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  • En RDC, Kabila tente de survivre Ă  la crise

    En RDC, Kabila tente de survivre Ă  la crise

    -Lubumbashi, poumon Ă©conomique du pays, vit dans la peur de la rĂ©pression aprĂšs les Ă©meutes, alors que le second mandat de Joseph Kabila s’est achevĂ© le 19 dĂ©cembre.
    Dans le sud-est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), une ville aime Ă  cultiver son image de citĂ© miniĂšre, charmante et prospĂšre. Plus proche de Dar es-Salaam, en Tanzanie, que de la capitale congolaise, Kinshasa, Lubumbashi pourrait mĂȘme paraĂźtre prĂ©tentieuse avec son centre-ville soignĂ©, ses maisons coloniales aux jardins fleuris, ses rĂ©pliques de centres commerciaux sud-africains et ses routes asphaltĂ©es.

    Dans de nombreux villages des environs, sur des pancartes de fer rouillĂ© s’affiche le visage de l’ancien chef d’Etat Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila, assassinĂ© en 2001. Son fils et successeur, le prĂ©sident Joseph Kabila, de mĂȘme que ses principaux conseillers Ă©conomiques et sĂ©curitaires, ses ministres les plus stratĂ©giques – hydrocarbures, mines, finances, portefeuille – sont originaires de cette ancienne province du Katanga, grande comme la France avant qu’elle soit administrativement redĂ©coupĂ©e, en quatre, en juillet 2015.

    Lubumbashi est aussi le fief de l’ancien gouverneur MoĂŻse Katumbi. AccusĂ© par le pouvoir d’avoir dĂ©tournĂ© des fonds lorsqu’il Ă©tait Ă  la tĂȘte de la province, M. Katumbi a bĂąti sa popularitĂ© sur une gĂ©nĂ©rositĂ© de façade Ă  l’égard des populations dĂ©favorisĂ©es, une habiletĂ© Ă  impliquer ou Ă  contraindre les sociĂ©tĂ©s miniĂšres Ă  prendre en charge les infrastructures dont le prestige lui revenait. Sans oublier le TP Mazembe, le club le plus connu d’Afrique, dont les victoires servaient Ă  son ascension politique. Depuis la derniĂšre prĂ©sidentielle en 2011, nul n’ignorait son ambition de succĂ©der Ă  Joseph Kabila, pour qui il a fait campagne avant de se muer en opposant fin 2015, ce qui lui a valu de voir exhumer des dossiers judiciaires.

    DĂ©but d’insurrection

    MenacĂ© d’arrestation, M. Katumbi a nĂ©gociĂ© avec Joseph Kabila son dĂ©part du pays. Son immense villa fastueuse reste occupĂ©e par l’un de ses gardes du corps. Parmi ses voisins dans le quartier huppĂ© Golfe, il y a le richissime homme d’affaires George Forrest, Ă  la tĂȘte d’un empire minier, industriel et bancaire, ainsi qu’un certain GĂ©dĂ©on Kyungu Mutanga. Ce dernier est un ancien chef de guerre Ă  la cruautĂ© redoutĂ©e – et fĂ©ticheur – qui a un temps usĂ© de la menace sĂ©cessionniste avant d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  la prison Ă  perpĂ©tuitĂ© pour crimes contre l’humanitĂ© par la justice congolaise. Il s’est Ă©vadĂ© de la prison de Lubumbashi en 2001 puis s’est rendu en octobre 2016, vĂȘtu d’habits Ă  la gloire du prĂ©sident.

    Le 19 dĂ©cembre, date de la fin constitutionnelle du second mandat de Joseph Kabila, les quartiers populaires de Kinshasa se sont soulevĂ©s, le temps d’une nuit et d’une journĂ©e. Des jeunes armĂ©s de pierres ont affrontĂ© les forces de sĂ©curitĂ©. A Lubumbashi, jusque-lĂ  assommĂ©e par la rĂ©pression, les affrontements ont pris la forme d’un dĂ©but d’insurrection dans les zones dĂ©favorisĂ©es. Sans pour autant menacer le centre-ville. Huit morts dont quatre par des balles perdues, « pourtant tirĂ©es dans le ciel bleu », assure le porte-parole de la police, et 47 blessĂ©s. Des postes de police et des maisons communales du grand marchĂ© ont Ă©tĂ© pillĂ©s ou incendiĂ©s.

