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Kyungu veut réitérer l’épuration ethnique contre les Kasaïens

Source: cheikfitanews

 

Antoine Gabriel Kyungu Wa Kumumwanza

Revoilà Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, l’homme qui s’était singulièrement distingué dans les dernières années de la dictature mobutiste par l’épuration ethnique des kasaïens dans la province du Katanga. Le pouvoir kabiliste sentant sa fin prochaine rappelle Kyungu pour durcir le discours et une fois du plus préparer un nouveau pogrom contre les kasaïens, c’est certainement pour cette raison que Moïse Katumbi a préféré jeter l’éponge pour ne pas être associé à cette nouvelle aventure meurtrière car cette fois-ci la CPI n’épargnera aucun effort pour sanctionner les auteurs de crimes de sang comme le dit si bien Paul Nsapu de la FIDH.

Le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza (photo), a entrepris une croisade d’une violence verbale inouïe contre les non ressortissants de l’ex Shaba. Selon lui, les non ressortissants du Katanga, singulièrement « Ba Kasaï », doivent quitter la province cuprifère avant les élections couplées, présidentielle et législatives, prévues le 28 novembre prochain. Un discours de haine tribal, un langage xénophobe et un prêche de violence, sont les expressions qui résument l’harangue du chef du parlement provincial. Il a tenu ce discours dans divers meeting à travers la province. Mardi 24 mai dernier, il était à Kamina à cet effet. Mercredi 25 mai, c’était le tour de Mudiayi, dans secteur Kabongo et jeudi 26 mai, « Gaby » a déversé son « venin » séparatiste à Manono et à Malemba. Partout, le « bourreau des Kasaïens » a instruit ses miliciens à se tenir « prêt pour l’assaut final ». Les Kasaïens doivent aller s’enrôler au Kasaï, a-t-il lancé. Et d’ajouter : « Leur leader (ndlr Etienne Tshisekedi) ne doit pas fouler le sol Katangais » pour battre campagne. Ce discours d’exclusion n’a toléré, sur le sol katangais que le PPRD (Parti du peuple pour la réconstruction et la démocratie), parti du chef de l’Etat, et l’UNAFEC (Union nationale des fédéralistes du Congon), son propre parti. Dans une déclaration ferme, Paul Nsapu Mukulu, secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) en charge du continent africain, a dénoncé « cette dérive totalitaire ». L’activiste des droits humains a rappelé l’événement sanglant de 1992 durant lequel le même Kyungu a expulsé du Katanga, des milliers des Kasaïens. Rappelons qu’en août 1992, Etienne Tshisekedi est élu Premier ministre par la Conférence nationale souveraine. La nouvelle fut mal accueillie au Katanga par les partisans du chef du gouvernement sortant Jean Nguz Karl I Bond. Gouverneur de cette province, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, allié de Nguz, organisa des opérations punitives à l’encontre des Kasaïens résidant depuis des générations dans l’ex-Shaba. Il leur est reproché d’avoir célébré trop bruyamment l’élection de « leur frère » Tshisekedi à la Primature. C’est le 15 août de cette année 1992 que cette campagne de tueries et d’expulsion massive des non originaires de la province du Katanga a commencé dans la ville de Lubumbashi, par la milice de la Jeunesse du parti Uferi (Union des fédéralistes et des républicains indépendants) au cri de « Bilulu dehors ». Des centaines de milliers de kasaïens ont été refoulés vers Mbuji-Mayi et Kananga, dans des conditions infrahumaines. Ces personnes, contraintes à se déplacer, laissaient derrière elles, travail et biens accumulés au prix de mille efforts. Un nombre indéterminé de victimes s’élevant à plus de 7 ou 8 mille Kasaïens ont péri à la suite de cette incitation à la haine tribale. Ce crime est demeuré impuni. Grâce aux liens tissés depuis des siècles, les communautés katangaise et kasaïenne ont réussi à surmonter cette rude épreuve en réapprenant à vivre ensemble. Alors que les kasaïens continuent à vivre au Katanga et quelques refoulés ont pu regagner leur province d’adoption, Kyungu, dix neuf ans après, veut récidiver l’épuration ethnique, a affirmé, avec force, Nsapu, défenseur des droits de l’Homme. Cela présage déjà, a-t-il prévenu, des violations massives et graves des droits de l’homme, mieux « des crimes répréhensibles par tous les instruments de défense des droits de l’homme notamment la Cour pénale internationale (CPI) qui, à travers ses Statuts, condamne ces genres d’agissements », assimilés au génocide. Dans cette perspective, le Bureau international de la FIDH, a-t-il annoncé, se réunira le 24 juin prochain dans son siège à Paris, pour examiner entre autre ce cas et ne manquera pas de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et la CPI pour poursuivre ce « récidiviste ».

Antoine Gabriel Kyungu Wa Kumumwanza

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