Category: Politique

  • Égypte : cachez cette interview que le président Sissi ne saurait voir

    Égypte : cachez cette interview que le président Sissi ne saurait voir

    Depuis plusieurs jours, l’Égypte tente de faire déprogrammer une interview que le président Sissi a accordé à la chaîne américaine CBS, dans laquelle il évoque notamment les prisonniers politiques et la coopération avec Israël. La direction du groupe a refusé et a indiqué qu’elle maintenait sa diffusion, dimanche 6 janvier, dans son émission phare « 60 minutes ».

    « Al-Sissi s’est cru en Égypte, il a pensé qu’il pouvait appeler les chaines de télévision et censurer ce qu’il veut comme bon lui semble ! » Dans les cercles d’amis et sur les réseaux sociaux, on rigole de bon cœur de cet épisode, preuve que le sarcasme à l’égyptienne ne connait plus de sujet tabou.

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  • Yémen : nouvelle mission de l’émissaire de l’ONU

    Yémen : nouvelle mission de l’émissaire de l’ONU

    L’émissaire de l’ONU Martin Griffiths a entamé samedi une nouvelle mission au Yémen axée principalement sur une consolidation de la trêve dans la ville clé de Hodeida, avant d’éventuels nouveaux pourparlers entre les protagonistes du conflit qui déchire le pays depuis quatre ans.

    Selon un correspondant de l’AFP sur place, Martin Griffiths est arrivé à Sanaa, la capitale yéménite aux mains des rebelles Houthis, avant de se rendre à Ryad pour rencontrer le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, en exil en Arabie saoudite voisine, et d’autres responsables.

    Dimanche, il fera le déplacement dans la ville de Hodeida (ouest), selon des sources rebelles. Cette cité a constitué ces derniers mois le principal front du conflit avec une offensive d’envergure des forces progouvernementales qui cherchaient à la reprendre aux rebelles.

    Dernière mission en novembre dernier

    Le 13 décembre, à l’issue de consultations de paix en Suède sous l’égide de l’ONU, un accord a été conclu sur une trêve à Hodeida, entrée en vigueur le 18 décembre. Les combats ont quasiment cessé mais les deux camps continuent de s’accuser de violer le cessez-le-feu.

    C’est par le port de Hodeida que transitent l’essentiel de l’aide humanitaire au Yémen et la majeure partie des importations de ce pays pauvre de la péninsule arabique, où l’Arabie saoudite est intervenue militairement en 2015 pour aider le pouvoir face aux rebelles.

    L’émissaire de l’ONU, dont la précédente mission remonte à novembre dernier, n’a pas fait de déclarations à son arrivée à Sanaa où il doit discuter avec les chefs rebelles.

    Mais il est allé à la rencontre de cinq enfants souffrant de maladies chroniques qui l’attendaient dans des ambulances pour demander la levée du blocus imposé depuis près de quatre ans à l’aéroport de Sanaa, par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, selon le correspondant de l’AFP sur place.

    D’après les Houthis, le blocus empêche des milliers de Yéménites malades de se rendre à l’étranger pour des soins.

    Toujours pas de retrait des troupes

    Martin Griffiths doit également avoir à Sanaa des discussions avec Patrick Cammaert, chef des observateurs de l’ONU au Yémen, qui préside le comité mixte (rebelles-gouvernement) chargé notamment de mettre en oeuvre la trêve à Hodeida.

    Alors que les Nations unies affirment que la trêve résiste, des centaines de partisans des rebelles ont manifesté vendredi à Hodeida pour exhorter l’ONU à faire respecter la trêve.

    Selon l’accord de Suède, la remise du port de Hodeida et le retrait des troupes auraient du être achevés deux semaines après l’entrée en vigueur de la trêve. Ce délai est passé sans que cela n’ait eu lieu.

    Divergences

    Selon un membre gouvernemental du comité mixte, il n’y a toujours pas d’accord sur la partie qui sera en charge du port et il existe des divergences sur le redéploiement des forces.

