Category: Afrique

  • Nicolas Mathieu remporte le prix Goncourt avec «Leurs enfants après eux»

    Ce n’était pas le favori des critiques littéraires avec pignon sur rue, en revanche, il profitait depuis un bon moment du coup de cœur de la blogosphère et des réseaux sociaux. Avec Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu a remporté mercredi 7 novembre le prix Goncourt, la plus prestigieuse distinction littéraire en langue française. Le prix Renaudot a été décerné à Valérie Manteau pour son deuxième roman Le Sillon. « C’est à la fois fantastique et assez déstabilisant », a déclaré l’heureux élu encerclé de journalistes et de caméras après avoir remporté le plus grand prix littéraire en France au quatrième tour par 6 voix devant les 4 voix de Paul Greveillac pour Maîtres et esclaves et ayant aussi écarté le grand favori, le Franco-Sénégalais David Diop. « Je ne sais pas jusqu’à quel point ce prix va me faciliter ou compliquer la vie, a réagi Nicolas Mathieu, mais cela va me la changer très profondément. »
    Comme son livre, il a dédié le prix à son fils Oscar, 5 ans et demi, avant d’avoir une pensée à la ville où il est né et aux personnages du livre. Car c’est aussi le roman de sa vie. Né à Épinal en 1978, il a étudié l’histoire et le cinéma avant de monter à Paris et finalement s’installer à Nancy pour partager son temps entre l’écriture et le salariat. Et depuis Aux animaux la guerre, son premier roman autour de la fermeture d’une usine dans les Vosges, publié en 2014, il est considéré comme l’un des plus grands talents littéraires.
    Trois jeunes et quatre étés dans le pays des hauts fourneaux
    Dans Leurs enfants après eux, il raconte le choc de l’arrêt des hauts fourneaux et la fin d’une France industrielle dans l’est du pays. Dans ces années 1990, il ressuscite la rage de trois jeunes, deux garçons et une fille, prêts à tout pour s’en sortir.
    Ces ados coincés dans une vallée devenue trop petite et sinistrée rêvent de quitter la région où ils sont nés. On partage leur premier été, leur premier amour… Entre l’âge de 14 et 18 ans, on suit le jeune Anthony, la belle Stéphanie, leur apprentissage sentimental, amoureux, professionnel et politique. Loin des personnages d’un Houellebecq ou des problèmes des grandes villes, de la banlieue ou de l’immigration, c’est le roman de la génération 1990 des villes moyennes et des zones pavillonnaires et des ZAC bétonnées dans l’Est de la France. Celle ayant vu ses parents perdre leur emploi et subir l’effondrement de leur existence sociale.
    Une France démunie, entre rêves galopants et bagnoles en panne
    Ce roman d’initiation vit de la justesse des dialogues, de la finesse du regard et de la tendresse pour ces personnages à la fois exaltés et malmenés, confrontés au désenchantement de leur environnement. Une fresque nostalgique dotée d’une écriture contemporaine pour peindre sans jugement une France démunie entre pauvreté et dépression, entre rêves galopants et bagnoles en panne.
    Le livre se referme avec une demi-finale de la Coupe du monde 1998 et ses mirages d’une France « black-blanc-beur ». Nicolas Mathieu ne choisit pas de camp, n’écrit pas un roman pour ou contre quelqu’un ou quelque chose. Il se met simplement à la place des gens qu’il raconte et réussit ainsi une chronique sociale remarquable… et plein de désillusions.
    ► Lire aussi : Prix Médicis 2018 décerné à l’«Idiotie» chère à Pierre Guyotat, rfi 6/11/2018
    ► Lire aussi :Le Prix Femina décerné à un survivant, Philippe Lançon, pour «Le Lambeau», rfi, 5/11/2018
    Leurs enfants après eux (Actes Sud, 432 p., 21,80 euros).

