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RDC: peine de mort requise contre un avocat pour “tentative d’insurrection”

Source AFP

La peine de mort a été requise mercredi contre un avocat, président d’une ONG, accusé devant une cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) de tentative d’insurrection et détention illégale d’armes, a-t-on appris auprès de l’un de ses avocats.

Le ministère public devant une cour militaire de Kinshasa a requis la peine capitale contre Me Firmin Yangambi, 41 ans, et trois co-accusés -deux de ses amis et un parent, colonel de l’armée congolaise-, pour “tentative d’organisation d’un mouvement insurrectionnel” et 20 ans de prison pour “détention illégale d’armes de guerre”.

Me Yangambi, président de l’ONG “Paix sur Terre”, qui a notamment pour objet l’appui au processus de la paix et de la démocratisation, avait été arrêté fin septembre à Kisangani (nord-est), où l’ONG est basée. Présenté comme un ancien proche du président Joseph Kabila, il est inscrit sur la liste des défenseurs de la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye.

Le ministère s’est basé uniquement sur des aveux des accusés, faits sous l’effet de la torture. Aujourd’hui, les accusés contestent totalement la matérialité des faits et l’organisation d’un mouvement insurrectionnel”, a affirmé à l’AFP Me Jean-Joseph Mukendi, l’un de leurs avocats qui plaideront la relaxe le 20 janvier.

Il n’y a pas eu de procès verbal de constat de saisie de trois armes, sans munitions, qui se trouvaient soit disant dans la voiture de l’un d’eux. Si on peut faire un coup d’Etat avec ça, il y en aurait plus de 100 par jour alors”, a-t-il ajouté.

Il s’agit d’un procès politique. La philosophie du ministère public lors de son réquisitoire a été de dire que Yangambi était un proche du président Kabila (…) qui a tourné le dos au pouvoir (…) et voulait organiser une insurrection armée afin d’occuper une portion du territoire pour peser dans la balance lors des prochaines échéances électorales”, prévues en 2011, a affirmé l’avocat.

En 2006, Me Yangambi avait exprimé l’intention de se présenter à l’élection présidentielle, mais il n’avait pas versé la caution de 50.000 dollars pour être effectivement candidat.

Le verdict du procès, débuté fin octobre, est attendu d’ici fin janvier.