Une analyse du point de vue juridique de la problematique de detournement de deniers publiques, la crise constitutionnelle entre le parlement, le senat et le President Fatshi
Author: Don Kayembe
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Selon GEC, L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes»
-Y a-t-il des militaires rwandais qui opèrent sur le sol congolais ? La société civile et des députés du Nord-Kivu dénoncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la région et demandent à ce que le mécanisme de vérification mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette présence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont régulièrement signalé à travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allégations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’université de New York. Il répond aux questions de Sonia Rolley.RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?
Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des différents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la société civile d’une présence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opérations, en soutien aux opérations FARDC contre les FDLR là-bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette présence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une série d’opérations que l’armée rwandaise a menée avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opérations ont lieu depuis l’année passée.
Ça veut dire que la présence rwandaise serait régulièrement sur le sol congolais depuis un an ?
Alors, c’est un peu compliqué de parler de la présence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette présence n’a presque jamais cessé depuis la fin de l’occupation officielle par l’armée rwandaise qui s’est terminée en 2002. C’est-à-dire que depuis cette époque, il y a souvent une présence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux différents groupes armés dans l’est du Congo, avec des périodes d’intensification comme à l’époque du M23. La présence rwandaise était principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.
Ce qu’on a constaté depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette présence. C’est-à-dire que depuis 2014 environ, l’armée rwandaise est là en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armée congolaise et du gouvernement rwandais. Et là aussi, avec des périodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, on a vu une de ces périodes d’intensification avec plusieurs opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais depuis l’année passée.
Mais est-ce que ce soutien à l’armée congolaise ne devrait pas être signalé au Conseil de sécurité de l’ONU ?
Cette présence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc évidemment, ça n’a pas été le cas. Le Conseil de sécurité n’a pas ce constat, même si le personnel des Nations unies sur le terrain est informé pas seulement de cette présence aujourd’hui, mais aussi dans le passé.
Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?
Il y a plusieurs niveaux de problèmes par rapport à la présence de l’armée rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armée est là. On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mènent des opérations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autorités congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration était officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilité. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opérer sur le sol congolais.
L’autre niveau de problème, c’est la manière dont ils opèrent en RDC. Par exemple, il y a des allégations crédibles de massacres conduits par l’armée rwandaise contre la population réfugiée rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armé CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont là pour opérer contre les rebelles rwandais, mais cela a des répercussions considérables sur les populations civiles et réfugiées.
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Selon la justice les indices de culpabilité sont là contre Vital Kamerhe
– Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du President Félix Tshisekedi, restera en prison, c’est le tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Matete qui en a décidé ainsi en réponse à l’appel de la défense de Vital Kamerhe protestant contre la mise en détention préventive de leur client. L’accusation cherche à obtenir la documentation officielle pour étayer ses charges. Retour sur les derniers éléments dans ce dossier.Le chef de cabinet soupçonné de détournements des fonds alloués au programme d’urgence du président Félix Tshisekedi restera encore pendant au moins 10 jours entre quatre murs pendant que l’accusation cherche à obtenir la documentation officielle pour étayer ses charges.
Que ce soit pour l’accusation ou pour les deux tribunaux qui ont refusé d’accorder la liberté provisoire à Vital Kamerhe : les indices de culpabilité persistent. L’une des causes de ce refus, selon des sources judiciaires, serait la fuite du neveu de Vital Kamerhe, Daniel Shangalume alias « Masaro », ce que l’avocat du directeur de cabinet dément, assurant que cela n’a jamais été mentionné.
Ce neveu, connu comme un simple conseiller au ministère du Budget piloté par un haut cadre du parti de Kamerhe, est, selon l’accusation, la personne intermédiaire par qui certaines transactions et opérations de rétro-commissions ont été opérées dans l’affaire de livraison des maisons préfabriquées.
Vital Kamerhe n’a été jusque-là confronté qu’aux membres de la coordination du programme dit des « 100 jours ». Selon des sources judiciaires, tous, excepté Nicolas Kazadi, l’ancien coordonnateur du programme ont soutenu, lundi dernier, que le directeur de cabinet n’avait effectivement pris aucune part dans l’attribution des marchés et qu’aucun document en ce sens ne porte sa signature.