    Chronologie et chiffres clés

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  • Nnenna Nwakanma: «Couper internet est toujours la manifestation d’un dictateur»

    C’est la présentation qui a fait sensation au Web Summit, le grand rendez-vous portugais de la Tech mondiale, celle du nouveau « contrat pour le Web » que l’inventeur de la Toile, Tim Bernes-Lee, est venu promouvoir en personne. Nnenna Nwakanma, directrice des politiques publiques à la Web Foundation, qui porte le projet, revient sur les raisons qui ont motivé la rédaction de ce texte. L’occasion également d’évoquer avec cette « Abidjanaise d’origine nigériane », comme elle se présente elle-même, les rapports de l’Afrique à internet.De notre envoyé spécial à Lisbonne,
    RFI : Tim Berners-Lee, que l’on considère comme le « père du Web », a fait une intervention remarquée en ouverture du Web Summit en présentant son idée de « contrat pour le Web ». Est-il temps de revoir notre rapport à la Toile ?
    Nnenna Nwakanma : Le « contrat pour le Web » est né de son engagement pour que le Web soit un espace d’opportunité, un espace d’entraide humanitaire, un espace sûr, dont on ne doit pas avoir peur, un espace où les utilisateurs se sentent en confiance pour accomplir leurs activités. Mais trente ans après son invention, seulement la moitié du monde est connectée, le pouvoir sur le Web commence à être concentré entre les mains de quelques-uns, et l’usage qui en est fait cause du mal à l’humanité.
    Certains géants du Net comme Google et Facebook ont déjà signé ce « contrat ». Le gouvernement français également. Comment cela va se concrétiser ensuite ?
    Dans ce contrat, il y a neuf principes, trois par niveau d’implication : gouvernement, secteur privé et société civile. Et depuis hier [lundi 5 octobre, date de l’ouverture du sommet, ndlr], près de 2 000 acteurs l’ont déjà signé. La prochaine étape est de faire asseoir tout le monde autour de la table et de dire : « Voici les engagements que nous avons pris, voilà ce que nous allons faire. Engageons-nous dans le combat pour le prix de l’internet, pour la défense de la neutralité du Net, pour le respect des données à caractère personnel, etc. »

    Qui vérifiera que les engagements sont bien respectés ?
    Nous comptons instaurer un mécanisme d’évaluation annuelle, ou bi-annuelle. Car il y a souvent de grandes déclarations et puis après plus rien.
    Dans ce combat que vous menez pour un « meilleur Web », l’Afrique est un terrain d’action particulier…
    Je suis Africaine, une Abidjanaise d’origine nigériane. Depuis six ans que je suis à la Web Foundation nous travaillons beaucoup à l’ouverture des données en assistant les gouvernements africains, à la baisse du prix de l’internet, comme au Ghana, au Mozambique, au Nigeria, ou au Liberia. Et nous travaillons aussi pour les droits des femmes, car nos recherches ont démontré que ce sont surtout les femmes qui sont les grandes laissées-pour-compte.

