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Les églises du réveil au pays, gages d’enrichissement matériel

 

Par Alain Sorel Fongue

Aux yeux de leurs ouailles, ils sont des demi dieux et se considèrent comme tels. Ils s’auto-proclament abusivement prophète, visionnaire, apôtre, évangéliste, pasteur, guide, maître … Ces sacrificateurs des églises, ministères, assemblées du réveil spirituel sont prêts à tout pour attirer des adeptes. Mais, sous la parure d’« homme de Dieu », se cachent des « malins » déterminés à s’enrichir sur le dos des « naïfs » en quête de la manne céleste.

Marc, 28 ans, prépare une fois de plus sa session de l’examen d’Etat après l’avoir raté une dizaine de fois. Il serait victime d’un « blocage ». Mme Kasongo vient de perdre ses trois fils dans un accident de la circulation et son mari, devenu aveugle il y a peu, est inconsolable. Une voisine jalouse lui aurait jeté un mauvais sort, radote-t-on.

Jules est un homme brave, intelligent et courageux. Mais, les rares fois qu’il a pu avoir un emploi, il n’a jamais su le garder longtemps. On attribue cette errance à un envoûtement dont un oncle serait à l’origine.

Béatrice, séropositive, développe la maladie et son état semble irréversible. Sa collègue de service est pointée du doigt.

Des Marc, Mme Kasongo, Jules, Béatrice et consorts, nous les croisons chaque jour dans la rue. Ces êtres faibles, enivrés et désillusionnés par les réalités quotidiennes de la vie, sont des proies faciles pour certains initiateurs des églises du réveil. Ces sacrificateurs leur promettent des recettes miracles, allant des séances de désenvoûtement aux guérisons miraculeuses en passant par les promesses les plus folles dont ils seraient les seuls à détenir le secret.

Les églises du réveil, qui poussent comme des champignons dans nos villes et villages, deviennent alors des réceptacles indiqués pour beaucoup de gens, prêts à tout sacrifier avec l’espoir d’une « solution miracle » des versets intentionnellement prisés de ces « hommes de Dieu ».

Les plus utilisés de ces versets sont dans Proverbe et Galates. Selon le verset 24-25 du chapitre 11 de Proverbe, « tel qui donne libéralement devient riche. Tel qui épargne à l’excès ne fait que s’appauvrir. L’âme bienfaisante sera rassasié et celui qui arrose sera arrosée lui-même ».

« Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne », dit le verset 6 du chapitre 6 de Galates.

Si le doute n’est pas absolument porté sur le caractère sacré et véridique des enseignements bibliques, la répétition à outrance de ces versets et d’autres du même genre donne à penser à un lavage de cerveau des adeptes. Qui, à l’étape finale, vont être transformés en vaches à lait des chefs d’églises.

En dehors des dîmes et des offrandes qu’ils versent « volontairement », les adeptes sont soumis au paiement de divers frais destinés à financer notamment des « séances de délivrance » et des « activités internes de l’église ».

Sont également sources de recettes, la « générosité » des « évangélisés rassurés d’une solution aux problèmes posés », les symboles religieux, les brochures ainsi que les livres édités par le « prophète » et imposés aux adeptes.

UN NOUVEL ORDRE A L’HORIZON

« La mission principale de l’église est d’évangéliser et non de faire des miracles ou de prophétiser. Nous sommes capables de dépenser d’énormes sommes d’argent lors de nos campagnes d’évangélisations et d’autres manifestations, ne serait-ce que pour gagner une seule âme. Le reste viendra après », déclare un prédicateur de l’Eglise Evangélique Libre d’Afrique, succursale du Quartier Pende dans la commune de Kinshasa.

Il s’insurge contre ceux qui « organisent des campagnes de miracles, de prophéties et de dons, en mettant de coté le centre névralgique du système qui est l’évangélisation ». Il évoque les versets 15-17 du chapitre 16 de Marc qui dit : « Allez partout dans le monde, et prêchez la bonne nouvelle ( ). Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé (…). Voici les miracles qui accompagneront ceux qui ont cru ( ..).

De manière générale, les prédicateurs usent de slogans enchanteurs pour s’attirer la sympathie du plus grand nombre d’adeptes, en promettant de les faire accéder à la « puissance divine » devant résoudre miraculeusement « tous » leurs problèmes. Moyennant, une « offrande » à l’église, au ministère ou à l’assemblée.

Pour certains adeptes, des « miracles » s’accomplissent. Et c’est tant mieux pour eux. Alors que pour d’autres, souvent les plus nombreux, la longue attente se transforme en un véritable calvaire. Pour avoir été complètement « dépouillés » de leurs fonds et biens.

De nos jours – selon les « paroles cachées de Baha’u’llah IIème partie verset 25 – les bergers « sont comme de l’eau claire mais amère, apparemment pure comme du cristal, mais dont, après le test du divin Examinateur, pas une seule goutte n’est acceptée ».

Pour ces nouvelles croyances, les sacrificateurs prendraient l’apparence de bergers, alors qu’ils sont devenus en réalité des loups acharnés contre les troupeaux de Dieu. « Ils sont comme l’étoile du matin qui se lève avant l’aube et qui parait brillante et radieuse, mais qui égare les voyageurs de la cité de Dieu et les conduits sur les chemins de la perdition », s’indigne un membre de la Foi Bahai.