Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Le ‘‘Traité de Nice’’ : Une chance inestimable pour la République démocratique du Congo


Warning: Trying to access array offset on value of type bool in /home/lavdcne1/public_html/wp-content/plugins/sitespeaker-widget/sitespeaker.php on line 13

Plaidoyer pour un État développé et un Peuple digne  ‘‘Et si l’Afrique refusait le développement ?’’ Axelle Cabou[i]

Joël Asher Lévy-Cohen *

Joël Asher Lévy-Cohen *

-Le fameux ‘‘Traité de Nice’’ qui a fait récemment couler beaucoup d’encre et de salive, [voire même symboliquement beaucoup de sang, entre Congolais de diverses ethnies et régions, notamment en raison des invectives et des insultes à caractère ethnique et régionale, des injures à saveur tribale et clanique], est en fait une convention qui lie deux entités politiques distinctes. Ce document d’une importance capitale pour maintes implications qu’il recèle à différents niveaux, fussent-ils économiques et financiers, sociaux et culturels, y compris idéologiques et stratégiques, a été effectivement signé par le Conseil national congolais (CNC), structure politique fondée dans la foulée de la contestation des résultats frauduleux du double scrutin présidentiel et législatif du lundi 28 novembre 2011 en République démocratique du Congo. Aussi a-t-il été signé, au niveau de son Grand Magistère, par la Fraternité ‘‘initiatique’’ des Hospitaliers de la Cité de Jérusalem (Hospitalis Collegium) [Collège Hospitalier].

Cette deuxième partie à cette convention est, en réalité, une vieille institution chrétienne, parfois connue sous le nom de l’Ordre de Malte. Elle remonte effectivement à l’ère moyenâgeuse. Il s’agit en fait d’un Ordre mystique et traditionnel, très proche des ‘‘Templiers’’ de Jacques de Molay. Ce vingt-troisième grand-maître de l’Ordre du Temple fut, au terme d’un procès mémorable, jeté au bûcher le 18 mars 1314, et ce en compagnie de son lieutenant Geoffroy de Charnay, sur décision du Roi Philippe IV le Bel – qui voulait, à tout prix, accaparer l’imposant Trésor amassé par cette organisation chevaleresque dans le but de compenser les deniers de son royaume déficitaire, tombé en faillite financière – et du pape Clément V – qui, néanmoins, doutait déjà de la pertinence des motifs royaux ayant conduit [subrepticement] à leur accusation.

Dès sa mise en orbite à l’époque trouble de la croisade antimusulmane, la Fraternité initiatique des Hospitaliers est, en réalité, une organisation militaire et religieuse (monastique). Au départ, ce Collège regorge des moines soldats. Puisant l’ensemble de ses valeurs et de ses principes des chevaliers médiévaux, ledit Ordre est sensiblement voué à la défense militaire de la Ville Sainte de Jérusalem, mais également à l’Amour du Prochain et à la Charité christique qui se résume, concrètement, à la prise en charge des blessés et des malades recensés lors du pèlerinage religieux en Orient. Force est d’admettre que cette vocation charitable fait conséquemment d’elle l’ancêtre de la Croix-Rouge moderne. Sa devise originelle est triptyque : ‘‘Pauvreté’’, ‘‘Obéissance’’ et ‘‘Chasteté’’. Au cours de son histoire sans doute mouvementée, le Collège des Hospitaliers a bel et bien reçu la protection de l’Espagnol Charles-Quint qui leur attribue l’Ile de Malte, du Vatican[ii] et momentanément du Russe Pierre le Grand.

Toutefois, afin de revenir à nos moutons, que renferme-t-il exactement ce fameux Traité de Nice virulemment décrié ? Celles et ceux qui ne manquent réellement pas de fustiger ce document révélateur d’un profond malaise que traverse actuellement la République démocratique du Congo, en font-ils une lecture, à n’en pas douter, saine, juste et crédible ? En d’autres termes correcte et impartiale ? A contrario leurs positions seraient-elles évidemment tendancieuses ? Relativement à cette convention, leurs vues seraient-elles à vrai dire biaisées ? Leur vision serait-elle par conséquent subjective, c’est-à-dire délibérément orientée ? En d’autres termes, celles et ceux qui l’apprécient sans même pour autant se donner la peine de l’avoir complètement lu et, surtout, compris, utiliseraient-ils pour des raisons strictement idéologiques des visières tribales, c’est-à-dire des œillères ethniques pour discréditer tous azimuts leurs signataires et, par ricochet, clouer au pilori un pan important de la Nation ?

Pourquoi ce Traité de Nice suscite-t-il, en vérité, autant de débats acrimonieux entre Congolais qui ont, pourtant, besoin de paix et d’harmonie, de concorde et de solidarité, de fraternité et d’unité par ces temps oh ! Combien durs et difficiles pour la cohésion nationale ? Il importe de souligner que toutes ces polémiques malsaines sur le plan intellectuel ont visiblement donné lieu à des slogans sensiblement haineux et à des discours discriminatoires. Elles ont manifestement donné libre cours à des jugements empreints d’ostracisme, lesquels compromettent sans conteste l’unité nationale d’un Peuple meurtri, abusé et désabusé par nombre de faux prophètes et de marchands d’illusion. Aussi ont-elles donné lieu à des démarches politiques sustentées par des prismes idéologiques et des schèmes de perception qui mettent naturellement en péril un pays déjà en proie à une guerre de désintégration territoriale et qui pourraient, logiquement et forcément, sonner très rapidement le glas d’un État indubitablement virtuel et comateux.

Ce qui est sûr et certain, le fameux Traité de Nice conclu le 17 janvier 2012 par le Conseil national congolais (CNC) et la Fraternité initiatique ‘‘Hospitalis Collegium’’ [Collège Hospitalier] présente maints enjeux fondamentaux qui touchent indubitablement les aspects aussi bien nationaux qu’internationaux immédiatement rattachés à la vie de cet espace géographique et territorial que constitue en vérité la République démocratique du Congo. Ceux-ci sont d’ordre politique et idéologique, économique et financier, social et culturel, ainsi que géopolitique et géostratégique. D’où son intérêt et même sa pertinence  !