    En 2013, vous avez justement lancé l’Alliance pour un Internet abordable, à laquelle participe les géants du Net, avec un objectif qui ne cesse d’être revu à la hausse. Où en est l’initiative ?
    Aujourd’hui nous avons l’objectif de faire passer le prix du gigaoctet de données en dessous des 2% du revenu moyen mensuel d’une famille. A Paris, un gigaoctet ça peut faire sourire, mais dans certains pays, un giga, c’est 30 à 40% du revenu mensuel.
    Et il y a de nombreuses disparités…
    On ne peut évidemment pas comparer Ouagadougou à Paris, parce que les infrastructures que l’on trouve en Europe n’existent pas en Afrique. Mais on ne peut pas comparer non plus Abidjan à Bamako par exemple, car le Mali est un pays enclavé et il est difficile de faire remonter les câbles sous-marins jusqu’à Bamako. Donc internet va y coûter plus cher qu’à Abidjan.
    Cela nécessite aussi un engagement politique fort.
    Il faut de l’argent pour ériger ces infrastructures et nous constatons que ce ne sont pas les Etats qui investissent, c’est le privé. Et quand le privé investit, il veut un retour sur investissement. Il faut donc une stabilité économique, sociale, qui incite quelqu’un à venir investir des milliards de dollars pour développer internet. Il faut aussi voir les désirs de taxation : il y a des pays qui pensent que taxer les télécommunications c’est facile car tout le monde les utilise. Ils ne s’imaginent pas ce qu’il font comme dégâts…
    L’accès à Internet en Afrique passe et passera encore plus à l’avenir par le mobile. Dans ce secteur, Facebook, avec son programme Freebasics, s’associe avec des opérateurs pour offrir un accès à internet – un internet limité et façonné par le réseau social – sans surcoût pour l’utilisateur. Faut-il s’en inquiéter ?
    J’aimerais que tous les Africains m’entendent : Facebook n’a jamais donné l’internet gratuit à qui que ce soit. Ce que Facebook fait, c’est ce que tout commerçant fait. Quand vous allez au marché et qu’on vous offre quelque chose : vous goûtez une fois, deux fois et après vous achetez.
    Et Facebook ne donne pas un accès au Web gratuitement, il donne accès gratuitement à sa plateforme. C’est comme si vous alliez au grand marché de la ville et que vous vous arrêtiez au seul stand de poulet puis que vous repartiez. Vous n’avez rien vu du marché.
    Autre impératif qui se pose à l’Afrique comme au reste du monde, celui de la protection des données personnelles. Sauf que sur le continent, bien peu de pays – une quinzaine – ont une législation qui y fait référence. Qu’est-il possible de faire à l’échelle supranationale ?
    Premièrement, le problème de la protection des données est un problème de ceux qui sont en ligne. Or, 75% des Africains n’ont pas de vie numérique, donc pour eux la protection des données ne leur dit rien – toutefois quelqu’un peut prendre vos données et les mettre en ligne, à votre insu.
    Deuxièmement, il n’y a pas de convention africaine dédiée à cette question, même s’il y a une convention africaine sur la cybersécurité [rédigée en 2014]. Mais il y a une directive qui a été proposée dernièrement.
    Généralement, dans toutes les Constitutions, on reconnaît le respect de la vie privée comme un droit, mais cela ne peut pas occulter la menace que nous vivons. Et même dans les pays comme la Côte d’Ivoire où il y a une loi, l’application est inexistante. Je ne connais personne qui a été traduit en justice pour ce motif. Donc il faut d’abord des lois – et la Commission de l’Union africaine ne peut obliger aucun pays à en voter. Ensuite, il faut les vulgariser. Il faut que les citoyens prennent conscience de l’importance [du sujet]. Les députés ne peuvent pas voter des lois et rentrer chez eux, il faut pouvoir les interpeller pour qu’ils expliquent ce qu’ils ont voté. Enfin il faut des organes pour surveiller leur application et quand il y a faute, il faut pouvoir sanctionner.
    Le politique peut aussi être très intrusif. On a encore vu dans plusieurs pays ou zones géographiques d’Afrique (Cameroun anglophone, Burundi, RDC), internet être coupé sur ordre des autorités.
    Je dis une chose : il n’y a pas plus grande erreur politique, de nos jours, que de couper internet. Ce qu’on appelle le « shutdown ». Couper l’accès à internet, parce que vous craignez que l’on puisse écrire des choses que Monsieur le président n’aime pas, c’est une grande erreur et c’est de la foutaise. Aujourd’hui, tous les paiements se font en ligne, on va à l’école en ligne. Et que deviennent les échanges commerciaux ? Beaucoup de nos jeunes sont aussi des développeurs d’application. Ils sont au pays, il ne sont pas en train de mourrir dans la mer. Ils sont en train de se débrouiller en ligne, et leur ordinateur, le téléphone mobile se sont leur gagne-pain.
    J’ai eu à m’entretenir avec ces gouvernements qui coupent internet : ce ne sont jamais des décisions cautionnées par les Parlements, ce sont toujours des décisions arbitraires. C’est toujours la manifestation d’un dictateur.
    Enfin comment voulez-vous qu’un investisseur aille investir dans ce pays, si du jour au lendemain, Madame le Première dame n’est contente de ce qu’a écrit X ou Y, appelle son mari, qui appelle le ministre, qui lui finit par menacer les fournisseurs d’accès à internet. Au XXIe siècle, il faut que ça s’arrête.

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  • «Un Amour impossible»: Corsini filme les combats des femmes

    Par

    Elisabeth Lequeret

    Publié le 07-11-2018

    Modifié le 07-11-2018 à 11:07

    « Un amour impossible » s’inspire du roman autobiographique de Christine Angot. Elle y raconte la relation toxique entre sa mère Rachel (jouée par Virginie Efira) et son père (Nils Schneider), et comment celui-ci, à partir de l’adolescence, l’a abusée sexuellement. La réalisatrice Catherine Corsini signe un film puissant.

