cannavale (Etats-Unis, 2018, 10 × 30 minutes). Amazon.com
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