    Un responsable de l’ONU a fait état il y a une semaine du début du retrait des rebelles de Hodeida, mais aucune autre annonce n’a été faite depuis.

    Après l’accord en Suède, le Conseil de sécurité a voté une résolution prévoyant l’envoi d’observateurs civils pour superviser l’évacuation des combattants de Hodeida et pour sécuriser le fonctionnement du port de Hodeida et de deux autres ports de la province du même nom.

    L’ONU espère réunir toutes les parties d’ici la fin du mois de janvier, peut-être au Koweït, pour un suivi des avancées obtenues en Suède, selon des diplomates à l’ONU. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait entendre un rapport de Martin Griffiths la semaine prochaine.

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  • Présidentielle à Madagascar : heurts entre manifestants et forces de l’ordre

    Présidentielle à Madagascar : heurts entre manifestants et forces de l’ordre

    Des incidents ont éclaté samedi à Antananarivo entre partisans de l’ex-chef de l’Etat Marc Ravalomanana, donné perdant de la présidentielle du 19 décembre, et les forces de l’ordre qui ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Pour la cinquième fois en une semaine, quelque 500 pro-Ravalomanana ont bravé l’interdiction de manifester sur la place centrale du 13-Mai dans la capitale malgache.

    Les forces de l’ordre les ont dispersés à coups de gaz lacrymogène, comme mercredi, et les protestataires ont riposté avec au moins deux cocktail Molotov, ont constaté des journalistes de l’AFP. Quatre personnes ont été arrêtées samedi, selon les mêmes sources.

    La HCC va se prononcer sur les recours

    Les manifestants dénoncent des fraudes lors du second tour de la présidentielle, remporté par l’ancien président Andry Rajoelina (2009-2014) selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

    Il a obtenu 55,66% des suffrages, contre 44,34% pour Marc Ravalomanana qui a déposé des recours devant la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour contester les résultats.

    La HCC doit se prononcer sur la validité ou non de ces recours mardi. D’ici là, les partisans de Marc Ravalomanana ont prévu de manifester quotidiennement pour faire pression sur la principale instance judiciaire du pays.

    « C’est injuste qu’on nous disperse comme ça à coups de gaz lacrymogène, nous des simples citoyens qui réclamons juste la vérité des urnes », a estimé un manifestant, Jean-Paul Rasolon, 53 ans.

    « Après ce 8 janvier, si on ne restaure pas la vérité, peu importe qui va gagner, on va entrer dans une crise », a-t-il prévenu.

    « Nous ne sommes pas ici pour troubler l’ordre public », s’est indignée une autre manifestante, Ninia Donia. « On veut juste la vérité, parce que j’ai vu de mes propres yeux les fraudes massives. »

    Règlement de comptes

    Après une chasse au chat et à la souris entre manifestants et forces de l’ordre, une pluie torrentielle s’est abattue sur la capitale, vidant la place du 13-Mai.

    L’élection de 2018, qui s’est déroulée sans incident majeur, a pris le tour d’un règlement de comptes entre Marc Ravalomanana, qui a quitté le pouvoir en 2009 sous la pression de la rue et de l’armée qui avait confié le pouvoir à l’opposant Andry Rajoelina.

    Les deux hommes avaient été interdits de candidature à la présidentielle de 2013 dans le cadre d’un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale.

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  • Nigeria : Buhari se défend après la nomination de sa nièce à la commission électorale

    Nigeria : Buhari se défend après la nomination de sa nièce à la commission électorale

    La présidence nigériane et le président de la Commission électorale indépendante (Céni) se sont défendus face aux critiques de l’opposition qui dénonce la nomination de la nièce du président Muhammadu Buhari au sein de la commission électorale, à six semaines d’un scrutin présidentiel auquel l’ancien général briguera sa propre succession.