    Lubumbashi, poumon Ă©conomique de la RDC, fief ethnique du prĂ©sident et de ses hommes clĂ©s, a dĂ©fiĂ© le pouvoir plus qu’aucune autre ville. Un symbole sonnant et trĂ©buchant. Joseph Kabila ne peut pas se permettre de perdre la deuxiĂšme ville du pays. Ces derniers mois, Lubumbashi a fait l’objet de toute l’attention des services de sĂ©curitĂ©. Les leaders de l’opposition, dont le vieux Gabriel Kyungu, charismatique chef historique de la mouvance indĂ©pendantiste katangaise, ont fait l’objet d’attaques. Des militants de l’opposition et des activistes de la sociĂ©tĂ© civile ont Ă©tĂ© traquĂ©s, emprisonnĂ©s pour certains. « On vit comme sous une dictature », dit un opposant qui demande l’anonymat. En rĂ©action Ă  ces deux jours d’insurrection, les services de sĂ©curitĂ© auraient interpellĂ© prĂšs de 150 personnes originaires de ces communes frondeuses, souvent de maniĂšre brutale. Lubumbashi a soudainement perdu de sa superbe.

    « On rĂ©duit nos dĂ©penses de prestige », dit, implacable, Jean-Claude Kazembe. Cet ancien ami de MoĂŻse Katumbi restĂ© fidĂšle Ă  Joseph Kabila, inconnu du gotha de Lubumbashi, a Ă©tĂ© Ă©lu gouverneur du Haut-Katanga en mars. Parmi ses premiĂšres dĂ©cisions : l’embellissement spectaculaire de l’enceinte du gouvernorat, jalonnĂ©e de petites maisons de pierre blanche aux toits pointus. « Ce sont des travaux qui contribuent Ă  asseoir le respect des autoritĂ©s, dĂ©clarait avant le 19 dĂ©cembre M. Kazembe, qui prend la tĂȘte d’une province dĂ©sargentĂ©e. J’ai dĂ» baisser mon salaire de mĂȘme que ceux des fonctionnaires car je dois gouverner avec un budget de 300 milliards de francs congolais seulement [prĂšs de 300 millions d’euros]. »

    Asphyxie économique

    Fini le temps de l’eldorado minier. La deuxiĂšme ville du pays s’enfonce dans une crise Ă©conomique aggravĂ©e par le contexte politique. Les principales mines du Haut-Katanga sont Ă  l’arrĂȘt et l’élite de Lubumbashi reste suspendue au cours du cuivre, qui a chutĂ© de 25 % en 2015 et remonte peu Ă  peu, sans pour autant rassurer des investisseurs. Seuls les Chinois, avides de ressources cuprifĂšres et peu exigeants en matiĂšre de droits de l’homme, semblent trouver leur compte, opĂ©rant le plus souvent Ă  travers des sociĂ©tĂ©s opaques dissimulĂ©es dans des montages financiers qui le sont tout autant. Depuis 2015, des dizaines de milliers d’emplois salariĂ©s ont Ă©tĂ© supprimĂ©s dans un pays oĂč l’informel reste prĂ©dominant. Les usines disparaissent peu Ă  peu. Restent les creuseurs illĂ©gaux qui risquent leur vie pour quelques dollars. La dĂ©linquance est en hausse et, dit-on, s’exporte d’Afrique du Sud pour viser les riches expatriĂ©s du quartier Golfe.

    L’économie miniĂšre hĂ©ritĂ©e de l’époque coloniale a endormi la ville, qui a nĂ©gligĂ© son potentiel agricole, prĂ©fĂ©rant importer les denrĂ©es alimentaires produites en Zambie, Ă  une trentaine de kilomĂštres de lĂ . Le prix des produits de base comme la farine s’est envolĂ© depuis que l’Etat zambien, qui subventionne ses producteurs, a freinĂ© l’exportation en RDC. Cette asphyxie Ă©conomique a nourri la colĂšre dans les quartiers populaires privĂ©s des dons de l’ancien gouverneur populiste, MoĂŻse Katumbi. « Que ce soit Kabila ou Katumbi, ça ne compte pas pour nous, les politiques ne pensent qu’à eux, dit Joseph Mulaj, un petit commerçant des quartiers populaires quadrillĂ©s par l’armĂ©e. On lutte pour acheter Ă  manger et ça ne peut plus durer. »

    Depuis le 19 dĂ©cembre, Lubumbashi vit dans la peur de la rĂ©pression et d’une dĂ©gradation de la situation Ă©conomique. Le pouvoir est dĂ©terminĂ© Ă  y maintenir sa mainmise. Il en va de la survie du systĂšme Kabila.

