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RDC: Question orale au Premier ministre – Les élus de l’Equateur se disent « frustrés »

Par Rich Ngapi

Frustration. Voici le maître-mot qui est revenu au cours des interventions des députés – sur les élus de la province de l’Equateur – au cours du débat général, hier mercredi 21 avril, sur la question orale avec débat de l’honorable Jean-Lucien Bussa, adressée au Premier ministre Adolphe Muzito. Cette question portait essentiellement sur la politique générale du gouvernement, plus précisément, en matière de sécurité, de l’ordre public, de la santé publique, du social incluant l’habitat et l’humanitaire ainsi que dans les domaines foncier, économique et financier.

Le Premier ministre bénéficie d’une semaine – jusqu’au mercredi 28 avril – pour apporter ses éléments de réponse aux préoccupations des élus du peuple. Dans son exposé d’hier, c’est un Muzito, sûr de sa Majorité qui l’a toujours soutenu, qui a brossé d’une manière vague et évasive, la politique générale du gouvernement qu’il dirige depuis bientôt trois ans.

Tantôt il avoue l’impuissance de l’exécutif, tantôt il renvoie la question à un ministre de tutelle, le Premier devra se préparer sérieusement pour venir convaincre les députés dans une semaine et, ainsi, échapper à l’éventualité d’une motion de défiance. Comment toute une chaîne de commandement au niveau provincial soit incapable d’intercepter une action et que tous les responsables concernés restent impunis pour que l’on cherche des boucs émissaires ailleurs ?

Pour l’auteur de la question, le gouvernement ne maîtrise rien sur la gestion du pays. Il pense déjà à initier une motion de censure. Dans sa réponse à l’exposé du Premier ministre, l’élu de Budjala s’est dit resté sur sa soif, Muzito n’ayant pas convaincu. « Le Congolais s’est appauvri en 2010 quatre fois plus qu’en 2006 ; les prix ont augmenté de 400 % », a-t-il dénoncé.

REPARER LA FRUSTRATION

Même si la question était vaste, puisque embrassant la politique générale du gouvernement, la plupart des interventions se sont plutôt focalisées sur la situation sécuritaire qui prévaut se dernier temps dans la province de l’Equateur, avec l’affrontement qui a opposé les FARDC aux insurgés Enyele. Pour les députés, plutôt que de chercher des boucs émissaires, en s’attaquant aux innocents, le gouvernement, tant au niveau central que provincial, devra assumer ses responsabilités en avouant l’incompétence de ses services de sécurité.

« Comment un petit groupe de pêcheurs peuvent-ils réquisitionner un bateau jusqu’à prendre possession de la ville de Mbandaka, chef-lieu de la province sans qu’aucun service de la sécurité ne s’en aperçoive ? », s’est interrogé l’élu de Mbandaka, Bofasa Djema. « Les événement de Mbandaka sont le fruit d’une frustration orchestrée par un groupe d’individus qui veulent en découdre avec les ressortissants de l’Equateur », a-t-il martelé à la suite de plusieurs autres députés. Or, a-t-il précisé, « la frustration appelle l’agressivité ». Et, de s’interrogé : « Notre tort, c’est parce que nous avons mis au monde Mobutu et Bemba ? ». Il a appelé le gouvernement de bien vouloir réparer la frustration qui habite les habitants de la province de l’Equateur qui, à ce jour, reste la plus pauvre (avec 84 % de taux de pauvreté).

Sur cette question de l’attaque de Mbandaka par les Enyele, certains députés, comme Justin Bitakwira, ont carrément demandé la démission des ministres de la Défense et de l’Intérieur ainsi que des hauts responsables de l’armée et des services de sécurité. Quant au député Patrick Mayombe, il a fustigé les « mensonges grossiers » du ministre de la Communication et Médias et accuse le gouvernement d’être responsable de la situation d’insécurité qui prévaut à l’Equateur.

Il a aussi été démontré au cours du même débat que ce qui est dit pour l’Equateur s’applique sur l’ensemble du territoire national. Aucune province n’est épargnée par des conflits communautaires latents.

La question a été posée au Premier ministre : dans quel climat le gouvernement va-t-il organiser les élections générales en 2011, avec la persistance de ces poches de conflits et puisqu’il demande le départ de la Monuc ?….Débat à suivre.