Author: Don Kayembe

  • Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom arrĂȘtĂ© Ă  Kinshasa

    – Le « gourou » du parti-secte Bundu dia Mayala (ex-Bundu dia Kongo) a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© vendredi par la police, qui encerclait sa maison de Ma Campagne (Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema), Ă  Kinshasa, depuis la veille. Elle entendait ainsi donner une chance Ă  des nĂ©gociatiateurs chargĂ©s de le convaincre de se rendre. En vain. Il a fallu recourir aux tirs pour que celui qui s’était proclamĂ© prĂ©sident du Congo en janvier dernier soit finalement capturĂ©. On ignore combien de blessĂ©s a provoquĂ© l’assaut de la police; il n’aurait pas fait de morts. De nombreux adeptes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s

    La police congolaise annonce l’arrestation de l’ancien dĂ©putĂ© Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom. Le leader du mouvement polico-religieux Bundu dia Kongo est accusĂ© d’ĂȘtre responsable des violences de ces derniers jours, dans la province du Kongo central. Il Ă©tait retranchĂ© depuis plusieurs jours dans son domicile de Kinshasa.

    Les forces de l’ordre en ont assez des provocations du chef de la secte Bundu dia Kongo, responsables des violences de ces derniers jours dans la province du Kongo central. Depuis mardi soir, la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi, Zacharie Badiengila de son vrai nom, Ă  Kinshasa, est encerclĂ©e par des policiers. Des nĂ©gociations sont en cours.

    La police congolaise a lancĂ© l’assaut de la rĂ©sidence de Ne Muanda Nsemi ce vendredi matin. Ces derniĂšres heures, il y a eu des nĂ©gociations, mais elle n’ont pas abouti et ont Ă©tĂ© particuliĂšrement laborieuses. Devant l’échec des discussions, la police a donc dĂ©cidĂ© de passer Ă  l’action avec des tirs de gaz lacrymogĂšnes.

    Des fidĂšles de la secte Bundu dia Kongo se sont alors rendus aux forces de l’ordre. RetranchĂ© Ă  l’intĂ©rieur de la maison, le chef du mouvement politico-religieux a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© par les Ă©lĂ©ments des forces de l’ordre. L’homme aurait Ă©tĂ© blessĂ© Ă  la tĂȘte par un coup de crosse qui lui aurait Ă©tĂ© assĂ©nĂ© par l’un des policiers. Il a Ă©tĂ© conduit Ă  la clinique Ngaliema.

    La police n’a pas encore donnĂ© de bilan. Elle promet de le donner dans les heures qui viennent.

    L’Asadho (Association africaine de dĂ©fense des droits de l’Homme) a, dans un tweet, de son dirigeant Jean-Claude Katende, condamnĂ© « le pillage des biens de Ne Mwanda Nsemi par certains policiers et particuliers lors de son arrestation

  • Coronavirus : Madagascar Vs OMS polĂ©mique autour du remĂšde contre Covid-19

    Coronavirus : Madagascar Vs OMS polémique autour du remÚde contre Covid-19

    -Madagascar dit avoir trouvĂ© un remĂšde contre le coronavirus mais l’OMS a indiquĂ© qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remĂšde peut “prĂ©venir ou guĂ©rir” du coronavirus.

    Le président malgache Andry Rajoelina a lancé le lundi 20 avril un remÚde sensé prévenir et guérir le coronavirus.

    Il a lui-mĂȘme bu ce remĂšde fait Ă  base de plantes mĂ©dicinales locales et promis qu’il serait disponible pour contrer le coronavirus sur la grande Ăźle.

    MalgrĂ© un lancement en grande pompe, l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) affirme qu’il n’existe aucune preuve scientifique que le remĂšde de Madagascar contre le Covid-19 soit efficace.

    L’acadĂ©mie nationale de mĂ©decine du pays (ANAMEM) a Ă©galement mis en doute l’efficacitĂ© du remĂšde conçu par l’Institut malgache de recherche appliquĂ©e (IMRA).

    L’ANAMEM prĂ©cise que le remĂšde – Covid-Organics – pourrait potentiellement nuire Ă  la santĂ© des personnes qui les consommeraient car ses “preuves scientifiques n’avaient pas Ă©tĂ© Ă©tablies”.

    Le Covid-Organics fait à base de plantes est distribué gratuitement aux personnes les plus vulnérables.

    Qu’est-ce que le Covid-Organics ?

    Il est produit Ă  partir de la plante d’artĂ©misia – la source d’une molĂ©cule utilisĂ©e dans le traitement contre le paludisme – et d’autres plantes malgaches.

    Il est commercialisé en bouteille et en tisane aprÚs avoir été testé sur moins de 20 personnes pendant trois semaines, a déclaré à la BBC le chef de cabinet du président Lova Hasinirina Ranoromaro.

    “Des tests ont Ă©tĂ© effectuĂ©s – deux personnes ont maintenant Ă©tĂ© guĂ©ries par ce traitement”, a dĂ©clarĂ© M. Rajoelina lundi lors du lancement de Covid-Organics.

    “Cette tisane donne des rĂ©sultats en sept jours”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident malgache, Andry Rajoelina, qui a Ă©galement exhortĂ© les populations Ă  l’utiliser Ă  titre prĂ©ventif.

    “Les Ă©coliers devraient en boire… petit Ă  petit tout au long de la journĂ©e”, a-t-il dĂ©clarĂ© aux diplomates et autres dignitaires rĂ©unis pour le lancement.

    Le prĂ©sident malgache Andry Rajoelina a indiquĂ© sur son compte Twitter avoir reçu les fĂ©licitations de son homologue de la RDC FĂ©lix Tshisekedi “pour le remĂšde traditionnel amĂ©liorĂ© Covid-Organics”.

    Dr Charles Andrianjara, directeur gĂ©nĂ©ral de l’IMRA, a affirmĂ© que le Covid-Organics devrait ĂȘtre utilisĂ© Ă  titre prĂ©ventif.