    « Je suis le seul responsable de la compilation des résultats », a déclaré savoir le président de la Céni, Mahmood Yakubu, vendredi soir, après une polémique lancée par le principal parti de l’opposition qui refuse la nomination de Amina Zakari, nièce par alliance du président Buhari, à la tête d’une branche de l’institution, le centre de compilation des résultats de la présidentielle du 16 février.

    « Quelqu’un doit s’occuper de l’organisation des lieux du vote, de la distribution des réseaux internet, des accréditations des observateurs internationaux et des journalistes », s’est défendu le président de la Céni, affirmant que ces tâches ne peuvent influer le résultat de la présidentielle du mois prochain, à laquelle le chef de l’État est candidat à un second mandat.

    « Nièce par alliance »

    Vendredi, la présidence avait déjà voulu mettre un terme à la polémique, affirmant qu’Amina Zakari était sa « nièce par alliance ». « Dire qu’il y a des liens de sang entre le président et une commissaire électorale est un pur mensonge », a assuré Gerba Shehu, porte-parole de M. Buhari.

    Le Parti populaire démocratique (PDP), principal parti d’opposition, a rejeté cette semaine à la nomination d’Amina Zakari « à la tête de la délégation qui révélera les résultats des élections, à laquelle son oncle, le président Buhari, est candidat ».

    Pour le PDP, qui affrontera directement le président sortant, cette nomination est une « violation directe du code de l’élection présidentielle ». « Nous ne l’accepterons pas », a affirmé le PDP, dans un communiqué.

    Le président Buhari, élu pour un premier mandat en 2015, enregistre un bilan très mitigé notamment en terme de sécurité et de relance de l’économie. Il affrontera un ancien vice-président, Atiku Abubakar, lors des élections générales prévues du 16 février.

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  • Affaire Khashoggi : le récit de Ryad pas encore assez ” crédible “, selon Washington

    Affaire Khashoggi : le récit de Ryad pas encore assez ” crédible “, selon Washington

    Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore montrées suffisamment « crédibles » dans la gestion de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, a déclaré vendredi un haut responsable américain.

    « De notre point de vue, les récits qui ont émergé côté saoudien au cours du processus judiciaire n’ont pas encore atteint le seuil de crédibilité et responsabilité nécessaire », a affirmé ce responsable à des journalistes sous couvert de l’anonymat.

    « Il est dans l’intérêt des Saoudiens de s’attaquer vigoureusement à ce problème pour se débarrasser de ce boulet et tourner la page de cet incident qui a suscité un tel tollé », a-t-il ajouté en référence à l’affaire du journaliste saoudien tué début octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

    Mike Pompeo sous pression

    Selon ce responsable, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui fera étape à Ryad lors de la tournée qui l’emmènera au Moyen-Orient à partir de mardi, « va évoquer le cas » avec les Saoudiens.

    Il va « continuer à faire pression pour que les responsables rendent des comptes et pour que les dirigeants saoudiens se montrent crédibles au cours du processus judiciaire qui a commencé cette semaine », a-t-il ajouté.

    Les sénateurs américains sont particulièrement remontés contre Ryad depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, début octobre dans le consulat d’Arabie à Istanbul. Ils ont adopté une autre résolution, par consentement unanime, accusant le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d’être « responsable du meurtre », alors même que l’administration Trump a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume.

    La peine de mort requise contre 5 suspects

    Un procès s’est ouvert jeudi à Ryad au cours duquel le procureur général a requis la peine de mort contre cinq suspects de ce meurtre commis par des agents saoudiens. Mais l’identité des commanditaires continue de faire des vagues : le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président Donald Trump, a estimé en décembre, dans une résolution adoptée par consentement unanime, que le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane était « responsable du meurtre ».

    L’administration Trump assure pourtant ne pas avoir de preuve irréfutable d’une telle responsabilité et a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume, jugée indispensable à ses yeux.

    « Les Saoudiens doivent présenter un récit crédible de ce qui s’est passé », et « s’assurer que les exécutants comme les commanditaires soient tous identifiés par les Saoudiens et soient tenus entièrement responsables avec des châtiments appropriés », a estimé vendredi le responsable américain.

