La plupart des anciennes cités mayas sont aujourd’hui englouties sous un épais couvert forestier. Mais grâce à une technologie laser, la jungle ne serait plus l’insondable barrière qui se dresse sur notre chemin de la connaissance de ces civilisations. Le lidar – pour « laser detection and ranging », en français « détection et estimation de la distance par la lumière » – sorte de radar que l’on peut embarquer sur un avion, est capable de détecter les détails topographiques, mêmes s’ils sont ensevelis.
Grâce à cette technologie, une équipe internationale d’archéologues a découvert plus de 60 000 structures humaines anciennes dans la jungle nord du Guatemala.
Des organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains appellent à l’organisation du procès sans délai.
Tribune. Personne n’a encore été jugé en Guinée pour le massacre du Stade du 28-Septembre à Conakry, où au moins 156 opposants furent tués et plus d’une centaine de femmes violées le 28 septembre 2009. Si l’instruction est clôturée depuis fin 2017, il est impératif que les juges soient nommés et qu’un calendrier soit établi. Ce sont les conditions pour que ce procès emblématique puisse s’ouvrir en 2019, et que ses treize inculpés – dont trois incarcérés en dehors des délais légaux – soient enfin jugés.
Le 9 avril 2018, le ministre de la justice Cheick Sako a mis en place un comité de pilotage du procès chargé de son organisation pratique. Ce comité doit se doter au plus vite d’une feuille de route claire, afin d’avancer efficacement vers le procès. S’il devait se réunir toutes les semaines, il ne s’est réuni que deux fois en six mois, faisant planer des doutes sur la tenue rapide d’un procès. Pourtant, le procès est à portée de main et plusieurs bailleurs internationaux se disent toujours prêts à le soutenir.
« Des personnes ont été abattues, des femmes ont été violées et, pour la première fois dans l’histoire de la Guinée, des hommes en uniforme ont été inculpés, a déclaré Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa). Il n’y a désormais plus aucune raison de pas avancer rapidement vers la tenue du procès. Mais sans appui politique au travail réalisé par le ministère de la justice, l’affaire risque de s’enliser, alors qu’elle est attendue depuis près de dix ans par les victimes, leur famille et tout le peuple guinéen. »
« Crimes infamants »
Les organisations exhortent le comité de pilotage à se réunir hebdomadairement tel que prévu par le décret portant sa création, et à déterminer rapidement le lieu du procès, son budget et ses besoins en support, et établir ses modalités logistiques et sécuritaires. En particulier, le comité devra prendre des dispositions pour la participation de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, inculpé dans cette affaire et qui a toujours annoncé qu’il participerait au procès malgré son exil au Burkina Faso. Dans le même temps, des juges expérimentés doivent être nommés sans délai afin de commencer leur travail sur ce dossier d’envergure.
Si ces étapes opérationnelles sont rapidement surmontables, le procès nécessite un soutien politique au plus haut niveau pour garantir la mise en place d’une justice forte et impartiale, compte tenu des risques d’influence perçus ou réels par certains inculpés qui occupent toujours des postes au sein de l’administration.
« Juger les violences politiques n’est plus tabou en Guinée, insiste Abdoul Gadiry Diallo, président de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH). L’ouverture sur le passé douloureux montre que la société guinéenne attend le jugement des auteurs des crimes politiques les plus récents et infamants, et souhaite mettre fin à l’impunité totale dont bénéficièrent les auteurs de graves violations des droits humains pendant des décennies.Il est maintenant temps qu’un nouveau chapitre commence et que les victimes comme les accusés des crimes commis au stade le 28 septembre 2009 puissent être entendus devant la justice. »
Mariama Thiouto Bah, au stade national où elle a été attaquée par les forces de sécurité, le 28 septembre 2009. « Deux policiers m’ont frappée avec une barre en fer et m’ont blessée à la main. Après cela, j’ai été voir un docteur pour être soignée. Quand mon mari a su que j’avais été au stade, il m’a abandonnée. Ce jour-là, ma vie a été détruite. »
Signataires L’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa) ; l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH) ; la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Amnesty International ; Human Rights Watch.
La 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU se poursuit avec les discours des chefs d’Etat et de gouvernement, à New York. Face à Donald Trump, qui a dénoncé le « globalisme », Emmanuel Macron a mis en garde contre la « loi du plus fort ». Le président américain fait face à un front uni entre l’Europe, la Russie et la Chine, prêtes à défendre l’accord sur le nucléaire iranien de 2015
Marc Semo, journaliste au Monde chargé de la diplomatie, a répondu à vos questions et a analysé ce qu’il s’est passé depuis une semaine.
