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  • Coupure de cĂąble internet au large de la RDC

    Coupure de cĂąble internet au large de la RDC

    -PrĂšs de trois mois aprĂšs un double incident qui avait privĂ© d’internet une dizaine de pays africains, une nouvelle « coupure franche » intervenue sur un cĂąble sous-marin international de fibre optique a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans la matinĂ©e ce mercredi 11 mars au large de la RDC.
    « Et zut
 nouvelle coupure franche enregistrĂ©e ce jour sur, le cĂąble SAT3, toujours au large du Congo ». Sur le rĂ©seau social Twitter, Jean-Luc Vuillemin, directeur des rĂ©seaux et services internationaux d’Orange, ne cache pas son dĂ©pit.
    Lui qui a l’habitude de chroniquer heure par heure les pannes et rĂ©parations d’Orange Marine, la filiale de l’opĂ©rateur français dĂ©diĂ©e Ă  la pose et la maintenance de cĂąble internet sous-marins, vient d’annoncer qu’une nouvelle « coupure franche » est intervenue sur le cĂąble de fibre optique South Africa Transit 3 (SAT-3) au large de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo.
    Tout juste revenu de mission dans la zone, le navire cĂąblier LĂ©on ThĂ©venin d’Orange Marine est rĂ©quisitionnĂ© pour intervenir sur la zone de l’incident.
    Orange Marine à la réparation
    C’est la deuxiĂšme fois en quelques semaines qu’un incident de ce type se produit sur le mĂȘme cĂąble quasiment dans le mĂȘme lieu. La rupture se situe « toujours dans le canyon du fleuve [Congo] mais pas exactement au mĂȘme endroit », prĂ©cise Jean-Luc Vuillemin Ă  Jeune Afrique.
    Fin janvier, une double coupure sur le SAT-3 et son voisin WACS, avait été détectée à environ 300 kilomÚtres des cÎtes de la RDC, paralysant le trafic à travers une dizaine de pays du continent.
    PositionnĂ© au Cap en Afrique du Sud, l’équipage du LĂ©on ThĂ©venin, avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© chargĂ©e de rĂ©parer les deux incidents, s’autorisant une mission supplĂ©mentaire vers Tema au Ghana pour rĂ©gler un dĂ©faut d’isolation sur le cĂąble WACS. En un peu moins de trois semaines, soit le 26 fĂ©vrier, les diffĂ©rentes pannes Ă©taient rĂ©parĂ©es.

    Précédents
    InstallĂ©s tous les deux au dĂ©but des annĂ©es 2000, le SAT-3 et le WACS n’en sont pas Ă  leur premiĂšre coupure. Les deux infrastructures tĂ©lĂ©coms sont la propriĂ©tĂ© d’un consortium menĂ© par Telkom South Africa et composĂ© initialement d’opĂ©rateurs internationaux comme Tata Communications, AT&T, BT, Orange, Verizon Vodafone ou encore BICS , aux cĂŽtĂ©s d’opĂ©rateurs africains comme Camtel, Angola Telecom, Ghana Telecommunications, Mauritius Telecom, Maroc Telecom ou BĂ©nin Telecoms.
    En 2009 puis 2011, les cĂąbles ont Ă©tĂ© sectionnĂ©s au large des cĂŽtes bĂ©ninoises. À chaque fois, l’accident a Ă©tĂ© causĂ© par une ancre d’un navire qui a coupĂ© l’installation.

    AvecJA

  • Les femmes mobilisĂ©es contre l’insĂ©curitĂ© Ă  Lubumbashi

    Les femmes mobilisĂ©es contre l’insĂ©curitĂ© Ă  Lubumbashi

    -PrĂšs de 200 femmes de Lubumbashi se sont rĂ©unies mercredi 11 mars pour discuter de l’insĂ©curitĂ© dans la ville. D’aprĂšs les chiffres officiels, en moyenne chaque mois depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, 150 femmes et filles ont subi un viol pendant un cambriolage. La rencontre, organisĂ©e par le Front commun pour le Congo local, avait pour intitulĂ©e : « Stop Ă  l’insĂ©curitĂ© dans le Haut-Katanga »

    De notre correspondante Ă  Lubumbashi, Denise Maheho

    Si l’insĂ©curitĂ© prĂ©occupe toutes les femmes de la province, c’est surtout ces chiffres sur les cas de viol qui choquent. « Pour l’annĂ©e 2020, de janvier Ă  fĂ©vrier, la statistique est de 315 victimes des violences et viol », informe Kabera Mugijinma, reprĂ©sentant du ministĂšre des Droits de la femme et de l’enfance Ă  Lubumbashi.

    Ces victimes ont pour la plupart subi un viol lors de cambriolages. Pour Francine Muyumba, sénatrice et membre du Front commun pour le Congo, il faudrait que les femmes aient moins peur de dénoncer leurs agresseurs. « Ce sont ces femmes qui ont ces bandits dans leurs maisons, et ces bandits, aprÚs avoir volé, tué, violé des petites filles, rentrent dans ces maisons et les femmes ne les dénoncent pas ».

    Christine Kimbilwe, syndicaliste au sein de la GĂ©camines affirme quant Ă  elle, que l’insĂ©curitĂ© est gĂ©nĂ©rĂ©e par la pauvretĂ©. « Si nous commençons d’abord par gĂ©rer tous nos revenus, les entreprises payent mieux, on crĂ©e les emplois, vous verrez que l’insĂ©curitĂ© va prendre fin ».

    Dans leurs recommandations, les femmes rĂ©unies mercredi ont interpellĂ© le gouvernement lui demandant d’amĂ©liorer les conditions de vie des forces de sĂ©curitĂ© trop souvent obligĂ©es, selon elles, de s’en prendre Ă  la population pour subsister.