Mardi, le parquet général près la cour de Kinshasa – Matete, a entendu Justin Bitakwira, ancien ministre du développement rural [ Sous Joseph Kabila]. L’audition a tourné autour du contrat avec la société Samibo Congo Sarl, qui avait conclu, en avril 2018 avec le gouvernement congolais pour la livraison des maisons préfabriquées.
Les confrontations sans doute les plus déterminantes n’ont toujours pas eu lieu, que ce soit avec l’homme d’affaires Jammal Samih impliqué dans l’affaire des maisons préfabriquées ou avec l’ancien directeur de la RawBank, Thierry Taeymans. Cette banque, selon l’accusation, est la plaque tournante de toutes les transactions avec les entreprises mises en cause, même si du côté de l’établissement bancaire, on assure n’avoir fait que respecter les instructions des titulaires de comptes.
Après la décision de son maintien en détention, depuis sa cellule, Vital Kamerhe a appelé ses partisans à rester calmes et a assuré que la Justice travaillait en toute indépendance. Avant de conclure : « mon innocence sera prouvée ».
avec RFI
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CoVid-19: la Banque Mondiale et le FMI ont suspendu «avec effet immédiat», le remboursement des dettes des pays en développement
«Tous les créanciers bilatéraux des pays IDA (L’Association internationale de développement) doivent suspendre les remboursements de la dette de ces derniers dès lors qu’ils le demandent», ont-ils fait savoir. Selon les deux institutions, «la mesure permettra de répondre aux besoins immédiats de liquidités des pays IDA pour faire face aux défis engendrés par la pandémie du Covid-19 et donnera le temps d’évaluer l’impact de la crise et les besoins de financement de chaque pays»Le FMI et la Banque mondiale ont appelé à la suspension de remboursement de la dette des pays les plus pauvres du monde alors que le dernier rapport du Groupe de la Banque mondiale révélait que l’Afrique subsaharienne entrait en récession avec une croissance initialement prévue pour 2020 affectée négativement par l’impact du COVID-19 épidémie.
Le FMI déclare que la suspension de remboursement de la dette des créanciers bilatéraux officiels pour les pays les plus pauvres du monde devrait aider les économies à faire face aux effets négatifs du COVID-19, en particulier la région subsaharienne dont la croissance devrait fortement chuter et pousser la région en récession pour la première fois en plus de 25 ans.
«La pandémie de COVID-19 met à l’épreuve les limites des sociétés et des économies du monde entier, et les pays africains devraient être particulièrement touchés», a déclaré Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique.
«Nous mobilisons toutes les ressources possibles pour aider les pays à répondre aux besoins immédiats des populations en matière de santé et de survie, tout en préservant les moyens de subsistance et les emplois à plus long terme – y compris en appelant à un arrêt des paiements officiels du service de la dette bilatérale, ce qui libérerait des fonds pour renforcer les systèmes de santé pour faire face avec COVID 19 et sauver des vies, des filets de sécurité sociale pour sauver les moyens de subsistance et aider les travailleurs qui perdent leur emploi, le soutien aux petites et moyennes entreprises et la sécurité alimentaire. »
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a déclaré dans un communiqué que l’institution travaillait “24/7 pour soutenir nos pays membres – avec des conseils politiques, une assistance technique et des ressources financières”.
Dans un discours intitulé «Confronting the Crisis: Priorities for the Global Economy», Georgieva a établi une liste de quatre points d’action prioritaires pour faire face à l’impact du COVID-19 et a déclaré que le FMI avait 1 billion de dollars en capacité de prêt et le plaçait au service des membres.
«Nous répondons à un nombre sans précédent d’appels à un financement d’urgence – provenant de plus de 90 pays à ce jour. Notre Directoire vient d’accepter de doubler l’accès à nos installations d’urgence, ce qui nous permettra de répondre à la demande attendue d’environ 100 milliards de dollars de financement. Les programmes de prêts ont déjà été approuvés à une vitesse record – y compris pour la République kirghize, le Rwanda, Madagascar et le Togo – et beaucoup d’autres à venir », a ajouté Georgieva; «Et avec la Banque mondiale, nous demandons l’arrêt du service de la dette des créanciers bilatéraux officiels des pays les plus pauvres du monde».
