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L’Angola affirme sa position de leadership dans les Grands Lacs par son déploiement militaire au Congo-Brazzaville,

Jose_eduardo_dos_santos–« Peu de gens sont faits pour l’indépendance, c’est le privilège des puissants », Friedrich Nietzche.                  

 Les Grands Lacs étaient orphelins  de leadership depuis la chute et la fuite du maréchal Mobutu.  Ce dernier fut, et ce pendant un temps assez long, le maître « incontesté » de l’Afrique Centrale pour le besoin de ses parrains américains et belges.  Défenestré par une alliance hétéroclite, son départ créa un vide, et je dirais même orchestré, parce que soumis aux normes de la  théorie  de la stratégie du choc de Naomi Klein. La déstabilisation de la RD-Congo  et la désolation qui s’en suit opèrent comme un mode de gestion et de contrôle de la RD-Congo qui à la longue auraient  permis  de faire avaler aux Congolais de la RDC le venin de sa désintégration comme un tout. Par usure et fatigue….

Il était plus que temps pour que cette vacance de leadership au niveau de l’Afrique Centrale, qui coûte tant des vies humaines au Congo-Kinshasa, soit comblée. Car les hommes que les Anglo-Saxons ont souverainement désignés non seulement pour leur besoin de la sous-traitance mais également  pour assumer le rôle des pays phares et leaders dans les Grands Lacs ont, et aujourd’hui il faut l’avouer, lamentablement échoué.   Ni Museveni,  ni Kagamé, les deux  tombeurs de Mobutu, comme nègres de services, ne sont jamais parvenus à dominer et voire à s’imposer face à Eduardo Dos Santos et à l’Angola, y compris à Sassou, et ce, nonobstant le parapluie militaire anglo-saxon.

Et aujourd’hui avec le déploiement de « puissance » de l’Angola dans le sud du Congo-Brazzaville, un message fort de l’Angola,  qui était, à mon avis, longtemps attendu de sa part, clarifie un peu le  jeu de l’équilibre des puissances dans la région des Grands lacs.

En effet, l’Angola a officiellement  quitté Brazzaville que ces forces  militaires ont toujours « contrôlé » et ce depuis qu’elles réinstallèrent Sassou II au pouvoir en octobre 1997. Et à  ce propos, François-Xavier Verschave écrit dans « Noir Silence, Qui arrêtera la Françafrique ? » : «  Derrière quelques milliers de soldats et miliciens Cobra, […] ce sont des forces étrangères qui ont emporté la décision : des contingents angolais et tchadiens, des résidus de l’armée de Mobutu [Dragons, etc.], des militaires et miliciens rwandais, [Et tout cela] avec une intense bienveillance française. […] Le 30 juin 1998, Jacques Chirac déclare à Luanda : « Je me réjouis de l’intervention de l’Angola au Congo-Brazzaville… » (Verschave, 2000 :15-16). C’est une façon pour nous de dire que ce qui actuellement se déroule dans le sud de Brazzaville avec l’Angola ne pourrait à la limite surprendre  que quelques rares personnes, je dirais des moins avertis.  L’Angola est présent à Brazzaville pour ne pas dire qu’il a toujours été là.

Mais sans nous aventurer  autour des mobiles derrière la  manifestation de force de l’Angola dans le sud de Brazzaville, le geste angolais pris individuellement corrige la faute de vision et de lecture anglo-saxonne sur les choix imposé et de Museveni et de Paul Kagamé, les deux  soi-disant « panafricanistes » made in USA ont failli et démontré leur limite.

La présence angolaise n’est pas seulement signalée à Brazzaville. Depuis la chute de Mobutu, les forces angolaises sont aussi présentes  au Congo-Kinshasa, même si publiquement elles ne se manifestent et avec détails. Sa présence militaire au Congo-Kinshasa ressemble fort malheureusement à un soutien bien que « mitigé » aux forces Tutsi et rwandaises  qui essayent mais jusque-là en vain de contrôler la RDC. Et faute de mieux, et surtout en l’absence d’un leadership congolais autonome et efficace,  l’Angola ne pourrait agir  valablement.

Les Grands Lacs souffrent sérieusement d’un manque d’un leadership en son sein, à même d’asseoir et d’imposer sa vison.  L’Angola apparaît comme une puissance militaire et économique de la région.  Avec l’extraction de 1,9 million de barils par jour, l’Angola tire 85% de ses revenus de l’or noir. Lesquels  compensent la chute des productions irakiennes depuis la déstabilisation de l’Irak.  La plupart des  angolais, et en particulier son élite qui aujourd’hui commande aux destinées de l’Angola,  ont vécu en RD-Congo dans le moment sombre de l’histoire de l’Angola.  Beaucoup  d’entre ont eu à grandir et étudier avec des collègues et des jeunes angolais dans nos écoles secondaires. Et entre nos deux peuples, il n’y a presque jamais eu d’animosité ou de tendance de domination ou de suprématie comme c’est le cas avec les Tutsi du Rwanda et Museveni de l’Ouganda qui essayent d’humilier les Congolais.  Tout sauf cette humiliation que notre peuple rejette et ressent, et ce avec raison,  comme un casus belli.

L’Angola a plus qu’intérêt à s’imposer dans les Grands lacs pour faire taire définitivement les ambitions du Rwanda et de l’Ouganda. Et pour ce faire, les Congolais que nous sommes  devons impérativement, maintenant et ici, pas attendre 2016, chasser, et ce par un coup d’état militaire, « Joseph Kabila » et sa canaille au pouvoir à Kinshasa. Le coup d’État est possible et ne demande de commencer par l’Est du Congo. Il est de l’intérêt de l’Angola d’accompagner les Congolais et le Congo dans ce projet gigantesque dont le but est de redorer les blasons ternis de l’Afrique Centrale.  En signant récemment deux accords avec l’Angola et l’Afrique du Sud, « Joseph Kabila » a une peur manifeste de l’Angola dont il  se méfie et fait  surveiller par l’Afrique du Sud, le plus grand soutien de Paul Kagamé. Et qui dit Paul Kagamé dit « Joseph Kabila ».

À l’heure où sonne l’ère multipolaire qui est en balbutiement, des États Africains, et dignes de ce nom, devraient non seulement inclure dans leurs stratégies de survie la notion d’exigence d’équilibre des puissances, mais également de savoir  ne rien attendre et d’apprendre à opérer pour s’adapter par la suite.

Robert Cooper dans « la Fracture des Nations, Ordre et Chaos au XXIe Siècle » informe que « ce ne sont pas les empires mais les petits pays qui se révèlent être une force dynamique dans le monde. Les empires ne sont pas taillés pour promouvoir le changement », (Cooper, 2004 : 24)

 

Likambo ya mabele, likambo ya makila

 

Mufoncol Tshiyoyo

GSM 004745007236
Président du R.A.P. -Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC,
Mouvement politico-militaire

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