    Le Monde

  • La Cenco propose une solution mĂ©diane

    La Cenco propose une solution médiane

    Des Ă©vĂȘques membres de la CENCO lors d’une confĂ©rence de presse le 02/12/2016 Ă  Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -Les Ă©vĂȘques catholiques proposent une solution mĂ©diane pour trancher les divergences qui persistent aux nĂ©gociations directes Ă  Kinshasa.

    La ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco) qui assure la mĂ©diation entre l’opposition qui avait boycottĂ© le dialogue et le camp de la majoritĂ© au pouvoir et des opposants signataires de l’accord du 18 octobre, va remettre jeudi un projet d’accord aux 16 dĂ©lĂ©guĂ©s de deux tendances retenus Ă  la commission restreinte qui poursuit les travaux, indique Georges Kapiamba de la sociĂ©tĂ© civile.

    Jusque-lĂ , des divergences persistent principalement sur les limites des pouvoirs du prĂ©sident Joseph Kabila dont le mandat s’est, selon la Constitution, terminĂ© le 19 dĂ©cembre, et sur la date des Ă©lections.

     

    Mais l’autre camp, celui de la majoritĂ© au pouvoir et de quelques opposants, tient Ă  l’accord qu’il avait signĂ© en octobre qui, lui, renvoie les Ă©lections en 2018. Ce camp s’accroche aussi Ă  l’arrĂȘt de la Cour constitutionnelle selon laquelle le prĂ©sident Kabila restera Ă  son poste aussi longtemps qu’un nouveau chef de l’Etat ne sera pas Ă©lu.

    M. Kapimba qui est l’un des 16 membres de la commission restreinte affirme avoir l’espoir que les parties parviendront Ă  l’accord avant NoĂ«l comme l’ont demandĂ© les Ă©vĂȘques.

    « Les Ă©vĂȘques y travaillent sĂ©rieusement mais ils ont insistĂ© pour que chaque camp agisse avec responsabilitĂ© en faisant preuve de patriotisme et en prenant en compte l’esprit de la population et surtout de les attentes de celle-ci», affirme M. Kapiamba.

    Appel de Ban Ki-moon

    Peu de temps avant, Ban Ki-moon, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies a lancĂ© un appel aux acteurs politiques congolais leur demandant de s’impliquer pour la rĂ©ussite du dialogue conduit par les Ă©vĂȘques.

    Ban Ki-Moon les a exhortĂ©s, dans une dĂ©claration Ă©crite, Ă  “dĂ©samorcer les tensions et Ă  crĂ©er un environnement propice Ă  la rĂ©ussite du dialogue facilitĂ© par la Cenco ainsi qu’à l’organisation, dans les meilleurs dĂ©lais, des Ă©lections crĂ©dibles et transparentes”.

    Le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies a dĂ©plorĂ© les pertes en vies humaines enregistrĂ©es lors des manifestations de lundi et mardi Ă  Kinshasa et dans d’autres villes du pays, au cours desquelles les protestataires exigeaient le dĂ©part du pouvoir du prĂ©sident Kabila.

    Les manifestations rĂ©primĂ©es par la police lundi et mardi ont, selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’homme, fait au moins 19 morts dans le pays.

    Le gouvernement conteste ce bilan et parle de 9 morts et seulement Ă  Kinshasa, la capitale.

    Le prĂ©sident Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. L’Ă©lection de son successeur n’a pas eu lieu. La Cour constitutionnelle a indiquĂ© qu’il restera en place jusqu’à l’élection du nouveau prĂ©sident.

    La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et interdit ainsi à M. Kabila de se représenter à un autre mandat.

  • Ultimatum de la Cenco Ă  la classe politique pour un accord “avant NoĂ«l” en RDC

    Ultimatum de la Cenco Ă  la classe politique pour un accord “avant NoĂ«l” en RDC

    -L’Église catholique a exigĂ© mercredi qu’un accord soit trouvĂ© avant NoĂ«l pour sortir la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo de la crise provoquĂ©e par le maintien au pouvoir du prĂ©sident Joseph Kabila, au lendemain d’une journĂ©e de violences meurtriĂšres.