    Il s’est montrĂ© plus prudent nĂ©anmoins quant Ă  son utilisation en tant que remĂšde, mais a dĂ©clarĂ© que les observations cliniques avaient montrĂ© “une tendance vers son efficacitĂ© en tant que remĂšde curatif”, selon l’agence de presse AFP qui le cite.

    L’Ăźle de l’ocĂ©an Indien a enregistrĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent 121 cas de coronavirus, et aucun dĂ©cĂšs.

    Pas de précipitation

    En rĂ©ponse au lancement de Covid-Organics, l’OMS , l’Organisation Mondiale de la SantĂ© a dĂ©clarĂ©, dans un communiquĂ© dont la BBC a eu copie, qu’il n’existe pour l’heure “aucune preuve” que le remĂšde malgache peut “prĂ©venir ou guĂ©rir” le coronavirus.

    L’organisation a rĂ©itĂ©rĂ© les propos de son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lesquels il n’y avait “aucun raccourci” pour trouver un moyen efficace pour lutter contre le coronavirus.

    Des essais internationaux sont en cours pour trouver un traitement efficace, a ajoutĂ© l’OMS.

    Mme Ranoromaro chef de cabinet du prĂ©sident Malgache a dĂ©clarĂ© que le prĂ©sident Rajoelina Ă©tait conscient que l’OMS devait respecter ses protocoles mais a prĂ©cisĂ© que cela relevait d’une question de souverainetĂ©.

    “Il a des devoirs envers le peuple malgache”, a-t-elle dĂ©clarĂ©.

    Peste bubonique

    Le professeur Brian Klaas, un spĂ©cialiste de Madagascar Ă  l’University College de Londres, a estimĂ© que la position de M. Rajoelina pourrait causer plus de tort que de bien aux citoyens malgaches.

    “C’est dangereux pour deux raisons – la premiĂšre est que certaines personnes vont le prendre [Covid-Organics] alors qu’elles ne devraient pas “, a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  la BBC Newsday.

    “Et deuxiĂšmement, cela donnera aux gens un faux sentiment de sĂ©curitĂ©, de sorte qu’ils finiront par faire des choses qu’ils n’auraient pas faites autrement et se mettront, ainsi que les autres, en plus grand danger.”

    Si le virus commençait Ă  se propager, il pourrait ĂȘtre “dĂ©vastateur” car le systĂšme de santĂ© du pays est faible, avec seulement six respirateurs pour une population de 27 millions de personnes, a-t-il dit.

    “C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’Ăźle est l’un des seuls endroits de la planĂšte oĂč l’on observe rĂ©guliĂšrement des Ă©pidĂ©mies de peste bubonique, qui se guĂ©rit facilement avec le bon mĂ©dicament”.

    En mars, le Centre national pour la santĂ© complĂ©mentaire et intĂ©grĂ©e, basĂ© aux États-Unis, a mis en garde contre les prĂ©tendus remĂšdes contre le coronavirus, notamment les phytothĂ©rapies et les thĂ©s – en disant que la meilleure façon de prĂ©venir l’infection Ă©tait d’Ă©viter l’exposition au virus.

  • Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    Kigali mĂšne-t-elle une guerre secrĂšte en RDC?

    -Depuis plus d’un an, l’armĂ©e rwandaise est soupçonnĂ©e de mener des opĂ©rations en RDC contre des groupes politico-militaires rwandais basĂ©s sur le sol congolais, avec l’accord du gouvernement de Kinshasa. Des partis d’opposition et des organisations de la sociĂ©tĂ© civile rwandais, comme congolais, dĂ©noncent l’impact de ces incursions Ă  rĂ©pĂ©tition sur les populations civiles des deux pays, mais se heurtent au dĂ©menti de Kinshasa et Kigali et au silence de la communautĂ© internationale.

    « Kagame Ă©tait dans tous ses Ă©tats », raconte en octobre 2019 le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi, alors chef des renseignements militaires de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) dans un des restaurants oĂč il avait ses habitudes Ă  Kinshasa. L’entretien dont parle Ă  l’époque l’officier aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ© [Delphin Kahimbi a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort fin fĂ©vrier 2020 dans des circonstances mystĂ©rieuses, NDLR] remonte selon lui, au 31 juillet 2018. À quelques jours de la fin du dĂ©pĂŽt des candidatures Ă  la prĂ©sidentielle dans le pays, alors que tous les yeux sont tournĂ©s vers le prĂ©sident Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans et soupçonnĂ© de vouloir se maintenir pour un troisiĂšme mandat, She Okitundu, le chef de la diplomatie congolaise, Kalev Mutond, le patron de l’agence nationale des renseignements (ANR) et le gĂ©nĂ©ral Delphin Kahimbi sont photographiĂ©s, alignĂ©s sur un canapĂ© face au chef de l’État rwandais. Le clichĂ© est publiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux et suscite bien des spĂ©culations, Paul Kagame ayant Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement accusĂ© de parrainer ou menacer le rĂ©gime de Joseph Kabila, rĂŽle qu’il avait dĂ©jĂ  jouĂ© auprĂšs de son pĂšre et prĂ©dĂ©cesseur, Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila.

    Officiellement, les trois hauts responsables sont venus transmettre un message du prĂ©sident congolais Ă  son homologue rwandais. Paul Kagame est gĂ©nĂ©ralement bref dans ses Ă©changes avec ses voisins, mais cette fois, les Ă©missaires de Joseph Kabila vont rester plus de deux heures en sa compagnie. « Il fallait le voir, Kagame n’arrĂȘtait pas de parler de la situation rĂ©gionale, RNC, FDLR, Ouganda », raconte encore le gĂ©nĂ©ral Kahimbi. Depuis des mois, Kigali alertait ses partenaires sur le rapprochement entre ces deux groupes politico-militaires basĂ©s au Congo -les Forces dĂ©mocratiques de libĂ©ration du Rwanda [FDLR, groupe rebelle hutu rwandais, NDLR] et le Rwanda National Congress [RNC créé par des dissidents du rĂ©gime rwandais, NDLR]- et accusait Kampala de les parrainer. « C’était sans doute son cauchemar, l’alliance de ses anciens alliĂ©s tutsis [le RNC est dirigĂ© par le GĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major du Rwanda, NDLR] et des hutus de l’ancien rĂ©gime », suppute alors Delphin Kahimbi.

