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Et si l’election présidentielle était boycottée…, ou si sa tenue se révélait chahotique…

 Par Jean-Marie Dikebelayi,

-Les évènements qui se déroulent sous nos yeux et les évolutions qu’ils annoncentn’incitent guère à l’optimisme. Les pessimistes dont, de nature, je ne suis pas, notentque les craintes sont successives et qu’on n’est pas du tout sorti de la zonedangereuse. A qui tente de le cerner, l’avenir immédiat de la RépubliqueDémocratique du Congo ne se présente que sous forme d’un himalaya d’interrogations. Ces interrogations assombrissent-elles l’horizon de notre pays ou l’éclairent-elles? Avant de répondre passons-en quelques unes en revue:

 1. Une épine à la gorge peut faire vomir toute la nourriture déjà consommée

 Le chien aboie, la caravane passe!  Voilà ce que semble être le mot d’ordre de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), pour qui les auteurs des critiques formulées contre elle et les manifestants qui les soutiennent ne sont rien d’autre que des créateurs de psychoses, plus dangereux que les problèmes souvent réels mais, d’après elle, toujours exagérés qu’íls dénoncent. Elle donne jusque là l’impression de ne pas comprendre la colère et l’indignation que cette attitude de mépris et certaines de ses initiatives suscitent auprès des congolais dont la volonté de se saisir de cette élection pour changer leur destin est très forte, et qui en attendent beaucoup pour doter le Congo d’un régime capable de lui offrir plus qu’il ne lui prend. Quand se rendra t-elle, finalement, compte que des militants hystériques vont, un jour, vouloir obtenir par la force ce qui leur est refusé par le dialogue? Quand comprendra t-elle qu’un jour ils risquent de se dire,” …Assez c’est assez, on ne dialogue pas avec une institution qui vous méprise, on la combat pour la mettre hors d’etat de nuire…”?

 2. Pas de moindre signe que le pouvoir sortant va jouer le jeu jusq’au bout

 On peut l’aimer ou ne pas l’aimer, le pouvoir en place c’est une réalité, on ne peut pas faire comme s’il n’existait pas! Quelle que soit l’opinion qu’on a de lui, on doit être attentif à ce qu’il dit ou ne dit pas, à ce qu’il fait ou ne fait pas, car les prérogatives qu’il détient et les moyens dont il dispose sont terrifiants. Il est évident, même s’ils se prennent pour ce qu’ils ne sont pas, sachant  bien que leur départ n’aggraverait pas la situation du Congo, que les drigeants actuels ne quitteront pas le pouvoir qu’ils détiennent depuis 10 ans sans livrer bataille qui s’annonce trè dure, très rude et sans concessions. Nombreux encore sont ceux qui ne croient pas un seul instant à la sincérité de cette étonnante et tardive conversion au processus électoral de leur part. Dans le même ordre d’idées, aux dernières nouvelles, nous apprenons que le Président de la République est devenu aussi président du club des politiciens philanthropiques, ceux-là qui par solidarité et compassion envers eux (!), distribuent de l’argent (provenant d’on ne sait quel budget) aux ex-zaïrois démunis ou endeuillés… pour contribuer à les sortir du malheur ou simplement du besoin. Pendant que la demande du “changement lisible” est très pressante chez les congolais, voilà que d’autres se contentent des discours qui, en fin des comptes, ne satisfont que leurs auteurs et camarades qui, eux, n’attendent qu’une place en cas de victoire pour se régaler dans le pot de miel de nos ressources bradées. On peut légitimement s’interroger si un tel club va jouer le jeu jusqu’au bout ou privilégier l’affrontement à l’apaisement.

 

3. L’Est du pays menace chaque jour d’échapper à tout contrôle, dans d’autres coins du pays, à l’image du Katanga de petits roitelets sont apparus et font déjà monter les enchères…

 

Il règne, en cette période pre-électorale, dans la partie-Est du pays une confusion indescriptible. On ne sait plus très bien qui est citoyen et qui ne l’est pas, la sécurité de tous n’est pas assurée, les forces de l’ordre sont sorties de leur rôle de protection de l’integrité de notre territoire et de maintien de l’ordre public pour devenir des violeurs, des facteurs des troubles de tout genre… On entend des bruits des bottes jours et nuits, et on assiste à des combats sans fin, sans résultats probants, contre un adversaire non identifié, combats qui ont provoqué des milliers des déplacés et créé des émules dans d’autres provinces comme le Bakongo, le Bandundu…Aucune autorité ne se sent responsable de ces dérives répugnantes, aucune ne bat sa culpe, encore moins ne présente sa démission ou seulement propose de le faire. Pourtant ces dérives sont connues des chefs civils et militaires. Elles ne font rien ou pas grand chose pour les combattre. En revanche, elles tentent de faire en sorte qu’elles ne soient pas connues de l’opinion publique. Les congolais se rendent, enfin,compte qu’aux sbires du Maréchal du Zaïre et aux kadogo de M’Zee du Congo ont succédé les tortionnaires et les violeurs du Rais. En même temps, au Katanga les non-originaires de cette province comme on les appelle sont menacés de payer très cher leur vote au cas où leur choix se porterait sur un autre candidat que celui décrété par le roitelet de cette contrée de la République. Comment peut-on se légitimer par un vote, se demandent certains, alors qu’il y a encore au Congo certaines parties où l’on ne peut circuler sans risque mortel ni mener une vraie campagne électorale?