    L’ultimatum des Ă©vĂȘques de la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco), a Ă©tĂ© lancĂ© par son prĂ©sident, Mgr Marcel Utembi, Ă  la reprise des pourparlers entre le pouvoir et l’opposition sous l’Ă©gide des prĂ©lats.

    “Notre souhait est de clĂŽturer avant NoĂ«l. Si les acteurs politiques et de la sociĂ©tĂ© civile n’arrivent pas Ă  un compromis Ă  cette Ă©chĂ©ance […] la Cenco en tirera toutes les consĂ©quences qui s’imposent”, a averti Mgr Marcel Utembi, prĂ©sident de la Cenco.

    Mardi, au dernier jour du mandat de M. Kabila, Kinshasa et plusieurs villes du pays ont Ă©tĂ© le théùtre d’affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et des jeunes hostiles Ă  son maintien au pouvoir permis par le renvoi sine die de la prĂ©sidentielle qui devait avoir lieu cette annĂ©e.

    L’Église catholique a jouĂ© un rĂŽle majeur dans l’ouverture dĂ©mocratique pendant les derniĂšres annĂ©es de la dictature de Mobutu, renversĂ© en 1997 par Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila, pĂšre de l’actuel prĂ©sident. Elle jouit d’une audience sur les questions politiques qui dĂ©passe largement le cercle de ses fidĂšles (environ 40% de la population).

    ÂgĂ© de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se reprĂ©senter.

    Les pourparlers sous l’Ă©gide de la Cenco ont commencĂ© le 8 dĂ©cembre en vue d’instaurer un rĂ©gime de transition chargĂ© d’organiser la prĂ©sidentielle et d’Ă©viter le scĂ©nario du pire : une nouvelle descente aux enfers du pays, ravagĂ© entre 1996 et 2003 par deux guerres ayant fait au moins trois millions de morts. Les nĂ©gociations avaient Ă©tĂ© suspendues le 17 dĂ©cembre en l’absence d’avancĂ©e majeure.

    – ‘Tension latente’ –

    Les discussions butent notamment sur l’avenir du chef de l’État, soupçonnĂ© par ses dĂ©tracteurs de vouloir se maintenir Ă©ternellement au pouvoir et contre lequel l’opposant historique Étienne Tshisekedi a appelĂ© la population a “rĂ©sister pacifiquement”.

    A Paris, le gouvernement français a dit envisager de demander de nouvelles sanctions europĂ©ennes “vis-Ă -vis de la RDC” si les choses n’avancent pas.

    Selon la police nationale, les heurts de mardi entre manifestants, policiers et soldats ont fait 22 morts Ă  Kinshasa, Lubumbashi (Sud-Est), Matadi et Boma (Ouest), villes pour lesquelles l’ONG Human Rights Watch parle d’un bilan total de 26 morts.

    L’ONU a fait Ă©tat pour sa part d’un “bilan provisoire” de 19 morts “confirmĂ©s”, susceptible d’augmenter.

    DĂ©plorant “les pertes en vies humaines”, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU a appelĂ© les autoritĂ©s “Ă  ouvrir des enquĂȘtes sur ces violences et Ă  garantir que leurs auteurs soient traduits en justice”.

    Ban Ki-Moon a appelĂ© pouvoir et opposition Ă  faire preuve de “retenue” et “Ă  travailler de maniĂšre constructive” sous l’Ă©gide de la Cenco.

    La situation dans le pays est restĂ©e tendue mercredi, oĂč les restrictions Ă  l’usage des rĂ©seaux sociaux en vigueur depuis dimanche soir ont Ă©tĂ© renforcĂ©es : les opĂ©rateurs internet ont reçu l’ordre de couper tous les rĂ©seaux sociaux.

    A Kinshasa, les forces de l’ordre restent dĂ©ployĂ©es massivement et la vie n’a repris que timidement : la circulation est restĂ©e trĂšs fluide et nombreuses boutiques sont restĂ©es fermĂ©es.

    Dans le quartier Masina (sud), théùtre de violents heurts la veille, le calme est revenu “mais la tension est latente”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP un responsable associatif: “Tout le monde a les yeux rivĂ©s sur les pourparlers. Les gens attendent le mot d’ordre de la Cenco.”

