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RDC: plus de 150 morts lors de trois naufrages en trois semaines

© AFP/Infographie

KINSHASA (AFP) – vendredi 02 octobre 2009 – 17h58 – Trois naufrages d’embarcations en moins de trois semaines ont fait plus de 150 morts et plus d’une centaine de disparus sur des cours d’eau en République démocratique du Congo (RDC), mettant en cause à chaque fois la surcharge des bateaux.

Mardi, une grosse pirogue à moteur transportant une centaine de passagers et de nombreuses marchandises a chaviré et coulé au confluent de deux rivières dans la province du Bandoundou (ouest).

Une cinquantaine de personnes sont mortes noyées et autant a pu en réchapper. Selon les autorités, il n’aurait normalement pas dû y avoir plus d’une vingtaine de personnes à bord.

L’embarcation, chargée de sacs de manioc, de maïs et d’arachide, devait naviguer sur 400 km pendant quatre jours jusqu’à Kinshasa.

“Des hommes en uniformes menacent pour que le bateau parte en surcharge”, après avoir été payés par des passagers surnuméraires, a dénoncé à l’AFP Patrick Musitungu, coordonnateur provincial du transport fluvial, sans préciser s’il s’agit de policiers ou militaires.

La surcharge a aussi été à l’origine d’un autre naufrage le 28 septembre sur une rivière du centre.

Un bateau avec au moins 150 passagers, en majorité des commerçants avec des produits agricoles, a été pris dans un violent courant avant de chavirer. Quarante personnes ont été sauvées, mais 12 se sont noyées, selon un dernier bilan, et une centaine d’autres sont portées disparues.

La plupart des survivants étaient installés sur la toiture du bateau et ont eu le temps de se sauver avant que l’embarcation ne coule.

Le commissaire fluvial de la zone avait alors regretté le non-respect des directives interdisant le chargement sur la toiture.

Autre drame, le 13 septembre, sur le fleuve Congo au Katanga (sud-est): un bateau surchargé avec 200 passagers -pour une capacité d’une cinquantaine-, a chaviré en pleine nuit dans une zone infestée de crocodiles.

Quatre-vingt dix personnes ont péri, 25 sont portées disparues, et près d’une centaine ont survécu.

Le transport fluvial est l’un des plus usités en RDC, qui dispose de nombreux cours d’eau -le plus important étant le Congo, long de 4.700 km- et lacs, où les naufrages sont fréquents.

Outre la surcharge, les causes des accidents proviennent du mauvais balisage des voies navigables, de l’absence de signalisation des bateaux et de l’inexpérience des pilotes. La plupart des embarcations ne remplissent aucune condition de sécurité (gilets, bouées de sauvetages, signalisations lumineuses, etc.).

“Il n’y a pas de solution miracle, si ce n’est le respect des normes de sécurité”, a expliqué à l’AFP Simon Vivila, administrateur technique de la Régie des voies maritimes (RVM), qui gère la navigation entre Matadi (Bas-Congo, ouest) et le port maritime de Banana.

“Il faut donner les moyens aux contrôleurs pour qu’ils fassent respecter les règles de navigation (…). On doit aussi contrôler l’embarquement et interdire la navigation aux bateaux surchargés”, a-t-il ajouté.

Interrogé après l’accident du 13 mars, le ministre des Transports, Matthieu Mpita, avait dit avoir “conscience du phénomène” du balisage défectueux des voies d’eau. “Le pays est vaste mais c’est un souci pour nous de réformer ce secteur”, avait-il dit.