Baptiste : Comment les médias étrangers ont-ils interprété le discours d’Emmanuel Macron ?
Marc Semo : Cela a été apprécié, et en premier lieu dans les pays du Sud ou les pays tels le Canada, l’Australie, l’Inde ou encore les Scandinaves, tous ces piliers de l’action onusienne, car sur le fond, le discours d’Emmanuel Macron, comme le soulignait ironiquement un diplomate, était le discours d’un secrétaire général de l’ONU. Et en ouvrant les travaux de la 73e Assemblée générale, Antonio Guterres avait peu ou prou évoqué les mêmes thèmes, sans y mettre néanmoins autant de passion.
Lecteur : Quelle a été la tonalité du discours du représentant iranien à l’ONU ? Téhéran peut-il encore compter sur des alliés prêts à se « mouiller » pour lui ?
Rohani est dans une situation difficile, car il est aussi sous la pression des plus « durs » de la République islamique, comme les gardiens de la révolution. Quitter à son tour l’accord de juillet 2015 et reprendre l’enrichissement serait suicidaire pour Téhéran, car automatiquement se remettrait en place tout le système de sanctions — et pas seulement celles des Etats-Unis —, car nul ne veut d’un Iran nucléaire. Mais rester dans l’accord est aussi difficile, car au-delà des bonnes intentions, on voit mal comment les Européens, même avec l’aide des Russes et des Chinois, peuvent suppléer aux pressions maximales américaines. D’où le pari de Washington, qui n’est peut-être pas faux, qu’à un moment ou à un autre, l’Iran sera prêt à négocier à nouveau, et c’est d’ailleurs le pari de Macron, qui veut compléter l’accord de 2015 avec trois piliers encadrant l’activité balistique, de nouvelles mesures pour après 2025 sur le nucléaire, quand l’accord de Vienne arrivera à expiration, et bloquer l’expansionnisme régional iranien.
PhilippeS : Est-ce que Macron est considéré comme un « type sans importance » dans la cour des grands ?
En France, sa popularité plonge ; à l’extérieur, il garde une bonne partie de son image, au moins pour le moment. Ses discours sont incontestablement très forts, comme l’étaient d’ailleurs ceux d’Obama, mais le risque est le même : que cela reste des mots. Et l’on voit par exemple toutes les difficultés aujourd’hui pour la France de lancer des vraies initiatives à l’ONU. Sans les Américains « trumpisés » et sans les Britanniques en plein Brexit, Paris ne pas faire grand-chose, car c’est bien ce « P3 » (Etats-Unis, France et Royaume-Uni), comme on l’appelle dans le jargon diplomatique, qui depuis 1945 a fait tourner le système international créé après 1945.
Tom : Y a-t-il encore des blocs à l’ONU ?
Oui, bien sûr, même si ces alliances sont beaucoup plus mouvantes qu’avant. Chacun des « grands » a ses alliés et ses clients, à commencer par la Russie et la Chine, piliers par ailleurs d’un groupe de Shanghai, qui se veut un rival asiatique de l’Union européenne. Il y a les pays musulmans qui, sur certaines questions, font toujours bloc. Il y a malgré tout un ensemble européen qui parle peu ou prou d’une même voix et coordonne ses actions.
Curieux : Nétanyahou met au défi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de contrôler des structures iraniennes liées à un programme nucléaire. Mais ces contrôles ne sont-ils pas un des termes de l’accord de 2015 ? Et si oui, Israël peut-il demander l’application des termes restrictifs d’un accord qu’il dénonce ?
De fait, c’est cela que veut montrer Nétanyahou : les limites des contrôles de l’AIEA. Mais nombre d’experts semblent un peu sceptiques sur la réalité des accusations israéliennes, qui en revanche sont prises très au sérieux sur la fabrication par le Hezbollah libanais, avec l’aide de Téhéran, de missiles sophistiqués.
? : Quelle importance (en proportion par rapport aux autres sujets) ont eue les discussions environnementales et climatiques durant cette session ?