    A Lubumbashi, deuxiĂšme ville du pays et fief de l’opposant en exil MoĂŻse Katumbi, le gouverneur de la province, Jean-Claude Kazembe a dĂ» rebrousser chemin aprĂšs avoir voulu se rendre Ă  pied sur les lieux des affrontements de la veille.

    Il a essuyĂ© des jets de pierre et a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ© par la police qui a tirĂ© en l’air pour disperser les agresseurs.

    A Goma (est), la Lutte pour le changement (Lucha), mouvement de jeunes indignĂ©s ayant lancĂ© une campagne “Bye-Bye Kabila”, a annoncĂ© l’arrestation de 18 de ses militants ayant organisĂ© un sit-in.

    Un photographe de l’AFP a Ă©tĂ© interpellĂ© par la police dans cette ville et retenu plus d’une heure. A Kinshasa, deux autres journalistes de l’Agence ont Ă©tĂ© retenus une heure dans un commissariat.

    Un agent de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure a expliquĂ© que l’ordre avait Ă©tĂ© donnĂ© “d’empĂȘcher que l’on dise du mal du pays” et que cela visait particuliĂšrement “les mĂ©dias occidentaux”.

    Avec AFP

  • Pas d’accord au dialogue en RDC : la plĂ©niĂšre suspendue jusqu’au 21 dĂ©cembre

    Pas d’accord au dialogue en RDC : la plĂ©niĂšre suspendue jusqu’au 21 dĂ©cembre

    -Les Ă©vĂȘques catholiques ont annoncĂ© samedi que des solutions consensuelles n’ont pas Ă©tĂ© trouvĂ©es dans les commissions traitant de la gouvernance et des institutions et dans celle en charge du processus Ă©lectoral. Ils ont levĂ© la sĂ©ance et appelĂ© la prochaine au 21 dĂ©cembre en attendant le retour du prĂ©sident et du vice-prĂ©sident de la Cenco (ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale des Ă©vĂȘques) qui doivent se rendre Ă  Rome pour une audience avec le pape.

    “Des solutions consensuelles autour de quelques questions confiĂ©es aux commissions du processus Ă©lectoral et la gouvernance des institutions n’ont pas Ă©tĂ© trouvĂ©es. Pour faire justice Ă  toutes ces questions, nous demandons aux commissions concernĂ©es de poursuivre leurs discussions sous la coordination du secrĂ©tariat technique de la Cenco, profitant de la prĂ©sence des Ă©vĂȘques modĂ©rateurs de ces commissions qui sont encore Ă  Kinshasa”, a indiquĂ©e l’abbĂ© Donatien Nshole, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la Cenco.

    Les travaux devront continuer dans ces commissions sous la coordination du secrĂ©tariat technique de la Cenco, en prĂ©sence des Ă©vĂȘques modĂ©rateurs restĂ©s Ă  Kinshasa.

    La Cenco annonce qu’elle poursuivra pendant ce temps les contacts aussi bien avec le pouvoir que l’opposition signataire de l’accord du dialogue de septembre et octobre derniers et celle qui l’avait boycottĂ©.

    Pour certains participants au dialogue cette annonce des Ă©vĂȘques constitue un aveu d’échec.

    Felix Tshisekedi

    Comme annoncĂ©,les discussions ont Ă©chouĂ©.À prĂ©sent,peuple congolais,la balle est dans votre camp!Ns sommes arrivĂ©s au bout de nos efforts. 

    “Comme annoncĂ©, les discussions ont Ă©chouĂ©. A prĂ©sent, peuple congolais, la balle est dans votre camp! Nous sommes arrivĂ©s au bout de nos efforts”, a postĂ© sur son compte Twitter, Felix Tshisekedi, fils du leader de l’opposition et secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint chargĂ© des relations extĂ©rieures de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (Udps) qui prend part aux negocitations. .

    Les divergences persistent notamment sur l’avenir politique du prĂ©sident Joseph Kabila dont le dernier mandat arrive Ă  la fin le 19 dĂ©cembre et sur l’Ă©tendue des pouvoirs devant ĂȘtre les siens pendant la transition points. La situation est tendue dans le pays car l’élection le successeur du chef de l’Etat congolais n’a Ă©tĂ© pas organisĂ©e avant la date consacrant la fin du dernier mandat de celui-ci, le 19 dĂ©cembre.

    Les Ă©vĂȘques ont dĂ» discuter vendredi avec Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition, et le prĂ©sident Kabila pour essayer de concilier les divergences persistantes entre les camps de ceux qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et celui de ceux qui l’ont boycottĂ©.