  • Premier cas de Coronavirus dĂ©clarĂ© en RDC et plusieurs rĂ©unions de la SADC annulĂ©es.

    Premier cas de Coronavirus déclaré en RDC et plusieurs réunions de la SADC annulées.

    La République démocratique du Congo vient de confirmer son premier cas de coronavirus.

    Le ministre congolais de la SantĂ© a annoncĂ© qu’un cas de coronavirus a Ă©tĂ© identifiĂ© Ă  Kinshasa. Dans le mĂȘme temps, plusieurs rĂ©unions de la CommunautĂ© de dĂ©veloppement de l’Afrique australe (SADC) ont Ă©tĂ© annulĂ©es.

    Il s’agit du onziĂšme pays africain Ă  enregistrer des cas de Covid-19.

    Le patient est un Congolais de cinquante-deux ans résidant en France, entré dans le pays dimanche.

    Le patient présentait des symptÎmes à son arrivée, et a été immédiatement isolé grùce à des analyses cliniques.

    Il est maintenant soignĂ© dans un ancien centre Ebola Ă  l’est de Kinshasa – rĂ©amĂ©nagĂ© pour traiter le Covid-19.

    Le ministĂšre congolais de la santĂ© tente maintenant de retrouver tous ceux avec qui il a voyagĂ© et de les mettre en quarantaine – une tentative pour arrĂȘter la propagation du virus.

    Le ministre a appelé la population à rester calme et à se laver les mains plus souvent possible.

    Les quatre principaux aĂ©roports de la RDC ont renforcĂ© la surveillance des voyageurs ayant des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es – une pratique dĂ©jĂ  en vigueur dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola.La maladie – qui a dĂ©butĂ© en Chine – a jusqu’Ă  prĂ©sent tuĂ© plus de 3 800 personnes.

    Le ministre congolais de la SantĂ©, Eteni Longondo, a annoncĂ© qu’un patient atteint du coronavirus avait Ă©tĂ© identifiĂ© Ă  Kinshasa. Il s’agit d’un Congolais de 52 ans, qui revenait de France. « Nous venons d’avoir la confirmation de ce cas par l’Institut national de recherche biomĂ©dicale (INRB) : le patient est arrivĂ© Ă  Kinshasa il y a deux jours et il Ă©tait depuis suivi par les services mĂ©dicaux », a dĂ©clarĂ© Ă  Jeune Afrique le Dr Eteni Longondo, ministre congolais de la SantĂ©. « Il a Ă©tĂ© mis Ă  l’isolement et nous recherchons les personnes qui ont Ă©tĂ© en contact avec lui », poursuit le ministre, qui a confirmĂ© lors d’une confĂ©rence de presse la nationalitĂ© congolaise du patient, aprĂšs avoir initialement Ă©voquĂ© « un patient belge ».

    Cette annonce intervient alors que les autoritĂ©s congolaises ont annoncĂ© une sĂ©rie de mesures pour prĂ©venir la propagation du virus, Ă  l’issue du Conseil des ministres de vendredi. Plusieurs membres du gouvernement avaient Ă  cette occasion proposĂ© que les vols  en provenance des pays europĂ©ens et asiatiques touchĂ©s par l’épidĂ©mie soient suspendus.

    « Plan stratégique national »

    Le Conseil des ministres a finalement dĂ©cidĂ© que toute personne venant de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Iran, d’Irak et de Chine « ne prĂ©sentant aucun signe (fiĂšvre, toux, rhume, cĂ©phalĂ©es, fatigue intense,
) sera isolĂ©e pendant 14 jours Ă  domicile et suivie pendant 14 jours par l’équipe mĂ©dicale en tenant compte des informations recueillies dans les fiches sanitaires des voyageurs ».

    Par ailleurs, toute personne « prĂ©sentant les symptĂŽmes [du coronavirus] Ă  l’arrivĂ©e et considĂ©rĂ©e comme cas suspect sera transfĂ©rĂ©e au site d’isolement et pris en charge par le ministĂšre de la Santé ».

    Lundi, le Dr Eteni Longondo, s’était toutefois voulu rassurant, affirmant que le plan stratĂ©gique national Ă©laborĂ© par le ministĂšre de la SantĂ© allait ĂȘtre « mis en pratique », avant d’insister sur le fait que « le plus important, c’est la prĂ©paration, en commençant par donner une bonne information pour ne pas crĂ©er la panique dans la population ».

    Parmi les mesures dĂ©ployĂ©es, un systĂšme de surveillance et d’identification des cas suspects grĂące Ă  des camĂ©ras thermiques, installĂ©es aux postes-frontiĂšres et aĂ©roports du pays. Le ministĂšre de la SantĂ© prĂ©voit en outre de « prĂ©-positionner » dans les principales villes du pays des moyens de transports pour acheminer vers les laboratoires les Ă©chantillons prĂ©levĂ©es sur les personnes prĂ©sumĂ©es contaminĂ©es.

    La SADC suspend réunions et sommets

    La CommunautĂ© de dĂ©veloppement de l’Afrique australe (Southern African Development Community – SADC) a de son cĂŽtĂ© pris la dĂ©cision de suspendre plusieurs rĂ©unions prĂ©vues Ă  l’agenda. Le sommet des chefs d’État des pays signataires de l’accord cadre d’Addis-Abeba – qui devait se tenir le 24 fĂ©vrier et avait Ă©tĂ© reportĂ© pour des raisons financiĂšres – pourrait de nouveau ĂȘtre reportĂ©. Ou ne rĂ©unir les chefs d’État annoncĂ©s – Afrique du Sud, Angola, Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Congo, Centrafrique, Soudan, Soudan du Sud, Kenya, Tanzanie et Zambie – que via un systĂšme de visioconfĂ©rence.