 

4. L’opposition est une famille dont les composantes sont mal soudées

 

Trois illusions guettent l’opposition politique congolaise:

– la convergeance qui nie les différences;

– la formation d’une équipe de meilleures, au lieu de celle adaptée pour faire une équipe solide;

– Certains de ses leaders se laissent dévorer par des ambitions demesurées

 

La politique n’est pas un métier, c’est un engagement, et on ne doit pas la faire comme on fait de la musique, c’est-à-dire une fonction vide de sens et des motifs. Un ami expatrié vivant au Congo depuis plusieurs années m’a dit, un jour:” Quand on voit ce que les congolais appellent “faire de la politique” on a un peu envie de rire et de ne pas s’en mêler”!

 

Lorsqu’il y a un choix à faire, il est tout à fait normal que chacun essaie de batir sa pésence sur la scène politique. En observant ce qui se passe sur le terrain, je constate par exemple que, Vital Kamhere pose de bonnes questions. C’est intéressant sa manière d’aborder les problèmes qui tiennent beaucoup de congolais à coeur depuis des années. Normalement le courant avec Etienne Tshisekedi, dont tout le monde peut penser ce qu’il veut, devait passer même si ces deux poids lourds, comme ont pu le démontrer les images de leurs meetings, ne s’approvisionnent pas aux mêmes sources d’électricité. Néanmoins, aux yeux de la plupart des congolais lucides, Vital semble conduit moins par ses convictions personnelles que par opportunisme électoral, entériner sa candidature à l’élection présidentielle pose un problème éthique. Ils estiment que ce n’est pas le fait d’avoir quitté le bateau MP ou d’avoir écrit un livre, fut-il bien écrit qui fait de lui le candidat le plus crédible qu’il faut pour porter les couleurs de l’opposition dans la conjoncture actuelle. D’autres pensent même que, malgré ses positions intéressantes, il s’y prend trop tard et c’est trop tôt de lui faire totalement confiance! D’autres vont même plus loin en estimant qu’il se présente plutôt comme intermdiaire entre un bourreau et ses victimes. Cette prudence mêlée à la lucidité s’appelle “l’opposition ou la politique par la preuve”

 

De son côté, le sphynx de Limete se heurte à la volonté farouche de ceux qui n’ont aucun intérêt à son retour, comme le colonel CHABERT, ce héros alzacien qui, donné pour mort à la bataille d’Eylan, revient 10 ans plus tard à sa vie parisienne et voit sa femme et ses enfants se détourner de lui car ils ont changé de vie!

 

Par ailleurs, le terme”collabo” introduit dans le vocabulaire congolais et qui a tendance à opposer les opposants entre eux me paraît malsain et contreproductif, tout au moins en ce moment. C’est une formule qui est pleine des risques. Ce slogan ne devrait pas être la guerre de l’opposition, à l’heure actuelle, elle ne devrait approuver ni les méthodes ni les buts de ses auteurs. L’idéologie dont ils se prévalent heurtent les valeurs démocratiques: une franche explication entre les camarades. Autant faire cesser tout de suite les attaques personnelles pour réflechir aux solutions. Certes, beaucoup s’inquiètent devant un nombre toujours croissant des trahisons dans cette famille politique, mais elles ont le mérite de clarifier la situation et d’inciter les autres à se serrer les coudes. Pour moi, l´inquiétude qui mobilise est de loin préférable à l´excès de confiance qui immobilise!.