    Le chef de l’État rwandais avait Ă  nouveau exigĂ© des rĂ©sultats et une coopĂ©ration pleine et entiĂšre de son voisin pour Ă©touffer dans l’Ɠuf toute tentative de dĂ©stabilisation dirigĂ©e contre Kigali. À cet instant de l’histoire des deux pays, cette rencontre a impulsĂ© un niveau de coopĂ©ration rarement atteint, estimait le patron des services de renseignements congolais. Un autre participant se souvient de ce trĂšs long entretien : « À la fin, tout le monde Ă©tait vraiment satisfait, et s’est fĂ©licitĂ© pour la sincĂ©ritĂ© des Ă©changes. Paul Kagame avait mĂȘme interpellĂ© le gĂ©nĂ©ral Delphin en l’appelant mon frĂšre Kahimbi en swahili. »

    Des « gages » donnés à Kigali

    La suite de l’histoire va toutefois s’écrire de maniĂšre un peu plus inattendue. Joseph Kabila renonce Ă  un nouveau mandat et se retrouve contraint Ă  s’allier avec le fils de son principal opposant, FĂ©lix Tshisekedi, qui s’installe Ă  la prĂ©sidence. Jeune retraitĂ©, l’ex-prĂ©sident conserve le contrĂŽle des assemblĂ©es, nationale comme provinciales, des forces de sĂ©curitĂ© et se retrouve Ă  la tĂȘte d’une fortune considĂ©rable. Son successeur, lui, sait qu’il va peiner Ă  installer son pouvoir et cherche le soutien de son voisin rwandais. Son parti, l’UDPS, reste hostile au rĂ©gime de son prĂ©dĂ©cesseur, comme Ă  toute rĂ©fĂ©rence au prĂ©sident rwandais. FĂ©lix Tshisekedi lui impose l’un comme l’autre, et va jusqu’à s’afficher en dĂ©cembre dernier main dans la main avec Paul Kagame. Cette alliance, a priori contre-nature, va entraĂźner, selon le Groupe d’études sur le Congo, une pĂ©riode intense d’opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais. Le GEC centre de recherche de l’UniversitĂ© de New York relĂšve en effet une dizaine d’incidents en territoire congolais dans lesquels des militaires des deux pays seraient impliquĂ©s, sans que cela ne suscite de rĂ©elles rĂ©actions. « Des opĂ©rations menĂ©es conjointement par Paul Kagame et FĂ©lix Tshisekedi, c’est un double grigri pour l’ONU et la communautĂ© internationale, elles ne veulent toucher ni Ă  l’un ni Ă  l’autre », s’amuse un diplomate africain.

    Ce soir-lĂ  d’octobre 2019, dans l’alcĂŽve d’un restaurant quasi dĂ©sert du centre de Kinshasa, le patron des renseignements militaires congolais Ă©voque par exemple la fermeture de camps de transit FDLR au Nord et au Sud-Kivu comme un gage donnĂ© trois mois aprĂšs sa rencontre avec le chef de l’État rwandais. Sous les yeux de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), en novembre 2018, des centaines de rebelles hutus rwandais dĂ©mobilisĂ©s et des membres de leurs familles sont rapatriĂ©s de force au Rwanda par l’armĂ©e congolaise. Cela faisait quatre ans qu’ils refusaient cette option, rĂ©clamant tour Ă  tour un dialogue politique et leur rĂ©installation dans un pays tiers, sans se voir offrir d’autres alternatives qu’un retour au Rwanda sous le contrĂŽle d’un rĂ©gime qu’ils redoutent et sans garanties de libertĂ© et de sĂ©curitĂ©.

    Delphin Kahimbi a souvent Ă©tĂ© Ă  la manƓuvre contre les rĂ©bellions que le Rwanda Ă©tait accusĂ© de soutenir, comme celle du M23. Longtemps trĂšs critique sur les motivations rĂ©elles du Rwanda Ă  mener des incursions sur le sol congolais, le gĂ©nĂ©ral Kahimbi dit ce soir-lĂ  comprendre la position de Kigali. « Ils veulent en finir dĂ©finitivement avec tous ces groupes terroristes et gĂ©nocidaires », explique-t-il. NĂ©s dans les camps de rĂ©fugiĂ©s aprĂšs le gĂ©nocide de 1994, ces groupes rebelles hutus, mĂ©langes d’officiers des ex-Forces armĂ©es rwandaises (FAR) et d’anciens gĂ©nocidaires Ă  l’origine, sont, plus de 25 ans aprĂšs, majoritairement composĂ©s de natifs du Congo. Ils ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à reprĂ©senter Ă  peine plus de 3 000 combattants selon Kigali. « Kagame a choisi la voie du troisiĂšme mandat, il redoute la rĂ©bellion de demain », finit par pointer le gĂ©nĂ©ral Kahimbi.