A l’Assemblée générale elle-même, c’était un thème évoqué dans la plupart des interventions, mais sans plus. En revanche, il y a nombre d’événements annexes sur le sujet, dont par exemple le « One Planet Summit ». Et ils ont d’autant mieux marché qu’ils n’engagent à rien.
Florent : Depuis la France, on a le sentiment que Macron est « le représentant du monde libre », tel que les Etats-Unis l’incarnaient auparavant. Est-ce réellement le cas ?
En partie, oui, même si dans la pensée macronienne, c’est l’Europe, une Europe qui doit prendre conscience de sa puissance, qui serait à même de jouer pleinement ce rôle à un moment de grand repli américain.
paul : La solution proposée concernant les marchés avec l’Iran pour les investisseurs étrangers, en mettant en place une plate-forme, est-elle viable, avec l’attitude des Etats-Unis et leur politique qui prône son exclusion ? Y a-t-il une vraie garantie que ces sociétés ne soient pas pénalisées et « blacklistées » par les Etats-Unis ?
Aucune, et c’est bien ça le problème. Car même si un mécanisme permettait aux sociétés européennes de commercer avec l’Iran sans tomber sous les foudres de la justice américaine, Washington peut très bien, de fait, établir des « listes noires », et d’ailleurs Trump a clairement dit au Conseil de sécurité que les pays ou les sociétés qui continueraient les affaires avec Téhéran malgré les sanctions américaines « subiraient de très lourdes conséquences ». Aucune grande société, si elle a à choisir entre le marché américain et le marché iranien, n’hésitera une seconde.
goun : Je suis élève en 1re ES et j’aimerais savoir quel est le but de cette Assemblée générale…
Bonne question. Rappeler que l’ONU existe. C’est surtout symbolique, mais en diplomatie, comme d’ailleurs en politique, le symbole et le magistère de la parole sont importants.
Lectrice : On a beaucoup parlé Iran, Corée du Nord et prolifération. Mais les vrais sujets n’étaient-ils pas la Syrie, le Yémen, la Birmanie ? Quid de ces sujets dans le discours d’Emmanuel Macron ? N’est-ce pas la preuve criante d’une diplomatie en panne ?
Ce sont de vrais sujets, effectivement, mais pas plus que l’Iran ou la Corée du Nord. La Syrie a été beaucoup évoquée, aussi bien à la tribune que lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la non-prolifération, dont celle des armes chimiques. Il y a eu des réunions sur la Birmanie. Le grand absent, qui n’a été évoqué qu’en creux, est effectivement le Yémen, parce que ni les Américains ni les Britanniques, qui sont à la manœuvre, ni l’Arabie saoudite, maître d’œuvre de la guerre contre les houthistes soutenus par Téhéran, ne souhaitent que l’on mette trop les projecteurs sur ce qui aujourd’hui — avec la Syrie — la pire tragédie humanitaire.
-Un an jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les Etats-Unis sont entrés samedi dans une période de turbulences avec la fermeture partielle de l’administration fédérale après l’échec d’un vote crucial sur le budget au Sénat.
Malgré d’intenses tractations, la majorité républicaine, l’opposition démocrate et la Maison Blanche n’ont pu s’entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d’éviter ce “shutdown” entré en vigueur à 00H00 (05H00 GMT).
Républicains et démocrates se sont rejeté la responsabilité de cet échec, Donald Trump accusant l’opposition de faire passer “les immigrants illégaux” avant l’armée ou la sécurité des frontières alors que les démocrates ont indiqué qu’ils n’accepteraient de voter pour un texte que s’il pérennise la régularisation de 690.000 jeunes immigrés au statut précaire, les “Dreamers”.
Democrats are far more concerned with Illegal Immigrants than they are with our great Military or Safety at our dangerous Southern Border. They could have easily made a deal but decided to play Shutdown politics instead. #WeNeedMoreRepublicansIn18 in order to power through mess!
“Les démocrates sont bien plus préoccupés par les immigrants illégaux que par notre grande Armée ou la Sécurité à notre dangereuse frontière Sud”, a-t-il tweeté à l’aube. “Ils auraient pu facilement conclure un accord mais ils ont préféré jouer la carte du +shutdown+ à la place”.
La fermeture de l’administration “était 100% évitable”, a affirmé le patron des sénateurs républicains, Mitch McConnell.
Not looking good for our great Military or Safety & Security on the very dangerous Southern Border. Dems want a Shutdown in order to help diminish the great success of the Tax Cuts, and what they are doing for our booming economy.