La constitution du Conseil national congolais (CNC)

À d’un défaut d’un document légal qui consacre, en réalité, la naissance d’une organisation politique sans aucun doute méconnue de la plupart des Congolaises et Congolais, le fameux Traité de Nice jette en effet dans les fonts baptismaux le Conseil national congolais, en sigle CNC. À cet égard, le préambule de ladite convention déclare : ‘‘Les soussignés réunis à Nice, conscients de tout ce qui précède, animés de l’amour de la patrie et prenant leurs responsabilités, créent ce dix-septième jour du mois de janvier de l’an deux mil douze, le Conseil national congolais, en sigle CNC’’. En clair, cela signifie que le Traité de Nice est en soi un acte fondateur du Conseil national congolais. C’est ce document qui donne effectivement vie à cette structure politique qui justifie sa naissance par le chaos électoral directement issu de la contestation des résultats frauduleux du double scrutin présidentiel et législatif du lundi 28 novembre 2011. En d’autres termes, l’absence ou la mort, tout comme l’inapplication du Traité de Nice, entraîne ipso facto l’inexistence du Conseil national congolais (CNC).

Par ailleurs, pour donner force à son action et cohérence à son institutionnalisation, le Conseil national congolais (CNC) se légitime et officialise sa démarche politique en évoquant, d’une part, la nécessité de faire respecter en République démocratique du Congo les instruments internationaux protecteurs des droits fondamentaux de la personne humaine, telle la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. Et, d’autre part, cette organisation politique fait appel, sans tarder, à la véritable Conférence nationale souveraine (CNS), tenue du 7 août 1991 au 6 décembre 1992, en tant que source originelle de son pouvoir gouvernemental, de sa puissance publique et de son autorité administrative. Même les attendus évoqués par le Collège Hospitalier dans le but de motiver sa décision d’adouber le CNC, de transiger avec cette structure politique, font à ce niveau le même constat, tirent la même conclusion. À ce titre, il reconnaît à cette organisation ‘‘la qualité du seul et unique interlocuteur valable du Peuple congolais’’. Ce qui a naturellement pour effet de désavouer et de délégitimer sur le terrain international les actuels mandataires politiques et gouvernementaux de la République démocratique du Congo.

Par conséquent, il convient de mentionner que la CNS, à titre de forum national, a pratiquement présidé aux destinées politiques du pays. À cet effet, elle a posé les jalons d’un Congo fort de l’intérieur et libre de l’extérieur, d’un Congo à la fois prospère et moderne. Aussi a-t-elle défini les prémices d’un véritable État de droit démocratique. Ces Assises intercongolaises ont été, faut-il le rappeler, littéralement sacrifiées de l’intérieur par les partisans invétérés de la soi-disant ‘‘Troisième Voie’’, d’ailleurs soucieux de conserver leurs avantages indus au sommet d’un État déliquescent et moribond. Et de l’extérieur, celles-ci ont été démantelées par la tristement célèbre Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), rébellion politico-militaire antimobutiste parrainée par le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda, avec l’assentiment de la fine fleur de Communauté financière et minière internationale.

La résurrection de la véritable Conférence nationale souveraine (CNS)

À la lecture du Traité de Nice, il n’échappe à personne que le Conseil national congolais (CNC) rejette implicitement le présent ordre constitutionnel qui fait office de cadre politique et institutionnel de la République démocratique du Congo. En effet, cette organisation politique rejette du revers de la main l’actuelle Constitution congolaise du 18 février 2006, laquelle procède directement du processus de Sun City et de Pretoria dont les effets pervers ont pratiquement fait de la République démocratique du Congo un État grabataire, maintenu artificiellement sous perfusion humanitaire, propice au pillage de toutes ses ressources, autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques. À cet égard, la volonté perceptible du CNC qui, substantiellement, légitime son origine et justifie sa création par la détermination du Peuple congolais d’ailleurs réuni en CNS d’asseoir un État libre et juste, donc de droit démocratique, est de remplacer cet ordre juridique et légal [toutes proportions gardées] à la fois prédateur et répressif par l’Acte fondamental portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de Transition du 4 août 1992.

C’est donc avec ce texte fondamental déchiré par les forces réactionnaires mobutistes que cette organisation compte évidemment diriger la République démocratique du Congo pendant la énième période transitoire. Il va de soi que cet édifice juridique et légal qui place résolument le pays dans la mappemonde démocratique ne fasse pas profondément le bonheur des détracteurs irréductibles du Traité de Nice. Cela est d’autant plus vrai que cette fameuse convention de Nice remet substantiellement en selle un forum national qui décrète très clairement et très nettement la fin définitive de la dictature et par-dessus tout d’une certaine république bananière dans les limites territoriales de la République démocratique du Congo. Cela est d’autant plus vrai que ce document violemment rejeté aussi bien par l’élite mobutiste que la classe néomobutiste voire postmobutiste pour des considérations kleptomaniaques décrète l’institutionnalisation d’un État civilisé dont l’ensemble des animateurs sont responsables devant leurs commettants.

Les partenaires ‘‘stratégiques’’ au développement économique et au progrès social du Congo

Le ‘‘Traité de Nice’’ autant décrié que vilipendé distingue quatre grands partenaires stratégiques au développement économique et au progrès social de la République démocratique du Congo. Parmi ces acteurs importants, deux existent déjà matériellement et deux sont mis sur pied par ledit document dans le but de rencontrer ses objectifs légitimes et sacrés. À savoir : ‘‘la promotion de la dignité de la population, la consolidation du système démocratique et institutionnel devant présider à son destin politique, la sauvegarde de son indépendance et la défense de son intégrité territoriale’’.

Outre le Conseil national congolais (CNC) établi par ledit Traité de Nice, le Collège Hospitalier [Hospitalis Collegium] en est l’épine dorsale. Il en est véritablement la pierre angulaire. Vient se greffer sur ce texte afin de lui donner toutes ses lettres de noblesse, l’Union fédérale industrielle et financière pour la réalisation des programmes présidentiels de la Fédération de Russie en tant que garant économique et financier des projets de relance nationale via un holding : ‘‘Caspian Energy System’’. Et, enfin, en vue de permettre à la République démocratique du Congo d’échapper tous azimuts à la spirale suicidaire du sous-développement économique et du sous-progrès social et humain, le Traité de Nice crée, finalité du document oblige, l’‘‘Union des Ressources congolaises’’ en tant que pilote du destin national.

