Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Affaire Tungulu: Kinshasa passe à l’offensive

Par Marie-France Cros

 Il y a une semaine, un juge du tribunal de première instance de Bruxelles avait donné “injonction” à l’Etat congolais, sur demande de la famille du disparu (dont une des filles est belge), de “restituer” à celle-ci la dépouille d’Armand Tungulu. Ce Congolais de Bruxelles avait jeté une pierre sur le convoi présidentiel à Kinshasa, le 29 septembre dernier, avait été frappé par la garde du chef de l’Etat et jeté dans un camion – avant d’être trouvé sans vie dans son cachot. Officiellement, il s’était “suicidé” avec un fil dépassant de son oreiller – première version – ou avec le tissu qui lui servait d’oreiller – seconde version.

Le parquet général du Congo, cité par Belga, s’engagea alors à restituer le corps de M. Tungulu “pour les obsèques, dès que le médecin légiste aurait pratiqué l’autopsie” – ce qui n’était donc pas fait 15 jours après le décès.

Le ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende – friand de diatribes anti-belges – a toutefois pris une position offensive, jugeant l’ordonnance bruxelloise “totalement inopportune car elle compromet l’enquête en cours” au Congo. “Cela nous suggère une nouvelle piste d’enquête”, n’hésite pas à poursuivre M. Mende, “car il y a manifestement tentative d’obstruer l’enquête avec une pression tout à fait inhabituelle pour amener les autorités judiciaires congolaises à lever le pied. Que craignent donc les Belges (…) Voudrait-on cacher certaines choses ?”

M. Mende ajoute, de manière plus crédible, que l’injonction du juge bruxellois “crée un litige de plus entre nos deux Etats” et “insulte” la souveraineté congolaise. La Libre Belgique a pris, sur ce point, l’avis d’un avocat belge habitué à ce genre d’affaires, qui confirme qu’un juge d’un pays donné ne peut donner d’injonction à un autre Etat; la seule manière de procéder, nous dit-on, aurait été de citer l’Etat congolais au Congo, devant une juridiction congolaise.

Enfin, Lambert Mende, au nom du gouvernement de Kinshasa, menace d’“initier une action contre les dirigeants et l’Etat belges (…) devant les juridictions congolaises” pour l’assassinat de l’ex-Premier ministre Patrice Lumumba en 1961.