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Nord-ouest RDC: Mbandaka quadrillée par l’armée, 18 tués dans les combats

Source: AFP

soldat-fardc-sud-kivuL’armée congolaise contrôlait lundi la ville de Mbandaka (nord-ouest), après des affrontements qui ont fait dimanche neuf tués dans les rangs de l’Onu et des forces de l’ordre, et neuf tués parmi les insurgés, selon des sources officielles.

Des combattants Enyele, qui disputent à une autre communauté locale, les Monzaya, le contrôle de la pêche dans les étangs de la région ont attaqué dimanche l’aéroport de la ville, chef lieu de la province de l’Equateur, à quelque 700 km au nord de Kinshasa.

Les Forces armées (FARDC), appuyées par des casques bleus de l’Onu, ont repris le contrôle de la situation, et la ville était quadrillée lundi par les forces de l’ordre, et l’aéroport ouvert au trafic.

“Seuls les éléments des FARDC et de la PNC (police nationale congolaise) sont visibles à certains endroits”, a indiqué un bulletin d’information de la Monuc publié lundi.

Dans un communiqué, les services du Premier ministre Adolphe Muzito ont fait état de “trois membres de la Monuc (un Casque bleu ghanéen, un pilote sud-africain et un employé civil), quatre militaires et deux policiers” morts lors des combats. Le texte a également indiqué que neuf combattants Enyele avaient été tués.


Carte de la République démocratique du Congo
© AFP Infographie

Interrogé lundi soir par l’AFP, le gouverneur de la province de l’Equateur, Jean-Claude Baende, a affirmé que les habitants de la ville étaient dans “la liesse populaire”.

Plus tôt, la Monuc avait toutefois indiqué que “Mbandaka a des allures de +ville-fantôme+: pas âme qui circule, les magasins sont fermés et les rues sont vides.

De fin octobre à mi-décembre 2009 dans cette même province de 403.000 Km2, en grande partie recouverte par une forêt dense, plus d’une centaine d’insurgés Enyele, menés par un féticheur, avaient attaqué des membres de la communauté Monzaya, ainsi que des policiers, à propos de l’exploitation d’un étang poissonneux dans le village de Dongo.

Les FARDC avaient dû intervenir et avaient repris le contrôle de Dongo, en décembre.

Ces violences avaient fait au moins 270 tués, dont 187 civils, selon des chiffres officiels.

Quelque 187.000 habitants de la région avaient également fui leurs villages, trouvant refuge pour la grande majorité au Congo et en Centrafrique.

Dans une chronique publiée lundi dans le quotidien Le Potentiel, un sénateur congolais, Modeste Mutinga, estime que “la petite discorde autour des étangs de Dongo (…) vient de dépasser les bornes d’un simple fait divers”.

“Le cas est devenu purement et simplement un +problème politique+”, écrit M. Mutenga. Selon lui, “par expérience politique, les faits qui ont souvent assombri la République démocratique du Congo partent toujours d’un fait anodin, d’un fait divers avant de prendre des allures inquiétantes, jusqu’à embraser le pays”.

Cette rivalité entre les Enyele (les Lobala) et les Monzaya (les Boba), dans la province de l’Equateur, date du début des années soixante, mais elle s’est aggravée récemment avec la réduction des produits de la pêche.

Les Enyele, dont le nombre est impossible à évaluer, réclame également une large autonomie pour l’Equateur, et accuse le gouvernement de Kinshasa de persécuter les habitants de cette province.

L’Equateur est le fief de l’opposant Jean-Pierre Bemba, détenu depuis 2008 par la Cour pénale internationale (CPI).