    C’est l’histoire d’un immense amour qui se termine par une immense trahison. Rachel, jeune et naïve dactylo de Châteauroux, rencontre Philippe dans les années cinquante. C’est un brillant jeune homme, issu d’une famille de la grande bourgeoisie parisienne. Quand Rachel tombe enceinte, il prend la fuite, refuse de reconnaitre l’enfant, mais continue à la voir, sans rien lui laisser espérer.
    Virginie Efira et Nils Schneider forment un couple de cinéma captivant. Elle lumineuse, lui cynique et manipulateur. De leur amour naîtra Chantal, élevée par sa mère et finalement détruite par ce père présent en pointillé, qui abuse d’elle à chacune de ses visites.
    L’inceste, comme une chape de plomb
    L’inceste est au cœur du roman de Christine Angot. Dans le film, il est traité par ellipse, mais pèse comme une chape de plomb.
    Dans le roman, paru en 2015, Angot racontait le parcours de sa mère, avec admiration, mais en butant sur cette question : comment a-t-elle pu ne rien voir ? Cette question, le film ne tente pas non plus d’y répondre.
    Au-delà de l’inceste, Un Amour impossible est une histoire de secrets, de combats personnels, de construction de soi-même, de résilience. Il revêt une dimension sociale, politique et féministe, aussi. A travers Rachel, Corsini raconte à sa manière l’histoire des femmes. L’histoire d’une relation mère-fille, preuve magnifique de ce que l’amour, ne fut-il que maternel et filial, reste toujours possible.

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  • Ligue des champions : le Malien Moussa Marega à nouveau buteur

    Par

    David Kalfa

    Publié le 07-11-2018

    Modifié le 07-11-2018 à 00:07

    Le Malien Moussa Marega, buteur, a contribué à la victoire 4-1 du FC Porto contre le Lokomotiv Moscou en Ligue des champions. Le Camerounais Joël Matip, le Sénégalais Sadio Mané et l’Egyptien Mohamed Salah ont en revanche vécu une mauvaise soirée européenne, ce 6 novembre 2018, avec une défaite 2-0 de Liverpool sur le terrain de l’Etoile rouge de Belgrade.

    GROUPE A
    AS Monaco (France) – FC Bruges (Belgique) 0-4
    Krépin Diatta n’a pris part que durant six minutes à l’incroyable victoire de Bruges chez les Monégasques. Le Sénégalais a en effet quitté le terrain à cause d’une blessure. Sa sortie n’a toutefois pas déstabilisé ses partenaires, notamment le défenseur angolais Clinton Mata et le milieu zimbabwéen Marvelous Nakamba, également titulaires.
    Dans le camp d’en face, le milieu marocain Youssef Aït Benasser, le milieu franco-sénégalais Sofiane Diop et l’attaquant franco-malien Moussa Sylla ont vécu un calvaire. Les entrées en jeu du Franco-Ivoirien Gobe Gouano, du Franco-Congolais Han-Noah Massengo et du Franco-Malien Almamy Touré ont été presqu’anecdotiques.
    Atletico Madrid (Espagne) – Borussia Dortmund (Allemagne) 2-0
    Deux semaines après une cuisante défaite en Allemagne, les Madrilènes et leur milieu de terrain ghanéen Thomas Partey se sont vengés en gagnant 2-0. Le Marocain Achraf Hakimi a été impuissant sur les deux buts espagnols.
    GROUPE B
    Tottenham (Angleterre) – PSV Eindhoven (Pays-Bas) 2-1
    Le latéral droit ivoirien de Tottenham, Serge Aurier, était le seul Africain à disputer ce match. Il a quitté la pelouse à la 75e minute.
    Inter Milan (Italie) – FC Barcelone (Espagne) 1-1
    Le milieu gauche ghanéen Kwadwo Asamoah a participé au match nul 1-1 des Milanais face au Barça.
    GROUPE C
    Etoile rouge de Belgrade (Serbie) – Liverpool (Angleterre) 2-0
    Le Comorien El Fardou Ben Nabouhane n’a pas marqué lors du succès surprise de son club mais il a été en première ligne pour faire couler le Liverpool de Sadio Mané, de Mohamed Salah et du Camerounais Joël Matip.
    Le Sénégalais et l’Egyptien se sont battus pour inverser la tendance. Une frappe du « Pharaon » a même fini sa course sur le montant droit adverse.
    Naples (Italie) – Paris Saint-Germain (France) 1-1
    Le défenseur sénégalais Kalidou Koulibaly a été solide malgré le but inscrit par le PSG. L’ailier algérien Adam Ounas a fait son apparition en fin de rencontre dans le camp napolitain, tandis que le Camerounais Eric-Maxim Choupo-Moting est entré en jeu pour Paris juste avant le coup de sifflet final.
    GROUPE D
    Schalke 04 (Allemagne) – Galatasaray (Turquie) 2-0
    Le Schalke du Sénégalais Salif Sané, du Marocain Amine Harit et de l’Algérien Nabil Bentaleb (entré en jeu), a remporté une victoire précieuse face à l’escouade turque menée notamment par le Marocain Younes Belhanda, le Sénégalais Pape Alioune Ndiaye et le Nigérian Henry Onyekuru. A noter que le Cap-Verdien Gary Rodrigues a quitté ses partenaires stambouliotes à l’heure de jeu.
    FC Porto (Portugal) – Lokomotiv Moscou (Russie) 4-1
    Le Malien Moussa Marega a inscrit son troisième but en quatre matches de Ligue des champions d’un tir entre les jambes du portier adverse. L’attaquant a ajouté une passe décisive à son bilan personnel. Son partenaire, l’Algérien Yacine Brahimi, a quitté le terrain à la 68e minute. L’attaquant portugo-cap-verdien Hernani a fait son apparition peu après.
    Côté russe, le Nigérian Bryan Idowu était une nouvelle fois titulaire.

