Category: Politique

  • Cameroun : Paul Biya nomme Premier ministre le juriste anglophone Joseph Dion Ngute

    Cameroun : Paul Biya nomme Premier ministre le juriste anglophone Joseph Dion Ngute

    Nommé chef du gouvernement le 4 janvier par le président Paul Biya, Joseph Dion Ngute, juriste anglophone de 64 ans, remplace Philémon Yang, un autre anglophone qui a battu le record de longévité à ce poste. La formation de son équipe est attendue dans les prochaines heures.

    Joseph Dion Ngute se souviendra longtemps de cette semaine. Depuis deux jours, les réseaux sociaux sont inondés de photos de sa résidence d’Ekondo-Titi, son village, en flammes. Un incendie imputé aux séparatistes anglophones en conflit avec Yaoundé. Et en fin d’après-midi du 4 janvier, le président Paul Biya l’a nommé Premier ministre.

    Cet anglophone âgé de 64 ans, aux lunettes rectangulaires constamment vissées sur le visage, est originaire de la région du Sud-Ouest et était jusque-là ministre délégué chargé de mission à la présidence. Il remplace Philémon Yang, issu de l’autre région anglophone du Nord-Ouest. Nommé le 30 juin 2009, ce dernier a ainsi battu le record de longévité à ce poste, en l’occupant près de neuf ans. Depuis trois décennies, la primature échoit alternativement aux ressortissants de ces deux régions en proie depuis près de deux ans à un conflit séparatiste.

    Chargé de former le gouvernement de Biya

    Ce juriste, titulaire d’un doctorat en droit de l’université anglaise de Warwick, a entamé sa carrière à l’université de Yaoundé. Il devient le numéro deux du Centre national d’administration et de magistrature (Cenam), puis dirige l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), l’ENA locale. En décembre 1997, Joseph Dion Ngute entre dans le gouvernement comme ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures en charge du Commonwealth. Un poste que ce militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) occupe pendant pratiquement deux décennies.

    Joseph Dion Ngute est chargé de former le premier gouvernement après la victoire de Paul Biya (71,28%) à l’élection présidentielle du 7 octobre. Sa composition est attendue dans les prochaines heures.

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  • Côte d’Ivoire : Guillaume Soro prend un peu plus ses distances avec le RHDP

    Côte d’Ivoire : Guillaume Soro prend un peu plus ses distances avec le RHDP

    Sommé de clarifier sa position vis-à-vis du futur parti unifié RHDP, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro a lancé depuis le début de l’année une offensive médiatique et politique, confirmant un peu plus son rapprochement avec Henri Konan Bédié.

    Ses déclarations ont sans doute pris de court ses adversaires au sein du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel, dont il est membre). Depuis son village natal, dans le septentrion ivoirien, Guillaume Soro a multiplié les piques et les réponses indirectes au sujet du futur parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

    « J’ai entendu quelqu’un dire qu’il va me chasser. Il veut m’humilier ou il veut m’insulter ? Il peut me chasser, moi ? Bon, comme je le dis, les temps ont changé. Comme les temps ont changé, même tous les gringalets peuvent parler aussi », a lancé le 1er janvier Guillaume Soro, sur un ton à la fois familier et ironique, devant des cadres et des chefs de communautés villageoises, invités à partager avec lui un repas de Nouvel An.


    >>> À LIRE – Adama Bictogo : « Le congrès du RHDP sonnera l’heure de la clarification »


    Le président de l’Assemblée nationale, qui a volontairement omis de clôturer la session parlementaire 2018, répondait ainsi à Adama Bictogo, vice-président du RDR et président du comité d’organisation du congrès du RHDP, prévu le 26 janvier. Au cours d’une conférence de presse, Adama Bictogo, un proche du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, rival de Guillaume Soro, avait demandé que chaque personnalité se réclamant de la majorité présidentielle clarifie sa position vis-à-vis du parti unifié à constituer.

    Sera-t-il présent au congrès du RHDP ?

    « Chacun doit se déterminer. Évidemment, si vous êtes président de l’Assemblée nationale que vous n’adhérez pas au RHDP ou que vous avez décidé de ne pas être RHDP, n’attendez pas qu’on vous demande de partir, déposez le tablier », avait souligné Bictogo, qui se faisait l’écho d’une opinion largement répandue au sein des partisans d’Alassane Ouattara.