Cet organisme qui, par ses pouvoirs, n’est pas véritablement sans rappeler la célèbre ‘‘Union minière du Haut-Katanga’’ (UMHK), sera chargé, en vertu du Traité de Nice, d’attribuer des titres de propriété et d’exploitation à ‘‘International Energy Institution’’, qui fait partie de ‘‘Caspian Energy System’’. À cette différence près, des intérêts économiques et financiers congolais feront très nécessairement et logiquement partie intégrante de ce holding financier dans le but de manifester l’engagement indéfectible des sujets nationaux dans ce modèle de développement sui generis. Ce qui n’était pratiquement pas le cas sous la colonisation belge dans la mesure où la participation au Conseil d’Administration de l’UMHK était exclusivement ouverte – [donc strictement réservée] – à des intérêts financiers et miniers occidentaux, a fortiori des puissances économiques d’extraction anglo-saxonne.

Les intérêts économiques en cause

Certes, la Fraternité initiatique des Hospitaliers est, par essence, un ordre mystique et traditionnel. De par son héritage et ses actions, sa vocation et sa finalité, ce Collège est une force spirituelle indéniable. C’est également une puissance publique, c’est-à-dire un État indépendant d’ailleurs reconnu par ses pairs internationaux. Il est représenté aussi bien à l’UNESCO qu’au Conseil de l’Europe où il joue un rôle sans doute discret mais efficace en promouvant le développement durable par la paix et le respect des droits humains fondamentaux, l’éducation et la culture.

Dans le cadre du fameux Traité de Nice qui le lie au Conseil national congolais (CNC), le Collège des Frères Hospitaliers, en tant que partenaire au développement de la République démocratique du Congo, s’intéresse plus particulièrement et plus singulièrement à la Cité de Mateba qui couvre à peine 5 Km2 de l’Ile du même nom. Sise en aval de la ville de Boma, dans l’estuaire du fleuve Congo entre la République démocratique du Congo et l’Angola, donc à quelques encablures de l’Océan Atlantique, celle-ci dispose, en réalité, d’une superficie totale de quelque 100 Km2. Force est de constater que cette Ile de toutes les convoitises est justement située dans un espace géographique riche en hydrocarbures, lesquels intéressent au premier chef l’establishment international, les grandes puissances économiques et financières, donc les grands lobbies pétroliers.

Le Collège hospitalier lorgne également un carré de 25 Km2, contigu à l’aéroport international de Gbadolite, une ville de 11,2 Km2 construite à la fin des années soixante-dix par feu le Maréchal-dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre en pleine forêt tropicale, dans la région équatoriale de l’Oubangui. Cette bourgade moderne dans un milieu sauvage dispose au sud des rives de la rivière Oubangui d’un barrage et d’une centrale hydroélectrique. De nos jours, cette ‘‘Versailles de la jungle’’, surnom lui affublé du temps de l’âge d’or mobutiste, est bel et bien une ville orpheline et abandonnée. Elle est complètement envahie et colonisée par l’imposante forêt équatoriale. Il y a lieu d’admettre que cette portion du pays regorge, à n’en pas douter, d’énormes ressources naturelles et minérales, en plus de bénéficier d’un riche écosystème forestier et halieutique. Elle occupe un espace qui, lui-même, est situé sur des vastes réserves pétrolifères du bassin du Congo s’étendant, sans fracture géologique, de l’Angola au Sahel en passant par le Nigeria à la Somalie.

Dans le cadre de ce fameux partenariat stratégique dont la finalité est sans nul doute le développement économique et le progrès social en République démocratique du Congo, le CNC par l’entremise du Collège des Frères Hospitaliers est dans les bonnes grâces de l’Union fédérale industrielle et financière pour la réalisation des programmes présidentiels de la Fédération de Russie. Comme le mentionne explicitement ‘‘l’article 3 de la Convention pour l’établissement de l’Union des Ressources congolaises’’, cette version revue et corrigée de l’Union minière du Haut-Katanga est chargée de la recapitalisation des dettes internationales de la République démocratique du Congo. En d’autres termes, du rachat des dettes congolaises auprès des institutions internationales. Ce rachat devrait s’opérer, par conséquent, à partir de la capitalisation des ressources d’énergie primaire de la Fédération de Russie[iii]  !

La fin de la mainmise occidentale sur la République démocratique du Congo

Il ne fait aucun doute que la République démocratique du Congo a toujours été, selon les époques et les circonstances, un espace de convoitises internationales. D’ailleurs, le 21e siècle ambiant ne déroge nullement à cette règle coutumière, devenue une tradition internationale immuable. D’autant plus que des puissances aussi lointaines que l’Empire du Milieu, le Pays du Matin calme, le Pays du Soleil Levant, l’Aigle surplombant et dominant le Nouveau-Monde, l’Amérique latine renaissante et les anciens tuteurs coloniaux guettent comme un fruit mûr cet État majestueux de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs. À ce niveau de compétition internationale acharnée où tous les coups bas possibles et inimaginables sont permis, sans la moindre intervention d’un arbitre impartial, l’ancien Pays des Soviets converti sur le tard au fameux libéralisme de marché ne fait pas non plus exception.

Force est, par ailleurs, de constater que sous l’empire de la guerre froide très logiquement issue de l’ordre bipolaire de Yalta, la République démocratique du Congo est un espace irréversiblement réduit aux seules ambitions hégémoniques de l’Occident. Or, c’est cela qui constitue en réalité la grande nouveauté et la grande spécificité, le Traité de Nice ouvre officiellement cet État potentiellement riche sur les plans naturel et minéral à la libre concurrence d’autres Nations et d’autres intérêts économiques et financiers de la planète. Dans le cas spécifique dudit document, à la saine compétition de la Russie qui s’intéresse, d’ailleurs, de très près à ce pays africain depuis l’aube des indépendances.

Par voie de conséquence, avec l’introduction par la grande porte de la Fédération de Russie dans l’espace géopolitique et géostratégique congolais naguère réservé aux seules et uniques puissances occidentales, le Traité de Nice fait ipso facto de la République démocratique du Congo un champ de compétition internationale. Cette ancienne colonie belge devient donc un univers d’exploitation des ressources matérielles entièrement ouvert aux autres intérêts économiques et financiers non occidentaux. Ceci constitue, en effet, un grand bouleversement, un grand séisme dans la mesure où le grand Congo-Kinshasa, était le seul coffre-fort et donc le seul grenier à matières premières précieuses et stratégiques de l’Occident. Dans le nouveau système, ce pays est ouvert à tous les intérêts qui doivent perpétuellement travailler en communion – et non plus en constante opposition – pour le développement économique de la Nation et le progrès social de la population. Pour les signataires de ce document décrié, ce leitmotiv doit être la préoccupation de tout le monde dans le but d’éviter des conflits sournois et sordides qui préjudicient cruellement à la bonne marche de la Collectivité publique et à la bonne ambiance entre les Enfants d’un même pays [iv].