    Entre deux bouchĂ©es, le chef du renseignement militaire congolais se fĂ©licite des derniers coups portĂ©s Ă  ces groupes armĂ©s Ă©trangers qu’il a Ă©tĂ© longtemps accusĂ© lui-mĂȘme de soutenir. Il se vante d’avoir coordonnĂ© en personne l’arrestation de deux des figures des FDLR, Ignace Nkaka, alias La Forge fils Bazeye, l’emblĂ©matique porte-parole des FDLR, et ThĂ©ophile Abega, chef des renseignements militaires pour le Nord-Kivu, au poste frontalier de Bunagana. « Ils revenaient tous les deux d’Ouganda, on a retrouvĂ© dans leurs affaires la carte de visite d’un ministre ougandais et les contacts des gens de Kayumba. » Toutes ces « preuves » sont fournies Ă  Kigali, les deux hommes sont livrĂ©s. InterpellĂ© sur les entorses au droit international que ces extraditions extrajudiciaires peuvent reprĂ©senter, le patron des renseignements militaires congolais s’emporte : « Ça, c’est bien les Occidentaux. Si on ne coopĂšre pas, on est complices des gĂ©nocidaires. Et quand on coopĂšre avec Kigali, vous nous accusez de ne pas avoir de considĂ©ration pour les droits de l’Homme. Allez dire ça Ă  votre ami Kagame. »

    Jusqu’à sa mort, Delphin Kahimbi s’est refusĂ© Ă  admettre la prĂ©sence de troupes rwandaises sur le sol congolais ou leur influence dans les conflits intercommunautaires qui embrasent les hauts plateaux du Sud-Kivu, comme dans des combats au Nord-Kivu. Tout juste admettait-il que des militaires rwandais avaient pu « intercepter » l’un ou l’autre des chefs militaires rebelles portĂ©s disparus ou assassinĂ©s dans son pays. Le chef des renseignements militaires congolais disait avoir multipliĂ© les voyages pour convaincre les armĂ©es d’Ouganda et du Burundi de rejoindre l’état-major rĂ©gional intĂ©grĂ© souhaitĂ© par le nouveau chef de l’État congolais, FĂ©lix Tshisekedi. Kampala et Bujumbura rechignent Ă  rejoindre cette structure. « Ils voulaient qu’on vienne avaliser les opĂ©rations secrĂštes de Kigali », justifie un officiel burundais. Ce mĂȘme officiel ironise : « On veut nous faire croire que si les chefs rebelles rwandais tombent comme des mouches, c’est dĂ» Ă  la soudaine expertise des commandos FARDC, quand les Rwandais se vantent sur les rĂ©seaux sociaux. »

    En effet, en ce dernier trimestre de l’annĂ©e 2019, plusieurs chefs rebelles hutus sont tuĂ©s, et sur les rĂ©seaux sociaux, des officiels et proches du rĂ©gime de Kigali multiplient les messages de fĂ©licitations aux « vaillantes » Forces armĂ©es de la RDC (FARDC). Les mĂȘmes ne s’étaient pourtant jamais privĂ©s par le passĂ© de les accuser d’ĂȘtre inefficaces ou complices de leurs ennemis. Depuis sa crĂ©ation, le groupe d’experts de l’ONU chargĂ© de contrĂŽler l’embargo avait dĂ©noncĂ© les liens Ă©troits qui unissaient officiers congolais et rebelles hutus rwandais, accusant les premiers de fournir armes et munitions, les seconds de servir de supplĂ©tifs, notamment face aux rĂ©bellions soutenues par Kigali. Mais la donne change aprĂšs la dĂ©faite de la derniĂšre-nĂ©e d’entre elles, le M23, en novembre 2013 : les FDLR et autres groupes hutus rwandais et congolais font l’objet d’opĂ©rations de l’armĂ©e congolaise et d’attaques de groupes armĂ©s hostiles, sur pression du Rwanda et de la communautĂ© internationale. Ils ont perdu du terrain partout, mais jusque-lĂ  trĂšs peu de personnalitĂ©s de premier plan.

    Les « meilleurs connaisseurs » de l’armĂ©e congolaise

    Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 septembre 2019, le sinistre Sylvestre Mudacumura, chef militaire des FDLR, sous sanctions de l’ONU et poursuivi par la Cour pĂ©nale internationale, est assassinĂ© avec certains de ses proches dans le territoire du Rutshuru, au Nord-Kivu. Cette nouvelle fait sensation tant ce nom avait hantĂ© les forĂȘts du Congo. Une seule photo de son corps circule, bouche ouverte, une cuillĂšre nĂ©gligemment posĂ©e sur son pantalon treillis. Les FDLR accusent Kigali. L’armĂ©e congolaise revendique, elle, cette opĂ©ration. Dans les jours qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, des informations circulaient sur la tenue d’une rĂ©union de haut niveau des leaders de la rĂ©bellion hutue rwandaise. « Tout le monde savait qui Ă©tait lĂ , oĂč et quand ils devaient se rencontrer », se souvient une source onusienne. « C’était presque sidĂ©rant, un tel niveau de fuites. »

    Un ancien membre du groupe d’experts de l’ONU se dit lui aussi surpris : « Les FDLR ont toujours Ă©tĂ© les meilleurs connaisseurs de l’armĂ©e congolaise, leurs chefs Ă©taient informĂ©s des attaques et avaient toujours le temps de fuir. » Des reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile congolaise ne cachent pas leur agacement. Depuis plusieurs semaines dĂ©jĂ , ils soupçonnent la prĂ©sence de troupes rwandaises sans parvenir Ă  le prouver. « Les gens de Kagame publient des informations sur les rĂ©seaux sociaux avant mĂȘme que notre armĂ©e ne soit capable de nous confirmer. C’est une maniĂšre de nous moquer », explique l’un d’eux.

    Deux mois plus tard, le 9 novembre 2019, c’est Juvenal Musabyimana, alias Jean-Michel Africa, l’un des chefs historiques du RUD [Rassemblement pour l’unitĂ© et la dĂ©mocratie, groupe dissident des FDLR, NDLR], qui subit le mĂȘme sort. Un ministre rwandais se rĂ©jouit publiquement de voir les FARDC « nettoyer les forĂȘts au karcher ». Kigali fulminait depuis une attaque meurtriĂšre menĂ©e dĂ©but octobre sur son sol, Ă  Kinigi, attribuĂ©e Ă  des combattants RU

    La veille de sa mort, des proches le disaient inquiet et en mouvement. Jean-Michel Africa redoutait mĂȘme d’utiliser son tĂ©lĂ©phone. « Tous les groupes sont infiltrĂ©s, Kigali surveille les communications », expliquait un dissident rwandais. Ce n’est peut-ĂȘtre pas une simple paranoĂŻa. Quelques jours plus tĂŽt, WhatsApp a annoncĂ© poursuivre en justice une sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, le Groupe NSO. L’enquĂȘte de l’ONG Citizen Lab, Ă  la fois plateforme citoyenne et centre de recherches de Toronto, avait dĂ©montrĂ© que le logiciel Pegasus de ce groupe permettait, non seulement de placer un tĂ©lĂ©phone sous Ă©coute, mais Ă©galement d’ouvrir son micro ou d’allumer sa camĂ©ra. PrĂšs de 1 400 utilisateurs de cette messagerie instantanĂ©e avaient Ă©tĂ© ciblĂ©s, selon l’ONG, dont des opposants et activistes rwandais en exil, proches de groupes armĂ©s basĂ©s en RDC.