    >>> À LIRE – Côte d’Ivoire : des dissensions au RHDP à un mois de son congrès constitutif


    Guillaume Soro n’a jusque-là pas confirmé sa participation ou non au congrès constitutif du RHDP. Si l’on en croit le titre de l’édition du 4 janvier de Générations Nouvelles, dernier né des quotidiens ivoiriens et proche de Soro, ce dernier aurait décidé de ne pas s’y rendre. « Congrès constitutif du RHDP : Soro dit non à Ouattara », titrait ainsi le journal.

    Je vais aller saluer Bédié, matin, midi, soir, si je veux

    Un ticket Bédié-Soro en 2020 ?

    Une distance vis-à-vis du RHDP qui le rapproche davantage d’Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Les deux hommes ne cachent plus leur partenariat, dans le cadre d’une nouvelle plateforme politique devant regrouper les principaux opposants à Ouattara et dont les négociations se déroulent dans un secret absolu. Chacune de leurs rencontres faisant l’objet d’interprétations de la part de leurs pourfendeurs, Soro s’est voulu catégorique : « Je vais aller saluer Bédié, matin, midi, soir, si je veux ».

    Ajoutant : « Je suis en train de demander le pardon, la réconciliation, donc je peux aller voir qui je veux, en Côte d’Ivoire. Ils disent que jamais les Baoulés ne vont voter pour moi. J’ai compris. Mais quand je suis allé saluer Bédié, patron des Baoulés, il a dit que [j’étais] son fils. Donc, je suis Baoulé ». Cette phrase de Guillaume Soro a eu le mérite de livrer deux informations majeures sur sa propre posture vis-à-vis de la présidentielle de 2020. D’abord sa candidature à cette élection, puis la possibilité pour lui d’avoir le parrainage de Bédié et de son parti, le PDCI.

    En effet, dans les états-majors des deux personnalités, personne n’écarte l’idée d’un ticket Bédié-Soro, à la présidentielle de 2020.

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  • Élections en RDC : la majorité pro-Kabila ” dénonce l’attitude partisane ” de l’Église catholique

    Élections en RDC : la majorité pro-Kabila ” dénonce l’attitude partisane ” de l’Église catholique

    La majorité favorable au président Joseph Kabila a accusé vendredi 4 janvier la Conférence épiscopale d’avoir une « attitude partisane » et de « violer gravement la Constitution», après avoir affirmé la veille qu’elle connaissait le vainqueur de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo.

    La coalition au pouvoir, Front commun pour le Congo (FCC), « déplore, dénonce et condamne fermement l’attitude partisane, irresponsable et anarchique de la Cenco« , a déclaré l’un de ses porte-parole, vendredi lors d’un point-presse.


    >>> À LIRE – Élections en RDC : la Conférence épiscopale dit posséder le nom du vainqueur


    Le FCC cite nommément le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole, qui « se permet de proclamer en toute illégalité des tendances culminant au choix à la présidentielle d’un candidat déjà bien identifié ». « Cela viole gravement autant la Constitution et la loi électorale que la charte de bonne conduite, lesquelles imposent aux parties prenantes de ne pas proclamer lesdits résultats, attribution reconnue à la seule Commission électorale nationale indépendante (Ceni) », a ajouté ce porte-parole, Barnabé Kikaya Bin Karubi, par ailleurs conseiller du président Kabila.

    La Cenco n’a pas donné le nom du vainqueur, mais a invité la Ceni à publier les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice

    La Cenco « constate que les données à sa disposition, issues des procès-verbaux des bureaux de vote, consacrent le choix d’un candidat comme président de la République », avait déclaré jeudi l’abbé Nshole, en présentant le rapport préliminaire de la mission d’observation électorale de l’Église catholique. Il n’a pas donné le nom du vainqueur, mais a invité la Ceni à « publier en toute responsabilité les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice ».

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  • En Israël, Idriss Déby Itno en quête de nouveaux équipements pour surveiller le Tibesti

    En Israël, Idriss Déby Itno en quête de nouveaux équipements pour surveiller le Tibesti

    Le président tchadien a mené une visite inédite en israël, du 25 au 27 novembre. Au menu des discussions avec Benyamin Netanyahou : le rétablissement des relations diplomatiques et les questions sécuritaires, en particulier dans le Tibesti.