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  • Foot: un nul à Naples et un revers de Liverpool relancent le PSG en C1

    Par

    David Kalfa

    Publié le 06-11-2018

    Modifié le 06-11-2018 à 23:18

    Le Paris Saint-Germain (PSG) a fait match nul 1-1 sur le terrain de Naples dans le groupe C de la coupe d’Europe des clubs de football (Ligue des champions), ce 6 novembre 2018. Ce résultat, combiné à une défaite de Liverpool sur le terrain de l’Etoile rouge de Belgrade, relance le PSG dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions (C1).

    Avec 5 points pris en quatre matches de coupe d’Europe des clubs de football (Ligue des champions) 2018-2019, le bilan comptable du Paris Saint-Germain (PSG) n’est pas fameux dans le groupe C de la Ligue des champions (C1). Mais l’essentiel est ailleurs après un match nul 1-1 sur le terrain de Naples, ce 6 novembre.
    Les champions de France voudront surtout retenir leur bonne première période, deux semaines après avoir concédé le nul 2-2 face aux Napolitains. Ils ont en effet été solides en défense et ont su se montrer réalistes en attaque, durant un peu plus de 45 minutes.
    Dans les arrêts de jeu de la première période, Kylian Mbappé est ainsi servi par l’attaquant Neymar. L’avant-centre déborde alors sur la gauche et sert en retrait le défenseur latéral Juan Bernat qui conclut à bout portant : 0-1, 45e+2. L’Espagnol sera un peu plus tard privé d’un penalty a priori valable.
    La classe de Gianluigi Buffon n’a pas suffi
    La deuxième période est en revanche une toute autre affaire pour le club français.
    Gianluigi Buffon doit s’interposer sur une frappe puissante de Dries Mertens (51e) puis sur un lob de l’attaquant belge (52e). Le portier italien du PSG est assailli et se jette ensuite au-devant de l’attaquant Lorenzo Insigne (54e) avant de repousser une nouvelle tentative, signée Fabian Ruiz cette fois (57e).
    Le gardien de but du PSG ne peut toutefois rien sur un penalty parfaitement tiré par Insigne (1-1, 62e). Un penalty concédé après une énorme bourde de Thago Silva, le défenseur ayant raté un contrôle.
    La défaite de Liverpool fait des heureux
    Malmenés, les Parisiens tiennent néanmoins bon et peuvent même avoir le sourire. Car dans l’autre rencontre du groupe C, Liverpool a été surpris 0-2 sur le terrain de l’Etoile rouge de Belgrade. Paris aura donc la possibilité de passer devant les « Reds » au classement, en cas de succès à domicile, le 28 novembre, lors de la 5e journée de cette phase de poules de la C1.