  • GĂ©dĂ©on Kyungu encerclĂ© pour Ă©viter une attaque Ă  Lubumbashi

    Gédéon Kyungu encerclé pour éviter une attaque à Lubumbashi

    -La rĂ©sidence du bandit GĂ©dĂ©on Kyungu, membre du PPRD (parti de Joseph Kabila), a Ă©tĂ© encerclĂ©e lundi sur ordre du gouverneur de la province. Il s’agissait de l’empĂȘcher de mener Ă  bien un projet de nouvelle attaque contre Lubumbashi, la capitale du cuivre au Katanga.

    Lubumbashi est le théùtre, depuis la fin 2019, d’une recrudescence du grand banditisme, alors que ce dernier avait rĂ©grĂ©ssĂ© aprĂšs la visite dans la ville du prĂ©sident Felix Tshisekedi. Ces violences font, logiquement, monter la tension dans la capitale du cuivre.
    Déstabiliser le Katanga
    Alors que la tension monte, depuis quelques mois, entre le prĂ©sident Tshisekedi – devenu chef de l’Etat en raison d’un accord avec Kabila et en l’absence de preuves de sa « victoire » Ă©lectorale – et celui qui l’a fait roi – irritĂ© de l’interpellation de plusieurs de ses proches – des politiciens katangais dĂ©noncent Ă  mots feutrĂ©s, des tentatives de susciter des affrontements entre Katangais et KasaĂŻens. Les deux alliĂ©s locaux de FĂ©lix Tshisekedi – Gabriel Kyungu (parti UNAFEC) et Jean-Claude Muyambo (SOCODE) – viennent de mettre en garde ceux qui attisent « l’incitation Ă  la tribalisation au Katanga », y voyant, selon les mots de Me Muyambo, « une machination qui vise Ă  dĂ©stabiliser le pouvoir du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi ».
    Selon Le Phare, qui cite les deux politiciens katangais, le sanguinaire bandit GĂ©dĂ©on, ralliĂ© depuis 2016 au camp Kabila, avait l’intention de profiter d’une marche des jeunes Ă  Lubumbashi pour organiser une nouvelle attaque de la capitale katangaise lundi soir ou ce mardi. Il faut se rappeler que plusieurs attaques des « Bakata Katanga » (sĂ©cessionnistes katangais liĂ©s Ă  GĂ©dĂ©on) dans cette ville ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©e aprĂšs que des miliciens se soient infiltrĂ©s peu Ă  peu dans la ville. Des attaques de ce type ont encore Ă©tĂ© observĂ©es le 11 juillet dernier, une autre en septembre et une troisiĂšme le 11 octobre, date anniversaire de la reddition de GĂ©dĂ©on.
    Selon Le Phare, Gabriel Kyungu, ex-gouverneur du Grand Katanga, a donc alertĂ© le gouverneur du Haut-Katanga (entitĂ© issue du dĂ©coupage de la province en 2015) il y a quelques jours et ce dernier « s’est aussitĂŽt organisĂ© pour faire encercler la rĂ©sidence de GĂ©dĂ©on Kyungu (NDLR: pas parent avec Gabriel Kyungu) afin de le neutraliser ». En outre, les manifestations publiques ont Ă©tĂ© interdites jusqu’à nouvel ordre.
    La terreur du Nord-Katanga
    GĂ©dĂ©on s’était fait connaĂźtre par la terreur qu’il faisait rĂ©gner, avec ses hommes – largement issus des milices créées par le dĂ©funt Laurent Kabila qui, ne les finançant pas, les « força » Ă  se payer sur la population –  dans « le triangle de Mitwaba » (Nord-Katanga) au dĂ©but des annĂ©es 2000. Il s’était rendu aux Casques bleus en 2006 et, livrĂ© Ă  la justice congolaise, avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort en 2009 – avant de s’évader en 2011 de la prison de la Kasapa dans des circonstances largement jugĂ©es suspectes.
    AprĂšs de nouveaux ravages au Katanga – et l’adoption d’un discours sĂ©cessionniste – le bandit GĂ©dĂ©on avait « dĂ©posĂ© les armes » le 11 octobre 2016, lors d’une cĂ©rĂ©monie festive; il portait alors un T-shirt Ă  l’effigie de Joseph Kabila. Selon Le Phare, il adhĂšrera Ă  son parti PPRD en 2017. En tout cas, selon les informations de La Libre Afrique.be, Ă  partir de mars 2017, les hommes de GĂ©dĂ©on ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par le rĂ©gime Kabila comme supplĂ©tifs pour combattre la rĂ©bellion « Kamina Nsapu » au KasaĂŻ, qui avait entraĂźnĂ© une meurtriĂšre rĂ©pression.
    Ses crimes
    Depuis fin 2016, GĂ©dĂ©on vivait dans une villa du quartier Golf de Lubumbashi, logĂ© et nourri aux frais de l’Etat. Cette sinĂ©cure a-t-elle pris fin avec le changement de PrĂ©sident?
    En raison des accusations de crimes qui pĂšsent contre lui (notamment des actes de cannibalisme, visant Ă  terroriser les villageois), il fait l’objet de sanctions de l’Union europĂ©enne depuis mai 2017 et de l’Onu depuis fĂ©vrier 2018.
    Avec la L.A
  • La Monusco dit n’avoir pas Ă©tĂ© sollicitĂ©e pour enquĂȘter sur la mort de Kahimbi

    La Monusco dit n’avoir pas Ă©tĂ© sollicitĂ©e pour enquĂȘter sur la mort de Kahimbi

    -En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), une dizaine de jours aprĂšs la mort dans des conditions non encore Ă©lucidĂ©es du gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi, proche de l’ancien prĂ©sident congolais, de nombreuses questions se posent sur les enquĂȘtes en cours.

