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LES ÉLECTIONS EN RDC POUR 2011 EST UN MIRAGE, LE GOUVERNEMENT… MENT, IL SAIT QUE L’ ORGANISATION DES ÉLECTIONS POUR CETTE DATE EST UNE UTOPIE”.

Propos du dr Kabeya Kandolo

Il y a presque deux ans, se confiant à notre correspondant Bruxellois, Ray
Delherbes, le MLC Kabeya Kandolo en fin connaisseur des pratiques politiques
dans son pays, avait affirmé, après une analyse succincte, et contre l’avis
de la plupart d’acteurs politiques au pouvoir, que l’organisation des
élections de 2011 en République Démocratique du Congo, dans l’état actuel
était un mirage.
La réaction des autorités congolaises s’en était suivie à ce sujet, ne se
fit pas attendre. Elle n’était pas tendre non plus.
Dans une virulente mise au point du gouvernement congolais par l’entremise
de son porte-parole, le ministre des médias s’en prit aux pêcheurs en eaux
troubles, qui doutaient de la capacité du gouvernement d’organiser les
élections dans les délais dits constitutionnels et propageaient des rumeurs
affolantes pour aiguiser la haine de la population congolaise contre ses
institutions et patati et patatas…

A cette occasion, prennant les congolais à témoins, il fit publiquement une
promesse solennelle, par laquelle le gouvernement qui disposait des moyens
financiers appropriés sic, prenait l’engagement ferme d’organiser les
élections locales et présidentielles en une fois, question de ne pas
surcharger la population avec des élections trop fréquentes. Mais,
l’incapacité du gouvernement d’organiser les élections locales et
municipales, avait laissé un goût amer, le doute qui s’installat n’a jamais
été dissipé, jusqu’à jour.
Nous en avions fait des larges échos dans un long article, publié à ce
sujet, le 26 déc 2010. Aujourd’hui, les évènements nous donnent raison.
Recevant les membres de sa majorité, pour les voeux de nouvel an à la ferme
présidentielle de Kingakati sur la route de Bandundu, dans une nouvelle mise
au point faite par le président de la république lui-même, propos rapportés
par ” Le Potentiel “, de ce 11 janvier, le chef de l’état congolais ne s’est
empêché de donner des motivations sur les bienfaits sur le plan financier,
de l’élection à un seul tour*.*

*Axiomatique, il affirme, “qu’organiser les élections présidentielles à deux
tour, dans le cadre de l’état des nos finances est une utopie”.*

Ayant conservé le suspens jusqu’au bout, voilà, le mot tant redouté que
personne ne voulait entendre vient d’être lâché par la bouche du président
de la république en personne! Et pourtant, le gouvernement ne se démentait
pas sur son exigence sur le retrait de la monuc.
Le plus intéressant à ce sujet, c’est d’observer le relâchement avec lequel
la classe politique congolaise a traité ses problèmes des élections.
Habitué à traiter cas par cas, le parlement congolais ne s’est jamais
réellement préoccupé des questions essentielles liées aux élections, se
contentant de les repousser vaille que vaille à chaque session
parlementaire. Il lui est arrivé à deux ou trois reprises de sécher les
séances au parlement, soit parce que les émoluments leur alloués n’étaient
pas à leur goût, soit parce qu’il fallait protester contre les bruyantes
manifestations au sein du parlement, par les membres du principal mouvement
présidentiel au pouvoir. Entretemps, inexorablement, le temps est passé.
Mais tout le monde savait que tôt ou tard la question de l’organisation des
élections reviendrait sur la table.
Le gouvernement qui gardait plus d’un tour dans sa manche, sort contre toute
attente, à dix mois de l’échéance de tous les mandats, son argument massue:
Est-ce une surprise? Non, tout était prévisible, la classe politique le
savait et tout le monde a joué le jeu dit monsieur Kabeya: *Il n’ y a pas de
vérité des chiffres, il n’ y a que la réalité des forces en présence, et une
véritable envie de tricher :*
“On ne parlera jmais du prolongement du mandat présidentiel sans en faire
autant pour les deux chambres du parlement, surenchérit-il”
Maintenant reste la grande inconnue, le comportement de la classe politique
congolaise, dans ce qu’on appelle opposition.

