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Quelle université?

Par  Ben-Clet

Plutôt pour adouber les futurs électeurs que former l’élite de demain, des margoulins se sont associés à des malins et, ensemble, ont monté de toutes pièces une multitude d’instituts d’enseignement supérieur et des universités. Qui sait si l’évaluation en cours ne nous révélera pas que les ¾ de ces établissements n’auraient jamais été viables !

L’actuel ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) persiste et signe. L’enquête de viabilité des établissements de l’ESU qu’il a initiée, avec l’aval du gouvernement, a-t-il martelé, « mettra fin à la récréation ».

Ce que Son Excellence appelle « récréation », c’est l’imbroglio qui règne dans le secteur depuis les années Mobu…lu. C’est-à-dire les années sombres qui riment avec l’inflation des agréments de création des universités privées.

Au finish, la RDC se retrouve envahie en 2009 par « plus de 1800 instituts supérieurs et universités » installés dans toutes les provinces. Du chef-lieu au dernier territoire administratif.

La quantité n’induisant pas forcément la qualité, le ministre affirme que les 1800 instituts et universités congolais ne figurent, en termes de production scientifique, ni parmi les 5000 premières universités du monde. Ni parmi les 100 premières universités d’Afrique.

Le ministre s’étonne – et nous étonne – lorsqu’il compare la situation avec le passé. Dans les années ’70, dit-il, le « Zaïre-RDC » trônait dans le trio africain de tête à travers l’Université de Kinshasa. Laquelle était aussi compétitive que l’université de Makerere en Ouganda et l’université d’Ibadan au Nigeria. Ô, le temps a vite effacé des traces !

Ecoutons encore une révélation. Une de plus. L’enseignement supérieur en RDC compte, en 2009, presque 1 million d’étudiants dans les trois cycles de formation, dont 200 000 finalistes du 1er et du 2ème cycles pour l’ensemble des secteurs, public et privé.

Face à cette « masse » informe d’apprenants, deux mille (2000) professeurs seulement se portent garants. Ceci expliquant sûrement cela, il est rarissime de trouver un professeur qui ne soit pas cumulard. Par la force des choses.

Une conséquence, dont les effets pervers sont toujours d’actualité : chaque prof s’établit un calendrier tout à fait personnel. Pour sa survie, il doit, lundi, vendre son savoir et ses syllabus dans l’université A. Mardi à l’institut B. Mercredi à l’université C. Jeudi à l’institut D. Vendredi à l’université E. Samedi à l’institut F.

Vive l’anti-université !