    En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), alors que l’enquĂȘte est officiellement entre les mains de la justice militaire depuis ce drame, les propos attribuĂ©s au prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 6 mars semblent indiquer qu’il aurait demandĂ© Ă  la Monusco de diligenter une enquĂȘte indĂ©pendante, ce que nie la mission de l’ONU dans le pays.

    Les propos du prĂ©sident Tshisekedi Ă©taient pourtant on ne peut plus clairs. Il avait informĂ© les membres de son gouvernement, selon le compte-rendu du porte-parole du gouvernement, qu’il avait « dĂ©cidĂ© de diligenter une enquĂȘte indĂ©pendante Ă  l’initiative de la Monusco ».

    « TrĂšs bonne initiative » a saluĂ© le 9 mars un haut cadre du FCC [Front commun pour le Congo], en parlant d’une « dĂ©cision de nature Ă  instaurer la confiance sur les rĂ©sultats de l’enquĂȘte en cours sur la disparition du gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi ». « MĂȘme le prĂ©sident Tshisekedi a parlĂ© d’une mort par pendaison sans prĂ©ciser si c’Ă©tait le fait de lui-mĂȘme ou d’une main autre que la sienne », a pointĂ© cette source.

    ProblĂšme, la Monusco assure n’avoir reçu aucune demande dans ce sens, mais son porte-parole reconnaĂźt que la Mission de l’ONU a donnĂ© son « appui » Ă  une enquĂȘte menĂ©e Ă  l’initiative de la justice congolaise. « Nous avons apportĂ© un soutien technique et scientifique Ă  la demande des autoritĂ©s congolaises, explique Mathias Gillmann, porte-parole de la mission onusienne. C’est une enquĂȘte menĂ©e par les autoritĂ©s judiciaires nationales, non Ă  l’initiative de la Mission [de l’ONU] mais Ă  l’initiative des autoritĂ©s congolaises et nous ne ferons aucun commentaire concernant une enquĂȘte qui est non seulement en cours, mais aussi diligentĂ© et menĂ©e par les autoritĂ©s nationales ».

    Les investigations sont menĂ©es par la justice militaire et non par la Mission de l’ONU dans le pays qui n’a Ă©tĂ© sollicitĂ©e que pour des raisons techniques, confirme sur RFI le porte-parole du prĂ©sident congolais.

    L’enquĂȘte a Ă©tĂ© confiĂ©e aux autoritĂ©s congolaises compĂ©tentes et non Ă  la Monusco
 le concours de la Monusco a Ă©tĂ© requis sur les plans techniques et scientifiques et uniquement dans ces deux domaines.

    Avec RFI

  • Bercy signe-t-il le grand retour du chanteur congolais Fally Ipupa dans les salles europĂ©ennes?

    Bercy signe-t-il le grand retour du chanteur congolais Fally Ipupa dans les salles européennes?

    -Fort de sa “victoire” sur les “Combattants” qui, depuis quelques annĂ©es, empĂȘchaient la tenue de ses concerts notamment en Europe, le cĂ©lĂšbre chanteur congolais se produira Ă  Londres le 29 mars 2020.

    Le chanteur congolais Fally Ipupa a pu se produire sur la scĂšne de l’AccorHotels Arena le 28 fĂ©vrier 2020 Ă  Paris. Il a ainsi eu raison de ces fameux “Combattants”. Ce mouvement, constituĂ© par des membres de la diaspora originaire de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) et installĂ©e en Occident, est depuis quelques annĂ©es le cauchemar des artistes congolais.

    Le phĂ©nomĂšne des “Combattants” date de 2006, expliquait Radio Okapi dans un article publiĂ© en 2012. “Plusieurs artistes musiciens de la RDC ne se produisent plus en Europe. Ils sont menacĂ©s par les Congolais vivant Ă  l’étranger qui leur reprochent leur appartenance politique. La plupart d’entre eux ont participĂ© aux campagnes Ă©lectorales de Joseph Kabila de 2006 et de 2011. Ce jeudi 21 juin (2012), ils ne pourront pas aller se produire en Europe Ă  l’occasion de la FĂȘte internationale de la musique”.

    “La dĂ©termination” et “le courage” des fans de Fally Ipupa

    A l’instar d’autres grands noms de la musique congolaise, Fally Ipupa n’avait pu se produire en Europe depuis une dĂ©cennie. C’est pourquoi, dĂšs le lendemain du concert, l’artiste congolais se rĂ©jouissait et remerciait les “20 000 personnes” qui avait rendu “cette soirĂ©e du 28.02.2020 inoubliable” et saluait “(leur) dĂ©termination, (leur) courage, mais surtout (leur) amour (qui avaient) permis de réécrire une nouvelle histoire”. “Mes regrets les plus sincĂšres Ă  tous ceux et celles qui n’ont pas pu accĂ©der Ă  l’intĂ©rieur de la salle, ce n’est que partie remise”, poursuivait-il. Car en dĂ©pit de l’arrĂȘtĂ© du 26 fĂ©vrier 2020 de la prĂ©fecture de police interdisant toute manifestation aux abords du lieu du spectacle, situĂ© dans le XIIe arrondissement de Paris, les “Combattants” n’ont pas renoncé à leur action.