“Ce sera appelé le Trumpshutdown car personne, personne ne mérite autant que le président Trump d’être jugé responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons”, lui a répondu le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.
Les républicains, majoritaires avec 51 sièges au Sénat, n’ont obtenu que 50 voix, loin des 60 voix (sur 100) nécessaires à une extension pour quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.
Il s’agit du premier “shutdown” depuis octobre 2013, sous l’administration Obama, qui avait duré 16 jours. Il se traduira par la mise au chômage technique sans paie de plus de 850.000 employés fédéraux considérés comme “non essentiels” au fonctionnement de l’administration.
This is the One Year Anniversary of my Presidency and the Democrats wanted to give me a nice present.
Il était impossible de savoir combien de temps durerait cette nouvelle fermeture, les tractations entre les deux partis devant très vite reprendre. Une nouvelle réunion du Sénat, destinée à adopter une extension du budget jusqu’au 8 février, était prévue samedi.
Chuck Schumer a demandé au président de convoquer d’urgence une réunion à la Maison Blanche avec les leaders des deux partis pour trouver un compromis.
– En attendant lundi –
Les premiers effets du “shutdown” devraient se faire sentir lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.
For those asking, the Republicans only have 51 votes in the Senate, and they need 60. That is why we need to win more Republicans in 2018 Election! We can then be even tougher on Crime (and Border), and even better to our Military & Veterans!
“Il y a des soldats américains qui s’apprêtent à passer six mois au Koweït et qui s’inquiètent de ne pas être payés tout de suite. C’est inconcevable”, a déclaré le vice-président Mike Pence en escale à Shannon (Irlande), où il a croisé des militaires américains en transit vers des missions à l’étranger.
Vendredi, M. Trump avait pourtant évoqué une “excellente réunion préliminaire” avec Chuck Schumer à la Maison Blanche, laissant espérer un accord de dernière minute.
Le sénateur démocrate a accusé le milliardaire de faire la girouette alors qu’un accord était à portée de main.
La Chambre des représentants, à forte majorité républicaine, avait approuvé jeudi soir l’extension provisoire du financement de l’Etat fédéral, qui prévoyait également de prolonger pour six ans le programme d’assurance santé destiné aux enfants pauvres (Chip), une demande des démocrates.
Au-delà d’un budget temporaire, le quatrième depuis septembre, la majorité républicaine souhaite adopter un budget 2018 définitif de plusieurs centaines de milliards de dollars qui dope notamment les dépenses militaires, une promesse de campagne de M. Trump.
Les démocrates veulent la régularisation de 690.000 “Dreamers”, arrivés clandestinement aux Etats-Unis quand ils étaient enfants et expulsables depuis l’abrogation par M. Trump du programme Daca, datant de l’administration Obama, qui leur offrait un statut de résident temporaire. Le président Trump a donné au Congrès jusqu’au 5 mars pour légiférer.
– Qui paiera les dégâts ?-
Et au-delà du budget, les parlementaires pensent aux élections de mi-mandat en novembre.
Les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir –Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat– seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort.
Les républicains espèrent se servir du “shutdown” pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle. Quatre d’entre eux, selon les médias, ont d’ailleurs voté avec les républicains vendredi soir.
Mais selon un sondage du Washington Post et d’ABC publié vendredi, 48% des Américains estiment que les républicains seraient responsables d’un éventuel blocage, contre 28% pour les démocrates.
-Jeudi, le président des États-Unis aurait qualifié Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines de «pays de merde». Une déclaration démentie mais qui a déclenché une indignation mondiale.
«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?» Selon des sources concordantes, Donald Trump, grand habitué des phrases choc, aurait franchi une nouvelle étape langagière jeudi, lors d’une réunion à la Maison-Blanche. Ces propos viseraient particulièrement plusieurs États africains ainsi que le Salvador et Haïti, le président estimant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille.
Pourquoi ne pas se laisser surprendre par un peu de nouveauté pour cet hiver ?
Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l’accord permettrait d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.
Des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes»
Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. Après une longue réunion d’urgence, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont déclarés préoccupés par la tendance «grandissante» de l’administration Trump «à dénigrer le continent et les gens de couleur». Le Sénégal et le Bostwana ont par ailleurs convoqué chacun l’ambassadeur américain. L’ONU a qualifié ces remarques de «choquantes et honteuses» et l’Union africaine de «blessantes» et «dérangeantes».
Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste». Le ministre cubain des Affaires étrangères a condamné «fermement» ces déclarations «racistes, dénigrantes, grossières, pleines de haine et de mépris», qui suscitent selon lui «l’indignation du peuple cubain». Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les nations «agressées» par Donald Trump. La Russie a jugé les propos du président américain «extrêmement négatifs».
«Trump, président de merde»
«#Trumppresidentdemerde». Ce matin, tout en sobriété, l’ancien ministre et actuel président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, a traité Donald Trump de «président de merde» sur Twitter. «C’est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu’il a dit sur les Haïtiens. J’ai envie qu’on dise dans le monde entier: “président de merde“, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant», a insisté Jack Lang auprès de l’AFP.
Aux États-Unis, l’ancien directeur du FBI James Comey a écrit sur Twitter: «La grandeur de ce pays et son génie viennent de sa diversité». Chelsea Clinton a rappelé que certains «immigrants du Salavdor, d’Haïti et d’Afrique ont aidé à construire notre pays». Mêmes échos chez son père, l’ancien président Bill Clinton, qui a souligné «les immenses contributions des immigrants d’Haïti et d’autres nations à l’Amérique», appelant au «respect et à la gratitude» pour «eux et leurs pays d’origine».
«Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!»
Parmi l’océan de critiques, certaines personnalités américaines ont félicité leur chef d’État. «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!», a salué Marco Gutierrez, créateur du mouvement «Latinos for Trump». La blogueuse conservatrice Stacy Rush a estimé que ces critiques empêchaient les États-Unis de traiter les problèmes de fond. «Il est lamentable que notre pays, et notamment la presse généraliste, perde du temps sur le mot #shithole alors que nous avons de vrais problèmes qui doivent être traités», écrit-elle.
Sans démentir le fond de ses propos, le président américain a déclaré vendredi qu’il n’avait pas utilisé l’expression «pays de merde». «Le langage que j’ai utilisé pendant la réunion était rude, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a écrit Donald Trump sur Twitter, avant d’assurer dans un deuxième message qu’il n’avait «jamais dit quoi que ce soit de péjoratif sur les Haïtiens à part que Haïti est évidemment pays un pays très pauvre et sujet aux troubles. (…) J’ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens».
La Maison-Blanche a souligné que le chef d’État se battrait «toujours pour le peuple américain». «Comme d’autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s’assimilent à notre grande nation», a insisté un porte-parole de l’exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.
Lost in translation
«Pays de merde», «pays de chiottes», «merdiers, «trous à rats», «trous paumés»… L’expression «shithole countries» n’a pas toujours été traduite de la même façon partout dans le monde, comme le souligne l’Agence France-Presse.
Si la presse francophone et espagnole s’est accordée sur «pays de merde», les médias grecs ont préféré «pays de chiotte» et les allemands «trous à rats» Le journal syndical russe Troud a choisi «trous à merde» et le Corriere della Sera italien utilise le terme «merdiers».
Chine et Pays-Bas ont préféré éviter la grossièreté et parlent respectivement de «mauvais pays» et d’«arriérés». La palme de l’originalité revient à la presse serbe – qui évoque «l’endroit où les loups copulent» – et à l’agence taïwanaise CNA – qui cite «des pays où les oiseaux ne pondent pas d’œufs».
-La charge est d’une violence inouïe: Donald Trump a accusé mercredi son ancien conseiller Steve Bannon d’avoir “perdu la raison”, marquant la rupture avec celui qui fut l’un des stratèges de sa victoire inattendue de 2016.
Cette attaque fait suite à la diffusion d’extraits explosifs d’un livre à paraître, citant l’ex-conseiller selon lequel le fils du locataire de la Maison Blanche, Donald Trump Jr., a commis une “trahison” en rencontrant une avocate russe offrant des informations compromettantes sur Hillary Clinton.
“Steve Bannon n’a rien à voir avec moi ou ma présidence. Quand il a été limogé, il n’a pas seulement perdu son travail, il a perdu la raison”, a répliqué le 45e président des Etats-Unis.
Selon les médias américains, un avocat de M. Trump, Charles Harder, a adressé une mise en demeure écrite à Steve Bannon, l’accusant d’avoir rompu un accord de confidentialité et d’avoir tenu des “propos diffamatoires à l’encontre de M. Trump et de membres de sa famille”.