    L’étrange disparition du chanteur rwandais Ben Rutabana

    En cette fin d’annĂ©e 2019, d’autres Ă©vĂ©nements passent plus inaperçus: ceux-lĂ  concernent le Rwanda National Congress. Ce parti avait Ă©tĂ© créé en dĂ©cembre 2010 par des dissidents du prĂ©sident Paul Kagame, parmi lesquels son chef d’état-major, le gĂ©nĂ©ral Kayumba Nyamwasa, son chef des renseignements extĂ©rieurs, le colonel Patrick Karegeya, son directeur de cabinet, ThĂ©ogĂšne Rudasingwa et un ex-procureur gĂ©nĂ©ral du Rwanda, Gerald Gahima. Cette mĂȘme annĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Nyamwasa est victime d’une tentative d’assassinat. Deux ans plus tard, le 31 dĂ©cembre 2013, c’est Patrick Karegeya qui succombe, Ă©tranglĂ© dans une chambre d’hĂŽtel de Johannesburg. À l’époque, le prĂ©sident des FDLR, Victor Byiringiro, dĂ©nonce l’assassinat de « ce garçon » qui a « beaucoup fait » pour casser la mĂ©fiance entre anciens ennemis. Tout comme Paul Kagame, Kayumba Nyamwasa est accusĂ© par les rebelles et hommes politiques hutus rwandais d’avoir systĂ©matiquement massacrĂ© combattants et civils hutus au Rwanda, puis pendant les deux guerres du Congo.

    Le 8 septembre 2019, c’est un autre membre influent du RNC qui se volatilise : le chanteur franco-rwandais Ben Rutabana. Il s’était signalĂ© pour la derniĂšre fois ce jour-lĂ  Ă  la frontiĂšre entre l’Ouganda et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Selon un de ses proches, il devait la traverser dĂšs le lendemain et rallier des combattants du RNC rĂ©fugiĂ©s dans le groupement de Binza, sur le sol congolais. « Ben » Ă©tait plus qu’un chanteur populaire. Ancien de l’ArmĂ©e patriotique rwandaise [APR, rĂ©bellion de Paul Kagame, NDLR], il appartient Ă  une des familles tutsies les plus connues du Rwanda. Il est Ă  la fois le beau-frĂšre d’Assinapol Rwigara, financier de la rĂ©bellion de Paul Kagame, mort dans un accident de voiture suspect, et oncle de Diane Rwigara, l’une des derniĂšres opposantes Ă  vivre encore au Rwanda. Cette disparition crĂ©e de vives tensions au sein du RNC. Des proches de Ben Rutabana soupçonnent Kayumba Nyamwasa d’en ĂȘtre responsable et d’avoir demandĂ© Ă  ses alliĂ©s ougandais d’arrĂȘter ce rival. Sur plainte d’une ONG amĂ©ricaine animĂ© par un ressortissant rwandais, un tribunal ougandais demandera mĂȘme aux services de sĂ©curitĂ© ougandais de produire Ben Rutabana, en vain. Pour justifier ses soupçons, l’entourage du chanteur Ă©voque des diffĂ©rends entre les deux hommes et la suspension de Ben Rutabana des instances de direction du RNC, alors mĂȘme qu’il est portĂ© disparu.

    Mais un autre hypothĂšse circule dans l’est du Congo, celle du dernier coup portĂ© au RNC et Ă  sa branche armĂ©e au Sud-Kivu. Cette disparition Ă©meut jusqu’au sein de la communautĂ© banyamulenge [Tutsis congolais, NDLR], de plus en plus hostile au rĂ©gime de Kigali et qui dit se retrouver prise en Ă©tau. Depuis le changement de Constitution au Rwanda en 2015 qui annonçait le troisiĂšme mandat de Paul Kagame, dans le plus grand secret, le RNC est devenu plus qu’un simple parti politique. Il s’est implantĂ© dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, au sein de cette communautĂ© et avec le soutien de certains officiers FARDC, mais connaĂźt depuis plusieurs mois des revers militaires. « Ben Rutabana Ă©tait le chef des opĂ©rations militaires du RNC au Congo, il a Ă©tĂ© tuĂ© comme les autres par un commando des forces spĂ©ciales rwandaises au Nord Kivu », croit savoir un ancien rebelle banyamulenge. « Il devait rejoindre les rescapĂ©s de son groupe armĂ© qui Ă©tait parti de chez nous Ă  Bijombo dans les Hauts Plateaux, ils ont presque tous Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©s ou capturĂ©s en juin 2019 dans le Masisi par l’armĂ©e rwandaise. C’était la guerre totale. » Vingt-cinq d’entre eux seront prĂ©sentĂ©s le 2 octobre 2019 devant le tribunal militaire rwandais de Nyamirambo. Officiellement, ils n’ont Ă©tĂ© que « rĂ©cemment » capturĂ©s par l’armĂ©e congolaise et extradĂ©s Ă  Kigali.

  • Affaire Kamerhe: Un tĂȘte-Ă -tĂȘte F. Tshisekedi – J. Kabila a Nsele

    Affaire Kamerhe: Un tĂȘte-Ă -tĂȘte F. Tshisekedi – J. Kabila a Nsele

    -Ce mardi 21 avril, sur le coup de 17 heures, l’ancien prĂ©sident Joseph Kabila est arrivĂ© Ă  la N’sele pour une rencontre en tĂȘte-Ă -tĂȘte avec FĂ©lix Tshisekedi.