Selon le dernier Africa’s Pulse, la mise à jour économique semestrielle de la Banque mondiale pour la région, la croissance dans la sous-région devrait chuter de 2,4% en 2019 à -2,1 à -5,1% en 2020.
En raison de l’impact du COVID-19, l’analyse montre que la région subira des pertes variant entre 37 et 79 milliards de dollars de pertes de production pour 2020 en raison d’une combinaison d’effets.
Ils comprennent la perturbation du commerce et de la chaîne de valeur, qui a un impact sur les exportateurs de produits de base et les pays à forte participation à la chaîne de valeur; réduction des flux de financement étranger provenant des envois de fonds, du tourisme, des investissements directs étrangers, de l’aide étrangère, combinés à la fuite des capitaux; et par les impacts directs sur les systèmes de santé et les perturbations causées par les mesures de confinement et la réaction du public.
Plusieurs pays africains, dont la Zambie, ont réagi rapidement et de façon décisive pour freiner l’afflux et la propagation potentiels du coronavirus, ce qui est tout à fait conforme aux directives internationales. Cependant, le rapport souligne plusieurs facteurs qui posent des défis aux mesures de confinement et d’atténuation, en particulier les grands établissements urbains informels densément peuplés, le faible accès à l’eau potable et aux installations sanitaires et les systèmes de santé fragiles.
Le rapport de la Banque mondiale a recommandé que les décideurs africains se concentrent sur le sauvetage de vies et la protection des moyens de subsistance en se concentrant sur le renforcement des systèmes de santé et en prenant des mesures rapides pour minimiser les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Ils recommandent également de mettre en œuvre des programmes de protection sociale, y compris des transferts monétaires, la distribution de nourriture et des exonérations de frais, pour soutenir les citoyens, en particulier ceux qui travaillent dans le secteur informel.
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IMF, World Bank Call For A Halt To Debt Servicing As Covid-19 Drives African Economies Into Recession.
The IMF and World Bank have called for a halt to debt servicing for the world’s poorest countries as the World Bank Group latest report revealed that sub-Saharan Africa was going into recession with initially projected 2020 growth adversely affected by the impact of the COVID-19 outbreak.
The IMF says the standstill of debt service to official bilateral creditors for the world’s poorest countries should help economies deal with the strong negative effects of COVID-19, particularly the sub-Saharan region whose growth is forecast to fall sharply and push the region into recession for the first time in over25 years.
“The COVID-19 pandemic is testing the limits of societies and economies across the world, and African countries are likely to be hit particularly hard,” said Hafez Ghanem, World Bank Vice President for Africa.
“We are rallying all possible resources to help countries meet people’s immediate health and survival needs while also safeguarding livelihoods and jobs in the longer term – including calling for a standstill on official bilateral debt service payments which would free up funds for strengthening health systems to deal with COVID 19 and save lives, social safety nets to save livelihoods and help workers who lose jobs, support to small and medium enterprises, and food security.”
IMF Managing Director, Kristalina Georgieva said in a statement that the institution was working “24/7 to support our member countries – with policy advice, technical assistance and financial resources”.
In a delivery entitled “Confronting the Crisis: Priorities for the Global Economy”, Georgieva set out a four priority action points list to deal with the COVID-19 impact and said that the IMF had $1 trillion in lending capacity and were placing it at the service of the membership.
“We are responding to an unprecedented number of calls for emergency financing—from over 90 countries so far. Our Executive Board has just agreed to double access to our emergency facilities, which will allow us to meet the expected demand of about $100 billion in financing. Lending programs have already been approved at record speed – including for the Kyrgyz Republic, Rwanda, Madagascar, and Togo—with many more to come,” Georgieva said adding; “And together with the World Bank, we are calling for a standstill of debt service to official bilateral creditors for the world’s poorest countries”.
According to the latest Africa’s Pulse, the World Bank’s twice-yearly economic update for the region, growth in the sub-region is forecast to fall sharply from 2.4% in 2019 to -2.1 to -5.1% in 2020.
As a result of the impact of the COVID-19, analysis shows that the region will suffer losses ranging from between $37 billion and $79 billion in output losses for 2020 due to a combination of effects.