    Appel de paix de Washington

    Le gouvernement amĂ©ricain a, la veille, lancĂ© un appel Ă  la paix et demandĂ© aux autoritĂ©s congolaises et Ă  l’opposition de finaliser avant le 19 dĂ©cembre un accord inclusif sur la tenue des Ă©lections, le format d’un gouvernement intĂ©rimaire et le transfert pacifique de pouvoir.

    Le dĂ©partement d’Etat a, par la mĂȘme occasion, mis en garde contre la rĂ©pression violente des manifestations ou rassemblements pacifiques, ou la violence de l’opposition, qui sont incompatibles avec les normes dĂ©mocratiques et la primautĂ© du droit.

    En septembre, plus de 50 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es Ă  Kinshasa dans des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui rĂ©clamaient le dĂ©part de M. Kabila du pouvoir au 19 dĂ©cembre.

    Le président Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et lui interdit de se représenter.

    VOA

  • La RDC, pays le plus Ă©coutĂ© d’Afrique par le renseignement selon Edward Snowden

    La RDC, pays le plus Ă©coutĂ© d’Afrique par le renseignement selon Edward Snowden

    -Ce sont les derniĂšres rĂ©vĂ©lations issues des archives d’Edward Snowden, cet ancien consultant pour l’agence amĂ©ricaine de renseignements, la NSA. Le journal français Le Monde et le site The Intercept se sont penchĂ©s sur une nouvelle sĂ©rie de documents portant sur l’Afrique. Le continent intĂ©resse beaucoup les services de renseignements amĂ©ricains et britanniques depuis des annĂ©es, et notamment la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.

    Parmi les 20 pays africains surveillĂ©s, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo est celui qui a Ă©tĂ© le plus ciblĂ©, le plus Ă©coutĂ©, selon l’article du quotidien Le Monde. Les fameux documents rendus publics grĂące Ă  Edward Snowden datent de dĂ©but 2009. Cette annĂ©e-lĂ , les autoritĂ©s de Kinshasa sont en pleines nĂ©gociations avec le groupe rebelle CNDP. Objectif : intĂ©grer une partie des combattants au sein de l’armĂ©e congolaise et essayer de ramener la paix dans l’est du pays.

    Les discussions, trĂšs dĂ©licates, sont alors suivies de trĂšs prĂšs par les services de renseignements britanniques. Ils surveillent les principaux acteurs de ces nĂ©gociations. Le prĂ©sident Kabila, mais aussi ses conseillers les plus proches et un haut gradĂ© de l’armĂ©e. Le gouverneur de la rĂ©gion du Nord-Kivu lui aussi est sur Ă©coute. MĂȘme chose du cĂŽtĂ© des rebelles : les tĂ©lĂ©phones de Laurent Nkunda, de Bosco Ntaganda et de leurs conseillers sont surveillĂ©s en permanence.

    Les services secrets ne se contentent pas des lignes de bureau, ils connaissent les numĂ©ros de portable et les adresses mails personnelles des intĂ©ressĂ©s. En fait, c’est trĂšs simple : pendant toute cette pĂ©riode, le Royaume-Uni pouvait Ă©couter en temps rĂ©el les conversations et suivre pas Ă  pas l’Ă©volution des positions de chacun.

     

    RFI

  • Dialogue politique de la derniĂšre chance en vue avant la fin de la semaine

    Dialogue politique de la derniĂšre chance en vue avant la fin de la semaine

    Des Ă©vĂȘques membres de la CENCO lors d’une confĂ©rence de presse le 02/12/2016 Ă  Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -La situation politique bloquĂ©e depuis des semaines en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo a semblĂ© s’Ă©claircir mercredi avec la perspective de nĂ©gociations de la derniĂšre chance en vue de trouver une solution pacifique Ă  la crise qui mine le pays.

    Le mandat du prĂ©sident Joseph Kabila s’achĂšve le 20 dĂ©cembre, mais la prĂ©sidentielle devant permettre le choix de son successeur n’a pas Ă©tĂ© organisĂ©e, engendrant des violences dans un climat politique dĂ©lĂ©tĂšre.

    Pour Ă©viter que le pays ne retombe dans le chaos des deux guerres qui l’ont ravagĂ© entre 1996 et 2003, la communautĂ© internationale multiplie les appels aucompromis.