Le changement de ton est spectaculaire vis-à-vis d’un homme que Donald Trump qualifiait il y a moins de cinq mois d’”ami”, de “quelqu’un de bien” traité très injustement par la presse.
“Steve n’a eu qu’un rôle très limité dans notre victoire historique”, a estimé M. Trump mercredi, affirmant que ce dernier avait passé son temps à la Maison Blanche “à faire fuiter de fausses informations pour se rendre plus important qu’il n’était”.
– Melania en larmes –
Le livre de Michael Wolff, dont de longs extraits ont été publiés dans New York Magazine, raconte aussi combien le candidat républicain et son équipe rapprochée ont été surpris par la victoire, tant ils étaient convaincus qu’elle était hors de portée.
Le soir du 8 novembre, quand les chiffres commencent à dessiner une surprise possible, Donald Trump Jr “a dit a un ami que son père (…) ressemblait à quelqu’un ayant vu un fantôme”, écrit Michael Wolff, qui dit s’être entretenu avec M. Trump et des dizaines de ses collaborateurs.
“Melania (Trump) était en larmes – mais pas de joie”, ajoute-t-il.
La porte-parole de la Première dame a vigoureusement contesté cette version, assurant que l’ancienne mannequin d’origine slovène avait toujours eu “confiance” dans la victoire et était “très heureuse” lorsque son mari l’a emporté face à Hillary Clinton.
Au-delà de la nouvelle ligne de fracture qu’elle révèle, ce spectaculaire développement soulève d’épineuses questions politiques pour Donald Trump à l’approche des primaires républicaines en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre.
Depuis son départ de la Maison Blanche l’été dernier, Steve Bannon s’est auto-désigné sauveur du “Trumpisme” face à ce qu’il juge être un dévoiement par les républicains du sérail et les “élites” de Washington.
L’entourage de M. Trump est au centre d’une enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion avec la Russie en vue d’influencer l’élection de novembre 2016.
– ‘Affirmations trompeuses’ –
L’ouvrage s’attarde aussi sur le désarroi des jours et de semaines qui suivent la victoire. Il évoque par exemple la volonté initiale de Donald Trump de nommer son jeune gendre, Jared Kushner, au poste extrêmement puissant de secrétaire général de la Maison Blanche.
C’est finalement la très conservatrice polémiste Ann Coulter qui osera prendre le président à part pour lui expliquer qu’il peut pas embaucher “ses enfants”.
Sous la plume de Michael Wolff, les premiers mois au pouvoir de Donald Trump furent marqués d’abord par une forme de “chaos” permanent.
Il décrit un président fréquemment reclus dans sa chambre dès 18H30 avec un cheeseburger, les yeux rivés sur ses trois écrans de télévisions, multipliant les appels à un petit groupe d’amis sur lesquels il déverse “un flot de récriminations”, allant de la malhonnêteté des médias au manque de loyauté des membres de son équipe.
La porte-parole de la présidence, Sarah Sanders, a dénoncé un livre “truffé d’affirmations fausses ou trompeuses” de la part d’individus qui n’ont ni accès à la Maison Blanche ni de véritable influence sur cette dernière.
Elle a par ailleurs assuré que son auteur n’avait, au total, échangé que “5 à 7 minutes” avec le président américain.
Le livre “Fire and Fury: Inside the Trump White House” (“Le feu et la colère, dans la Maison Blanche de Trump”), doit sortir le 9 janvier.
-Le président américain a signé vendredi dans le Bureau ovale la loi sur la réforme fiscale, la promulguant ainsi le texte adopté la veille par les deux chambres du parlement des Etats-Unis réunies.
Donald Trump a signé la loi dans le Bureau ovale, devant les photographes, avant de partir en vacances dans son club privé de Mar-a-Lago, en Floride.
“Nous voulions attendre jusqu’au 7 ou 8 janvier pour une cérémonie formelle, mais toutes les télévisions se demandaient si j’allais tenir ma promesse et promulguer la loi avant Noël, donc j’ai tout de suite demandé qu’on la prépare”, a-t-il déclaré, assis derrière son bureau.
“Une famille moyenne de quatre gagnant 75.000 dollars verra son impôt baisser de plus de 2.000 dollars”, a-t-il ajouté. “Ils commenceront à le voir en février.”
La loi promulguée s’appliquera dès 2018.