They include trade and value chain disruption, which impacts commodity exporters and countries with strong value chain participation; reduced foreign financing flows from remittances, tourism, foreign direct investment, foreign aid, combined with capital flight; and through direct impacts on health systems, and disruptions caused by containment measures and the public response.
Several African countries, including Zambia, have reacted quickly and decisively to curb the potential influx and spread of the coronavirus, very much in line with international guidelines. However, the report points out several factors that pose challenges to the containment and mitigation measures, in particular the large and densely populated urban informal settlements, poor access to safe water and sanitation facilities, and fragile health systems.
The World Bank report recommended that African policymakers focus on saving lives and protecting livelihoods by focusing on strengthening health systems and taking quick actions to minimize disruptions in food supply chains. They also recommend implementing social protection programs, including cash transfers, food distribution and fee waivers, to support citizens, especially those working in the informal sector.
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Avec plus de 22 000 morts par Coronavirus, les Etats-Unis est le pays le plus affecté au monde
-Plus de 100.000 cas de Covid-19 ont été confirmés dans le pays. Plus de six millions d’Américains ont perdu leur emploi en une semaineDeux chiffres faisaient la Une ce matin du New York Times et de USA Today. Tout d’abord celui du nombre de personnes testées positifs au coronavirus : plus de 100.000 , à en croire les chiffres fournis par l’Université Johns-Hopkins.
Le pays dépasse ainsi la Chine et l’Italie en nombre de cas, même si le nombre de décès se limite pour le moment à près de 22.000 victimes, contre plus de 8.200 en Italie.
C’est à New York que la progression de la pandémie est la plus forte. Le numéro d’urgence est saturé dans la ville la plus peuplée des Etats-Unis avec ses plus de 8,5 millions d’habitants.
D’après le maire, Bill de Blasio, la moitié de la population new-yorkaise devrait être contaminée par le Covid-19 dans les prochains mois.
Et si la peur des Américains face au Covid-19 progresse dans les sondages, c’est aussi parce que plus de 27 millions de personnes n’ont pas accès à une couverture médicale.
Cela n’a empêché pour le moment le président Donald Trump de remettre cette semaine en question la légitimité des demandes en matériel de protection et d’équipement médical de certains Etats, comme celui de New York, qu’il juge exagérées.
Désastre économique
L’autre chiffre en Une des journaux est économique. Alors que Donald Trump espère “rouvrir” le pays et lever les restrictions d’ici le week-end de Pâques, les Etats-Unis ont enregistré 3,3 millions de demandeurs d’emploi supplémentaires en à peine une semaine.
Dans le même temps, le filet social est quasi inexistant et la protection des salariés très faible.
Dans le secteur de la restauration par exemple, les serveurs ne perçoivent souvent pas de salaire fixe mais se rémunérèrent seulement grâce aux pourboires des clients. Or, pas moins de 40 Etats sur 50 ont ordonné la fermeture ou des restrictions d’activité aux restaurants.
La Fédération des restaurateurs américains estime ainsi que si ces fermetures venaient à durer trois mois, cinq à sept millions de personnes “au minimum”, perdront leur emploi.
Face à cette crise, un plan d’aide économique massif de 2.000 milliards de dollars vient d’être voté par la Chambre des représentants.
Ce vendredi, le Trésor américain a assuré que les citoyens toucheront des aides sous trois semaines au plus tard. Le plan prévoit un chèque de 1.200 dollars en faveur des personnes aux plus faibles revenus.
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Edem Kodjo est mort a Paris
-Edem Kodjo, l’ancien Premier ministre et ex-secrétaire général de l’OUA est mort ce samedi matin, a Paris à l’âge de 81 ans.Il est décédé dans la matinée du samedi 11 avril à l’Hôpital américain de Neuilly, en région parisienne, où il était hospitalisé depuis neuf mois à la suite d’un accident vasculaire-cérébral. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par son épouse.
Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) de 1978 à 1983, Edem Kodjo avait aussi été le Premier ministre du Togo à deux reprises : sous la présidence de Gnassingbè Eyadéma d’abord, d’avril 1994 à août 1996, puis sous celle de son fils, Faure Essozimna Gnassingbé, de juin 2005 à septembre 2006.