    Mardi encore, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Ban Ki-Moon a exhortĂ© “tous les acteurs politiques en RDC” Ă  adhĂ©rer Ă  la mĂ©diation engagĂ©e par la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco) “afin de parvenir Ă  une solution consensuelle et pacifique Ă  l’impasse actuelle”.

    Dans un communiquĂ© publiĂ© tard dans la soirĂ©e, la Cenco a annoncĂ© que l’ouverture de ces pourparlers Ă©tait “prĂ©vue ce jeudi 8 dĂ©cembre 2016” Ă  10 h00 (9h00 GMT) Ă  Kinshasa.

    L’enjeu est de conclure un accord permettant d’organiser une transition jusqu’Ă  l’Ă©lection du successeur de M. Kabila, Ă  qui la Constitution interdit de se reprĂ©senter.

    Mardi, les Ă©vĂȘques catholiques ont “reçu les responsables de la majoritĂ© et de toutes les tendances de l’opposition”, selon l’abbĂ© AndrĂ© Masinganda, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la Cenco.

    Les prĂ©lats ont rencontrĂ© en particulier l’opposant historique Étienne Tshisekedi, prĂ©sident de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (UDPS), qui menace d’appeler Ă  des manifestations pour contraindre M. Kabila Ă  abandonner le pouvoir Ă  partir du 19 dĂ©cembre si aucun accord politique n’a Ă©tĂ© conclu d’ici lĂ .

    Selon un diplomate, le fait que M. Tshisekedi, 83 ans, ait acceptĂ© de se dĂ©placer est un signe encourageant dans la mesure oĂč celui-ci ne bouge habituellement pas de chez lui.

    Concurrent malheureux Ă  la prĂ©sidentielle de 2011, entachĂ©e d’irrĂ©gularitĂ©s massives, M. Tshisekedi n’a jamais reconnu la victoire de M. Kabila et se considĂšre comme “le prĂ©sident Ă©lu”.

    – ‘Bonne volontĂ©’ –

    Pour l’abbĂ© Masinganda, les rencontres de la Cenco ont permis de montrer “qu’il y a de la bonne volontĂ© de part et d’autre”.

    L’UDPS a boudĂ© le “dialogue national” ayant dĂ©bouchĂ© en octobre sur un accord entre la majoritĂ© prĂ©sidentielle et une frange minoritaire de l’opposition consacrant le renvoi de la prĂ©sidentielle Ă  une date non fixĂ©e et le maintien au pouvoir de M. Kabila en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

    Le “Rassemblement” de l’opposition constituĂ© autour de l’UDPS a refusĂ© cet accord, exigeant un “vĂ©ritable dialogue inclusif” dans l’esprit de la rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU sur le Congo votĂ©e en mars.

    Ces nouvelles nĂ©gociations devraient se dĂ©rouler en un temps rĂ©duit (trois jours) avec un petit nombre de participants reprĂ©sentant les signataires de l’accord d’octobre et ses dĂ©tracteurs.

    “Ces pourparlers directs […] doivent dĂ©buter vers la fin de la semaine”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Vital Kamerhe, dirigeant d’opposition ayant signĂ© l’accord d’octobre.

    “Raisonnablement c’est pour la fin de cette semaine”, estime aussi AndrĂ©-Alain Atundu, porte-parole de la majoritĂ©.

    “Nous avons fait des concessions majeures” en vue de ces discussions, a dit pour sa part Augustin Kabuya, porte-parole de l’UDPS .

    Plaidant la nĂ©cessitĂ© d’obtenir le consensus “le plus large possible”, la Cenco avait entamĂ© sa mĂ©diation en septembre en quittant le “dialogue national” aprĂšs la mort d’une cinquantaine de personnes en deux jours de violences ayant Ă©clatĂ© en marge d’une manifestation du Rassemblement Ă  Kinshasa.

    Vendredi, la Cenco avait dit craindre que le pays ne sombre dans “une situation incontrĂŽlable”, faute d’accord.

    La MajoritĂ© avait alors rapidement pris “acte de l’Ă©chec des bons offices des Ă©vĂȘques”, faisant craindre Ă  certains que le scĂ©nario du pire soit enclenchĂ© dans un pays n’ayant connu aucune transition pacifique du pouvoir depuis son indĂ©pendance en 1960.

    Alors que se multiplient les pressions diplomatiques, M. Kabila a comme remis la Cenco en selle lundi en lui demandant de poursuivre son oeuvre.