    Objectif atteint, en partie. Avec la fermeture de la gare de Lyon Ă  Paris aux alentours de laquelle une trentaine de vĂ©hicules ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s, la perturbation du trafic des bus de la RATP (lignes 71, 29 et 64), mais aussi avec leurs barrages et leurs manƓuvres d’intimidation, les “Combattants” ont rĂ©ussi Ă  empĂȘcher quelques fans d’accĂ©der Ă  la salle de spectacle. Pourtant, les spectateurs ne se sont pas dĂ©couragĂ©s en cherchant par tous les moyens Ă  aller Ă©couter leur idole. Comme cette jeune femme rencontrĂ©e dans le bus 64, qui avait dĂ©jĂ  dĂ» trouver un trajet alternatif, avant de poursuivre sa route et de s’entendre dire par d’autres fans que les accĂšs Ă  la salle Ă©taient bloquĂ©s par les “Combattants”.

    A la suite des incidents, rapportait l’AFP le 1er mars 2020, “au moins 71 personnes ont Ă©tĂ© interpellĂ©es pendant la soirĂ©e, ce qui a donnĂ© lieu Ă  52 gardes Ă  vue”. De mĂȘme, “à l’issue de ces gardes Ă  vue, au moins quatre personnes seront jugĂ©es, soit trĂšs prochainement en comparution immĂ©diate, soit ultĂ©rieurement via une convocation devant le tribunal”. 

    Le concert du 28 fĂ©vrier 2020 s’apparente Ă  une double performance à la fois artistique et symbolique. Outre le soutien de ses compatriotes, Fally Ipupa a Ă©tĂ© fĂ©licitĂ© par ses pairs africains. Notamment le cĂ©lĂšbre groupe ivoirien Magic System qui soulignait “cette belle victoire au profit de la musique africaine”.

    Une “victoire” puisqu’en 2017, la prĂ©fecture de police de Paris avait tout simplement annulĂ© le concert de Fally Ipupa Ă  La Cigale par crainte de dĂ©bordements. Trois ans aprĂšs, le rendez-vous de Bercy sonnait comme un dĂ©fi. D’autant que Fally Ipupa avait rencontrĂ© certains “Combattants”, confiait-il, quelques jours avant l’Ă©vĂ©nement, sur les antennes de France 24. “J’ai rencontrĂ© plusieurs ‘Combattants’ qui veulent juste combattre pour le bien de notre pays, (pas) pour boycotter les artistes musiciens. Aujourd’hui, il y a des ‘Combattants’ qui ont avancĂ© dans leur combat, qui ont une autre vision de leur combat. Ils sont pour la reprise de la musique congolaise en France et en Europe, un peu partout”. 

    Le grand Papa Wemba, disparu en 2016, soulignait dans l’article de Radio Okapi sur le phĂ©nomĂšne des “Combattants”, que les artistes Ă©taient “pris au piĂšge de la politico-politique”. “Mais j’ai toujours dit qu’on finira par fumer le calumet de la paix”, avait-il ajoutĂ©.

    Le calumet de la paix a-t-il Ă©tĂ© fumĂ© Ă  Bercy ? Rien n’est moins sĂ»r. Les mĂ©thodes des “Combattants” sont source de controverse, mais elles posent la problĂ©matique de la neutralitĂ© politique pour les artistes africains, dont certains se font le chantre de rĂ©gimes abhorrĂ©s par leurs compatriotes. Les artistes congolais sont d’autant plus tiraillĂ©s qu’ils sont passĂ©s maĂźtres dans l’art de l’”atalaku” (“crieur” en lingala, l’une des principales langues parlĂ©es en RDC), Ă  savoir faire l’Ă©loge de quelqu’un en glissant son nom dans une chanson. Les noms des amis, des producteurs, des animateurs ou des politiques apprĂ©ciĂ©s des interprĂštes, tout y passe. Cependant, au niveau politique, l’exercice peut se rĂ©vĂ©ler pĂ©rilleux.

    “Je suis un artiste, comme l’Ă©glise dans le village”

    Fally Ipupa était ainsi interrogĂ© Ă  propos de l’opposant congolais Martin Fayulu, qui venait d’ĂȘtre dĂ©clarĂ© candidat unique de l’opposition Ă  la prĂ©sidentielle de 2018, citĂ© dans l’un de ses titres sur le plateau du journal Afrique de TV5.

    “C’est ‘un vieux’ (terme affectueux, NDLR) qui m’a soutenu, depuis que j’ai commencĂ© mon aventure en 2006 (…). Je suis trĂšs fier de lui (…), expliquait-il. C’est d’ailleurs trĂšs bien que les politiciens se mettent d’accord pour l’intĂ©rĂȘt du pays. En tout cas, bonne chance Ă  mon ‘vieux’ Martin Fayulu”. Dans la foulĂ©e, l’artiste prĂ©cisait : “Je ne soutiens pas le politique parce que j’estime que je suis un artiste, comme l’Ă©glise dans le village, mĂȘme si j’ai des relations avec des politiciens. Je prĂ©fĂšre pour l’instant chanter (…) Quand il y a des problĂšmes, j’arrive juste pour panser les plaies, pour ramener un peu d’amour”. 

    Fally Ipupa est, entre autres, ambassadeur de bonne volonté de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). Par ailleurs, il avait annoncé qu’une partie des recettes du concert du 28 fĂ©vrier irait Ă  la fondation du Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles en RDC.  AprĂšs le concert de Bercy, Fally Ipupa attend donc ses nombreux fans le 29 mars 2020 à Londres.