Le statut enviable d’État émergent

Depuis ‘‘la fin dramatique’’ de la colonisation belge nettement marquée par la défection massive d’Européens pourtant voués à la République démocratique du Congo, ce pays béni et merveilleux n’a véritablement pas cessé de connaître tous azimuts la déchéance. Hormis la période de prospérité d’ailleurs marquée par la présence au plus haut sommet du pouvoir du Premier ministre Moïse Kapenda Tshombe qui a remis cet État sur les rails de la justice, du développement et du progrès, donc redonné visiblement espoir à ses Compatriotes en ramenant la paix et la liberté, cette chute à n’en pas douter vertigineuse vers des bas sans fond a toujours été malheureusement le lot quotidien des Congolaises et Congolais. Cette déchéance programmée s’est accélérée avec l’avènement du lieutenant-général putschiste Joseph-Désiré Mobutu dont le pouvoir politique et administratif confectionnait, à l’intérêt de la Nation et du Peuple, des budgets de sous-développement économique et de sous-progrès humain avoisinant réellement le demi-milliard de dollars US. Cette hécatombe financière s’est poursuivie avec ses deux successeurs aux méthodes somme toute similaires, peu efficaces et contre-productives : le maquisard paléo-révolutionnaire Laurent-Désiré Kabila et l’imposteur Joseph Kabila Kabange.

Or, avec le Traité de Nice, s’il est appliqué et respecté rigoureusement, la République démocratique du Congo disposera – ce qui est une grande première en cinquante-deux ans d’indépendance politique – d’un budget avoisinant, tout comme dépassant, les 160 milliards de dollars US. Tous ces fonds proviendront essentiellement de la garantie en ressources matérielles, plus particulièrement et plus singulièrement pétrolières. Ces richesses seront mises à la disposition de l’Union fédérale industrielle et financière pour la réalisation des programmes présidentiels de la Fédération de Russie. En retour, celle-ci s’engage à libérer une enveloppe financière servant au bon fonctionnement politique et administratif de l’État congolais qui, par le jeu des libéralités, se verra allouer un budget propre aux pays qualifiés à juste titre d’État émergent.

Les bénéfices nets de la République démocratique du Congo

Dans le cadre du fameux ‘‘Traité de Nice’’, la République démocratique du Congo obtient en fait, pour l’instant, beaucoup plus qu’elle ne peut vraiment espérer de la part d’un autre partenaire fiable et sérieux. Même si cela reste encore très largement en deçà de l’exploitation réelle de l’ensemble de ses ressources matérielles. Celles-ci rapportent, en vérité, la bagatelle somme de 24 mille milliards de dollars par an. Donc, la combinaison des richesses économiques générées conjointement par les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne.

En effet, ce majestueux pays africain dont les immenses richesses matérielles font pâlir les dieux de l’Olympe, s’adjuge, en vertu du fameux Traité de Nice, un budget qui fait de lui un État sensiblement à la hauteur de sa renommée. Aussi se voit-il hériter et doter d’une série de programmes socioéconomiques dont la finalité permet à sa population meurtrie et  désœuvrée d’améliorer sensiblement son sort quotidien en termes de jouissance d’emploi, d’accessibilité à l’éducation, à la culture, au logement, aux soins de santé primaires, aux biens de première nécessité, à l’électricité, à l’eau potable, etc. Sans compter qu’il pourra bénéficier de la construction d’infrastructures modernes et dignes d’un pays développé dans ce strict cadre[v].

Les mythes à déboulonner

À travers les débats suscités et polémiques provoquées à l’extérieur et à l’intérieur de la République démocratique du Congo, le Traité de Nice met indubitablement en lumière toute une série de mythologies à défaire systématiquement et automatiquement, lesquelles remontent pratiquement au lumumbisme historique, au nationalisme archaïque des années de la décolonisation. Parmi celles-ci, il y a le mythe inconsistant de l’incessibilité de l’espace territorial. À ce niveau, les Congolaises et Congolais doivent comprendre qu’un territoire est, par essence, un bien. En tant que bien marchand, il peut être négocié, cédé, échangé ou vendu. À condition de savoir pourquoi il est vendu, cédé ou échangé. À condition de savoir également le bénéfice réel tiré de ce négoce pour l’ensemble de la Collectivité publique. À titre d’exemple, un certain nombre d’Iles pittoresques situées sur le fleuve Saint-Laurent dans la Province du Québec, au Canada, sont, de nos jours, ‘‘mises en vente’’ dans le cadre de l’exploitation immobilière. Cela rapporte énormément en termes de taxes fiscales et parafiscales à la Collectivité publique.

La République démocratique du Congo doit également se départir, et ce de manière résolue, d’un autre mythe tout aussi dévastateur que le précédent, lequel a retardé tous azimuts le développement économique de la Collectivité publique et le progrès social de la population victime des errements de ses dirigeants. Très ancré dans l’imaginaire national, celui-ci consiste à vilipender les Multinationales, à indexer les intérêts économiques et financiers extérieurs, à conférer aux entreprises étrangères l’image diabolique d’exploiteur sans scrupules et de faiseur de roitelets gendarmes. Au nom de ce mythe farfelu, savamment entretenu, le Premier ministre ‘‘nationaliste’’ et ‘‘indépendantiste’’, ‘‘anticolonialiste’’ et ‘‘anti-impérialiste’’ Patrice Emery Lumumba n’a pas du tout voulu négocier et, par voie de conséquence, coopérer avec les puissances occidentales, au premier rang desquelles la Belgique tutélaire, dont la célèbre possession coloniale du Congo était, à vrai dire, le coffre-fort ou le grenier de l’Occident dans le cadre de la stratégie d’hégémonie planétaire.

Au nom de cette vision étriquée, le dictateur Mobutu Sese Seko du Zaïre, s’appuyant sur la politique de zaïrianisation ou africanisation des cadres économiques, a confisqué les biens d’expatriés occidentaux au profit d’une élite locale vorace et mentalement atrophiée. Conséquence, l’ex-Zaïre n’a pas effectivement tardé à faire un grand bon en arrière, plutôt à réaliser un pas de géant mais cette fois-ci dans le sens inverse, dans le but de goûter perpétuellement aux affres de la précarité socioéconomique, de la désespérance sociale et de l’anémie industrielle. Conséquence, cet État – [richissime du moins sur papier] – flirtait indéfiniment avec les indices du sous-développement économique et du sous-progrès social, handicapant ainsi l’avenir de sa population.