    L’ancien prĂ©sident est entrĂ© seul dans la propriĂ©tĂ©, ses gardes du corps sont en effet demeurĂ©s devant l’entrĂ©e. FĂ©lix Tshisekedi, lui, est flanquĂ© de son conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© François Beya, ancien proche collaborateur de Joseph Kabila. Au programme : le dossier Kamerhe. Un dossier qui commence Ă  susciter beaucoup de tensions et l’ouverture de contre-feu qui peuvent nuire aux deux familles politiques.

    « Il faut parvenir Ă  Ă©teindre progressivement cette affaire », nous expliquait le week-end dernier un proche du nouveau pouvoir, qui poursuivait : « toute cette agitation est mauvaise car elle donne des envies Ă  beaucoup de rĂ©gler leurs comptes avec leurs adversaires et ce peut ĂȘtre un cercle vicieux qui pourrait alimenter des fantasmes. MĂȘme s’il ne s’agit que d’histoires, d’accusations qui se rĂ©vĂ©leront en fin de compte gratuites et infondĂ©es, dans un climat comme celui que l’on connaĂźt aujourd’hui, c’est trĂšs dangereux. Tout le monde est suspect. Il faut calmer le jeu et seuls Kabila et Tshisekedi peuvent le faire ».

  • Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    Lutte contre le Covid-19: 363 millions de dollars de la FMI faveur de la RDC

    -Le Fonds monĂ©taire international (FMI) a annoncĂ© mercredi le versement d’une aide d’urgence de 363 millions de dollars en faveur de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo pour combattre la pandĂ©mie du coronavirus.

    « La RDC connaĂźt un choc sĂ©vĂšre. A mesure que l’impact Ă©conomique du Covid-19 s’accentue, les perspectives Ă  court terme se dĂ©tĂ©riorent rapidement« , souligne l’institution dans un communiquĂ©, notant en particulier la chute des prix des minĂ©raux, dont les exportations notamment vers la Chine constituent la principale source de revenus du pays.

    « Les autoritĂ©s ont rĂ©agi rapidement, augmentant les dĂ©penses liĂ©es Ă  la santĂ© et dĂ©ployant une sĂ©rie de mesures de confinement » notamment, note-t-elle. Mais ces mĂȘmes mesures ont freinĂ© brutalement l’activitĂ© Ă©conomique du pays.

    « Le dĂ©ficit budgĂ©taire devrait se creuser cette annĂ©e compte tenu de la baisse attendue des recettes publiques et de l’augmentation des besoins de dĂ©penses liĂ©s Ă  la pandĂ©mie« , a commentĂ© Mitsuhiro Furusawa, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint du FMI, citĂ© dans le communiquĂ©. L’assistance financiĂšre d’urgence du FMI est accordĂ©e au titre de la facilitĂ© de crĂ©dit rapide.

    Pays riche en minerais (cobalt, cuivre, coltan, or
), la RDC Ă©tait dĂ©jĂ  avant la pandĂ©mie l’un des pays les plus pauvres au monde en termes de revenu moyen par habitant (environ 452 euros par an et par habitant selon des statistiques de la Banque mondiale rĂ©alisĂ©es avant le coronavirus).

    La rĂ©cession mondiale attendue cette annĂ©e, causĂ©e par la pandĂ©mie, est un nouveau coup dur pour la RDC qui luttait dĂ©jĂ  depuis 2018 contre une autre Ă©pidĂ©mie, celle d’Ebola. Ebola a tuĂ© plus de 2.200 personnes dans l’est du pays depuis sa dĂ©claration le 1er aoĂ»t 2018.

  • Crise a l’UDPS: Me  Mukumayi contre Tshilumbu et Shabani

    Crise a l’UDPS: Me Mukumayi contre Tshilumbu et Shabani

    Depuis un moment les membres et cadres de l’UDPS se tirent a blalle rouge. Lutte pour le positionnement. Chacun se sent plus competent que l’autre. Les uns appelent le groupe au affaires des illegaux et incompetents, les autres taxent le groupe des opposants de putchistes. Qui dit mieux? Suivez

  • Analyse sur l’actualite en RDC- V. Kamerhe a Makala, Fatshi Vs Tambwe Mwamba et Coronavirus

    Analyse sur l’actualite en RDC- V. Kamerhe a Makala, Fatshi Vs Tambwe Mwamba et Coronavirus

    Une analyse du point de vue juridique de la problematique de detournement de deniers publiques, la crise constitutionnelle entre le parlement, le senat et le President Fatshi

  • Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    Selon GEC, L’armĂ©e rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»

    -Y a-t-il des militaires rwandais qui opĂšrent sur le sol congolais ? La sociĂ©tĂ© civile et des dĂ©putĂ©s du Nord-Kivu dĂ©noncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la rĂ©gion et demandent Ă  ce que le mĂ©canisme de vĂ©rification mis en place par la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette prĂ©sence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont rĂ©guliĂšrement signalĂ© Ă  travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allĂ©gations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’universitĂ© de New York. Il rĂ©pond aux questions de Sonia Rolley.

    RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

    Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des diffĂ©rents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la sociĂ©tĂ© civile d’une prĂ©sence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opĂ©rations, en soutien aux opĂ©rations FARDC contre les FDLR lĂ -bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette prĂ©sence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une sĂ©rie d’opĂ©rations que l’armĂ©e rwandaise a menĂ©e avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opĂ©rations ont lieu depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Ça veut dire que la prĂ©sence rwandaise serait rĂ©guliĂšrement sur le sol congolais depuis un an ?

