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RDC: Tournée théâtrale à Kinshasa – La pièce «Magistrat suprême » des Inattendus dénonce un système politique corrompu

Par Martin Enyimo

« Magistrat suprême » est une dénonciation de la corruption qui gangrène tout un système. Tout part d’une lettre d’un journaliste adressée au chef de l’exécutif La pièce est en tournée dans les milieux scolaires et universitaires de la capitale.

Après le Théâtre National (Salle Mongita), les Intrigants, Ecurie Maloba, Institut Facultaire de Développement, Studio Maman Angebi dans le cadre du festival de théâtre en Milieu universitaire, la pièce « Magistrat Suprême » continue à circuler dans des salles de théâtre, espaces culturels et universités. Le Théâtre des Inattendus a présenté, ce week-end dans la salle communale de Ngiri-Ngiri, « Magistrat Suprême ».

La pièce tourne autour de la lettre écrite par un journaliste adressée au chef de l’exécutif. Au cours de la réunion, les collaborateurs du chef lisent la lettre à tour de rôle. Chaque paragraphe de la lettre dénonce l’un, accuse l’autre. Tout le monde est concerné. Du dirigeant au petit peuple, du directeur à l’huissier, du général au caporal La lettre n’a laissé aucune couche de la population. Mal lue, mal comprise, mal analysée, mal étudiée, mal digérée et mal interprétée, la lettre crée une confusion dans le chef de ses lecteurs car elle condamne tout un système. Suite à la colère provoquée par la fameuse lettre, le chef autorise l’incarcération de la lettre. Mais son aide de camp propose la pendaison.

Alors, comment peut-on incarcérer et pendre une lettre ? C’est autour de cette question que les comédiens étalent leurs jeux scéniques. Jouée par Carine Kapinga, Carine Kiangebeni, Cygod Lessedjina Abopwa, Guy Rock, Alex Gbazi Fidami et Glodiane Monami, dans une mise de Lele Michoux Bossay (l’auteur) et assisté de Benjamin Nsimba, « Magistrat Suprême » reste un spectacle comique interpellateur. L’authenticité de ce spectacle se caractérise par deux lignes : le premier est son texte, la manière dont l’auteur a marié peur et joie, tristesse et gaieté, humour et colère. Le deuxième, ce spectacle peut faire croire à une lecture-spectacle, c’est aussi là une particularité dans la mise en scène de ce spectacle.

Le texte est lu à tour de rôle par les comédiens, le spectacle est joué presque assis. Confusion, mendicité, corruption, hypocrisie, méchanceté, légèreté des mots et maux qu’on peut constater à travers ce spectacle. Pièce à tableau unique, Magistrat Suprême est comique, révoltante, pensive et colérique en même temps. Le journaliste dénonce l’abus d’un pouvoir de l’exécutif qui change le bien en mal et le mal en bien. « Je suis content de suivre ce spectacle, ça m’a permis de me détendre mais au-delà de la détente, j’ai appris beaucoup de choses » a souligné un spectateur. Magistrat Suprême est une écriture simple mais attirante. Il convient de signaler que ce spectacle est à sa 14ème production.