Un autre mythe à évincer repose sur les richesses légendaires du Congo. Certes, la République démocratique du Congo est un État potentiellement riche. Si elle est matériellement riche, comme la propagande idéologique et même politique voudrait le faire accroire, il convient de spécifier à cet effet ‘‘sur papier’’. Jusqu’à preuve du contraire, elle demeure un pays pauvre, donc un État à tous égards sous-développé et sous-équipé. Pour ce faire, elle se doit effectivement de se doter d’une judicieuse politique d’exploitation de ses ressources autant minérales et naturelles que précieuses et stratégiques dans le but d’atteindre des indices de développement louable et digne de son rang étatique. Concrètement, cela signifie de sa part un appel ferme et pressant à l’endroit des forces économiques et financières, à des puissances industrielles étrangères disposant autant des capitaux que des technologies pour la mise en valeur de son territoire.

Un autre mythe à écarter est la fameuse souveraineté nationale ou populaire. Les Congolaises et Congolais qui ont l’art de rabâcher des concepts certes significatifs mais parfois creux voire même inconsistants en quelques circonstances et quelques occasions particulières doivent réaliser qu’aucun État, aucune Nation et aucun Peuple sur cette Terre n’est à vrai dire souverain stricto sensu. Eux-mêmes l’ont malheureusement appris, tout comme amèrement expérimenté à leurs dépens lors du dernier double scrutin présidentiel et législatif du lundi 28 novembre 2011. Si le Peuple congolais est souverain, qu’ils expliquent au monde entier comment le tripatouilleur Joseph Kabila Kabange qui n’avait nullement leurs faveurs électorales, est pratiquement demeuré à la tête de l’État et au plus haut sommet du pouvoir politique, et ce après plusieurs rebondissements rocambolesques. Donc, cela signifie réellement qu’ils ne détiennent ni le pouvoir, ni l’imperium, ni la souveraineté dans la mesure où le tricheur impénitent a été imposé de force par l’Union européenne (UE) et les États-Unis d’Amérique (USA). C’est un secret de polichinelle !

De ce strict point de vue, il est tout à fait naturel voire concevable que les responsables politiques qui veulent devenir titulaires de la position du pouvoir dans leurs pays respectifs, négocient avant même leur entrée en fonction le soutien de puissants intérêts économiques et financiers. À ce niveau, le Traité de Nice n’innove pas. Il ne fait que confirmer la tendance mondiale. Si le président américain, à plus forte raison le républicain George Walker Bush jr ou le démocrate Barack Hussein Obama, en est par essence l’archétype ou le prototype[vi], pourquoi alors s’offusquer pour les signataires congolais de cette fameuse convention, lesquels entreprennent la même démarche.

Un autre mythe à gommer définitivement de l’esprit congolais, le Traité de Nice équivaut aux accords controversés de Lemera, une localité du Sud-Kivu, lesquels ont propulsé sur la scène politique congolaise la tristement célèbre Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL). En effet, les accords de Lemera sont, par définition, un contrat qui consacre la constitution politico-militaire d’un mouvement rebelle à la tyrannie mobutiste à renverser et le partage du pouvoir entre les différentes composantes ou factions, d’une part. Et, d’autre part, cette convention, et c’est là effectivement que gît son intérêt à la fois politique et idéologique, géopolitique et géostratégique, déclare que ‘‘le sol et le sous-sol de la République démocratique du Congo appartiennent à cette force rebelle qu’est l’AFDL’’.

Ce qui constitue non seulement une hérésie mais également une rupture fondamentale. C’est une hérésie pour la simple et bonne raison que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un mouvement rebelle, fût-il armé, s’arroge en fait le droit exclusif de détention ou de propriété du territoire d’un pays tout entier. C’est aussi une rupture idéologique et épistémologique sur le plan strictement juridique et purement légal dans la mesure tous les actes fondamentaux qui ont présidé au destin du pays ont constitutionnalisé la fameuse ‘‘Loi Bakajika de 1961’’. Celle-ci dispose effectivement : ‘‘Le sol et le sous-sol appartiennent à l’État congolais’’.

Sur cette question, le Traité de Nice demeure sensiblement conservateur. Ce document ne dépossède aucunement la République démocratique du Congo de son sol et de son sous-sol. En s’appuyant substantiellement sur la CNS, ce texte fondateur du CNC reste, sans déviation aucune, dans la droite ligne des édifices constitutionnels précédents. D’autant plus qu’il reconnaît explicitement la primauté de ce forum national et de tout ce qui s’y rattache intimement. À savoir : ‘‘les résolutions y adoptées et les actes y édictés[vii]’’.

En outre, les accords de Lemera font explicitement don d’un pan territorial, c’est-à-dire une bande d’une superficie de 300 km de largeur, attenante aux frontières ougandaises, rwandaises et burundaises, aux forces d’agression physique à la souveraineté territoriale de la République démocratique du Congo. Or, cette portion territoriale attribuée à toutes ces puissances ne rapporte aucunement à l’État congolais en termes de revenu financier et d’investissement en capital humain et matériel. Ce qui n’est pas sans rappeler le bradage du territoire congolais par le despote zaïrois du temps de sa splendeur tyrannique. En effet, Mobutu Sese Seko du Zaïre avait réellement cédé pour des sommes complètement dérisoires une partie du Katanga équivalente à 7000 Km2 à la société allemande OTRAG en vue de l’expérimentation des missiles balistiques[viii] et la célèbre Ile d’Idjwi, frontalière au Rwanda, au régime siamois de Juvénal Habyarimana. Cette Ile précieuse en ressources renferme, en réalité, d’importantes réserves de coltan : ‘‘un métal précieux et stratégique composé de colombium et de tantale et dont la très haute teneur en tantale est d’ailleurs très prisée par les industries aérospatiale et informatique[ix]’’.

Dans le cadre du Traité de Nice, sur cette matière ultrasensible, il y a simplement cession de souveraineté politique sur une portion territoriale d’ailleurs très infime. Ceci en échange de l’exploitation des ressources matérielles et physiques dans le cadre d’un deal commercial. Par conséquent, à propos de l’Ile de Mateba et même du Territoire de Gbadolite, l’État congolais continue d’avoir toujours un droit de regard. Même s’il n’est pas à vrai dire absolu, il faut reconnaître que celui-ci est au moins relatif sur maintes questions. La loi du pays s’appliquera sur les biens et les personnes qui relèvent strictement de sa juridiction. Ce qui n’est pratiquement pas le cas des accords controversés de Lemera dans lesquels la République démocratique du Congo perd ipso facto son droit de regard et de jouissance sur ce pan cédé.