    Alors, c’est un peu compliquĂ© de parler de la prĂ©sence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette prĂ©sence n’a presque jamais cessĂ© depuis la fin de l’occupation officielle par l’armĂ©e rwandaise qui s’est terminĂ©e en 2002. C’est-Ă -dire que depuis cette Ă©poque, il y a souvent une prĂ©sence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux diffĂ©rents groupes armĂ©s dans l’est du Congo, avec des pĂ©riodes d’intensification comme Ă  l’époque du M23. La prĂ©sence rwandaise Ă©tait principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

    Ce qu’on a constatĂ© depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette prĂ©sence. C’est-Ă -dire que depuis 2014 environ, l’armĂ©e rwandaise est lĂ  en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armĂ©e congolaise et du gouvernement rwandais. Et lĂ  aussi, avec des pĂ©riodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivĂ©e au pouvoir du prĂ©sident Tshisekedi, on a vu une de ces pĂ©riodes d’intensification avec plusieurs opĂ©rations de l’armĂ©e rwandaise sur le sol congolais depuis l’annĂ©e passĂ©e.

    Mais est-ce que ce soutien Ă  l’armĂ©e congolaise ne devrait pas ĂȘtre signalĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU ?

    Cette prĂ©sence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc Ă©videmment, ça n’a pas Ă©tĂ© le cas. Le Conseil de sĂ©curitĂ© n’a pas ce constat, mĂȘme si le personnel des Nations unies sur le terrain est informĂ© pas seulement de cette prĂ©sence aujourd’hui, mais aussi dans le passĂ©.

    Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

    Il y a plusieurs niveaux de problĂšmes par rapport Ă  la prĂ©sence de l’armĂ©e rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armĂ©e est lĂ . On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mĂšnent des opĂ©rations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autoritĂ©s congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration Ă©tait officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilitĂ©. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opĂ©rer sur le sol congolais.

    L’autre niveau de problĂšme, c’est la maniĂšre dont ils opĂšrent en RDC. Par exemple, il y a des allĂ©gations crĂ©dibles de massacres conduits par l’armĂ©e rwandaise contre la population rĂ©fugiĂ©e rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armĂ© CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont lĂ  pour opĂ©rer contre les rebelles rwandais, mais cela a des rĂ©percussions considĂ©rables sur les populations civiles et rĂ©fugiĂ©es.

  • Selon la justice les indices de culpabilitĂ© sont lĂ  contre Vital Kamerhe

    Selon la justice les indices de culpabilité sont là contre Vital Kamerhe

    – Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du President FĂ©lix Tshisekedi, restera en prison, c’est le tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Matete qui en a dĂ©cidĂ© ainsi en rĂ©ponse Ă  l’appel de la dĂ©fense de Vital Kamerhe protestant contre la mise en dĂ©tention prĂ©ventive de leur client. L’accusation cherche Ă  obtenir la documentation officielle pour Ă©tayer ses charges. Retour sur les derniers Ă©lĂ©ments dans ce dossier.

    Le chef de cabinet soupçonnĂ© de dĂ©tournements des fonds allouĂ©s au programme d’urgence du prĂ©sident FĂ©lix Tshisekedi restera encore pendant au moins 10 jours entre quatre murs pendant que l’accusation cherche Ă  obtenir la documentation officielle pour Ă©tayer ses charges.

    Que ce soit pour l’accusation ou pour les deux tribunaux qui ont refusĂ© d’accorder la libertĂ© provisoire Ă  Vital Kamerhe : les indices de culpabilitĂ© persistent. L’une des causes de ce refus, selon des sources judiciaires, serait la fuite du neveu de Vital Kamerhe, Daniel Shangalume alias « Masaro »,  ce que l’avocat du directeur de cabinet dĂ©ment, assurant que cela n’a jamais Ă©tĂ© mentionnĂ©.

    Ce neveu, connu comme un simple conseiller au ministĂšre du Budget pilotĂ© par un haut cadre du parti de Kamerhe, est, selon l’accusation, la personne intermĂ©diaire par qui certaines transactions et opĂ©rations de rĂ©tro-commissions ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©es dans l’affaire de livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es.

    Vital Kamerhe n’a Ă©tĂ© jusque-lĂ  confrontĂ© qu’aux membres de la coordination du programme dit des « 100 jours ». Selon des sources judiciaires, tous, exceptĂ© Nicolas Kazadi, l’ancien coordonnateur du programme ont soutenu, lundi dernier, que le directeur de cabinet n’avait effectivement pris aucune part dans l’attribution des marchĂ©s et qu’aucun document en ce sens ne porte sa signature.

    Mardi, le parquet gĂ©nĂ©ral prĂšs la cour de Kinshasa – Matete, a entendu Justin Bitakwira, ancien ministre du dĂ©veloppement rural [ Sous Joseph Kabila]. L’audition a tournĂ© autour du contrat avec la sociĂ©tĂ© Samibo Congo Sarl, qui avait conclu, en avril 2018 avec le gouvernement congolais pour la livraison des maisons prĂ©fabriquĂ©es.

    Les confrontations sans doute les plus dĂ©terminantes n’ont toujours pas eu lieu, que ce soit avec l’homme d’affaires Jammal Samih impliquĂ© dans l’affaire des maisons prĂ©fabriquĂ©es ou avec l’ancien directeur de la RawBank, Thierry Taeymans. Cette banque, selon l’accusation, est la plaque tournante de toutes les transactions avec les entreprises mises en cause, mĂȘme si du cĂŽtĂ© de l’établissement bancaire, on assure n’avoir fait que respecter les instructions des titulaires de comptes.