Mission impossible
En 2009, il avait publiquement annoncé qu’il se retirait de la scène politique togolaise. Il avait repris du service quelques années plus tard, en janvier 2016, en tant que facilitateur du dialogue politique en RD Congo une mission difficile, « impossible » disait-il, qui lui avait été confiée par la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, alors présidente de la Commission de l’Union africaine (UA).
Après dix mois d’une facilitation chahutée, qui lui avait valu d’être contesté par l’opposition congolaise, il avait fini par jeter l’éponge.
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Vital Kamerhe reste en prison et d’autres auditions en vue
-La justice a décidé de maintenir en détention le directeur de cabinet du président Felix Tshisekedi Vital Kamerhe, et restera au moins 15 jours de plus derrière les barreaux.Il a été placé en détention préventive jeudi dernier pour des soupçons de détournements des fonds alloués au programme d’urgence du président au pouvoir depuis janvier 2019.
Le tribunal estime que M. Kamerhe est superviseur des travaux des 100 jours et soutient qu’il a aussi piloté les opérations des marchés publics de gré à gré, lesquels, affirme le tribunal, ont conduit au détournement de fonds publics.
Selon le parquet, dont les arguments sont développés dans l’ordonnance, le chef du cabinet de Felix Ts ahisekedi aurait notamment octroyé un marché de livraison des maisons préfabriquées à Samibo Congo Sarl, une société que l’accusation juge « fictive ».Cette société avait obtenu ce marché d’un montant de 57 millions de dollars dont 47 millions avaient été débloqués en liquide et n’ont jamais servi à l’achat de maisons.
Autre dossier selon l’accusation : un achat controversé de produits pharmaceutiques pour dix millions de dollars. Le marché avait été octroyé à Trade Plus, une entreprise qui avait reçu 10 millions de dollars pour la fourniture des médicaments.
Le scandale est que cette société n’est pas du domaine et ne tient qu’une quincaillerie. Elle avait fourni des produits, en grande partie périmés, mais le ministre de la Santé, Eteni Longondo, les avaient curieusement déclarés conformes.
Dans ce dossier, Vital Kamerhe soutient qu’il n’est en rien responsable et balaye d’un revers de la main d’autres accusations. Selon lui, tous ces marchés publics ont été hérités du dernier gouvernement du régime de Joseph Kabila.
Il soutient aussi qu’aucun marché de gré à gré ne porte sa signature. Autre argument du chef de cabinet : il affirme qu’il n’est pas de sa responsabilité de suivre l’affectation des fonds payés par la banque centrale dans les comptes desdites entreprises.
D’autres auditions devraient aussi avoir lieu dans le cadre de l’instruction du dossier et d’autres personnalités en vue pourraient être appelés en audition durant ce laps de temps.
Le détenu conteste enfin que plusieurs personnalités chargées de la supervision des travaux, parmi lesquelles le gouverneur de la banque centrale du Congo (BCC) et des ministres encore en fonction ne sont nullement inquiétés. Le tribunal n’a donc pas entendu ses arguments. La détention dans la prison de Makala se poursuivra encore pendant au moins 15 jours.
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Les Africains vivants en Chine sont victimes de la discrimination expriment leur colère a cause de covid-19
-Refoulés des hôtels, mis à la porte de leur logement, nombre d’Africains disent avoir été victimes de discrimination et d’arrestation abusives ces derniers jours à Canton dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Des incidents qui ont entrainé de vives réactions de la part des diplomaties africaines. Ce samedi, le département d’État aux États-Unis conseille aux Afro-Américains d’éviter la ville.Les images de ces Africains, pour la plupart des hommes d’affaires contraints de dormir dans les rues du quartier de Yuexiu et de Baiyun à Canton, a vite remplacée celles de la diplomatie sanitaire chinoise en Afrique. Avalanches de commentaires sur twitter : « Nous ne voulons plus de vos masques si nos ressortissants sont victimes de racisme en Chine », « nous sommes traités comme le virus » ou encore « n’utilisez pas la communauté africaine comme bouc émissaire ».