    Avec Fr. inf

  • FĂ©lix Tshisekedi a rencontrĂ© mardi le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Mike Pompeo

    FĂ©lix Tshisekedi a rencontrĂ© mardi le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Mike Pompeo

    -Alors que la société civile lui réclame des sanctions contre le milliardaire israélien Dan Gertler, le président congolais a rencontré le lobby juif aux Etats-Unis. Une offensive aux enjeux multiples.

    Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi est en visite aux Etats-Unis. Celui-ci a débuté son séjour de 72 heures par une rencontre ce dimanche (01.03.2020) avec le Comité des affaires publiques israélo-américain qui représente la communauté juive des Etats-Unis.
    Une rencontre qui intervient alors qu’en RDC, le chef de l’Etat est sous la pression de la sociĂ©tĂ© civile. Celle-ci lui demande d’enquĂȘter sur des activitĂ©s du milliardaire israĂ©lien Dan Gertler, impliquĂ© dans de nombreuses affaires liĂ©es Ă  l’industrie miniĂšre.

    Un contexte marquĂ© par une enquĂȘte contre Dan Gertler
    MĂȘme s’il n’y a pas de lien direct connu entre les ennuis de Dan Gertler en RDC et la rencontre du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi avec le lobby juif amĂ©ricain, le contexte retient l’attention.
    La justice congolaise enquĂȘte en effet sur un prĂȘt douteux de 128 millions d’euros que Dan Gertler, peu avant d’ĂȘtre la cible de sanctions amĂ©ricaines en 2017, a consenti Ă  l’entreprise nationale miniĂšre GĂ©camines.
    L’homme d’affaires israĂ©lien est trĂšs proche de l’ex-prĂ©sident Joseph Kabila qui l’a rendu incontournable dans les secteurs des mines et du pĂ©trole durant ses deux mandats.

    Dans son discours ponctuĂ© d’applaudissements, FĂ©lix Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption une base de sa relation avec le lobby pro-israĂ©lien en assurant que “les dĂ©fis nouveaux liĂ©s Ă  la lutte contre le terrorisme, la corruption et le blanchiment des capitaux ainsi que la lutte contre la cybercriminalitĂ© nous donnent l’opportunitĂ©, que dis-je, l’obligation de renforcer nos liens pour des objectifs partagĂ©s”.
    L’engagement contre la corruption vise des enjeux multiples
    Félix Tshisekedi a aussi besoin des lignes de crédit promis par le Fonds monétaire international (FMI), un autre enjeu de son engagement affiché contre la corruption.
    Une visite du prĂ©sident congolais au siĂšge du FMI est d’ailleurs au menu de son voyage aux Etats-Unis.
    Le 24 fĂ©vrier, un collectif de sept organisations de la sociĂ©tĂ© civile Ă  l’origine de la campagne “le Congo n’est pas Ă  vendre” lui a adressĂ© une lettre demandant des sanctions Ă  l’encontre de Dan Gertler.

    La RDC dĂ©tient d’importants gisements de cobalt (Katanga, 14.10.2006-Archives)
    Emmanuel Umpula Nkumba est le directeur exĂ©cutif de AfreWatch, une ONG membre de ce collectif. Il rappelle que “dĂ©jĂ  en 2017 des entreprises liĂ©es Ă  Dan Gertler ont Ă©tĂ© sanctionnĂ©es par le TrĂ©sor amĂ©ricain”.
    Les entreprises de l’homme d’affaires sont mises en cause dans des faits de blanchiment d’argent et de corruption. “Malheureusement en RDC, il n’y a pas assez d’intĂ©rĂȘt pour initier des enquĂȘtes et c’est pourquoi nous avons dĂ©cidĂ© d’adresser une lettre au prĂ©sident de la RĂ©publique lui demandant de prendre des mesures”, regrette Emmanuel Umpula Nkumba.
    Jusqu’ici, FĂ©lix Tshisekedi n’a pas montrĂ© son intention d’inquiĂ©ter son prĂ©dĂ©cesseur et partenaire de coalition Joseph Kabila.
    Mais les pressions extĂ©rieures l’ont visiblement contraint Ă  affaiblir plusieurs pro-Kabila, dont le chef de son parti (PPRD) et ancien candidat Ă  la prĂ©sidentielle Emmanuel Ramazani Shadary, l’ex-chef des renseignements Kalev Mutondo, ou encore Albert Yuma, le patron de la Gecamines, qui n’a pas le droit de quitter Kinshasa en raison du dossier judiciaire liĂ© au prĂȘt des 128 millions d’euros.

    Avec DW

  • Kinshasa: “Les sauts de mouton nous font souffrir”

    Kinshasa: “Les sauts de mouton nous font souffrir”

    -Environ dix mois aprĂšs le lancement des travaux du programme des 100 jours du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi, les activitĂ©s sont paralysĂ©es par les embouteillages dus aux travaux de construction dits des “sauts de mouton”.

    Une seule route relie le centre-ville de Kinshasa, qui concentre les activitĂ©s principales des habitants, Ă  l’aĂ©roport international de Ndjili.
    Il s’agit du boulevard Lumumba, sur lequel on compte trois chantiers “sauts de mouton” dans le district de la Tshangu, le plus peuplĂ© de Kinshasa. Les habitants se plaignent des consĂ©quences de ces travaux. L’un d’entre eux, qui prĂ©fĂšre ne pas donner son nom, explique le calvaire que cela reprĂ©sente au quotidien.
    “Il y a trop d’embouteillages et de perte de temps. Pour arriver Ă  temps il faut venir Ă  pieds. Si vous prenez la moto ou bien un taxi c’est que pour quelques mĂštres. Ensuite, il faut descendre et en prendre un autre et ça coute beaucoup d’argent. Et puis quand on marche, on rentre Ă  la maison fatiguĂ©. Nous dĂ©pensons plus de 8.000 francs par jour dans les transports.”
    Kinshasa compte sept chantiers “sauts de mouton” sur les boulevards qui sont souvent rĂ©trĂ©cis sur une ou deux voies dans lesquelles les vĂ©hicules, les milliers de motos, les pousse-pousse et les piĂ©tons s’agglutinent.
    C’est un vĂ©ritable calvaire que subit la population au quotidien, comme l’explique ce conducteur qui a aussi requis anonymat.