    AprÚs la décision de son maintien en détention, depuis sa cellule, Vital Kamerhe a appelé ses partisans à rester calmes et a assuré que la Justice travaillait en toute indépendance. Avant de conclure : « mon innocence sera prouvée ».

    avec RFI

  • CoVid-19: la Banque Mondiale et le FMI ont suspendu «avec effet immĂ©diat», le remboursement des dettes des pays en dĂ©veloppement

    CoVid-19: la Banque Mondiale et le FMI ont suspendu «avec effet immédiat», le remboursement des dettes des pays en développement

    «Tous les crĂ©anciers bilatĂ©raux des pays IDA  (L’Association internationale de dĂ©veloppement) doivent suspendre les remboursements de la dette de ces derniers dĂšs lors qu’ils le demandent», ont-ils fait savoir. Selon les deux institutions, «la mesure permettra de rĂ©pondre aux besoins immĂ©diats de liquiditĂ©s des pays IDA pour faire face aux dĂ©fis engendrĂ©s par la pandĂ©mie du Covid-19 et donnera le temps d’évaluer l’impact de la crise et les besoins de financement de chaque pays»

    Le FMI et la Banque mondiale ont appelĂ© Ă  la suspension  de remboursement de la dette des pays les plus pauvres du monde alors que le dernier rapport du Groupe de la Banque mondiale rĂ©vĂ©lait que l’Afrique subsaharienne entrait en rĂ©cession avec une croissance initialement prĂ©vue pour 2020 affectĂ©e nĂ©gativement par l’impact du COVID-19 Ă©pidĂ©mie.

    Le FMI déclare que la suspension de remboursement de la dette des créanciers bilatéraux officiels pour les pays les plus pauvres du monde devrait aider les économies à faire face aux effets négatifs du COVID-19, en particulier la région subsaharienne dont la croissance devrait fortement chuter et pousser la région en récession pour la premiÚre fois en plus de 25 ans.

    «La pandĂ©mie de COVID-19 met Ă  l’Ă©preuve les limites des sociĂ©tĂ©s et des Ă©conomies du monde entier, et les pays africains devraient ĂȘtre particuliĂšrement touchĂ©s», a dĂ©clarĂ© Hafez Ghanem, vice-prĂ©sident de la Banque mondiale pour l’Afrique.

    «Nous mobilisons toutes les ressources possibles pour aider les pays Ă  rĂ©pondre aux besoins immĂ©diats des populations en matiĂšre de santĂ© et de survie, tout en prĂ©servant les moyens de subsistance et les emplois Ă  plus long terme – y compris en appelant Ă  un arrĂȘt des paiements officiels du service de la dette bilatĂ©rale, ce qui libĂ©rerait des fonds pour renforcer les systĂšmes de santĂ© pour faire face avec COVID 19 et sauver des vies, des filets de sĂ©curitĂ© sociale pour sauver les moyens de subsistance et aider les travailleurs qui perdent leur emploi, le soutien aux petites et moyennes entreprises et la sĂ©curitĂ© alimentaire. »

    La directrice gĂ©nĂ©rale du FMI, Kristalina Georgieva, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© que l’institution travaillait “24/7 pour soutenir nos pays membres – avec des conseils politiques, une assistance technique et des ressources financiĂšres”.

    Dans un discours intitulĂ© «Confronting the Crisis: Priorities for the Global Economy», Georgieva a Ă©tabli une liste de quatre points d’action prioritaires pour faire face Ă  l’impact du COVID-19 et a dĂ©clarĂ© que le FMI avait 1 billion de dollars en capacitĂ© de prĂȘt et le plaçait au service des membres.

    «Nous rĂ©pondons Ă  un nombre sans prĂ©cĂ©dent d’appels Ă  un financement d’urgence – provenant de plus de 90 pays Ă  ce jour. Notre Directoire vient d’accepter de doubler l’accĂšs Ă  nos installations d’urgence, ce qui nous permettra de rĂ©pondre Ă  la demande attendue d’environ 100 milliards de dollars de financement. Les programmes de prĂȘts ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© approuvĂ©s Ă  une vitesse record – y compris pour la RĂ©publique kirghize, le Rwanda, Madagascar et le Togo – et beaucoup d’autres Ă  venir », a ajoutĂ© Georgieva; «Et avec la Banque mondiale, nous demandons l’arrĂȘt du service de la dette des crĂ©anciers bilatĂ©raux officiels des pays les plus pauvres du monde».

    Selon le dernier Africa’s Pulse, la mise Ă  jour Ă©conomique semestrielle de la Banque mondiale pour la rĂ©gion, la croissance dans la sous-rĂ©gion devrait chuter de 2,4% en 2019 Ă  -2,1 Ă  -5,1% en 2020.

    En raison de l’impact du COVID-19, l’analyse montre que la rĂ©gion subira des pertes variant entre 37 et 79 milliards de dollars de pertes de production pour 2020 en raison d’une combinaison d’effets.

    Ils comprennent la perturbation du commerce et de la chaĂźne de valeur, qui a un impact sur les exportateurs de produits de base et les pays Ă  forte participation Ă  la chaĂźne de valeur; rĂ©duction des flux de financement Ă©tranger provenant des envois de fonds, du tourisme, des investissements directs Ă©trangers, de l’aide Ă©trangĂšre, combinĂ©s Ă  la fuite des capitaux; et par les impacts directs sur les systĂšmes de santĂ© et les perturbations causĂ©es par les mesures de confinement et la rĂ©action du public.

    Plusieurs pays africains, dont la Zambie, ont rĂ©agi rapidement et de façon dĂ©cisive pour freiner l’afflux et la propagation potentiels du coronavirus, ce qui est tout Ă  fait conforme aux directives internationales. Cependant, le rapport souligne plusieurs facteurs qui posent des dĂ©fis aux mesures de confinement et d’attĂ©nuation, en particulier les grands Ă©tablissements urbains informels densĂ©ment peuplĂ©s, le faible accĂšs Ă  l’eau potable et aux installations sanitaires et les systĂšmes de santĂ© fragiles.

    Le rapport de la Banque mondiale a recommandĂ© que les dĂ©cideurs africains se concentrent sur le sauvetage de vies et la protection des moyens de subsistance en se concentrant sur le renforcement des systĂšmes de santĂ© et en prenant des mesures rapides pour minimiser les perturbations dans les chaĂźnes d’approvisionnement alimentaire. Ils recommandent Ă©galement de mettre en Ɠuvre des programmes de protection sociale, y compris des transferts monĂ©taires, la distribution de nourriture et des exonĂ©rations de frais, pour soutenir les citoyens, en particulier ceux qui travaillent dans le secteur informel.