En guise de conclusion, il existe certes une infinité de choses à dire et à écrire sur le Traité de Nice. À titre d’exemple, l’exploitation militaire de l’aérodrome de Gbadolite, construit dans la jungle équatoriale, dans le strict cadre de la lutte antiterroriste. Cette question préoccupante permet d’annexer la République démocratique du Congo à la ceinture de feu antiterroriste et anti-islamiste. Tout ceci à cause de la présence active et effective, sur son territoire, de multiples réseaux d’affaires et des milices armées, lesquels sont totalement affiliés à la secte sanguinaire et nébuleuse Al Qaeda. Il importe de relever, à cet effet, que ce bouclier stratégique comprend déjà en Afrique orientale (l’effervescente Corne de l’Afrique), l’Éthiopie, l’Érythrée et le Kenya, et en Afrique centrale, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi. La République démocratique du Congo est à n’en pas douter la seule et unique pièce qui manque cruellement au puzzle pour compléter à jamais les maillons et rendre cette chaîne de combat plus solide et plus résistante.

Contradictions mentales et surréalisme comportemental chez le Congolais

Que le Traité de Nice soit évidemment décrié ou vilipendé voire promu, cela relève sans doute de la nature humaine. À chacun d’y trouver manifestement son propre compte selon son propre entendement et ses propres intérêts. Mais, une chose est sûre et même claire, le débat ou la polémique entourant cette convention prouve effectivement l’attachement profond et indéfectible des Congolaises et Congolais à leur chère Patrie victime d’une conspiration internationale sans précédent et, surtout, sans commune mesure. Aussi prouve-t-il leur attachement inconditionnel à un système politique et institutionnel fondé sur le parlementarisme dans lequel leurs représentants nationaux par eux élus disposeront sans conteste d’un mandat impératif et non pas représentatif. C’est déjà en soi une très bonne et très grande nouvelle.

En revanche, cette confrontation intellectuelle est, à quelques égards, vraiment inutile parce que trop souvent déplacée par la démagogie si l’on évalue et l’on scrute avec soin et minutie la pertinence de différents arguments avancés. Ceux-ci fournissent, en effet, très souvent de l’eau au moulin argumentaire de celles et ceux qui pensent – peut-être – à tort ou à raison que les Congolaises et Congolais ne savent pas exactement définir voire même distinguer très clairement leurs intérêts primordiaux. Ce qui reviendrait, concrètement, à affirmer que le débat sur le Traité de Nice prouve donc a contrario l’immaturité congolaise. Pour paraphraser l’humaniste et essayiste Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, il prouve bien entendu ‘‘le degré zéro de la politique congolaise[x]’’.

Cela est d’autant plus vrai que les Congolais ne discutent jamais de bonne foi. Ils ont souvent l’art de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils adorent faire table rase mais n’aiment jamais construire. Ils adorent dormir sur leurs lauriers au lieu de faire preuve de lucidité et de créativité, de réactivité et de combativité. Ceux-ci adorent critiquer, tempêter mais n’avancent jamais une proposition sérieuse ou une solution idoine en vue d’améliorer sensiblement leur sort pourtant malheureux. Très souvent, ils vivent dans une bulle imaginaire. Cette commodité leur permet simplement de penser tout et son contraire, de vouloir tout et son contraire. Ce qui est paradoxal, en même temps !

À preuve, les Congolaises et Congolais veulent libérer leur pays des bottes d’agression à la fois rwandaise, ougandaise et burundaise. Cependant, ils ne sont pas du tout prêts à verser leur sang pour cette Patrie qu’ils défendent pourtant bec et ongles. Ils ne sont pas prêts à s’engager dans les forces de défense et de sécurité pour asseoir la souveraineté internationale de leur pays toutefois menacé de partition territoriale dans l’Est vulnérable et en ébullition. Ils ne veulent pas du tout de Joseph Kabila Kabange en tant que président de la République. Cependant, ils ne s’empressent nullement d’intégrer des rébellions armées congolaises anti-Kabila. Ils reconnaissent et soutiennent le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba en tant que président élu de la République démocratique du Congo mais ils ne trouvent pratiquement aucun intérêt à manifester bruyamment pour le départ forcé ou négocié de Joseph Kabila Kabange qui a violemment confisqué le pouvoir politique, qui dirige par défi et continue de narguer leur souveraineté populaire[xi].

La pertinence du Traité de Nice

Le Traité de Nice du 17 janvier 2012 est-il, véritablement, une chance à ne pas rater pour la République démocratique du Congo ? Ce qui est clair, cet État de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs a connu dans sa vie effervescente de Nation, voire depuis l’avènement de son existence politique le jeudi 30 juin 1960, l’Occident comme le seul et unique partenaire en matière de développement. Ce partenariat exclusif a matériellement eu pour résultat – et ce n’est, en réalité, un secret pour personne – un véritable fiasco dans tous les domaines, qu’ils soient politique, économique, social et culturel. Donc, il a été une véritable catastrophe pour ce pays aux potentialités incommensurables.

Cela est d’autant plus vrai que les despotes qui ont confisqué les libertés publiques et les droits humains fondamentaux dans cet État majestueux sis au cœur de la stratégie mondiale, ont été sans exception parrainées par l’Occident. N’est-ce pas une vérité de Lapalisse que d’affirmer que Joseph-Désiré Mobutu, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila Kabange sont des pupilles de l’Occident chargés de détruire les fondements de la République démocratique du Congo ? En effet, ceux-ci n’ont pas daigné développer le pays au prix d’une politique suicidaire, d’une vision chaotique essentiellement dictée par leurs maîtres-penseurs. En fait, celle-ci est substantiellement fondée sur une assistance économique fort biaisée qui maintient constamment le pays sous perfusion financière et une coopération en développement vicieuse qui fait de celui-ci un éternel mendiant international ou un éternel assisté.