Le Congrès, à majorité républicaine, a définitivement adopté la loi mercredi.
“La plus grande réforme de la fiscalité depuis une génération est désormais inscrite dans la loi”, s’est félicité le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, dans un communiqué. “Comme promis, les Américains commenceront l’année avec un nouveau code des impôts.”
Le président américain a également promulgué un texte distinct de financement temporaire de l’Etat fédéral, jusqu’au 19 janvier, et qui a permis d’éviter une fermeture des administrations fédérales vendredi soir à minuit.
Ce texte inclut aussi plus de quatre milliards de dollars pour l’achat de missiles et la construction d’une nouvelle base de missiles en Alaska.
-Donald Trump a expliqué lundi matin “avoir beaucoup de peine” pour son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, inculpé vendredi dans l’affaire russe pour avoir avait menti au FBI.
“J’ai de la peine pour le général Flynn, j’ai beaucoup de peine”, a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche avant son départ pour l’Utah, dans l’ouest du pays.
“Hillary Clinton a menti plusieurs fois au FBI, rien ne lui est arrivé. Flynn a menti, et sa vie a été détruite”, a-t-il ajouté.
Michael Flynn a plaidé coupable vendredi d’avoir fait de fausses déclarations à la police fédérale sur ses conversations avec l’ambassadeur de Russie Sergueï Kisliak.
Il a confirmé avoir ponctuellement agi sur les instructions d’un “très haut responsable” de l’équipe de transition présidentielle qui n’est autre, selon plusieurs médias américains, que Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump.
“J’ai dû limoger le général Flynn parce qu’il a menti au vice-président et au FBI. Il a plaidé coupable de ces mensonges. C’est triste parce que ses actions pendant la transition étaient légales. Il n’y avait rien à cacher!”, avait écrit le président républicain sur Twitter samedi.
Dimanche – toujours sur le réseau social – il s’était déjà ému que la vie de Michael Flynn “soit détruite”, dénonçant une situation de “deux poids, deux mesures”.
-La RDC n’a pas été conviée vendredi à la réunion de haut niveau organisée à Washington entre le secrétaire d’État américain et 37 ministres des Affaires étrangères du continent africain. Dernier symptôme en date des rapports complexes entre l’administration Trump et le régime de Joseph Kabila.
Pas de trace de la délégation congolaise, vendredi 17 novembre, à Washington. Son chef de la diplomatie, Léonard She Okitundu, n’a pas été aperçu dans les parages, ni son ambassadeur dans la capitale américaine, Francois Nkuna Balumuene, qui séjourne actuellement à Kinshasa. La RDC a donc été l’une des grandes absentes des « discussions de haut-niveau » entre le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, et 37 ministres africains des Affaires étrangères ou leurs représentants.
Cette rencontre était initiée par l’administration Trump en marge du cinquième dialogue stratégique annuel entre les États-Unis et l’Union africaine, qui a eu lieu la veille à Washington. Elle était axée sur les échanges économiques, la sécurité et la bonne gouvernance en Afrique.
La RDC au menu sans les Congolais
Contacté par Jeune Afrique, Brian Neubert, un porte-parole du Département d’État, précise que « les questions sécuritaires régionales, celles liées aux opérations de maintien de la paix mais aussi à la situation en RDC, [ont été] au menu » de cette réunion entre les États-Unis et leurs partenaires africains. Mais aucun mot sur le choix des 37 pays conviés au rendez-vous.
Côté congolais, on semble encore chercher des explications à cette non-invitation. Celle-ci serait due à « un problème d’agenda », avance un proche collaborateur de Léonard She Okitundu. « A moins qu’il ne s’agisse d’une saute d’humeur passagère de Washington, suite à l’élection de la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les Américains ayant vivement combattu notre candidature », ajoute-t-il, ironique.
Quand les États-Unis soufflent le chaud et le froid
Quelques jours plus tôt, dans le microcosme politique congolais, beaucoup avaient pourtant l’impression que le courant passait de nouveau entre les États-Unis et la RDC. Et pour cause : le calendrier électoral, publié le 5 novembre, reportant les élections à décembre 2018 a reçu un écho favorable du côté de la communauté internationale et des États-Unis. Au grand dam de l’opposition, qui insiste toujours pour que les scrutins soient organisés au plus tard en juillet de l’année prochaine.
