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Rwanda-RDC : vers un règlement définitif de la question FDLR

fdlr1– La dynamique devrait pousser vers l’organisation d’un dialogue franc et sincère pour une solution définitive de la problématique rwandaise.

Après avoir annoncé leur reddition le 18 avril dernier sans trop rassuré au regard des échecs ayant caractérisé leurs premières tentatives, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont finalement passées à l’action le 30 mai en se rendant avec armes et munitions. La cérémonie symbolique a eu lieu dans la petite localité de Kateku à environ 220 km au nord de Goma en présence des représentants de la Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) et de l’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands lacs, Mary Robinson. Ils étaient cent cinq ex-combattants des FDLR, tous des jeunes et visiblement contents de tourner la page de leur vie antérieure, à se rendre au cours de cette cérémonie. Près d’une centaine d’armes dont douze lourdes ont été récupérées par la Sadc en présence du président ad intérim des FDLR Victor Biringiro.

Un peu partout, on salue ce geste prémonitoire à une paix durable dans la partie est du pays longtemps livrée à la merci de ces combattants qui y sont établis depuis 1994 à la suite du génocide rwandais de triste mémoire. Ces rebelles hutus rwandais  sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi qui a fait au moins 800 000 morts, selon l’ONU. La cérémonie du vendredi est perçue comme une première vague d’un processus de reddition censé être bouclé d’ici vingt-deux jours, a tenu à préciser le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku. D’après ce dernier, le processus devrait concerner au total huit-cents combattants au Nord-Kivu et près de six cents au Sud-Kivu. Les combattants ainsi démobilisés, a-t-il ajouté, seront par la suite regroupés à Walikale à l’ouest de Goma avant d’être transférés dans un site de « relocalisation provisoire » à Irebu (province de l’Équateur) où ils pourront choisir de « retourner au Rwanda ou demander asile ».

À Kinshasa, l’on se réjouit de ce dernier développement consécutif à la sommation faite aux groupes armés opérant dans l’est du pays de déposer les armes. Pour le porte-parole du gouvernement, cette opération devrait se poursuivre et dissuader le reste de troupes des FDLR réfractaires à la démobilisation à s’engager dans cette dynamique au risque de subir la pression militaire des Fardc. Pour l’heure, les combattants FDLR qui se sont rendus ont été acheminés à Kanyabayonga, plus au sud, où ils seront mis en condition avant d’amorcer la prochaine étape. Ils pourront y être rejoints par leurs familles dans les heures qui viennent. Toutefois, seulement quatre-vingt-dix-sept parmi les éléments démobilisés ont effectué le déplacement de Kanyabayonga, le reste s’étant volatilisé dans la nature au moment de l’embarquement.

Après près de vingt années de tentatives infructueuses, l’on croit savoir que cette fois-ci sera la bonne. Cette démarche devrait, de l’avis de la direction de ce groupe armé, conduire à la pacification de l’est de la RDC tout en poussant vers « l’organisation d’un dialogue franc, sincère pour un règlement pacifique et définitif du problème rwandais ».  

(Agence d’information de l’Afrique Centrale)

Alain Diasso
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