Ces expulsions de logement ou des hôtels font suite à un communiqué de la municipalité indiquant que cinq Nigérians avaient été testés positifs et s’étaient rendus dans plusieurs restaurants et hôtels de la ville sans respecter leur quatorzaine, conduisant les autorités sanitaires à retrouver et tester 2 000 personnes potentiellement à leur contact.
Les braises de la suspicion et la peur de l’étranger étant déjà entretenue par les craintes des autorités, largement relayées par les médias d’État, d’un rebond du coronavirus en Chine liés aux cas importés. Pékin ce vendredi a annoncé 10 ans de bannissement du sol chinois pour les étrangers ne respectant pas leur quarantaine, de nombreux abus de langages et dessins racistes ont fleuri sur les réseaux sociaux.
Des débordements déjà constatés en début d’année, lorsque Pékin a proposé une modification de la loi sur la résidence permanente pour les immigrés. Les différents témoignages rapportent le cas de propriétaire coupant l’électricité pour déloger les locataires, de campagne de dépistage massive du Covid-19 et à des mises en quarantaine visant la communauté africaine, dont une partie n’ont pas quitté le pays ces derniers mois.
D’autres moins nombreux rapportent les gestes de solidarité de résidents locaux, parfois d’autres communautés étrangères venus les soutenir en leur donnant des vêtements et des vivres. « Depuis le début de l’épidémie, la Chine et les pays africains se sont toujours soutenus mutuellement et ont toujours combattu conjointement le coronavirus », a fait savoir Zhao Lijian lors de son point de presse quotidien jeudi après-midi. « Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière, a insisté le porte-parole de la diplomatie chinoise, (…) et n’a aucune tolérance pour les mots et les gestes discriminatoires. »
Le même jour, la ville de Canton signalait 114 cas de contaminations importés, dont une grande majorité de Chinois de la diaspora et 16 Africains.
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Liberté provisoire de Vital Kamerhe en suspens – Il a a repondre aux multiples dossiers
-Vital Kamerhe saura ce samedi 11 avril s’il peut quitter la prison de Makala. Le directeur du cabinet du président Tshisekedi a été écroué jeudi, soupçonné par la justice congolaise de fautes graves de gestion et de détournements de fonds dans le cadre du « programme des 100 jours ». Le tribunal de Kinshasa – Matete va statuer ce samedi après-midi sur sa mise en liberté provisoire ou non en attendant d’éventuelles confrontations qui sont de moins en moins à l’ordre du jour.Après l’arrestation de Vital Kamerhe, du côté de l’accusation comme de la défense, on assurait qu’il serait très vite confronté à ses contradicteurs. Mais finalement vendredi, le procureur a préféré poursuivre les auditions. Il a notamment entendu un responsable du secrétariat général de la santé sur une affaire d’achats de produits pharmaceutiques. Un des multiples dossiers sur lesquels le directeur de cabinet aura à répondre.
En attendant, il fallait régulariser sa détention. Une audience s’est tenu en prison. Son avocat Me John Kaboto, plaide pour une liberté provisoire. « Les indices de culpabilité qui pourrait peser sur sa personne ne sont pas établis. Il a fourni beaucoup de pièces très convaincantes et nous avons trouvé qu’il était bon qu’on lui accorde la liberté provisoire, pour que monsieur Kamerhe continue à coopérer et collaborer avec la justice. »
Pour cette audition supplémentaire, Vital Kamerhe a eu recours aux comptables susceptibles de prouver ses dires.
Quant aux confrontations, l’accusation se rétracte : elles ne devraient plus avoir lieu avant la semaine prochaine. Ce délai serait, de source judiciaire, pour recueillir de nouvelles dépositions et documents de nature à éclairer les agissements du directeur de cabinet du président.
Dans ce contexte, la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » interpelle les autorités politiques comme judiciaires. Elle rappelle que plusieurs autres scandales ont entaché, y compris ces derniers mois, l’Etat congolais. L’affaire des 128 millions de la Gécamines, des 15 millions des produits pétroliers pour ne citer que celles-là sous l’époque Tshisekedi. Mais pour ce collectif d’ONG congolaises et internationales, il faut aussi s’intéresser au passé, pour que les millions détournés sous le régime de Joseph Kabila soient restitués au trésor public.