Cette opposition, sait bien que le pouvoir pour contrer les ambitions des
présidentiables dans son camp, va les opposer; pour gagner les élections,
Kabila devra compter sur les divisions internes de cette opposition.
Quelque soient les personnalités en lice, le schéma est le même, avec
Tshisekedi, Kamerhe ou même si Bemba était de la partie, l’opposition serait
si émiettée qu’elle se partagerait le même électorat, c’est le véritable
risque que veut prendre le gouvernement et les moyens pour y parvenir, il en
a.
Dans ce cas, même avec 25 % des voix amassées par le le PPRD et consorts,
Kabila sortirait vainqueur. Alors que dans le scrutin à deux tours, quelque
soit l’opposant qui se présenterait contre Kabila, ce dernier sera battu à
coup sûr.

*Joseph Kabila dédramatise:* “Il n’ y a aucune dé-dramatisation dans son
speech, dire que la réforme de la loi électorale met tout le monde au même
pied d’égalité est faux; il n’y a qu’un calcul mesquin, consistant à voir
l’opposition se confondre contre elle-même, c’est tout. Nous pouvons même
affirmer, à mois d’être contredits par des sources sérieuses, qu’aucun débat
sérieux relatif à l’organisation des élections n’ a eu lieu au sein du
parlement, la question était éludée chaque fois qu’on y faisait mention.
Même le financement de celles-ci étaient devenu un sujet tabou. Comment la
présidentielle en un seul tour pourrait-elle être profitable tout aussi à
l’opposition qu’au gouvernement quand celui-ci s’y prépare depuis des
mois?Où y a-t-il de risque partagé quand on mise sur la multiplicité des
candidatures de l’oppositions, demande le dr Kabeya? Depuis combien de temps
Kabila est-il au pouvoir pour ne se rendre compte que maintenant qu’il
manque de sous pour une élection à deux tours tel que définie dans les
termes constitutionnels? Les fonds vautours auxquels il fait mention, ne
c’est pas lui et sa classe qui ont et continuent à négocier d’une façon
burlesque les contrats qu’ils doivent par la suite dénoncer dans des
magouilles loin d’être éclaircies?On a beau dire que nous sommes hargneux,
revenchards et je ne sais quoi. Ma principale préoccupation, ajoute-t-il, c’
est de savoir si le président de la république sait lui-même où il nous
conduit?”

*Le comportement et le rôle de Vital Kamerhe, sodent tout aussi intéressants
que déterminants.*
Le gouvernement va-t-il prendre le risque de faire venir devant l’Assemblée
Nationale ce texte loi sur la réforme dela Constitution qui est déjà prête,
alors que la fronde bat plein, au sein même de l’AMP, avec le risque
inévitable de voir le MLC et tous les députés qui sont allés avec Kamerhe
voter contre le texte? Maintenant tout ce qu’il faut, c’est le pouvoir de
convaincre, et là pour convaincre, tous les coups et moyens sont permis.
Rien n’est acquis ni pour l’opposition encore moins pour le gouvernement.
Toute la problématique pour la conservation du pouvoir est là.
Rattrapés par l’effet de surprise de la proposition gouvernementale qui n’a
rien antidémocratique, on se demande si, une fois la stupeur passée,
l’opposition dans sa diversité, pourra se ressaisir pour sortir indemne de
ce nouveau bourbier.
Mais vu le calendrier, ce mois de janvier est le mois de tous les enjeux, il
aura certainement à déterminer le président virtuel du prochain scrutin qui
s’annonce de tous les dangers.

Propos du dr Kabeya Kandolo

Recueillis par Ray Delherbes, pour cfrt-international