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  • Soudan : ” Le pouvoir d’Omar el-Béchir ressent la pression, c’est une évidence “

    Soudan : ” Le pouvoir d’Omar el-Béchir ressent la pression, c’est une évidence “

    Rachid Saïd, journaliste soudanais proche de l’opposition et vivant en France, décrypte le fonctionnement et les revendications d’Intifada, mouvement d’opposition qui ne faiblit pas depuis mi-décembre dans le pays du président Omar el-Béchir.

    Depuis le 19 décembre, les manifestations continuent sur un rythme quasi quotidien au Soudan. Initialement, les premières revendications étaient économiques et sociales. Mais le départ du président Omar el-Béchir est devenu la première exigence de « l’Intifada » soudanaise.

    Rachid Saïd est un ancien militant du Parti communiste soudanais et ex-diplomate, chassé de ses fonctions en 1989 dans la foulée du coup d’État de l’actuel président, le général Omar el-Béchir. Il vit en France depuis 1992 et reste proche de l’opposition. Il revient sur l’évolution du mouvement, sa géographie, sa composition et son organisation.


    >>> À LIRE – Manifestations au Soudan : Omar el-Béchir appelle à recourir « moins à la force »


    Jeune Afrique : En quoi les manifestations actuelles diffèrent-elles du soulèvement de 2013 ?

    Rachid Saïd : Elles sont différentes par leur ampleur. En 2013, les manifestations étaient concentrées à Khartoum et étaient surtout le fait des lycéens, des étudiants et des organisations de jeunesse. Là, les piliers du mouvement sont les associations de professionnels, qui « remplacent » dans leur rôle classique les syndicats, tenus par le régime au Soudan. Sur un plan géographique, les premières villes à s’être soulevées sont Al-Qadarif, dans le sud, et Atbara, dans le nord.

    Dans ces agglomérations, les manifestations ont commencé autour de revendications économiques et sociales.

    Atbara, première ville dans laquelle les manifestations ont éclaté, est un vieux fief du mouvement ouvrier. C’est la cité des travailleurs du chemin de fer. Dans les années 1990, le régime a vendu jusqu’aux rails du réseau ferroviaire, pour s’orienter vers le transport par camions. Depuis, la région s’est paupérisée. Les revendications tournaient donc autour des droits sociaux les trois premiers jours. Mais, très vite, la question de la transition de régime s’est posée.

    Les associations de professionnels ont demandé le départ du régime dès les premiers jours, comme suite logique de leurs revendications économiques

    Parce que les manifestations de colère sont régulières, tout autant que les promesses faites par le président, beaucoup de gens sont lassés. C’est pourquoi les associations de professionnels ont demandé le départ du régime dès les premiers jours, comme suite logique de leurs revendications économiques.

    Les Soudanais darfouris trouvent-ils leur place dans le mouvement ?

    Les Darfouris qui vivent à Khartoum ou dans d’autres villes sont bien sûr partie prenante du mouvement, qui insiste sur l’unité de la nation. Après que Béchir a accusé le mouvement rebelle darfouri d’Abdul Wahid Al-Nour d’organiser des troubles dès les premières manifestations, des Soudanais de toutes les régions se sont amusés à chanter : « Nous sommes tous Darfouris ».


    >>> À LIRE – Soudan : Omar el-Béchir, le glaive et le Coran


    En revanche, il n’y a pas de manifestations au Darfour même, pour une très simple raison : tout le monde sait que la région étant tenue par des milices très violentes, elles tourneraient sans doute au massacre. De plus, dès les premiers jours de révolte, le régime y a fermé les écoles et les universités.

    Depuis le début du mouvement, comment ce dernier a-t-il évolué ?