    LIGUE DES CHAMPIONS 2018-2019: CLASSEMENT DU GROUPE C
    1. Liverpool 6 points +2
    2. Naples 6 points +1
    3. PSG 5 points +4
    4. Belgrade 4 points -7

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  • Qui a tué Jamal Khashoggi? Un mois après, le mystère reste entier

    Depuis le début de l’affaire Jamal Khashoggi, tous les éléments semblent accuser le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, dont le journaliste était très critique.Qui a bien pu commanditer le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ? Depuis sa mystérieuse disparition le 2 octobre au consulat saoudien d’Istanbul, tous les regards semblent converger vers Mohammed ben Salman, prince héritier et véritable homme fort du royaume wahhabite, envers qui l’éditorialiste, qui vivait en exil aux Etats-Unis, se montrait souvent très critique.
    Pour David Rigoulet Roze, enseignant et chercheur rattaché à l’Institut français d’Analyse stratégique (IFAS) et auteur de Géopolitique de l’Arabie saoudite (Armand Colin, 2005), cette affaire a, malgré tout, de bonnes chances de rester une sorte de conundrum, soit une énigme difficile, sinon impossible, à résoudre totalement parce que l’on n’est tout simplement pas en mesure de le faire, voire par défaut de volonté de l’élucider complètement.
    Selon lui, le président turc Recep Tayyip Erdogan est probablement le seul à posséder tous les éléments en main, qu’il s’est plu à égrener discrètement au fur et à mesure dans la presse proche du pouvoir, que ce soit l’agence de presse Anadolu ou le journal Sabah. C’est notamment ce dernier titre qui a révélé que deux « nettoyeurs » s’étaient rendus en Turquie quelques jours après la disparition de Khashoggi pour effacer les traces du crime. « Chaque nouvelle fuite d’information côté turc a d’ailleurs contraint l’Arabie saoudite à amender sa version initiale des faits », note le chercheur.
    Dernier acte en date : le 3 novembre dernier, Recep Tayyip Erdogan a signé une tribune dans le Washington Post, le journal pour lequel travaillait Jamal Khashoggi, dans lequel il estime que l’ordre de tuer le journaliste avait été donné « au plus haut niveau du gouvernement saoudien ». Dans le même temps, il explique ne pas croire « une seule seconde » que le roi Salman était au courant de l’opération visant à éliminer l’opposant. « Le président turc ménage le souverain de 82 ans tout en accablant quelqu’un d’autre en filigrane, mais sans jamais le nommer explicitement », explique David Rigoulet-Roze. Le nom semble évident : Mohammed ben Salman, surnommé « MBS ». Mais côté turc, c’est une question de stratégie : « Si Recep Tayyip Erdogan avait voulu condamner politiquement parlant la monarchie saoudienne avec des révélations fracassantes, il l’aurait fait depuis longtemps, poursuit l’enseignant-chercheur. Il se contente habilement de mettre une pression continue sur Riyad pour obliger les autorités saoudiennes à réagir et à prendre des décisions difficiles. »
    Pour David Rigoulet Roze, « en égrenant depuis le début de l’affaire des éléments de l’enquête dans la presse, Recep Tayyip Erdogan espère sans doute en tirer un certain profit », sur le plan géopolitique dans le complexe jeu d’alliances entre puissances au Moyen-Orient. Allié du Qatar, devenu récemment un ennemi déclaré de l’Arabie saoudite que la Turquie a soutenue quand l’émirat a été, il y a plus d’un an, mis au ban du Conseil de Coopération du Golfe dont il est membre, Ankara dispute depuis longtemps au royaume wahhabite le leadership de l’islam sunnite.
    Dans la foulée des « printemps arabes », quand les peuples tunisiens, égyptien ou libyen, ont commencé à partir de 2011 à secouer la tutelle des vieux dictateurs panarabes, Recep Tayyip Erdogan souhaitait incarner l’option « frériste » face à l’Arabie saoudite. « En dépit de tous les éléments qui ont fuité dans la presse, le chef d’Etat turc n’a certainement pas encore tout dévoilé, poursuit le chercheur. Notamment, il n’a pas levé le mystère qui demeure sur deux éléments centraux : où est le corps de Jamal Khashoggi et qui est le commanditaire final ? »
    La fin de MBS ?
    Selon la première version saoudienne, le journaliste était ressorti libre du consulat. Un des quinze membres du commando qui avait fait l’aller-retour le jour du meurtre était ressorti du consulat avec les vêtements du journaliste avant de se rendre à la mosquée bleue d’Istanbul pour que l’on croie y avoir vu le journaliste saoudien. Le 20 octobre, près de trois semaines après le début du scandale et alors que l’Arabie saoudite brillait jusqu’ici par son silence, le procureur général Saoud Al Mojeb a finalement admis que le journaliste était mort dans ses locaux, parlant d’une rixe qui aurait mal tourné. « Donald Trump leur avait en quelque sorte tendu une perche », rappelle David Rigoulet-Roze.