 

Je voudrais croire, jusqu’à preuve du contraire, que la stratégie de Vital Kamhere c’est d’abord de servir d’appât médiatique, pour marquer son territoire. Mais, voilà qu’il a été très durement traité dans certains milieux. Je crois fermement que le débat d’idées ne devrait pas permettre une telle agressivité envers lui. Par contre, ce que je trouve peu intéressant c’est quand l’intéressé, à son tour, s’ adonne à un jeu de tennis, multiplie les répliques pédantes et les déclarations pompeuses, une éloquence perverse qui lui sert à briller et à se protéger. Non seulement la radioactivité générée par la chaleur de ses déclarations, mais aussi celle de l’hémorragie des plate formes et de l’inflation des candidatures à l’élection présidentielle semblent avoir contaminé les sceptiques qui ont commencé déjà à s´inquiéter et à se demander si les opposants congolais mènent vraiment le même combat. Car, si on est vraiment porteur du désir du changement, cela ne peut se réaliser qu’unis et, vu cet enjeu, les petites irritations, les problèmes de susceptibilité devaient être mis de côté. L’unique débat qui vaille devant être celui de trouver un meilleur candidat parmi les meilleurs, qui soit bien cousu comme une jupe de femme: suffisamment étendue pour couvrir les jambes et suffisamment étroite pour susciter de l’intérêt. Sans cela, l’élection présidentielle étant à un seul tour, le pouvoir sortant n’aura qu’à faire une chose pour se maintenir: RIEN!

 

A moins que cela soit de la propagande, on murmure même dans certains milieux qu´il y aurait des négociations secrètes en l´air pour une “nième” transition. Que peut-on attendre, alors, d’une opposition, dont l’activité principale, malgré les incessantes sonnettes d’alarme, est devenue de se tirer les uns sur les autres? Dans un tel contexte, qui croire?  La volonté des congolais pour le changement reste le seul élément certain.

 

5. Aide-toi, le ciel t’aidera

 

Ceux qui observent l’attitude actuelle des pays occidentaux et s’intéressent à leur politique étrangère constatent un changement qui nous interpelle tous. Finis, les temps où les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas… prétendaient savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous et nos enfants et nous l’imposaient. C’est enfin la victoire du”bon sens-même” car jusque là, j’avais du mal à comprendre et à résoudre l’équation “comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de celui-ci pour y parvenir?”. Les dirigeants africains qui ont suivi les dernières évolutions sur le continent auront appris au moins une seule leçon  “la politique des réseaux” ne protège plus. Les uns et les autres ont compris qu’il ne faut plus entretenir la relation schizophrénique avec la Communauté internationale à qui on impute une révoltante indifference si on l’appelle au secours et si elle n’intervient pas rapidement, une indifférence insupportable si elle répond aux appels mais pas aux attentes. Les occidentaux ne leur ayant pas expliqué pourquoi il faut, par exemple, écarter Kaddafi et pas Bashar, les africains ont compris que la Communauté Internationale tient en un mot”intérêts” et que la libération d’un peuple ne peut être que l’oeuvre du peuple lui-même.

 

6. Des mensonges répétés sont devenus un problème politique et semblent avoir marqué la sensibilité des congolais

 

Les congolais se voyant trompés en permanence se méfient, désormais, des réponses à leurs problèmes sous forme des slogans qu’ils ont déjà entendus. Beaucoup d’entre eux se disent qu’il est temps de sortir la tête du sable et d’affronter la réalité, en commençant par ceux que l’on peut appeler “politiciens dormeurs et oublieux” qui se réveillent et se souviennent…seulement à la veille des élections pour leur dire ” Monsieurs les congolais, votez pour moi (ou pour nous), je vais (ou nous allons) m’occuper (ou nous occuper) maintenant de votre situation, je viens (ou nous venons) de m’en souvenir (ou de nous en souvenir)”. Ce n’est pas beau ça! Les congolais veulent aussi étancher leur soif de  vérité. Ils ne comprennent pas que leurs dirigeants actuels ne se racontent pas, que non seulement ils ne permettent pas de résoudre définitivement les problèmes de l’Est du pays, mais empêchent de le faire. A ce propos circulent beaucoup de rumeurs dont l’origine n’a pas été précisée et sur lesquelles on n’a que l’embarras de choix entre la vérité, la méchanceté, la conspiration et le ballon d’essai de quelques mouvements soucieux de prendre l’air du temps et de mesurer le degré d’adhésion aux institutions actuelles et leurs animateurs. La réponse n’est jamais venue! Prudents ou apeurés, les medias congolais ont renoncé à leur droit de poser les questions, même celles qui dérangent quoique celles-ci auraient été pertinentes pour lever le doute sur le long silence pesant qui entraîne le pays dans l’incertitude sur tout. Tout ceci montre une évolution très importante de la pensée dominante des congolais ou plus exactement leur humeur dont tous les acteurs de la scène politique congolaise, toutes tendances confondues, doivent tenir compte dans les jours et mois qui viennent et d’infléchir leurs comportements pour aller dans le sens souhaité par les congolais.