    Un fait remarquable est la présence massive de femmes. C’est une évolution notable par rapport à 2013. Une des autres grosses tendances a été l’abandon des violences, et ce dès le troisième jour environ. Au départ, les locaux du Congrès national, le parti au pouvoir, étaient visés, incendiés. Depuis, les manifestations sont souvent non violentes. Et, surtout, l’opposition se structure.

    Comment l’opposition s’organise-t-elle ?

    Au Soudan, il est très difficile aujourd’hui de se réunir à plus de quatre ou cinq personnes. Impossible de mettre des représentants de dizaines d’organisations dans une même salle. La quasi-totalité de la direction des Forces de consensus national, qui réunissent autour du Parti communiste la formation Al-Oumma de Sadek al-Mahdi, ainsi que divers mouvements nationalistes et d’opposition, a été arrêtée lors d’une réunion dès les premiers jours de la révolte.

    La coordination à l’étranger a nommé deux porte-parole, au cas où les arrestations l’empêchent de diffuser ses messages depuis l’intérieur

    La « Coordination de l’Intifada », principal point de centralisation de la révolte, réunit donc quatre ou cinq personnes : des représentants de trois ou quatre grands blocs, fruits d’unions préalables entre des organisations d’opposition. Les associations de professionnels, qui sont l’armature de l’Intifada dans les rues, les régions et les villes, y ont une place, pour représenter le mouvement en cours, qui a permis de voir émerger des figures jusqu’ici inconnues, comme Mohammed Naji al-Asam, un jeune médecin de 26 ans. La coordination à l’étranger a par ailleurs nommé deux personnes comme porte-parole, au cas où les arrestations l’empêchent de diffuser ses messages depuis l’intérieur.

    Cette coordination a-t-elle fait connaître ses vues ?

    En plus de maintenir à jour la liste des arrestations et d’organiser les manifestations, elle a émis un document proposant un premier plan pour une transition en quatre ans, basé sur la réconciliation et la paix avec les mouvements rebelles armés, des mesures sociales et économiques, la rédaction d’une nouvelle Constitution, ainsi que l’organisation à terme d’élections. Plus que jamais, la transition paraît possible aux Soudanais.

    Béchir peut-il tout de même continuer à compter sur des forces politiques qui lui sont favorables ?

    Une partie du mouvement islamiste lui reste fidèle, bien que des gens se réclament de l’appellation « Frères Musulmans », ou que le parti islamiste Islah est aujourd’hui dans l’opposition. Certains militants fidèles à la mémoire d’Hassan al-Tourabi continuent aussi de soutenir Béchir, vaille que vaille. Mais les réels piliers du régime sont des sécuritaires, des corps policiers, des franges de l’armée et, surtout, les milices. Ces dernières sont sûrement plus fidèles que certains jeunes militaires, dont on a vu quelques uns sourire à la foule et appeler au calme, les armes à feu bien rangées.

    Sur un plan diplomatique, l’opération charme que Béchir a entamé depuis quelques temps le protège-t-elle également ?

    Béchir a participé à la « lutte anti-terroriste », à la politique dite « d’externalisation des frontières » de l’Union européenne, et a collaboré sur le dossier libyen. Il a respecté des cessez-le-feu dans certaines régions, comme le Nil bleu. Cela lui a offert des marges de manœuvre. Mais sa volonté affichée en début d’année de modifier la Constitution pour briguer un troisième mandat en 2020 a été mal vu par ses alliés traditionnels, les sécuritaires égyptiens, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.


    >>> À LIRE – Soudan : conforté à l’étranger, Omar el-Béchir serre la vis à l’intérieur


    En fait, Béchir a surtout voyagé en Russie à deux reprises dernièrement, et a rendu visite à Bachar al-Assad à Damas, transporté par un avion russe. Moscou est son soutien. Les Soudanais se partagent d’ailleurs des vidéos dans lesquelles on peut voir des hommes blancs évoluer aux côtés des forces de l’ordre soudanaises, dans les rues de Khartoum, pour s’opposer aux manifestants. Pour beaucoup, il s’agirait de ressortissants russes.

