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Publication du rapport du HCDH et « suicide » d’Armand Tungulu Mudiambambu


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Par J.-P. Mbelu

Citoyen congolais résidant en Belgique en séjour à Kinshasa, Tungulu a été interpellé le mercredi 29 septembre pour avoir lapidé le convoi de M. Joseph Kabila sur l’avenue de Libération, à la hauteur du marché Comette. Après avoir été maîtrisé par des membres de la garde présidentielle – réputés pour leur brutalité et le mépris pour la vie et la dignité de la personne humaine –, M. Tungulu a été copieusement tabassé avant d’être embarqué dans une Jeep. Quatre mois après l’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire au siège de la Police nationale et disparition de Fidèle Bazana qui l’accompagnait en ce lieu, les «hommes» de Joseph Kabila viennent de commettre une nouvelle exécution extrajudiciaire. Aux dernières nouvelles, Armand Tungulu aurait déjà été inhumé. Il serait mort la nuit du 1er au 2 octobre 2010.

Cette énième mort d’un citoyen Congolais pose plusieurs questions à la fois. Pourquoi le Procureur Général de la République a –t-il été le premier à donner un communiqué sur le décès par « suicide » d’Armand à la radio nationale sans que la famille du défunt ait eu accès à son corps ? Avant que les médecins légistes ne procèdent à une autopsie ? Où est passé le corps d’Armand Tungulu ?

Pourquoi cet « assassinat crapuleux » intervient-il juste quelques heures après la publication officielle du rapport du HCDH sur les crimes perpétrés dans notre pays de 1993 à 2003 par l’AFDL/APR et les autres rébellions ?

Lapider le cortège du chef de l’Etat peut être considéré comme un acte répréhensible. C’est vrai. Ne fallait-il pas que ce citoyen soit déféré devant la justice ? Mais quelle justice ?

Depuis le début de la guerre d’agression (dans les années 90) à laquelle nos concitoyens résistent tant bien que mal, les pays des Grands Lacs connaissent un phénomène d’ensauvagement sans précédent.  Ce phénomène est entretenu par les ex-miliciens ayant appartenu à plusieurs factions rebelles et autres mouvements dits de « libération » que les élections de 2006 n’ont pas pu convertir en hommes et femmes d’Etat. Depuis  le début de cette guerre, notre pays est en face d’un réseau de prédation dont les acteurs majeurs restent tapis dans l’ombre dans les grandes capitales occidentales. Ils téléguident et/ou coopèrent avec leurs « nègres de service » et autres escadrons de la mort faisant fonction de  « responsables politiques » dans toute cette partie de l’Afrique.

Ce réseau mû par une cupidité sans pareille étouffe, par tous les moyens, toute voix dissidente, politise la justice et les services de sécurité. Quand Armand dit le ras-le-bol de tout notre peuple à travers un geste purement symbolique –jeter une pierre sur des véhicules blindés du cortège de Joseph Kabila-, il est battu et poignardé à mort. Cette façon de faire vise un objectif : entretenir la peur chez les éventuels dissidents et résistants. (Ceci semble avoir réussi dans la mesure où, en dehors de la diaspora congolaise et de quelques ONG de droit de l’homme au pays, rares sont les partis politiques Congolais qui ont dit leur consternation face à cette violence gratuite.)

Oui. Il est étonnant que ce crime intervienne juste après la publication du HCDH sur les crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et bien d’autres crimes imprescriptible commis sur le sol congolais. Le niveau d’ensauvagement atteint dans la région des Grands Lacs dépasse tout entendement. La culture de l’impunité y a élu domicile. Le besoin de justice s’y fait fortement sentir. Mais quelle justice ? Une justice rompant d’avec celle aux ordres des « nègres de service ». D’où viendra-t-elle ? De la mise en place d’un autre système politique aidant les Congolais et les Congolaises à se réconcilier avec eux-mêmes et avec  leur passé. De la lutte permanente pour que naisse cet autre système.

Nous ne le dirons jamais assez : notre pays est au cœur des enjeux stratégiques mondiaux très sérieux. La gestion de ces enjeux se fait et voudrait continuer à se faire sans que les dignes filles et fils de notre peuple y participent. Les cosmocrates ont peur que ces dignes filles et fils de notre peuple deviennent les acteurs-créateurs de notre destinée. D’où leur recours permanant aux marionnettes  congolaises et étrangères pour gêner la renaissance de notre patrie-mère.  Et celle de l’Afrique. Surtout celle du panafricanisme prenant son envol à partir de la gâchette de l’Afrique !

La mort d’Armand a et gardera toute sa valeur symbolique : exprimer le ras-le-bol de son peuple, dire tout haut ce que les autres compatriotes disent tout bas à travers un jet de pierre est un langage provocateur pour « les nègres de service » hissés par leurs laudateurs au rang de « petits dieux » ! Après Floribert Chebeya et bien d’autres compatriotes de l’Est de notre pays assassinés odieusement, Armand n’est pas et ne sera pas le dernier dans la longue liste de dignes filles et fils de notre peuple soucieux d’un bonheur collectif partagé dans un pays reconnu comme  étant «un scandale géologique ».  Mais quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par poindre à l’horizon. Le sang des martyrs passés et présents du respect de notre dignité et de notre liberté est semence pour un autre Congo. Foi des « petits restes Congolais » !