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Partage des ressources transfrontalières / RDC : le grand perdant

Par Le Potentiel

Le projet d’une gestion partagée des ressources naturelles de la RDC a fait du chemin. L’idée a tellement germé qu’elle vient d’être au centre d’un forum, organisé du 10 au 12 mai 2011 à Brazzaville, à l’initiative de la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung. Contrairement aux Etats-Unis, l’Union européenne est convaincue que la paix durable à l’Est passe par une gestion coopérative des ressources transfrontalières. Un point de vue qui est, malheureusement, en défaveur de la RDC, seul pays de la sous-région mieux loti en ressources naturelles.

Brazzaville, capitale de la République du Congo, vient d’abriter un colloque dont le thème doit intéresser au plus haut niveau les Congolais de la République démocratique du Congo.

C’est à l’initiative de la section camerounaise de la Friedrich Ebert Stiftung (FES) que ce colloque a été organisé du 10 au 12 mai 2011 à Brazzaville. Thème choisi : « Gestion coopérative des ressources transfrontalières en Afrique centrale : quelles leçons pour l’intégration régionale ».

Tous les courants de pensée de la sous-région ont donc été invités à ce forum pour voir dans quelle mesure mettre en place un mécanisme de gestion consensuel des ressources transfrontalières.

Initialement, le colloque devait se tenir à Kinshasa. Mais, c’est presqu’en dernière minute qu’il a été finalement délocalisé pour Brazzaville. Qu’importe !

Ce que les Congolais de Kinshasa doivent savoir est qu’il s’est tenu de l’autre côté du fleuve Congo un forum qui devait les préoccuper au plus haut point. Or, depuis les années 1990, l’Est de la RDC est en ébullition. A la base, la présence remarquable des ressources naturelles dont, malheureusement, ses voisins ne disposent pas sur leur territoire tel que tracé à la conférence de Berlin en 1885.

BIS REPETITA

Comme avec le chancelier Bismarck en 1885, c’est encore de l’Allemagne qu’est sortie l’idée d’organiser dans un pays ciblé de la sous-région un colloque pour parler, entre intellectuels, de la gestion concertée des ressources, dites transfrontalières. Le choix n’est pas gratuit. Loin de là. Il y a certainement un agenda caché derrière cette initiative.

L’on doit se rappeler qu’il y a quelques mois, le président Nicolas Sarkozy avait évoqué l’idée d’une gestion partagée des ressources naturelles de la sous-région. Selon le chef de l’Etat français, c’était la solution idéale à mettre en œuvre pour une solution durable aux problèmes récurrents de la partie Est de la RDC.

Ses idées ont, par ailleurs, été relayées par l’ex-haut représentant de l’Union européenne dans les Grands Lacs, Aldo Ajello.

C’est dire que l’initiative menée par la FES s’inscrit dans un schéma. Dans tous les cas, il s’agit d’un test pour recueillir plus d’avis à plus d’intellectuels de la sous-région, avant de discuter le projet dans des cercles politiques.

Mais, pourquoi l’Allemagne et non la France ? Il n’y a aucun mystère dans l’initiative menée par la fondation allemande. Pour trouver la réponse à cette question, il faut savoir lire les signes de temps.

Car, depuis un temps et comme tous les pays industrialisés, l’Allemagne manifeste de plus en plus le souci de protéger ses sources d’approvisionnements en matières premières. Un think tank a été créé en 2010 pour mûrir le projet.

L’initiative, qui mobilisera l’aide à la coopération allemande (GTZ, Afrika-Verein …), est appuyée, rapportaient des sources spécialisées, par le German Institute for International and Security Affairs. Elle est surtout relayée par la BDI, la Fédération de l’industrie germanique.

L’Allemagne n’a pas lésiné sur les moyens. Un dispositif est en train de se mettre en place pour gagner la bataille. Le 26 octobre 2010, la Fédération de l’industrie germanique qui pilote le projet, a tenu son troisième congrès sur les ressources minières (Rohstoffkongress) et présenté à cette occasion la toute nouvelle Deutsche Rohstoffagentur, l’agence des ressources.

Comme tous les autres qui l’ont précédée sur ce sentier, l’Allemagne vient de se ressaisir. Mais, avant que la question ne soit abordée dans la sphère, sa Société civile a fait le premier pas. Ce qui explique le colloque de Brazzaville.

Cependant, la RDC doit demeurer sur ses gardes. Car, les conclusions de ce colloque peuvent jouer en sa défaveur – elle qui dispose d’un avantage comparatif évident en termes de dotations des ressources naturelles par rapport aux autres pays de la sous-région.

Le décor d’une conférence de Berlin bis est en train d’être planté. La prudence devra donc être de rigueur à Kinshasa.

Par Le Potentiel