Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

RDCongo-Kinshasa: En prévision des élections de 2011 – Les partis politiques excluent la Société civile de la CENI

Par A.N (Le Potentiel)

Les partis politiques viennent, au cours d’une plénière à l’Assemblée nationale le vendredi 7 mai 2010, d’écarter la Société civile de la direction de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

En effet, les élus viennent de camper sur leur position de la première lecture du 14 décembre 2009. Cela sans prendre en compte les propositions de la Chambre haute du Parlement. Il faut d’ailleurs avouer qu’il existe des divergences de vues profondes entre l’Assemblée nationale et le Sénat autour de cette institution qui devra remplacer la Commission électorale indépendante (CEI). A cet effet, les parlementaires n’émettent pas sur la même longueur d’ondes à ce sujet, notamment sur le nombre de membres du bureau de la CENI, l’instauration ou non de l’assemblée plénière, l’entrée ou non de la Société civile, la représentation de la femme au sein de l’institution, etc.

Malgré la motion incidentielle de l’honorable Bahati Lukwebo, proposant que la Société civile soit représentée au sein du bureau, rien n’a pu changer à la décision des élus du peuple. La motion a été carrément rejetée à l’issue d’un vote à main levée. Ce projet de loi tel qu’il est présenté actuellement, il convient de le préciser, dispose de sept membres au bureau de la CENI, dont quatre de la majorité et trois de l’opposition.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Après celle de la Nouvelle société civile du Congo (NSCC), la Société civile du Congo (Socico) vient de monter au créneau le mercredi 12 mai 2010 en rejetant la composition de la CENI.

Par la bouche de son secrétaire général, Dr Luboya Mukeba, la Socico « attire l’attention des opérateurs politiques sur le fait qu’elle ne se sent pas concernée par une CENI dont la composition, l’organisation et fonctionnement frise l’esprit partisan », a-t-il déclaré. Cela avant d’exhorter le président de la République à « renvoyer en seconde lecture au Parlement la loi afin que la Société civile et le Genre soient pris en compte ».

Il convient de rappeler que la Société civile a bien été à tous les forums et négociations qui avaient pour objet la recherche de la paix. C’est dans ce cadre qu’elle a pu maintenir, « dans les zones enclavées du fait de la guerre, le feu de l’espoir d’un renouveau et a été l’unique espoir ou le soutien des personnes affligées par les affres d’une guerre dont elles ont été de victimes innocentes », a relevé ce membre de la Socico.

Il est à craindre actuellement que la politisation à outrance de la CENI par la bipolarisation (majorité-opposition parlementaire) et l’exclusion de la Société civile auront incontestablement des effets pervers et néfastes sur le processus électoral devant conduire aux scrutins de 2011, souligne certains observateurs. Et donc, les formations politiques sont accusées d’être à la fois juge et partie lors des élections en étant à la fois candidats et organisateurs du vote en RDC.

Une telle impasse serait en elle-même porteuse de germes de conflits permanents, car les politiciens semblent oublier que la République démocratique du Congo est un pays post-conflit.

D’où, l’on devrait prévenir le retour de vieux démons de guerres dont la contestation des résultats des suffrages électoraux est le terreau propice pour son essor.