    Lors de sa visite en Israël (25-27 novembre), Idriss Déby Itno (IDI) a abordé avec Benyamin Netanyahou, le Premier ministre, le sujet du rétablissement des relations diplomatiques bilatérales, rompues depuis 1972. Dore Gold, l’ancien ambassadeur d’Israël à l’ONU, joue un rôle actif en ce sens.

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  • Présidentielle en RDC : Tshisekedi et Kamerhe sous la pluie, Fayulu bientôt à Beni et Ramazani Shadary dans l’ex-Katanga

    Présidentielle en RDC : Tshisekedi et Kamerhe sous la pluie, Fayulu bientôt à Beni et Ramazani Shadary dans l’ex-Katanga

    À trois semaines du scrutin, les trois principaux candidats à l’élection présidentielle du 23 décembre en RDC mènent une campagne souvent semée d’embûches. Tour d’horizon.

    • Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe sous la pluie

    Dimanche, le « ticket » d’opposants Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe a lancé sa campagne à Kinshasa sous une pluie incessante, devant quelques centaines de sympathisants dans le quartier populaire du Camp Luka à Kinshasa.

    Le candidat Félix Tshisekedi a montré du doigt les routes détrempées pour dénoncer le bilan du chef de l’État sortant, Joseph Kabila : « C’était très difficile pour nous d’arriver ici. Ils n’ont rien fait, la population du Camp Luka est abandonnée. Nous regrettons les conditions de vie des habitants d’ici », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par le site internet d’information actualité.cd.

    Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe doivent partir le mardi 4 décembre à la conquête de l’Est à Goma, dans le Nord-Kivu.

    • Martin Fayulu reporte son lancement de campagne

    Gwenn Dubourthoumieu pour JA

    Dans cette campagne, bien des rendez-vous peuvent toujours être annulés ou reportés à la dernière minute. C’est le cas pour l’autre candidat de l’opposition, Martin Fayulu, qui a finalement reporté à mercredi le lancement de sa campagne dans la ville de Beni, également dans le Nord-Kivu, où il voulait initialement arriver ce dimanche 2 décembre.

    Martin Fayulu tient à mettre l’accent sur les questions de sécurité à Beni, cible des attaques du groupe armé ADF et d’une épidémie d’Ebola. Il a accusé cette semaine le gouvernement de l’empêcher de faire campagne en retardant la réponse à sa demande d’utilisation d’un avion privé.

    • Ramazani Shadary dans l’ex-Katanga

    REUTERS/Kenny Katombe

    Le candidat de la majorité Emmanuel Ramazani Shadary a pour sa part fait campagne toute la semaine dans l’ex-Katanga minier (sud-est). « Au cours de notre mandat, un agent de l’État qui se livre à la corruption sera jeté dans la prison », a-t-il promis vendredi à Kalemie, la capitale du Tanganyika (sud-est), dans des propos rapportés par le site internet de la radio Okapi.

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  • Mali : retour sur l’opération de Barkhane qui a permis de ” neutraliser ” Amadou Koufa

    Mali : retour sur l’opération de Barkhane qui a permis de ” neutraliser ” Amadou Koufa

    Amadou Koufa, l’un des principaux chefs jihadistes au Mali, a été « neutralisé » dans la nuit du 22 au 23 novembre. L’opération a été menée après plus de six mois d’un travail « sans relâche » des services français.

    L’opération de la force Barkhane qui a permis de neutraliser Amadou Koufa, l’un des principaux chefs jihadistes au Mali, et une trentaine de ses hommes de la katiba Macina, dans la nuit du 22 au 23 novembre, entre Mopti et Nampala, est le fruit d’un long travail des services français.

    Tout a commencé dans le centre du pays il y a plus de six mois. L’ensemble des moyens de la DGSE et de la Direction du renseignement militaire (DRM) ont été mobilisés, afin d’intercepter des échanges téléphoniques, d’obtenir des images aériennes et de recueillir du renseignement humain (notamment grâce à l’appui des services maliens).

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  • RDC : Ramazani Shadary, l’homme du président

    RDC : Ramazani Shadary, l’homme du président

    À la surprise générale, Joseph Kabila a fait de Emmanuel Ramazani Shadary son dauphin. Fort d’un solide réseau local, pourra-t-il fédérer son propre camp et, surtout, s’émanciper de la tutelle du chef de l’État ?

