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Accord HISTORIQUE sur le nucléaire iranien: “Cet accord est aussi fragile que les forces contre lui sont puissantes”


Accord historique sur le nucléaire iranien !

 

Arracher un accord sur le nucléaire iranien fut un exercice périlleux. Le faire approuver, appliquer et respecter dans la durée risque d’être tout aussi ardu, prédisent les experts.

L’Iran et les grandes puissances, réunies dans le groupe dit des 5+1 (Etats-Unis, Russie, France, Chine, Royaume-Uni et Allemagne), sont parvenus à finaliser mardi à Vienne un accord historique sur le nucléaire iranien, un dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans, a annoncé une source diplomatique proche des négociations.
Un accord au bout de 21 mois de négociations

“L’accord est conclu”, a indiqué cette source, alors qu’une réunion plénière “finale” suivie d’une conférence de presse a été annoncée pour 10h30 par l’Union européenne. Cette annonce intervient au terme de 21 mois de négociations et d’un round final de plus de 17 jours de négociations acharnées pour solder le dossier. Cet accord devrait rapidement permettre une levée des sanctions économiques que subit l’Iran depuis de nombreuses années. Selon un diplomate français cité par l’AFP, celle-ci pourrait survenir au début de l’année 2016.

Les trois piliers de l’accord

L’accord conclu repose sur trois piliers:

Une limitation du programme nucléaire de l’Iran durant au moins dix ans
La fin des sanctions internationales contre l’Iran
Un renforcement des contrôles
L’objectif est de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d’une levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie du pays. Le texte, qui autorise l’Iran à poursuivre son programme nucléaire civil, ouvre la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de l’Iran avec la communauté internationale, une perspective qui hérisse Israël et les puissances régionales sunnites au Moyen-Orient. Depuis le week-end, tous les acteurs assuraient que l’accord était quasi bouclé mais que des “décisions politiques” restaient nécessaires.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu: “Erreur historique”

“D’après les premiers éléments qui nous parviennent, il est déjà possible de dire que cet accord est une erreur historique pour le monde”, a déclaré M. Netanyahu, depuis Jérusalem. Grâce à cet accord qui vise à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire en échange d’une levée des sanctions qui étranglent son économie, “l’Iran va recevoir des centaines de milliards de dollars qui vont lui permettre de faire fonctionner sa machine de terreur, son agression et son expansion au Moyen-Orient et dans le monde entier”, a accusé M. Netanyahu.
Le président iranien Hassan Rohani: “L’accord ouvre de nouveaux horizons”

L’accord nucléaire auquel sont parvenus mardi l’Iran et les grandes puissances ouvre “de nouveaux horizons”, a affirmé le président iranien Hassan Rohani sur son compte Twitter. Maintenant que “cette crise qui n’était pas nécessaire” a été résolue, l’Iran et les grandes puissances peuvent “se concentrer sur les défis communs”, a-t-il écrit, allusion à la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique.
Le Congrès américain devra approuver à une majorité des 2/3

Arracher un accord sur le nucléaire iranien fut un exercice périlleux. Le faire approuver, appliquer et respecter dans la durée risque d’être tout aussi ardu, prédisent les experts.

“Cet accord est aussi fragile que les forces contre lui sont puissantes”, souligne l’analyste Ali Vaez de l’institut International Crisis Group. “Il a des détracteurs de poids en Iran, aux Etats-Unis et dans la région.”

L’accord entre Téhéran et les puissances occidentales, conclu mardi à Vienne, prévoit que Téhéran limite ses ambitions nucléaires pendant plusieurs années, en échange d’une levée progressive et réversible des sanctions internationales.

Il a fallu quasiment deux ans de négociations acharnées pour en fixer les détails. Et maintenant, il doit être approuvé à Washington, Téhéran et au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Congrès américain, contrôlé par des Républicains très méfiants envers l’Iran, a 60 jours pour l’examiner.

Les parlementaires ne pourront bloquer l’application du texte qu’à une majorité des deux tiers. Les chances sont donc faibles qu’ils “mettent à terre un accord multilatéral”, estime Suzanne Maloney du think tank américain Brookings institution.

Elle prévoit toutefois beaucoup de “postures” avant l’élection présidentielle de 2016.

L’accord “sera très dur à vendre pour l’administration”, a déjà mis en garde le chef du groupe républicain au Sénat Mitch McConnell, prêt à en découdre avec le président démocrate Barack Obama.
Le diable est dans les détails

Si l’étape du Congrès est surmontée, la course d’obstacles se poursuivra lors de l’application sur le terrain de l’accord, qui s’étale sur une centaine de pages et fourmille de détails techniques.

Téhéran s’est engagé à réduire de manière drastique ses capacités nucléaires (nombre de centrifugeuses, stock d’uranium enrichi…), de manière à rendre quasiment impossible la confection d’une bombe atomique.

Or, le diable est dans les détails. “L’application d’un accord d’une telle complexité sur une période aussi longue ne peut être qu’imparfaite”, estime Ali Vaez. Pour lui, il faudra que les deux camps fassent preuve de “bonne volonté et communiquent bien” pour éviter les frictions.

La vérification des engagements iraniens reviendra à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), un organe de l’ONU aux moyens limités, dont le rôle sera déterminant.

“C’est essentiel de faire en sorte que l’AIEA ait les ressources suffisantes pour suivre et vérifier l’accord”, souligne Kelsey Davenport, de l’institut Arms control.

Pour elle, il faut aussi que la levée des sanctions internationales, contrepartie des efforts de Téhéran, aient des conséquences concrètes dans le pays.

“Il faudra encourager les entreprises et les banques à reprendre les affaires en Iran, certains pourraient encore être hésitants”, conseille l’experte. “Des progrès économiques tangibles seront importants pour encourager Téhéran à respecter ses engagements”.
Beaucoup de choses à vérifier, “ce sera un processus très compliqué”

Siavush Randjbar-Daemi de l’Université de Manchester juge aussi que “les choses pourraient aller de travers” au stade des vérifications.

“L’AIEA, en tant qu’arbitre, aura beaucoup de choses à vérifier (…) ce sera un processus très compliqué”, dit-il, tout en s’inquiétant pour le respects des engagements une fois que les acteurs du dossier auront changé.

En 2013, l’arrivée du président Hassan Rohani, élu sur la promesse d’une levée des sanctions, avait permis de relancer pour de bon les négociations avec les puissances occidentales.

La relation construite au fil du temps entre les chefs de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et américaine John Kerry a aussi joué dans le dénouement.

“Qu’est-ce qui va se passer quand Kerry quittera le département d’Etat et que Zarif sera remplacé?” s’interroge l’universitaire. “On n’en sait rien.”

“Nous ne savons pas si il y a un changement de fond ou si c’est le face-à-face entre ces deux personnes qui ont permis cet accord”, remarque-t-il. “C’est le vrai défi.”

RTL