    Le président américain, allié de l’Arabie saoudite, avait en effet évoqué des « tueurs voyous », une hypothèse balayée comme « ridicule » par un sénateur démocrate. Dans le royaume, dix-huit personnes au total ont été arrêtées. Ahmed Assiri, adjoint au renseignement, et Saud Al-Qahtani, un conseiller à la cour, tous deux très proches de « MBS », ont par ailleurs été limogés, peut-être pour dédouaner le prince héritier. Cinq jours plus tard, l’Arabie saoudite a reconnu que le meurtre du journaliste avait été « prémédité ».
    Oser tuer un journaliste dans l’enceinte d’une représentation diplomatique à l’étranger puis se débarrasser du corps : la brutalité de la méthode a choqué. « Ce meurtre relève d’une forme d’impunité sous-jacente même si les assassins n’auraient sans doute jamais osé commettre leur crime au sein du consulat saoudien aux Etats-Unis, analyse David Rigoulet-Roze. Mais les commanditaires, quels qu’ils soient, ont probablement sous-estimé l’ampleur de leur acte, pensant sans doute que personne ne s’émouvrait de la disparition d’un journaliste saoudien ».
    C’était sans compter sur la chronique que Jamal Khashoggi tenait dans le Washington Post. « A partir du moment où le Saoudien disposait d’une tribune dans un grand quotidien américain, sa disparition devenait un problème américain, et en quelque sorte l’affaire des Etats-Unis, poursuit le chercheur. Ceux qui ont ordonné l’assassinat de Jamal Khashoggi ont mal évalué l’incroyable caisse de résonance que l’affaire aurait. En termes d’image, l’impact pour le royaume wahhabite pourrait – toutes choses égales par ailleurs – apparaître aussi destructeur qu’après les attentats du 11-Septembre », quand il était apparu que 15 des 19 terroristes étaient Saoudiens. La confiance ayant été une nouvelle fois abîmée, l’affaire Khashoggi pourrait même avoir des conséquences économiques sur les investissements étrangers dans le pays.
    Car Jamal Khashoggi, ancien rédacteur en chef adjoint d’Arab News après des études aux Etats-Unis, n’était pas n’importe quel journaliste. Ses origines le liaient à la monarchie et à la famille au pouvoir, que ce soit son grand-père, Muhammad, médecin personnel du roi Ibn Saoud, le fondateur du royaume, ou son oncle Adnan Khashoggi, richissime marchand d’armes. Excellent connaisseur du système saoudien, Jamal Khashoggi a été impliqué dans tous les grands évènements récents de l’histoire du pays. Longtemps conseiller du prince Fayçal al-Turki, ancien directeur du renseignement, il avait réalisé les premières interviews d’un autre jeune homme issu de l’aristocratie saoudienne, Oussama ben Laden, qui s’était rendu comme lui en Afghanistan combattre les Soviétiques. Jamal Khashoggi était aussi proche de la confrérie des Frères musulmans, considéré comme un mouvement terroriste en Arabie saoudite, mais dont le président turc se revendique dans son pays.
    En 2016, Jamal Khashoggi avait été interdit d’exercer son métier pour avoir critiqué Donald Trump avant de choisir l’exil l’année suivante. Depuis plusieurs mois, il était sollicité par un des frères du roi Salman pour qu’il rentre dans son pays natal. « L’impact en termes de visibilité d’un opposant en exil comme Jamal Khashoggi commençait à gêner sérieusement la monarchie saoudienne, explique David Rigoulet-Roze. Face à son refus ferme de rentrer au pays, certains à Riyad ont peut-être décidé de trouver une autre solution. »
    A court comme à moyen terme, le meurtre de Jamal Khashoggi aura certainement des conséquences sur l’Arabie saoudite. Pour David Rigoulet-Roze, cet événement représente le « grain de sable » qui vient gripper la gouvernance actuelle de l’Arabie saoudite, largement incarnée par MBS, nommé ministre de la Défense lors de l’accession de son père au pouvoir en 2015. « La stabilité du royaume, premier exportateur mondial de pétrole, s’en trouve affectée et avec elle celle d’un certain nombre d’enjeux stratégiques, ce qui peut expliquer la prudence de la plupart des réactions occidentales », obligées de commercer avec elle, notamment la France et ses juteux contrats de vente d’armes avec le royaume.
    Récemment, le prince Ahmed, le frère du roi est rentré en Arabie saoudite depuis Londres, en Grande-Bretagne, où il vivait jusque-là. En désaccord avec la politique menée actuellement par son pays, il pourrait prendre la direction du conseil d’allégeance, qui est notamment chargé de désigner le prince héritier du royaume. Du changement en perspective à la tête de l’Etat saoudien ? Affaire à suivre.