    C’est un endroit discret dans le centre-ville de Kinshasa, au croisement des avenues Batetela et Gombe. De jeunes Kinois privilégiés ont pris place sur la terrasse. À l’intérieur du bâtiment, une boîte de nuit joue des anciens succès de la rumba congolaise. OK Jazz, Zaïko Langa Langa, Choc Stars… C’est ici qu’Emmanuel Ramazani Shadary a longtemps eu ses habitudes. Mais ça, c’était avant qu’à la surprise générale, le 8 août dernier, Joseph Kabila en fasse officiellement son dauphin et que la vie de cet homme, proche du président mais inconnu du grand public, bascule.

    « C’était notre coin, raconte Adolphe Lumanu, l’un de ses bras droits. Mais vous vous doutez bien que, maintenant, il ne peut plus venir. Il est potentiellement le prochain chef de l’État ! » Sous la lumière des boules à facettes, cet ancien directeur de cabinet du chef de l’État dit ne pas avoir été surpris de le voir choisi comme candidat du Front commun pour le Congo (FCC) pour la présidentielle du 23 décembre. À l’en croire, le fidèle Ramazani a même toujours figuré sur la short list de Kabila. « Il ne le savait sans doute pas, mais le président le préparait depuis longtemps. »

    « Coup sur coup »

    C’est peu dire qu’Emmanuel Ramazani Shadary vient de loin. Né il y a 58 ans dans l’est de la RD Congo, dans un petit village du territoire de Kabambare, dont est aussi originaire Mama Sifa, la mère de Joseph Kabila, il grandit dans une famille modeste. Sa mère est vendeuse de poissons, et son père comptable pour une église locale.

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  • Pétrole : le Qatar va quitter l’Opep

    Pétrole : le Qatar va quitter l’Opep

    Saad al-Kaabi, le nouveau ministre de l’Energie de l’émirat gazier, a annoncé le retrait du Qatar de l’Opep dès 2019, pour se concentrer sur la production de gaz.

    Le Qatar va quitter en janvier l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a annoncé lundi 3 décembre le nouveau ministre de l’Energie de l’émirat gazier.

    « Le Qatar a décidé de se retirer comme membre de l’Opep avec effet en janvier 2019 », a déclaré Saad al-Kaabi lors d’une conférence de presse à Doha, ajoutant que l’organisation en avait été informée lundi matin.


    >>> À LIRE – Crise du golfe : Qatar-Arabie saoudite, la guerre fratricide


    Le Qatar continuera à produire du pétrole, mais se concentrera sur la production de gaz. L’émirat du Golfe est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié.

    « Nous n’avons pas beaucoup de potentiel (dans le pétrole), nous sommes très réalistes. Notre potentiel, c’est le gaz », a souligné Kaabi.

    Le Qatar est membre de l’Opep depuis 1961. Les bases de l’organisation ont été établies en septembre 1960, notamment sous l’impulsion de l’Arabie saoudite qui domine le cartel de 15 membres aujourd’hui. L’Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar en juin 2017 en l’accusant d’abriter des individus et des organisations qui lui sont hostiles.

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  • Burundi : visé par un mandat d’arrêt, l’ex-président Pierre Buyoya dénonce une ” manipulation politique “

    Burundi : visé par un mandat d’arrêt, l’ex-président Pierre Buyoya dénonce une ” manipulation politique “

    L’ex-président burundais Pierre Buyoya a dénoncé dimanche 2 novembre une « manipulation politique » suite à un mandat d’arrêt international émis contre lui par la justice de son pays, qui l’accuse d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président Melchior Ndadaye en octobre 1993.

    « Tout laisse à penser qu’il s’agit là d’une simple manipulation politique et d’une nouvelle manœuvre de diversion visant à faire oublier les questions douloureuses non résolues », écrit Pierre Buyoya dans un communiqué diffusé dimanche 2 décembre.

    « Il est symptomatique que la réouverture du dossier de feu Melchior Ndadaye intervient au moment où, face aux multiples sollicitations de la communauté internationale, le gouvernement a choisi de s’emmurer délibérément dans le refus du dialogue », ajoute l’ancien président burundais, actuel représentant de l’Union africaine (UA) au Mali.

    Mandat d’arrêt international

    Le Burundi a lancé vendredi 29 novembre un mandat d’arrêt international contre l’ancien président, ainsi que 11 hauts gradés des forces de sécurité (armée et gendarmerie) et cinq de ses anciens proches collaborateurs civils, pour leur rôle présumé dans l’assassinat de Melchior Ndadaye.