 

7. Le débat démocratique ne se limite plus aux médias traditionnels, les nouveaux medias (internet) sont accessibles dans tous les coins de rue.

 

La presse électronique bouleverse les habitudes et le pluralisme s’épanouit aujourd’hui sur internet, les plus bavards et les plus visibles à la radio télé congolaise ne sont plus les seuls ni les plus écoutés. Dans un monde où, grâce à Internet, tout évènement est immédiatement connu par l’étranger proche, aucune isolation ne peut plus échapper à la vigilance et à la soif de compassion du lecteur. La majorité silencieuse qui se garde de dire ouvertement quoique ce soit qui aurait pu attirer l’attention des services de sécurité peut désormais braver l’interdit et échanger des informations y compris sur les thèmes les plus audacieux grâce aux réseaux sociaux sur internet. Les médias traditionnels locaux n’informent-ils pas suffisamment? Tant pis! Le monde d’aujourd’hui c’est le monde de l’information. Il est devenu plus facile d’arrêter la rivière de couler que les gens de critiquer, avec tout ce que cela implique.

 

8. Ceux qui ont mis le Congo dans la situation où il se trouve maintenant peuvent-ils être ceux-là à qui l’on doit confier la mission de l’en sortir?

 

Le Congo dont je parle c’est celui dont s’occupent nos voisins pour le coloniser parce qu’il est colonisable, dont s’intéressent les groupes maffieux pour profiter de la faiblesse et la complicité du pouvoir et faire main basse sur les richesses de notre pays et dont le régime, embrassé, sans débat ni réflexion, coûte trop cher aux congolais. La conscience congolaise est une réalité aujourd’hui. Les congolais se sont rendus maintenant compte que quand l’habit endossé par le président est trop large pour lui, il ne peut exercer le pouvoir que de manière chahotique, s’illusionner sur sa popularité, se croire très malin jusqu’à ce qu’il soit doublé par plus malin que lui, le peuple en l’occurence

 

9. Le monde bouge et le paysage international se transforme, la loi de la rue

 

Quand on observe le monde en général et l’Afrique en particulier aujourd’hui, on aperçoit une évolution qui mêle le positif et le négatif, mais dont on peut dire, tout bien pesé qu’ elle est de loin préférable au statu quo ante. Il apparaît en Afrique, qu’il est plus facile actuellement de renverser un régime impopulaire en s’appuyant sur la rue qu’en organisant un coup d’Etat ou qu’en s’en remettant aux élections. Cette loi n’est écrite nulle part, mais elle devient une règle de la vie politique. Grands ou petits, démocraties ou non, les pays de tous les continents la subissent à des degrés divers. Un régime qui choisit d’engager le bras de fer avec le peuple, qui cherche à positionner le peuple par rapport à lui au lieu de se positionner par rapport au peuple devient impopulaire et les hommes et les femmes descendent en masse dans la rue pour lui signifier le “dégage”.

 

10. Pour conclure…

 

L’avenir immédiat du congo s’annonce tumultueux, assombri par beaucoup d’interrogations. Bien malin celui qui peut dire aujourd’hui laquelle de ces interrogations larvées trouvera une réponse satisfaisante et laquelle s’exacerbera. Il n’est pas réaliste de pronostiquer que la chance ou la lassitude des congolais aidant les choses s’apaiseront. Mais ce qui est exclu, c’est que, cette fois, la mauvaise foi du pouvoir et l’intérêt mal compris des protagonistes de l’opposition prévalent sur la patience de la majorité silencieuse des congolais?  C’est l’analyse que nous faisons et la position que nous défendons depuis longtemps. ce qui se passe sur le terrain le confirme. Ceux qui me font le crédit de lire mes analyses et commentaires trouveront que mes articles et mon style me ressemblent: une grande sensibilité mais constamment bridée par une retenue érigee en seconde natutre sur moi-même et sur les autres. Ils révèlent beaucoup, même si la sobriété et la pudeur sont toujours là. Je n’utilise pas de mots recherchés, mais ceux que j’utilise sont bien choisis et forts. L’élection que nous attendons tous de pied ferme ne me semble pas, vu les développements qui précèdent de nature à intaller à la tête de notre pays un pouvoir incontesté et incontestable. A travers l’Afrique et à travers le monde, lorsque face à un pouvoir dont l’utilité tend vers zéro, l’armée obéit, la Justice se taît, le peuple n’encaisse plus. Une évolution de grande portée qu’il faut saluer et dont les retombées vont affecter, bien sûr, notre avenir proche et celui de nos enfants pendant de nombreuses années. QUI VIVRA VERRA!