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RDC: critiquée en 2009, la Monuc se montre prudente avant d’appuyer à nouveau l’armée

Source: AFP

Monuc-blinderCritiquée en 2009 pour n’avoir pas assez  protégé les civils, la Mission de l’ONU en RD Congo (Monuc) s’entoure de précautions avant d’accorder son appui à l’armée congolaise pour une nouvelle offensive contre les rebelles hutu dans l’est.

Lancée officiellement le 1er janvier, l’opération “Amani Leo” contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans les provinces du Nord et Sud-Kivu (est), n’a toujours pas démarré sur le terrain.

Dix huit bataillons des Forces armées de RDC (FARDC) doivent “libérer les zones stratégiques” encore tenues par les rebelles, selon la Monuc. Il s’agit notamment de postes de commandement et de zones minières.

Depuis début janvier, la Monuc répète qu’elle planifie conjointement l’opération avec les FARDC, de manière “intensive”.

C’est une des conditions pour qu’elle apporte son soutien logistique (rations, évacuations sanitaires…), voire un appui feu, aux bataillons.

Mais la condition impérative à cet appui est le respect des droits de l’Homme et du droit humanitaire, comme le précise son nouveau mandat, renouvelé fin 2009 jusqu’au 31 mai prochain.

“La protection des civils est au centre de notre planification”, avait assuré début janvier le général sénégalais Babacar Gaye, commandant de la force de la Monuc.

En 2009, l’opération Kimia II contre les FDLR, menée de mars à décembre par les FARDC soutenues par les Casques bleus, a été vivement critiquée par les ONG et des experts indépendants pour avoir causé la mort de centaines de civils, sans parvenir à démanteler les FDLR. Les rebelles, mais aussi des unités congolaises, ont été accusés d’exactions et de tueries.

Cette fois, avant de se lancer dans “Amani Leo”, la force onusienne vérifie scrupuleusement que toute la chaîne de commandement congolaise impliquée dans l’opération est irréprochable au regard du respect des droits de l’Homme.

Sur l’organigramme présenté par les FARDC, elle a donc marqué en rouge des noms d’officiers soupçonnés d’avoir commis des violences contre les civils et demandé leur remplacement.

Au moins trois noms ont été biffés, la Monuc ayant dit à l’état-major congolais “qu’elle ne pouvait pas travailler avec” eux, a indiqué à l’AFP une source onusienne sous couvert d’anonymat. “Il faut que tout soit vert”, a-t-elle ajouté.

L’appui aux FARDC devra être approuvé in fine par “les instances civiles et militaires de la Monuc”, selon son porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich.

“C’est un processus un peu lent (mais) cela doit être fait avant que les opérations proprement dites débutent”, a-t-il expliqué.

De leur côté, les FARDC affirment être “fin prêts” pour l’offensive. Mais “nous avons un problème de logistique, la Monuc n’a pas encore fourni les rations”, regrette le colonel Bobo Kakudji, chef des opérations au Nord-Kivu, interrogé par l’AFP.

Initialement prévue pour se terminer fin mars, “Amani Leo” risque de se prolonger jusqu’en avril.

L’ONG Human Rights Watch (HRW), très critique au sujet de l’appui onusien à Kimia II, s’est “félicitée” de la “nouvelle politique de soutien conditionnel” de la Monuc.

“Nous pensons que cela doit être strictement appliqué pour tous les commandants (FARDC) qui vont être impliqués”, a déclaré à l’AFP Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HRW.

“La Monuc doit suivre toutes les étapes nécessaires pour sassurer que les opérations vont respecter les droits de lHomme et les droits humanitaires”, a-t-elle ajouté.