    Béchir a appelé la police à moins recourir à une force excessive. Qu’en pensez-vous ?

    Il a aussi récemment déclaré que tuer pour préserver la stabilité n’était pas incompatible avec la religion. Il multiplie les sorties pour se présenter comme proche du peuple, quitte à s’enfoncer le doigt dans la bouche en plein discours, pour raconter comment, lorsqu’il était jeune, il s’est lui-même arraché une dent cassée alors qu’il travaillait sur un chantier.

    C’est vrai que dans la rue, les violences diminuent. Cela peut paraître un peu sordide, mais un seul manifestant a été tué mardi dernier dans Khartoum, contre neuf le mardi d’avant. Le pouvoir a ressenti la pression, c’est devenu une évidence.

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  • Tunisie : dans un contexte tendu, l’état d’urgence prolongé ” pour la dernière fois ” ?

    Tunisie : dans un contexte tendu, l’état d’urgence prolongé ” pour la dernière fois ” ?

    Le président Béji Caïd Essebsi a annoncé aujourd’hui la prolongation jusqu’au 4 février de l’état d’urgence, en vigueur dans le pays depuis une série d’attaques jihadistes sanglantes en 2015.

    Le chef de l’État Béji Caïd Essebsi « a décidé de prolonger l’état d’urgence d’un mois à compter du 6 janvier jusqu’au 4 février, à la suite de concertations avec le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée des représentants du peuple », a-t-elle indiqué dans un bref communiqué. « Cette prolongation serait probablement la dernière en attendant l’adoption par le Parlement d’un projet de loi réglementant l’état d’urgence », a ajouté, sous couvert de l’anonymat, un responsable à la présidence de la République.

    Heurts nocturnes

    Cette nouvelle prolongation intervient le lendemain d’une opération sécuritaire antiterroriste dans le centre-ouest du pays et dans laquelle deux jihadistes présumés retranchés dans une maison à Jelma dans la région de Sidi Bouzid, ont été tués.

    Fin décembre, des heurts nocturnes avaient été enregistrés dans plusieurs villes notamment au centre-ouest défavorisé du pays après l’immolation par le feu d’un journaliste voulant dénoncer les inégalités dans un pays englué dans le marasme économique malgré les acquis démocratiques de la révolution de 2011.

    L’état d’urgence avait été réinstauré le 24 novembre 2015, au soir de l’attentat perpétré en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle (12 agents tués) et revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

    L’année 2015 avait été aussi marquée par deux autres attentats sanglants de l’EI contre des touristes au musée de Bardo à Tunis et dans une zone touristique de Sousse (est) qui avaient fait au total 60 morts (59 touristes et un policier).

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  • Cameroun : Paul Biya réaménage son gouvernement en veillant à maintenir les équilibres

    Cameroun : Paul Biya réaménage son gouvernement en veillant à maintenir les équilibres

    Après la nomination de Joseph Dion Ngute au poste de Premier ministre, le président camerounais a procédé à une redistribution de certains postes ministériels, vendredi 4 janvier. S’il y a eu quelques réaménagements, aucun changement n’est à noter dans les secteurs clés, qui restent aux mains de ses fidèles.

    Après plus de deux mois d’attente, Paul Biya a finalement effectué un réaménagement à la tête de différents ministères. Suite à sa victoire à l’élection présidentielle du 7 octobre dernier, le président camerounais a légèrement modifié la structure de l’équipe gouvernementale, qui a conservé l’essentiel de ses cadres. Une surprise pour tous ceux qui attendaient un « grand nettoyage », notamment après le fiasco qui a abouti au retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations.


    >>> À LIRE – Cameroun : Paul Biya nomme Premier ministre le juriste anglophone Joseph Dion Ngute


    Très peu de nouveaux responsables ont, en effet, fait leur entrée dans ce tout premier gouvernement de l’ère Dion Ngute. Gabriel Mbairobe (Agriculture), Dodo Ndonke (Mine et industries), Célestine Ketcha Courtès (Développement urbain), Achille Bassilekin III (PME) et Manaouda Malachie (Santé) étant les seuls « bleus » à obtenir des portefeuilles, parmi la soixantaine en jeu. Dans leur grande majorité, les nominations du président Biya ont en réalité porté sur des changements de ministères.

