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MONUSCO – Affaire gênante de trafic de minerais

Par Passy Mubalama, Goma & AFP

Camion UN

-Le chauffeur congolais de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco) arrêté la nuit du 21 au 22 août dans l’est du pays alors qu’il transportait avec un véhicule de l’ONU des minerais a été condamné à trois ans de prison. Mais l’incident risque de faire perdre toute confiance envers les agents des Nations Unies qui se verront désormais contrôlés pour être sûr qu’ils ne contribuent pas au trafic de minerais.

“Le chauffeur qui s’apprêtait à traverser la frontière congolo-rwandaise en direction du Rwanda a attiré l’attention des services de sécurité de la frontière car sa jeep Monusco semblait être lourdement chargée, au point qu’elle roulait à peine”, se rappelle un agent de la police frontalière qui requiert l’anonymat.

Le véhicule de la Monusco, de la marque Nissan 4X4, était en effet lourdement chargé. A son bord : une cargaison de 1200 kilos de cassitérite noire, soit 24 colis de 50 kilos !

Apres l’interception du véhicule douteux, la police des frontières a alerté les autorités congolaises.

Le gouvernement de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), déplore cet incident et condamne le trafic illégal de minerais. Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, précise dans un communiqué de presse que ce commerce illicite appauvrit la RDC et entretient l’insécurité dans cette partie du pays en contribuant à “faire prospérer le commerce illégal des minerais de sang contre lequel la RDC et la communauté internationale se mobilisent avec fermeté.”

Jusqu’à ce jour, les véhicules des missions onusiennes ainsi que ceux de plusieurs autres organisations internationales n’étaient jamais contrôlés par les services de frontière.

La Monusco affirme que l’arrestation d’un membre de son personnel transportant des minerais est une première depuis son déploiement en 1999 sur le territoire congolais.”Je vous mets en défi de me prouver qu’en dehors de ce cas il y a eu d’autres cas”, dit Manodje Mounoubai, porte-parole de la Mission.

Le procès du chauffeur du véhicule ainsi que de son complice a commencé le 23 août en audience foraine sur les lieux de leur interpellation. La Monusco a levé l’immunité de fonction de son chauffeur le même jour, après avoir consulté le siège (de l’ONU) à New York.