    Quatre haut gradés de l’armée à la retraite ont été arrêtés dans le cadre de la même enquête, le 24 novembre. « Des éléments de l’enquête » révèlent que d’autres personnes « pourraient avoir été impliquées dans ce crime, dans sa préparation ou même dans sa commission », a affirmé vendredi le procureur général, Sylvestre Nyandwi, pour justifier l’émission de ces mandats d’arrêts.

    Dans son communiqué, Pierre Buyoya rappelle pour sa part qu’un jugement a déjà été rendu dans cette affaire. Une dizaine de soldats – dont le plus haut gradé était lieutenant – ont en effet été condamnés en 1998, dans un procès considéré comme celui « des exécutants ».

    Les tenants du pouvoir se félicitent d’une « décision historique », les opposants dénoncent « un deux poids, deux mesures »

    Il souligne également qu’un « consensus (avait) été dégagé sur la voie à suivre pour résoudre ce qu’il a été convenu d’appeler le contentieux de sang » dans le cadre de l’accord de paix d’Arusha.

    Depuis, les dirigeants politiques, les membres de l’ancienne armée et des mouvements rebelles avaient bénéficié d’une immunité provisoire, alors que cet accord prévoyait que tous les crimes commis relèveraient désormais de la Commission vérité et réconciliation (CVR).

    Ces mandats d’arrêt ont suscité des tensions à Bujumbura. Les tenants du pouvoir se sont félicités d’une « décision historique ». Mais les opposants ont dénoncé « un deux poids, deux mesures », en rappelant qu’aucun membre de l’ex-rébellion hutu, aujourd’hui au pouvoir, n’a été inquiété pour les nombreux massacres de Tutsi qui ont suivi la mort du président Ndadaye.

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  • Algérie : la visite de Mohamed Ben Salman critiquée par la société civile et l’opposition

    Algérie : la visite de Mohamed Ben Salman critiquée par la société civile et l’opposition

    Le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman est attendu dimanche 2 décembre à Alger pour une visite qui suscite critique et réprobation dans des milieux intellectuels et politiques. Selon un communiqué de la présidence algérienne publié par l’agence officielle APS, cette visite de deux jours s’inscrit dans le cadre «des relations fraternelles et étroites entre les deux pays».

    « La visite (dimanche et lundi) doit donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et aux projets de partenariat économique et commercial », a indiqué la présidence algérienne, précisant que le prince héritier sera à la tête d’une importante délégation.

    Elle se déroule dans le cadre de la première tournée de Mohamed Ben Salman à l’étranger depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique de Riyad qui s’était exilé aux États-Unis. Cet assassinat, perpétré le 2 octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, a ébranlé la position à l’international du prince, accusé par des responsables turcs et américains de l’avoir commandité.

    Les autorités saoudiennes ont reconnu que Khashoggi avait été tué et démembré dans le consulat mais démentent toute implication du prince dans le meurtre.

    Des intellectuels algériens dénoncent la visite de MBS

    Avant de se rendre mercredi à Buenos Aires pour le sommet du G20, ce dernier s’était rendu aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, en Égypte et en Tunisie. Sa visite à Tunis a été marquée par des manifestations contre son rôle dans la guerre au Yémen et la répression dans son pays. Riyad intervient au Yémen contre des rebelles en soutien au gouvernement.

    En Algérie, sa visite suscite aussi des critiques. « Les Algériens ne peuvent souhaiter la bienvenue au prince héritier saoudien », a indiqué à la presse Abderrazak Makri, président du parti islamiste Mouvement de la société pour la paix (MSP). « Il est responsable de la mort d’un nombre important d’enfants et de civils au Yémen, du journaliste Jamal Khashoggi comme il a jeté en prison des citoyens saoudiens qui n’ont commis aucun crime », a-t-il ajouté.

    Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a parlé d’une « grosse provocation ».

    Dans une déclaration, 17 intellectuels, journalistes et oulémas ont aussi dénoncé la visite du prince « dont le monde entier sait qu’il a été l’ordonnateur d’un crime abominable contre le journaliste Jamal Khashoggi », ont-ils écrit.

    En l’accueillant, « l’Algérie officielle ne risque-t-elle pas d’accorder une prime d’encouragement à la politique rétrograde de cette monarchie », ont prévenu les signataires.

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