Skip to content

Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Levée de l’immunité de Roger Lumbala : difficile arbitrage à l’Assemblée nationale

roger-Des propos teintés de haine et de tribalisme ont caractérisé les interventions de certains députés nationaux lors du débat relatif à la levée de l’immunité du député Roger Lumbala, actuellement aux côtés des rebelles du M23.

La plénière de l’Assemblée nationale d’hier lundi 7 janvier au Palais du peuple a été caractérisé par un débat houleux sur la question Roger Lumbala, ce député qui a affiché son soutien aux rebelles du M23.

C’est à la suite de la motion incidentielle du député  Mohindo Nzangi, demandant qu’on puisse marier la levée de l’immunité du député Eugène Diomi Ndongala  prévu à l’ordre du jour de la séance plénière, à l’invalidation du mandat du député RCD-N Roger Lumbala, au motif que ce dernier venait de rallier le Mouvement du 23 mars (M23) opposé aux institutions de la République.

Deux députés nationaux de la Majorité présidentielle (MP), à savoir Pius Muabilu et Charly Wenga ont  passionnément, dans leurs interventions, demandé à leur collègue Roger Lumbala  « d’aller tuer ses frères du Kasaï, sa province d’origine, plutôt que de le faire pour la population de l’Est ».  Discours jugé vide du sens républicain.

Pour le député Henri-Thomas Lokondo, la guerre de l’Est concerne tous les Congolais. Le langage séparatiste est ainsi inapproprié.

            « C’est un mauvais discours. C’est un langage inapproprié pour les gens qui se disent nationalistes. Ce n’est pas parce qu’il est du Kasaï et qu’il est allé monter cette histoire au Kivu, qu’on peut lui dire : rentre chez toi au Kasaï pour aller tuer tes frères. Kasaïen, Equatorien, Bandundois, Kivutien, tout le monde est Congolais. La guerre de l’Est concerne le Congo et c’est l’affaire de tous les Congolais. C’est un problème national », a déclaré cet élu de Mbandaka.

Par ailleurs, le député Henri-Thomas Lokondo a condamné fermement le choix de Roger Lumbala.

            « En ce qui concerne Roger Lumbala, je pense que notre ami a réuni toutes les conditions pour qu’on ne puisse pas le soutenir. La guerre que nous connaissons au Kivu est une agression reconnue par toute l’opinion congolaise, même par les partenaires bilatéraux et multilatéraux. S’engouffrer dans cette histoire met tout le monde mal à l’aise. Et l’argument de l’Opposition selon laquelle, il y a la présence des élus en connivence avec le  M23 au sein de l’Assemblée nationale n’est pas suffisant pour justifier la position prise par Lumbala. Encore que de tels complices, il faut qu’on les cite nommément pour qu’on établisse leurs responsabilités. Je ne suis pas complaisant », a-t-il martelé.

 

Respect de la procédure

            Le député Lokondo a préconisé et obtenu du bureau le respect de la procédure suivant l’article 211 de la Constitution. Le bureau qui a jugé l’urgence, a décidé de prendre  une énième décision modificative des matières inscrites au calendrier de la session extraordinaire afin d’inscrire l’invalidation du député Roger Lumbala.

Dès ce mardi, a signalé le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, la commission PAJ devra entendre le procureur général de la République quant à ce, en vue de faire rapport à la plénière l’après-midi.

Cette démarche réglementaire a aussi été proposée par un autre député MP, Christophe Lutundula. Ce dernier a souligné la nécessité de trouver un point d’intersection entre les exigences du droit et l’urgence qui se pose.

            « Il y a deux problèmes qui sont posés. Celui de l’invalidation du fait des absences et de la levée des immunités. L’invalidation requiert au préalable un rapport du bureau. Ca va de soi. On ne peut imaginer des absences. Le bureau ne nous a pas encore déposé un tel rapport pour qu’on sache s’il totalise des absences injustifiées au moins le quart d’une session. Maintenant, la levée des immunités, le PGR à bon droit nous a saisis il y a plus de deux mois. La plénière a siégé, et il ne manquait que la déposition de notre collègue Lumbala, il a répondu sur Internet. A cette phase, le Règlement intérieur exige que nous formions une commission spéciale pour instruire ce dossier. J’estime que quelle que puisse être la gravité, c’est évident, le dossier de Lumbala est extrêmement grave… Il faut trouver un point d’intersection entre les exigences du droit et l’urgence politique. C’est pour cela j’ai préconisé la constitution de la commission spéciale. C’est l’étape qui reste. Et nous aurons le rapport et on statue », a-t-il proposé.

Du côté de l’Opposition, le député Martin Fayulu a regretté ce qu’il a qualifié « de politique de deux poids, deux mesures : «…s’il faut accuser Lumbala, il faut commencer par le général Amisi cité dans le trafic d’armes dans les rapports des Nations unies, et il n’est jamais passé par la cour martiale… complicité pour complicité, le président Minaku a refusé qu’on cite le nom du Rwanda quand il s’est agi de la question orale adressée au vice-Premier ministre en charge de la Défense au sujet de cette guerre… Accusation pour accusation, le M23 ex- CNDP est membre de la Majorité présidentielle… ».

Comme lui, ses pairs de la plate-formeont souhaité que la précipitation soit de mise dans le traitement du dossier Lumbala au regard des négociations en cours à Kampala (Ouganda) entre le gouvernement de la République et le M23.

S’agissant de l’examen du rapport de la commission spéciale mise en place pour le cas du député Eugène Diomi, dont le procureur général de la République demande la levée de l’immunité parlementaire, les discussions se sont poursuivies à huis clos, suivant le règlement intérieur.

Selon les indiscrétions, le vote devant décider de la levée de l’immunité du député Eugène Diomi Ndongala n’a pas eu lieu, faute de quorum de décision. Le débat sur le rapport de la commission spéciale mise en place à cet effet a été débattu. L’approbation des conclusions dudit rapport ainsi que le vote sont prévus ce mardi.

Par Le Potentiel