    “Ça perturbe la circulation et la population souffre. Nous, les conducteurs, souffrons Ă©galement mais la population souffre plus parce qu’ils ne font que courir du matin au soir. Nous allons le matin au boulot et nous devons partir tĂŽt pour pouvoir circuler facilement. Les sauts de mouton nous font souffrir. Les vendeurs arrivent en retard et ceux qui vont au boulot arrivent aussi en retard, parfois mĂȘme Ă  neuf heures.”
    Malversations financiĂšres
    Les travaux ne devaient durer que six mois mais dĂ©sormais la barre des dix mois est franchie et ceux-ci sont loin d’ĂȘtre finis.
    La raison est liée en partie aux détournements des fonds destinés à ces travaux.
    Des enquĂȘtes sont en cours et plusieurs arrestations ont eu lieu, dont celle du patron de la compagnie Safricas, l’amĂ©ricain David Blattner, et du directeur gĂ©nĂ©ral de l’Office des routes, Mutima Sakrini.
    Ceux-ci ont été placés en détention préventive pour abus de confiance.
    Ce scandale a été évoqué la semaine derniÚre en Conseil des ministres et le président Félix Tshisekedi a insisté sur le respect des lois, comme le précise cet extrait du compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, Jolino Makelele.
    “S’agissant des enquĂȘtes judiciaires, le chef de l’Etat a insistĂ© sur le fait que celles-ci doivent se dĂ©rouler dans le strict respect de la constitution et des lois de la RĂ©publique. Il a en effet dĂ©plorĂ© que certains magistrats en charge des dossiers soient l’objet de menaces et de manipulations. De mĂȘme, il a relevĂ© que certaines personnes interpelĂ©es sont victimes de mauvais traitement dans l’unique but d’extorquer leurs aveux.”
    Le lancement de ces travaux avait suscitĂ© un grand espoir au sein des habitants de Kinshasa mais dĂ©sormais, c’est la dĂ©ception qui l’emporte face aux retards et mĂȘme Ă  une aggravation des bouchons. La population souhaite aussi voir les coupables de dĂ©tournements rĂ©ellement punis.

    Avec DW

  • Les Ă©vĂȘques catholiques haussent le ton contre le pouvoir

    Les Ă©vĂȘques catholiques haussent le ton contre le pouvoir

    -Anciens mĂ©diateurs entre l’opposition et le pouvoir, les Ă©vĂȘques ont fait une dĂ©claration musclĂ©e. S’ils se sont dits satisfaits de quelques actions du prĂ©sident Tshisekedi, ils ont Ă©mis des critiques acerbes contre la coalition au pouvoir.

    Avec notre correspondant Ă  Kinshasa, Pascal Mulegwa

    Les Ă©vĂȘques congolais se sont rĂ©unis du 24 au 28 fĂ©vrier pour plancher sur la situation du pays. Ils ont notamment saluĂ© la mise en Ɠuvre de la gratuitĂ© de l’enseignement primaire et des « avancĂ©es significatives » en matiĂšre de libertĂ© d’expression, ainsi que le retour de la RDC sur le plan international.
    Mais ils ont aussi listĂ© leurs inquiĂ©tudes, tout particuliĂšrement les dysfonctionnements au sein de l’appareil d’État. « Beaucoup de problĂšmes auxquels le pays est confrontĂ© restent sans solution adĂ©quate, Ă  cause de la crise qui mine la coalition. Il est inacceptable que le pays soit pris en otage par un accord qui, du reste, est occulte », a estimĂ© l’abbĂ© Donatien Nshole, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’épiscopat congolais.
    La ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco) dit ne pas ĂȘtre intĂ©ressĂ©e par les contours de l’accord entre FĂ©lix Tshisekedi et son prĂ©dĂ©cesseur, mais elle reste convaincue que cet accord est Ă  l’origine des tensions actuelles. Les prĂ©lats sont d’autant plus prĂ©occupĂ©s qu’ils disent avoir constatĂ© une mauvaise gestion des finances publiques et redoutent des dĂ©tournements.

    « Nous assistons Ă  un enrichissement injustifiĂ© et scandaleux d’une poignĂ©e d’acteurs politiques, au dĂ©triment de la grande majoritĂ© de la population. La corruption et le dĂ©tournement de deniers publics persistent. Ces dĂ©tournements sont l’Ɠuvre de ceux-lĂ  mĂȘmes qui sont appelĂ©s Ă  ĂȘtre des garants du bien commun », ajoute Donatien Nshole.
    Les Ă©vĂȘques, dĂ©jĂ  irritĂ©s par la non-tenue des Ă©lections locales, ont appelĂ© les populations Ă  « demeurer vigilantes » dans l’exercice du contrĂŽle citoyen des institutions.