    Ainsi, exit la Communication pour le très remarqué Issa Tchiroma Bakary, qui rejoint le ministère de la Formation professionnelle. Il est remplacé par l’ancien ministre René Emmanuel Sadi, jusqu’à lors conseiller à la présidence de la République. Le ministre Bidoung Mkpatt rejoint les Arts et la culture, où il remplace Narcisse Mouellé Kombi, nouveau ministre des Sports et de l’éducation physique. Henri Eyebe Ayissi hérite du ministère du Domaine et affaires foncières, et Laurent Serge Etoundi Ngoa de l’Éducation de base. Ibrahim Talba Malla, ancien ministre et actuel directeur de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), est quant à lui nouveau ministre des Marchés publics.

    Statu quo et promotions

    Dans l’ordre de son équilibre gouvernemental, Paul Biya a soigneusement évité de toucher aux ministères clés de son gouvernement. Laurent Esso à la Justice, Beti Assomo à la Défense, Nganou Djoumessi aux Travaux publics et Louis-Paul Motaze aux Finances, ont tous conservé leurs fonctions. Idem pour le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, par ailleurs promu au rang de ministre d’État, tout comme Jacques Fame Ndongo de l’Enseignement supérieur, grand artisan de la victoire de Paul Biya à la dernière présidentielle. Même l’entrée de l’avocat Jean de Dieu Momo, ancien opposant, au poste de ministre délégué à la Justice, n’a pas réussi à donner une nouvelle coloration au premier gouvernement de ce nouveau septennat.

    La nouvelle équipe aura la lourde mission de relever un pays actuellement mis à mal par un conflit dans sa partie occidentale

    La nouvelle équipe aura la lourde mission de relever un pays actuellement mis à mal par un conflit dans sa partie occidentale, qui a de lourdes conséquences économiques et humanitaires. Paul Biya compte certainement sur son nouveau Premier ministre, juriste de formation, pour mener une barque qui semble naviguer à vue.


    La liste complète des nominations de Paul Biya

    Ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur : Jacques Fame Ndongo

    Ministre délégué à la présidence de la République chargé des marchés publics : Ibrahim Talba Malla

    Ministre délégué à la présidence de la République, chargé des relations avec les Assemblées : Wakata Bolvine

    Ministre de l’Agriculture et du développement rural : Gabriel Mbairobe

    Ministre des Arts et de la culture: Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt

    Ministre de la Communication : René Emmanuel Sadi

    Ministre du Domaine, du cadastre et des affaires foncières : Henri Eyebe Ayissi

    Ministre de l’Éducation de base : Laurent Serge Etoundi Ngoa

    Ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle : Issa Tchiroma Bakary

    Ministre de l’Habitat et du développement urbain : Célestine Ketcha Courtès

    Ministre des Mines, de l’industrie et du développement technologique: Gabriel Dodo Ndoke

    Ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat: Achille Bassilekin III

    Ministre de la Santé publique : Malachie Manaouda

    Ministre des Sports et de l’éducation physique : Narcisse Mouellé Kombi

    Ministre délégué auprès du ministre de la Justice, garde des Sceaux : Jean de Dieu Momo

    Ministre délégué auprès du ministre des Transports : Zacharyaou Njoya

    Ministres chargés de missions à la présidence de la République : Paul Goghomou Mingo, Ndong Soumhet

    Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation de base : Kilo Viviane Acherie

    Ministre d’État, ministre du Tourisme et des loisirs : Bello Bouba Maïgari

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  • Togo : démission du Premier ministre et du gouvernement

    Togo : démission du Premier ministre et du gouvernement

    Le Premier ministre togolais Sélom Klassou a remis sa démission et celle de son gouvernement au président Faure Gnassingbé qui l’a acceptée, après les législatives remportées par le parti au pouvoir, a rapporté vendredi la radio nationale.