Cependant, dans l’exercice de son pouvoir politique très vivement contesté par la population, l’imposteur Joseph Kabila Kabange a très vite compris, et ce à l’instar de son père adoptif et paléo-révolutionnaire, le mercenaire Laurent-Désiré Kabila, la nécessité de s’adjuger inéluctablement les bonnes grâces de l’Empire du Milieu. À cet effet, le jeune dirigeant congolais ne tarde pas à se tourner très rapidement vers la République populaire de Chine dont l’expansion économique est phénoménale. Force est d’admettre que cette puissance étatique asiatique a, bien entendu, la sombre réputation de ne point se soucier des violations criantes des principes démocratiques, des libertés publiques et des droits humains fondamentaux. Y compris des droits sociaux qui constituent en réalité le cadet de ses soucis.

À preuve, dans le cadre du partenariat sino-congolais axé essentiellement sur le troc entre infrastructures matérielles et ressources naturelles et minérales, la République populaire de Chine dont la générosité économique et financière à l’égard des États africains en matière de développement est légendaire, proverbiale, monopolise, à elle seule, tout le marché d’emploi au profit de ses seuls ressortissants. Les travailleurs congolais sont donc pratiquement exclus de ce deal. Il est un fait indéniable que dans le cadre de la tristement célèbre politique des cinq chantiers promue par Joseph Kabila Kabange, les investissements chinois en République démocratique du Congo sont évalués à trente-cinq milliards de dollars US. Ce qui est en soi une aubaine économique et une embellie financière. Toutefois, il y a lieu de reconnaître que le pays peine à décoller, le développement matériel et le progrès humain tardent à poindre le bout de leur nez. Cet État tarde, en réalité, à prendre son envol, [notamment], en raison de la corruption et de la mégestion qui gangrènent cruellement l’ensemble de l’appareil politique, gouvernemental et administratif.

‘‘Le malheur n’arrive jamais seul’’, dit-on ! Étant donné que ce partenariat sino-congolais est perçu par les puissances occidentales comme un paramètre déstabilisateur de leurs intérêts primordiaux en République démocratique du Congo, ce pays martyr n’est pas non plus épargné par un conflit dévastateur dont les brasiers sont, en principe, allumés par les forces économiques et financières d’extraction anglo-saxonne. À cet égard, Joseph Kabila Kabange a été sèchement averti voire admonesté à maintes reprises afin de se départir définitivement des intérêts économiques et financiers chinois. Il a même reçu, à cet effet, la visite très attendue de la secrétaire d’État US Hillary Rodham Clinton. Celle-ci n’a pas du tout mâché ses mots sur cette question [capitale] et [sensible], laquelle, d’ailleurs, présente un enjeu planétaire incontestable. Donc, cette personnalité diplomatique n’a aucunement manqué de lui étaler, de vive voix, les états d’âme de son administration fédérale sur cette problématique des intérêts économiques et financiers chinois.

Même son de cloche du côté des institutions économiques et financières issues des accords de Bretton Woods[xii]. Ces organismes internationaux critiquent, en effet, virulemment le partenariat sino-congolais. Pour eux, ce système de troc entre infrastructures matérielles et ressources minières désavantage très largement la République démocratique du Congo au profit d’une puissance dont la voracité minière et énergétique n’est plus un secret. Ils estiment qu’il y a bel et bien sous-évaluation délibérée des richesses congolaises dans le contrat passé entre la République démocratique du Congo et la République populaire de Chine.

Conséquence pour la République démocratique du Congo, une guerre dévastatrice. Un conflit armé à n’en plus finir dans sa partie orientale. En vérité, celui-ci oppose très violemment l’armée régulière[xiii], d’ailleurs inexistante ou inefficace sur le terrain militaire, à une rébellion factice. Ce mouvement armé est instrumentalisé par des États limitrophes dans le but de rétrocéder les ressources tant naturelles et minérales que précieuses et stratégiques du pays aux forces économiques et financières extérieures[xiv].

C’est ce que veulent justement éviter à la République démocratique du Congo les promoteurs et signataires du célèbre Traité de Nice du 17 janvier 2012. C’est ce qui explique, à n’en pas douter, leur alliance responsable et stratégique avec le Collège des Frères Hospitaliers de la Cité de Jérusalem (Hospitalis Collegium) en vue de se prémunir efficacement contre ce genre de désastres humains. En fait, ces avocats et adeptes de la convention de Nice veulent à tout prix d’une République démocratique du Congo complètement pacifiée et harmonieuse, libre de toutes exactions violentes et digne de tous progrès humains.

Ces promoteurs et signataires veulent, en réalité, d’un État qui ne sera plus l’objet de confrontations féroces entre des intérêts sordides dont la volonté primordiale est, en vérité, de détruire la population congolaise. Ils veulent, en fait, d’un pays qui ne sera plus systématiquement et automatiquement l’enjeu des compétitions acharnées entre les grandes puissances internationales, lesquelles se livrent généralement une bataille violente sur le dos des peuples innocents du Tiers-Monde, dont les premières victimes sont pratiquement les enfants enrôlés dans les milices ou factions armées et les femmes subissant des molestations sexuelles. Aussi veulent-ils d’une République démocratique du Congo affranchie du despotisme et friande de démocratie et de liberté, de justice et de sécurité, de paix et de solidarité, dans le but de construire son avenir axé essentiellement sur le développement économique de la Collectivité publique et le progrès social du Citoyen.

À cet effet, ces partisans irréductibles du Traité de Nice estiment pleinement, en leur âme et conscience, que l’entrée fracassante de la Fédération de Russie par la grande porte sur la scène congolaise dans les domaines économique et financier pourrait, sans doute, impulser l’expansion et la prospérité de la Collectivité nationale. Ils estiment que cette concurrence russe pourrait, par voie de conséquence, tempérer les ardeurs destructrices occidentales à l’encontre de la République démocratique du Congo. Elle pourrait inverser la tendance dévastatrice du pays communément observée auprès des dirigeants nationaux élevés au rang de pupilles de l’Occident.

Est-ce un vœu pieu ? Ce qui est parfaitement clair, aucun État africain n’a pas vraiment pu se développer avec la Russie soviétique sous la période de guerre froide. Qu’en sera-t-il effectivement avec la Nouvelle Russie qui a divorcé d’avec le communisme, qui n’a pas du tout hésité à jeter le froc aux orties ?

Afin de clore ce chapitre du Traité de Nice qui continue de faire des vagues, et surtout pour paraphraser Axelle Cabou, et si le Congo, sempiternellement bien enfermé dans sa tour d’ivoire et dans sa bulle imaginaire, refusait alors à son tour le développement ? Y compris la démocratie et les droits humains fondamentaux. Et ce au prix inéluctable du sous-progrès humain et du développement matériel !

  • Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

www.joelasherlevycohen.com

(Blogue présentement en développement et actif à compter de la mi-février 2013)

Le véritable débat est maintenant lancé. À chacune et chacun d’y participer dans la plus large tolérance et dans le plus strict respect des uns et des autres ! C’est de cette manière que la grande République démocratique du Congo que tout le monde appelle de ses vœux sera, en réalité, édifiée.

À méditer profondément :

‘‘Les Congolais n’ont pas de maturité politique’’ Me Abdoulaye Wade du Sénégal

‘‘Les Congolais manquent de culture politique’’ Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS



[i] ‘‘Et si l’Afrique refusait le développement ?’’, Axelle Cabou, africanologue et sociologue franco-camerounaise, L’Harmattan, 1991, 208 pages.

[ii] Le souverain pontife Pascal II reconnaît le 15 février 1113, soit il y a 900 ans, le Collège hospitalier sous la dénomination d’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Tandis que le pape Innocent II leur fournit en 1130 la croix blanche pour le distinguer de l’Ordre du Temple. En 1140, il est reconnu comme un ordre militaire.

[iii] C’est pratiquement le même système de rétribution utilisé par le groupe Total-Elf à l’égard des pays pétroliers d’Afrique placés sous la coupe française.

[iv] Contrairement aux divers accords secrets signés par Joseph Kabila Kabange qui opposent violemment, systématiquement et automatiquement  les puissances occidentales aux intérêts économiques et financiers chinois dans le cadre de l’exploitation des ressources matérielles de la République démocratique du Congo, cet État continue sans répit d’être la proie des flammes allumées par les lobbies anglo-saxons.

[v] Ce qui contrarie manifestement la vision idéologique de Joseph Kabila Kabange qui ne tient pas compte, dans le cadre de la politique gouvernementale des cinq chantiers, de la création d’emploi au profit des Nationaux.

[vi] En Europe, bien des dirigeants politiques et gouvernementaux sont appuyés financièrement lors d’élections nationales par de puissants intérêts économiques et financiers. En France, l’exemple type est le conservateur de droite libérale Nicolas Sarkozy de Nagy Bogçà.

[vii] Même les actes et résolutions de la véritable CNS dont se réclame idéologiquement le CNC, ont reçu cette disposition capitale et primordiale à l’avenir du pays et de la Nation.

[viii] Cette tractation avait rapporté six millions de dollars US au principal intéressé.

[ix] Le coltan congolais dispose d’une teneur de 20 à 30 % de tantale. Ce qui est à n’en pas douter énorme et alléchant. Ailleurs – presque tous les pays du monde regorgent du coltan – la teneur en tantale est trop insignifiante pour ne pas dire négligeable, soit 0,01 % mais au Brésil, en Australie et en Égypte, elle est 10 à 100 fois moins, soit entre 0,03 et 0,08 %. Lorsqu’elle se situe entre 10 et 20 %, ce métal entre dans la fabrication des microprocesseurs et composantes informatiques, ainsi que le téléphone mobile. Lorsqu’elle varie entre 20 et 30 %, ce métal est immédiatement destiné à la fabrication des tuyères et fuselages des navettes interstellaires.

[x] Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, ‘‘Congo-Kinshasa : Le degré zéro de la politique’’, L’Harmattan, 2012, 152 pages.

[xi] En d’autres termes, les Congolaises et Congolais sont-ils mentalement un peuple d’adolescents ? Forment-ils en réalité, psychologiquement, une Nation de gros bébés à trente-deux dents ?

[xii] La Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI).

[xiii] Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) n’ont vraiment d’existence que de nom. Elles doivent normalement être réformées en vertu des résolutions et actes du Dialogue intercongolais (DIC) arrêtés à Sun City et à Pretoria. Il y a lieu de souligner que ces réformes relatives à la reconstruction de l’Institution militaire n’ont jamais vraiment suivi.

[xiv] Le M23 qui combat les forces gouvernementales et le pouvoir de Kinshasa pour n’avoir pas respecté ses engagements pris dans le cadre du processus de paix Amani de 2009, occupe effectivement le parc de Virunga assis sur d’importantes nappes et réserves pétrolières.

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

 

Tags:

2 thoughts on “Le ‘‘Traité de Nice’’ : Une chance inestimable pour la République démocratique du Congo”

  1. Bonjour !
    C’est l’Homme congolais qu’il faut refonder et repenser. Il n’ y a pas un seul problème en R.D.Congo, nous sommes le problème. Ce n’est pas par supériorité que nos ennemis nous tirent en torchon. Au contraire, c’est par notre propre médiocrité.

  2. MUKER KOM-NDA NKOM-NDA NDANGYÉ, Libre penseur Indépendant

    Nous sommes d’accord comme Libre penseur Indépendant avec ce triste constat du journaliste Indépendant Joël Asher Lévy-Cohen *

    Le vrai défi qui reste, c’est de savoir comment sortir de cet état et comment on en est arrivé à ce niveau et quelles sont les causes et les remèdes.
    J’y contribuerai dans cette recherche des vraies causes avec des pistes de perspectives, à savoir: le devoir de mémoire et de l’information pour mieux s’assumer pour ne pas continuer cette navigation à vue.
    Merci d’avance pour ce début de l’éveil de la conscience, mais la conscientisation doit continuer, puisque le mal est profond quand l’élite connaît un génocide aussi mortel tel que décrit.

    Contradictions mentales et surréalisme comportemental chez le Congolais
    Ce qui reviendrait, concrètement, à affirmer que le débat sur le Traité de Nice prouve donc a contrario l’immaturité congolaise. Pour paraphraser l’humaniste et essayiste Gaspard-Hubert Lonsi-Koko, il prouve bien entendu ‘‘le degré zéro de la politique congolaise[x]’’.
    Cela est d’autant plus vrai que les Congolais ne discutent jamais de bonne foi. Ils ont souvent l’art de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils adorent faire table rase mais n’aiment jamais construire. Ils adorent dormir sur leurs lauriers au lieu de faire preuve de lucidité et de créativité, de réactivité et de combativité. Ceux-ci adorent critiquer, tempêter mais n’avancent jamais une proposition sérieuse ou une solution idoine en vue d’améliorer sensiblement leur sort pourtant malheureux. Très souvent, ils vivent dans une bulle imaginaire. Cette commodité leur permet simplement de penser tout et son contraire, de vouloir tout et son contraire. Ce qui est paradoxal, en même temps !

    Joël Asher Lévy-Cohen
    Journaliste indépendant
    http://www.joelasherlevycohen.com

Comments are closed.