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Qui héritera du capital politique de Tshisekedi?

tshisekedi-Ministre chargé des relations avec le Parlement, ancien journaliste et fondateur de l’hebdomadaire « Le Soft », Tryphon Kin Kiey Mulumba, depuis l’ère Mobutu dont il fut le dernier ministre de l’Information, a connu tous les régimes politiques des dernières décennies.

Aujourd’hui engagé aux côtés du président Kabila, il n’est certainement pas un observateur neutre, mais c’est avec lucidité et franchise qu’il analyse les derniers développements de l’heure.
Il croit toujours que, sous l’égide du facilitateur Edem Kodjo un dialogue pourrait s’amorcer entre le pouvoir et l’opposition le 30 juillet prochain, afin de négocier un inévitable report des échéances électorales, sinon le rythme même des scrutins : « est-il réellement indispensable que, tous les cinq ans, dans un pays aussi vaste que la RDC, l’Etat ait à débourser un milliard de dollars pour organiser des élections générales ? Actuellement, à la suite de la baisse des cours du cuivre, le budget total ne dépasse guère les 5 milliards de dollars… »

Pour Kin Kiey Mulumba, l’idée du dialogue n’est pas nouvelle : « au début, c’est le parti d’Etienne Tshisekedi qui, au nom de l’opposition, réclamait cette discussion « inclusive ». Le président Kabila, désireux de dépasser le cadre de la classe politique, s’était entretenu avec des représentants des syndicats, des femmes, des jeunes, des étudiants, afin de prendre le pouls de la population…

Les négociations avec l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) le parti d’Etienne Tshisekedi, ont eu lieu en plusieurs endroits : à Ibiza, en Italie, à Bruxelles, à Nice… Il était question de l’entrée de membres de l’UDPS au gouvernement, d’ouvertures et de promotions au niveau de l’Assemblée nationale… »

Kin Kiey Mulumba, l’ancien journaliste, est formel : « un accord a été signé, en bonne et due forme… » Et il ne dément pas lorsque nous citons le chiffre de ce « gentlemen agreement » qui circule à Kinshasa, quelque douze millions de dollars…
L’enjeu réel de ces tractations, au-delà de la gestion de la période de transition se situant au-delà de l’expiration du mandat présidentiel, c’est évidemment le « capital politique » que représente encore Etienne Tshisekedi : malgré son âge, 84 ans, ce dernier a gardé une immense popularité, gagnée lorsqu’il démystifiait un Mobutu au faîte de sa puissance. Aujourd’hui encore, « Tshi Tshi » est le préféré » des quartiers populaires de Kinshasa, le héros des Kasaïens, sa province d’origine et son nom est resté connu jusque dans les campagnes les plus reculées.

Le pouvoir en place aurait souhaité s’associer à ce poids lourd de la politique, mais il aurait été « dribblé » par Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga. Ce dernier apparaît aujourd’hui comme le principal challenger du chef de l’Etat et, craignant pour sa vie, il a du quitter le pays.

D’après Kin Kiey Mulumba, Moïse Katumbi, après s’être opposé au président Kabila, aurait nourri pour lui-même des ambitions présidentielles, servies par son immense fortune.

Cette dernière découlerait de la très profitable revente d’actifs miniers et des bénéfices réalisés par ses sociétés au Katanga. Grâce aux moyens matériels dont il dispose, ainsi que son frère Katebe Katoto, un homme d’affaires domicilié en Belgique, Moïse Katumbi est le seul à pouvoir « s’offrir » une campagne électorale à l’échelle du pays, le seul à pouvoir soutenir ses alliés du G7 (sept personnalités naguère proches de Kabila et qui se sont ralliés à sa candidature).

Pour Kin Kiey Mulumba, le virage de Tshisekedi, désormais opposé au dialogue et exigeant à son tour que des élections se tiennent dans les délais prévus, s’expliquerait par une raison très simple : « Moïse a doublé la mise…C’est lui aussi qui a payé le jet privé avec lequel Tshisekedi est rentré au pays, l’aller ayant été, voici deux ans, payé par le président Kabila… »

C’est dimanche prochain que le vieux leader devrait tenir un meeting à Kinshasa, ce qui permettra de mesurer réellement sa popularité.
Kabila/Katumbi : les contours du match se précisent de plus en plus, avec tout le potentiel de violence qu’il comporte. A noter cependant que l’hebdomadaire français « le Point » généralement bien introduit, assure pour sa part que le Docteur Mukwege, malgré ses démentis répétés, pourrait un jour apparaître comme le candidat idéal pour diriger une transition consensuelle…Le médecin de Panzi est d’ores et déjà soutenu par une large partie de la diaspora congolaise, de plus en plus présente dans le débat…