    Avec RFI

     

  • Le concert historique de Fally Ipupa s’est tenu, malgrĂ© les menaces des « combattants »

    Le concert historique de Fally Ipupa s’est tenu, malgrĂ© les menaces des « combattants »

    -La star congolaise a pu se produire vendredi soir devant des milliers de spectateurs. Des groupes d’opposants congolais radicaux ont pourtant tout fait pour empĂȘcher le concert de Fally Ipupa, Ă  l’AccorHotels Arena.
    Les derniĂšres heures prĂ©cĂ©dant le concert de Fally Ipupa Ă  Paris laissaient craindre le pire. Un incendie spectaculaire, dĂ©clenchĂ© par des feux de scooters et de poubelles, a d’abord enfumĂ©, dans l’aprĂšs-midi, le quartier de la gare de Lyon, proche de l’AccorHotels Arena du XIIe arrondissement. Ce n’est que vers 18h30, Ă  un peu plus d’une heure du dĂ©but thĂ©orique de l’évĂ©nement, que les pompiers ont maĂźtrisĂ© les flammes.
    Vous risquez gros en y allant
    Mais les intimidations ne se sont pas arrĂȘtĂ©es lĂ . Plusieurs centaines de “combattants”, la plupart des hommes jeunes et dĂ©terminĂ©s, se sont donnĂ©s rendez-vous aux abords de la salle de 20 000 places dans le but d’empĂȘcher le concert. « C’est annulĂ© », « Vous risquez gros en y allant », « Vous ĂȘtes fiers de ce que vous faites ? » « LĂ -haut, Dieu vous voit ! »  MĂȘlant mensonges et menaces, empoignant parfois des spectateurs ou les bousculant, les combattants ont tentĂ© le tout pour le tout.

    C’était sans compter sur un impressionnant dispositif de sĂ©curitĂ©. MĂ©tros fermĂ©s, dizaines de fourgons de gendarmerie, barriĂšres mĂ©talliques
 Des contrĂŽles de billets ont Ă©tĂ© mis en place Ă  distance de la salle pour trier spectateurs et agitateurs. Et le parcours menant Ă  l’enceinte de l’AccorHotels n’avait rien Ă  envier Ă  la sĂ©curitĂ© des aĂ©roports : boissons et parapluies confisquĂ©s, consigne obligatoire pour les sacs, fouilles, passage sous un portique de dĂ©tection de mĂ©tal : rien n’a Ă©tĂ© laissĂ© au hasard.
    Faire la fĂȘte, loin des querelles politiques
    AprĂšs cette parenthĂšse pesante, qui a tout de mĂȘme rĂ©ussi Ă  intimider une petite partie du public, on dĂ©couvrait une ambiance totalement diffĂ©rente. Sapeurs, familles au complet, Africains de tous les pays, s’étaient donnĂ© rendez-vous pour chanter et danser. Bref, faire la fĂȘte, loin des querelles politiques.
    « Bien sĂ»r, on a eu un peu peur en voyant les derniĂšres infos, mais aprĂšs l’Olympia annulĂ© en 2017, c’était ce soir ou jamais », confiait une maman ivoirienne venue avec sa fille applaudir « l’aigle » depuis la fosse. En regardant le public rire et papoter, on pouvait mĂȘme penser qu’il s’agissait d’un concert presque comme un autre.
    Presque, seulement. La premiĂšre partie, du spectacle, avec notamment Robinio Mundibu, l’un des protĂ©gĂ©s de Fally, a commencĂ© avec une quarantaine de minutes de retard du fait des incidents dans une salle Ă  moitiĂ© vide. Et ce n’est qu’aprĂšs un long entracte (sans doute pour attendre que la jauge se remplisse) que la star de la soirĂ©e a fait une entrĂ©e triomphante.
    Ă  lire RDC : Fally Ipupa, sous l’aile de « l’aigle »
    AprĂšs une vidĂ©o montrant un aigle survoler Kinshasa et les grandes mĂ©tropoles occidentales, le rideau s’est levĂ© sur une gigantesque structure gonflable du rapace qui a lentement elle-mĂȘme « pris son envol. »
    “Jour historique”
    Sa MajestĂ© Fally, en peignoir et baskets, une couronne revisitĂ©e posĂ©e sur la tĂȘte, pouvait enfin commencer Ă  chanter
 aprĂšs un long silence dans la capitale française. La chanson inaugurale « La vie est belle », sonnait comme un pied de nez aux combattants.
    Le concert, maßtrisé de bout en bout, a été une véritable démonstration de force. Fally, en forme vocalement, était accompagné sur scÚne par une quarantaine de danseurs, chanteurs et musiciens, dans la grande tradition congolaise. Il a su alterner tubes urbains façon Tokooos et classiques rumba, multipliant les costumes et faisant le show pendant plus de deux heures.
    Sur scĂšne, quelques personnalitĂ©s sont apparues : les chanteurs MokobĂ© et Bramsito, l’actrice et rĂ©alisatrice Angela Bassett
 Mais c’est surtout le Franco-Congolais Dadju qui a retenu l’attention avec un tour de chant inspirĂ© et en clamant tout haut ce que beaucoup de spectateurs pensaient tout bas : « Aujourd’hui est un jour historique, c’est une grande victoire pour le Congo ! »
    Mais quelques minutes avant 23h30, un agent venait glisser un mot Ă  l’oreille de Fally, visiblement agacĂ©. Le chanteur Ă©tait contraint de terminer son concert, assez brutalement, Ă  l’heure convenue avec la salle, sans avoir le temps d’interprĂ©ter tous les tubes qu’il avait rĂ©pĂ©tĂ©s pour la soirĂ©e.
    Avant de quitter la scĂšne la star congolaise a nĂ©anmoins promis de venir rapidement faire Ă  nouveau l’évĂ©nement en France. On espĂšre le retrouver dans une ambiance plus apaisĂ©e.

    Avec JA