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Les banques engagées dans une rude concurrence pour le contrôle des transferts des Congolais de la Diaspora

LA BIAC OPERATIONNELLE EN FRANCE DEPUIS CE 2 DECEMBRE

Par Laurent Essolomwa

BOLIVIA DOLLARLa Banque internationale pour l’Afrique centrale (BIAC) a ouvert officiellement ses bureaux le mercredi 2 décembre en France. Déjà, la veille, la BIAC a organisé une grande soirée parisienne : « C’est vrai que c’était en grande pompe. Tribune présidentielle au stade de France, une soirée animée par le journaliste Kasongo Mwema, des invités triés, les représentants des partis politiques et des associations de la Société civile mais aussi la présence remarquée de l’ambassadeur et de la vice-ministre Colette Tshomba », a précisé une source.

Pour les nombreux concurrents venus aussi à la manifestation pour une autre raison facile à deviner, la BIAC a bien l’intention de s’appuyer sur la fibre nationaliste pour arriver à damer le pion aux autres banques qui ont occupé valablement le terrain en l’absence d’une véritable concurrence congolaise. La démarche va-t-elle s’avérer payante, rien n’est bien sûr même si les milieux financiers partagent la thèse selon laquelle les Congolais de la Diaspora seront tentés « par patriotisme » à mener leurs transactions financières dans une banque de leur pays. « Les Congolais sont intéressés effectivement mais il faut encore attendre un peu pour voir comment les choses vont évoluer », a-t-elle poursuivi. Le marché de la France est très juteux, et jusque-là les Camerounais ont réussi à s’imposer dans ce secteur à travers notamment leur banque Afriland First Bank, également opérationnelle en République démocratique du Congo, dont le nom de son patron est repris sur la liste des cent personnalités africaines les plus influentes d’Afrique par la revue Jeune Afrique.

En somme, la BIAC pose les pieds dans la cour des grands. Les premiers recoupements montrent qu’elle n’a pas fait de choix au hasard. « Il est vrai que son emplacement, près du Château rouge, n’est pas pour rien. C’est un coin idéal car il s’agit du lieu où les Congolais se concentrent souvent. Cela ressemble à Matonge mais en France », souligne la source. Le deuxième élément qui ne manquera pas d’influencer les clients, est les conditions d’ouverture surtout au niveau des frais d’opération. Les conditions paraissent plus attractives que celles des Camerounais, l’on cite notamment l’ouverture qui se fait à partir de trois cents vingt cinq euros chez les Camerounais alors que la BIAC propose cinquante euros, un chiffre plus accessible pour les Congolais mais aussi les hommes d’affaires qui font également partie des cibles de ces banques. Des indiscrétions ont démontré aussi que les frais des opérations sont moins chers par rapport à Western Union et Money Gram, ce qui donne l’impression que la BIAC a bien étudié le marché avant de se jeter dans l’eau.

Mais il va de soi que les Camerounais d’Afriland n’ont pas à craindre cette concurrence même si la donne est tout de même prise au sérieux. D’abord, le marché des transferts financiers vers l’Afrique est plus important que le seul marché Congolais. Ce sont des sommes colossales qui quittent l’Europe pour l’Afrique de l’Ouest, notamment. Cependant, l’installation dans la durée d’Afriland en RDC avec ses bureaux érigés dans un immeuble prestigieux de Kinshasa sur le Boulevard du 30 juin, en plein carrefour, montre bien que le marché Congolais ne laisse pas indifférent les concurrents de la BIAC. « Il existe une différence qui peut aider la concurrence devant cette détermination de la BIAC d’en finir avec les autres banques qui se sont jusque-là servies sur un terrain qu’elle revendique aujourd’hui avec le soutien des autorités du pays. En effet, Afriland est une banque gérée par des Africains. Ce qui n’est pas le cas pour la BIAC. Cela peut même avoir une incidence au niveau du fisc mais nous ignorons au stade actuel comment les choses vont se passer ». Le débat est donc lancé dans les milieux financiers congolais.