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  • Top 20 RFI : Dimata et Samatta ne se démontent pas

    Par

    David Kalfa

    Publié le 06-11-2018

    Modifié le 06-11-2018 à 17:45

    Avec 10 buts inscrits chacun, le Belgo-Congolais Landry Dimata et le Tanzanien Aly Samatta talonnent le Sénégalais Mbaye Diagne (11 réalisations) dans notre classement des meilleurs artificiers africains d’Europe, le Top 20 RFI.

    TOP 20 RFI: mode d’emploi

    Ce classement ne prend en compte que:
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  • Centenaire de 14-18: l’écrivain Maurice Genevoix bientôt au Panthéon

    Par

    RFI

    Publié le 06-11-2018

    Modifié le 07-11-2018 à 11:26

    Le président Emmanuel Macron a annoncé aux Eparges la panthéonisation l’année prochaine de l’écrivain Maurice Genevoix, une des plumes de la Grande Guerre.  Dans Ceux de 14, il racontait son expérience au front. A travers lui, Emmanuel Macron souhaite honorer tous ceux qui ont participé aux combats de 14-18. Cette annonce a suscité beaucoup d’émotions chez les descendants de ces soldats morts au combat.

    Avec notre envoyé spécial aux Eparges, Pierre Olivier
    Dans le petit village des Eparges où a coulé tant de sang français, on retiendra surtout une chose de ce discours d’Emmanuel Macron : « Il a surtout annoncé que Maurice Genevoix allait rentrer au Panthéon. A travers lui, tous les morts de la guerre de 14-18. Ça me fait chaud au cœur parce que mon grand-père en fait partie, avec tous ses frères d’armes ».
    Maurice Genevoix, sous-officier et homme de lettres, relatera dans son livre Ceux de 14, toutes les atrocités de cette guerre : « Il sera le symbole en fait. Comme il était écrivain, il a réussi à traduire tout ce qui s’est passé. Il fallait en choisir un et je crois que c’est le bon représentant ».
    Maurice Genevoix ou « le chantre de la mémoire », selon les mots d’Emmanuel Macron, une mémoire qui résonne aussi dans l’esprit des plus jeunes générations : « J’ai trois arrière-grands-pères qui se sont battus pendant la guerre, un en artillerie, les deux autres au front. Un n’est pas revenu et n’a pas été retrouvé ». « Oui, je pense que c’est une reconnaissance aux soldats qui ont libéré la France à cette époque-là. Le Panthéon, c’est quand même le plus haut quoi ».
    Un moyen aussi de garder toujours à l’esprit ce que désormais plus aucun témoin ne peut raconter.
    ■ Réaction de Julien Genevoix, petit-fils de Maurice Genevois
    « Ce n’est pas seulement Maurice Genevoix. Bien sûr, c’est vrai que si on a beaucoup parlé de la bataille des Eparges, c’est grâce à ses écrits. Mais on a toujours conçu tout ce que nous avons fait pendant le centenaire comme un hommage à Maurice Genevoix et à travers lui, à ses frères d’armes parce que c’est la notion qui ressort le mieux de Çeux de 14 qui est un livre fraternel. Et Maurice Genevois, toute sa vie, a porté le souvenir de ses frères d’armes qui lui étaient et qui lui sont restés jusqu’au bout, incroyablement chers au cœur. Maurice Genevoix ne remplacera jamais le soldat inconnu. Il existe déjà pour ça. Mais Maurice Genevoix, c’est le témoin. C’est celui qui a raconté et c’est très important de raconter parce que si personne ne raconte, dans une langue qui reste, dans une langue qui marque, on finit par oublier. Et c’est toute l’importance de Ceux de 14 »

    _Enrobé Réaction panthéonisation de ceux de 14 ———— soir ———–

    06/11/2018
    – par RFI

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