    Le président a demandé à Sélom Klassou, en poste depuis juin 2015, et à son gouvernement de « continuer à assurer les affaires courantes », a précisé la radio.

    Le scrutin du 20 décembre avait été boycotté par la principale coalition de l’opposition qui avait dénoncé des « irrégularités » dans sa préparation.

    L’Union pour la République (Unir), le parti du président Faure Gnassingbé, avait remporté 59 des 91 sièges de l’Assemblée nationale, selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle.

    L’Union des Forces de Changement (UFC) de l’ex-opposant historique Gilchrist Olympio en avait gagné sept, des candidats indépendants remportant les autres sièges.

    La C-14 absente du Parlement

    Après plus d’un an de grave crise politique, et des dizaines de marches de protestation, certaines massives, les leaders de la principale coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C-14) n’avaient pas présenté de candidats et n’auront plus aucune représentation au Parlement.

    Les observateurs de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avaient salué la bonne tenue de ces législatives, tout comme les dirigeants ouest-africains qui ont jugées le 22 décembre à Abuja que ces élections « libres et transparentes » étaient conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

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  • Tanzanie : Magufuli exhorte ses ministres à tirer profit des crises dans d’autres pays

    Tanzanie : Magufuli exhorte ses ministres à tirer profit des crises dans d’autres pays

    Le président tanzanien John Magufuli, réputé pour ses déclarations parfois abruptes et controversées, a appelé vendredi différents ministères de son pays à tirer profit des situations de crises générant des flux de réfugiés, en vendant des vivres destinées à l’aide alimentaire internationale.

    Le chef de l’État tanzanien s’exprimait à Dar es Salaam devant des représentants de son gouvernement et du Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) qui venaient de signer un contrat portant sur la livraison de 36 000 tonnes de maïs à l’organisme onusien pour un montant équivalent à 8 millions d’euros.

    « Ces fonds qui sont alloués à l’aide pour nos amis réfugiés d’autres pays en conflit, il est de notre devoir d’en tirer profit. Nous devons absolument tirer avantage de leurs problèmes. Ils se battent chez eux et nous obtenons de l’argent », a déclaré John Magufuli.

    « Le marché est là »

    Face aux rires de la salle, le chef de l’État a tenté de nuancer son propos: « Je ne dis pas que je souhaite qu’ils se battent, mais s’ils se battent, que leur conflit soit source de profit pour nous. Parce que même si nous ne leur donnons pas de vivres, ils se battront. Nous ne voulons pas qu’ils se battent, mais s’ils se battent, profitons-en ».

    Soulignant que la Tanzanie a longtemps manifesté peu d’intérêt pour les marchés du PAM, John Magufuli a appelé ses services compétents, notamment le ministère de l’Agriculture, à saisir les opportunités.

    « Le marché est là : si le PAM demande même 200 000 tonnes, dépêchez-vous d’acheter auprès des producteurs et donnez au PAM », a ordonné le président tanzanien.

    En 2018, la Tanzanie avait vendu 31 000 tonnes de maïs au PAM, selon le ministère de l’Agriculture à Dar es Salaam.

    400 000 réfugiés

    En 2017, la Tanzanie abritait près de 400 000 réfugiés, provenant essentiellement du Burundi et de la République démocratique du Congo (RDC) et vivant, pour leur grande majorité, dans des camps surpeuplés du nord du pays, selon le ministère de l’Intérieur tanzanien.

    Alors que la Tanzanie a longtemps été louée pour ses efforts dans l’accueil des réfugiés, le gouvernement du président Magufuli exerce depuis 2017 des pressions sur les réfugiés, surtout Burundais, pour les contraindre à retourner dans leur pays, contre leur gré. Ces pressions ont été dénoncées par des organisations internationales de défense des droits de l’homme.

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