A l’issue de son passage en RDC, fin octobre, l’ambassadrice Nikki Haley, représentante américaine auprès des Nations unies, avait déclaré que son pays ne soutiendrait financièrement le processus électoral congolais que si des élections libres et justes se tenaient avant la fin de l’année 2018. La position américaine a-t-elle évolué sur la question ? « Nous avons accepté ce calendrier électoral parce que nous pensons que c’est une opportunité pour le peuple congolais de participer à des élections démocratiques », répond Brian Neubert.
De fait, ce diplomate américain campe sur la ligne tracée par Donald Yamamoto, secrétaire d’État adjoint par intérim au bureau des Affaires africaines. Début novembre, devant le sous-comité des Affaires étrangères d’une commission de la Chambre des représentants, le « Monsieur Afrique » du président Donald Trump expliquait déjà l’ « engagement stratégique » de son pays en RDC en ces termes : « Avec l’annonce d’un calendrier électoral pour décembre 2018, nous assurons une coordination étroite avec nos partenaires internationaux pour faire activement pression sur la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et le gouvernement congolais afin qu’ils mettent en œuvre toutes les étapes requises par le processus électoral du pays. »
Transition avec Kabila mais élection sans Kabila
Dans la stratégie des États-Unis, l’idée d’une « transition sans Kabila » n’est pas non plus mise en avant. L’hypothèse est pourtant soutenue par une grande partie de la société civile et de l’opposition congolaise. La pression américaine se concentre, elle, sur l’avenir du président congolais, dont le mandat est arrivé à terme fin 2016 sans que l’élection de son successeur ne soit organisée. « Nous nous attendons à ce qu’il ne se représente pas pour un troisième mandat », assure à Jeune Afrique Brian Neubert.
Le porte-parole du Département d’État insiste également sur le respect de la Constitution et de l’accord de la Saint-Sylvestre, signé fin 2016. Ce compromis politique, comme la Loi fondamentale congolaise, interdit en effet à Joseph Kabila de se représenter. « Nous tenons à souligner qu’aucune personne responsable du sabotage du processus démocratique en RDC n’échappera aux sanctions américaines », avait de son côté prévenu Yamamoto.
En attendant, les États-Unis exhortent le régime de Kabila à prendre des « mesures de restauration de la confiance qu’il s’est engagé à adopter au titre de l’accord, notamment en libérant les prisonniers politiques et en mettant fin aux affaires juridiques reposant sur des considérations politiques ».
Hillary Diane Rodham Clinton, Secrétaire d’État des États-Unis,
-L’équipe d’Hillary Clinton et le Comité national des démocrates (DNC) ont contribué au financement de recherches qui ont alimenté le dossier sensible sur les liens de la campagne électorale de Donald Trump avec la Russie, a rapporté mardi le Washington Post.
En avril 2016, l’avocat Marc Elias, qui travaillait pour la campagne d’Hillary Clinton et le DNC, a retenu l’entreprise Fusion GPS, basée à Washington, pour enquêter sur les relations de Donald Trump avec la Russie, selon le journal.
Les paiements à cette entreprise se sont poursuivis jusqu’à quelques jours avant l’élection présidentielle de novembre.
Dès avant l’accord avec les démocrates, Fusion GPS avait entrepris des recherches sur Donald Trump à la demande d’un de ses rivaux du camp républicain pour la primaire. L’identité de ce rival n’est pas encore connue, selon le journal.
Fusion GPS a demandé à un juge fédéral de rejeter une demande de la commission du renseignement de la Chambre des représentants d’accéder à ses comptes bancaires, arguant que cela violerait ses droits constitutionnels.
Le rapport contenant les recherches en question, qui compte 35 pages, a été préparé par Christopher Steele, un ancien agent du MI6, le contre-espionnage britannique, et constitue une pièce maîtresse des enquêtes du Congrès sur les ingérences de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de 2016.
Donald Trump a qualifié le rapport de “fake news“, de désinformation.
Controversé, ce rapport fait état de nombreuses allégations compromettantes pour Donald Trump, notamment l’existence d’une vidéo à caractère sexuel impliquant des prostituées ou des échanges d’informations pendant près d’une décennie avec le Kremlin.
Samedi, le président américain a tweeté que le département de la Justice et le FBI “devraient immédiatement divulguer qui a payé pour” réaliser ce rapport, après avoir laissé entendre qu’il pouvait s’agir des démocrates, et sans exclure la Russie et le FBI.