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RDC:Trois (combattants de l’UDPS) morts/tues Jeudi et les résultats reportés à vendredi

Par Belga

Le calvaire d'un combattant de l'UDPS par un policier

-Trois militants du parti congolais d’opposition Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi ont été tués jeudi lors d’affrontements avec la police à Limete, la commune de l’est de Kinshasa où réside Etienne Tshisekedi. Les résultats de l’élection présidentielle sont, eux, reportés à vendredi.

Un des militants a été tué par balle, les deux autres ont été écrasés par une jeep de la police, a annoncé en soirée un porte-parole du parti, Albert Moleka, par téléphone à l’agence BELGA.

Six autres personnes ont été blessées, a ajouté Albert Moleka, précisant que ces affrontements s’étaient produits mardi matin à proximité immédiate de la résidence d’Etienne Tshisekedi, le principal rival du président Joseph Kabila dans la course à la présidence.

Selon lui, la police nationale congolaise (PNC) a également fait usage de gaz lacrymogènes contre les partisans d’Etienne Tshisekedi.

Des résultats encore reportés

Le résultat final de la présidentielle du 28 novembre en République Démocratique du Congo, qui devait être initialement proclamé ce jeudi, a été reporté à vendredi, a annoncé dans la soirée la Commission électorale (Céni).

Nous devons comparer si les résultats reçus sur procès-verbaux correspondent à ceux reçus par valises satellites. C’est un travail énorme et nous devons le faire pour assurer la crédibilité et la conformité des chiffres que nous allons communiquer“, a expliqué à la presse le président de la Céni, le pasteur Daniel Mulunda.

Des chiffres contestés

Selon les derniers chiffres partiels datant de mardi et portant sur un peu plus de 89% des bureaux de vote, Jospeh Kabila, 40 ans, élu en 2006, était nettement en tête (49%) avec 2,6 millions de voix d’avance sur le vieil opposant de presque 79 ans, Etienne Tshisekedi.

Les chiffres de la Céni ne reflètent pas “la vérité des urnes” a toujours clamé le parti d’Etienne Tshisekedi, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), pour qui “le peuple congolais s’est clairement exprimé pour l’alternance“.

Aucun coup de force, aucune tentative de hold up électoral ne pourra tenir“, a prévenu Tshisekedi.

Peu après le scrutin, il avait mis en garde “M. Ngoy Mulunda et (le président) Kabila pour qu’ils respectent la volonté du peuple“, ajoutant qu'”en cas de besoin” il lancerait un “mot d’ordre“, sans plus de précisions.

Trois autres candidats ont demandé l’annulation du scrutin.

Jeudi, l’ONG International Crisis Group a tiré la sonnette d’alarme en estimant que le pays “pourrait plonger à nouveau dans un important cycle de violence“.

ICG a appelé l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne à “envoyer de toute urgence une mission de haut niveau pour entamer une médiation entre factions rivales et trouver une solution alternative à la crise, sous les auspices de l’UA avec un soutien international“.

Kinshasa vit au ralenti

La contestation de la victoire probable de Joseph Kabila pour un second quinquennat fait en effet craindre des troubles, particulièrement à Kinshasa, sous haute surveillance policière depuis quelques jours.

Les rassemblements des partisans de l’opposition y sont systématiquement dispersés.

La ville de quelque dix millions habitants vit au ralenti, écoles et administrations sont fermées, les taxis rares, les habitants hésitent à sortir, et la nuit venue les rues sont désertées.

ICG redoute également des violences dans la province du Katanga (sud-est), fief de Kabila selon les chiffres partiels de la Céni, et celles des Kasaï occidental et oriental, région d’origine de Tshisekedi.

Officiellement, le nom du vainqueur sera proclamé le 17 décembre par la Cour suprême de Justice (CSJ), après traitement du contentieux.

Les candidats ont deux jours à compter de l’annonce de la Céni pour contester les résultats provisoires.

Mais déjà l’indépendance de la CSJ a été remise en question notamment par la mission d’observation de l’Union européenne, après la nomination en pleine campagne par le président Kabila de 18 nouveaux magistrats.

Le prochain président prétera serment le 20 décembre.

Sans attendre la proclamation de la Céni, la télévision nationale (RTNC) a, après une abstinence de quelques jours, repris dès mercredi soir ses programmes à la gloire du président sortant.

Belga