    Les Ă©vĂȘques ont nĂ©anmoins fort Ă  faire. Deux points cruciaux doivent notamment ĂȘtre Ă©claircis: celui de la date prĂ©cise des Ă©lections, et la question de l’avenir de M. Kabila, Ă  la tĂȘte du pays depuis 2001.

    Le prĂ©sident, ĂągĂ© de 45 ans, ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir, mais ses dĂ©tracteurs veulent obtenir l’assurance que la Constitution ne sera pas modifiĂ©e et qu’il ne se reprĂ©sentera pas.

    AvecAFP

  • La CENI retarde Ă  nouveau la publication du calendrier Ă©lectoral en RDC

    La CENI retarde à nouveau la publication du calendrier électoral en RDC

    Bureau de la  CENI
    Bureau de la CENI

    -Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante, a reporté mardi la publication du calendrier des élections, indiquant vouloir consulter toutes les parties concernées.

    « La CENI, dans ses prĂ©rogatives conformĂ©ment Ă  l’article 25 points 12 de la loi organique, commence, ce jour, les consultations avec les parties prenantes pour requĂ©rir les derniers avis et considĂ©rations des uns et des autres avant la publication dans les jours qui viennent », a declare M. Nangaa lors d’un point de presse a Kinshasa.

    M. Nangaa a annoncĂ© que le calendrier est dĂ©jĂ  prĂȘt, mais l’organe Ă©lectoral attend les amendements des parties prenantes.

    Le calendrier techniquement prĂȘt, mais la CENI lance, dĂšs ce mardi une sĂ©rie des consultations avec toutes les parties prenantes sur toutes les questions liĂ©es au processus Ă©lectoral, car, selon Nangaa, prĂ©sident de la centrale Ă©lectorale, la publication d’un calendrier est tributaire de beaucoup de paramĂštres.

    « Nous n’avons pas promis publier un calendrier ce mardi », a-t-il conclu.

    Le budget électoral évalué à 1,8 milliard de dollars

    La Commission chargĂ©e d’organiser les Ă©lections en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo a annoncĂ© mardi avoir Ă©valuĂ© Ă  1,8 milliard de dollars le budget pour le financement des scrutins prĂ©vus dans la Constitution.

    La CĂ©ni a dĂ©posĂ© au gouvernement le 9 novembre un budget Ă©valuĂ© Ă  “plus ou moins 1,8 milliard de dollars” pour prendre en charge l’ensemble du processus Ă©lectoral prĂ©vu par le cadre lĂ©gal congolais, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CĂ©ni) Corneille Nangaa.

    “Un travail est en cours entre la CĂ©ni et le gouvernement pour voir (…) les possibilitĂ©s de rĂ©duction substantielle de ce budget au regard des difficultĂ©s que connait le pays”, a-t-il ajoutĂ©.

    “Ce budget tient compte des contraintes techniques et opĂ©rationnelles et inclut les opĂ©rations de refonte du fichier Ă©lectoral en cours”, a expliquĂ© Ă  l’AFP M. Nangaa.

    En 2013, la CĂ©ni avait sollicitĂ© du gouvernement congolais et des partenaires, 1,3 milliard de dollars pour l’organisation de l’ensemble des 13 scrutins nationaux et locaux prĂ©vus par la Constitution.

    “Le fait d’avoir liĂ© Ă  une seule sĂ©quence la prĂ©sidentielle, les lĂ©gislatives nationales et les lĂ©gislatives provinciales a comme consĂ©quence de gonfler le budget Ă©lectoral”, a indiquĂ© Ă  l’AFP M. Nangaa.

    Le financement des Ă©lections est un casse-tĂȘte pour la RDC qui fait face Ă  la chute des prix des matiĂšres premiĂšres principalement le cuivre dont les recettes couvrent une grande partie du budget de l’État.

    Dans un discours à la nation en 2015, le président congolais Joseph Kabila avait appelé les acteurs politiques à engager des réflexions sur le financement exorbitant des élections, proposant le changement de mode des scrutins pour les adapter aux capacités financiÚres du pays.

    Le mandat du prĂ©sident Kabila, au pouvoir depuis 2001 et auquel la constitution interdit de se reprĂ©senter, s’achĂšve le 20 dĂ©cembre et aucune date n’a Ă©tĂ© avancĂ©e pour la prochaine prĂ©sidentielle.

    voa