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RDC: 50 ans d’indépendance, la RDC n’a construit aucune bibliothèque

Par Delphin Bateko

Bibliotheque-On a parfois honte de parler bibliothèque en République démocratique du Congo cinquante ans après son accession à la souveraineté nationale et internationale. Les Belges avaient laissé en RDC plus de trois cents bibliothèques. Cinquante ans après, aucune de ces structures n’existent. D’où la honte.Par Delphin Bateko

On a parfois honte de parler bibliothèque en République démocratique du Congo cinquante ans après son accession à la souveraineté nationale et internationale. Les Belges avaient laissé en RDC plus de trois cents bibliothèques. Cinquante ans après, aucune de ces structures n’existent. D’où la honte.

A son accession à l’indépendance, la République démocratique du Congo disposait plus de trente cents bibliothèques (publiques et privées), sans compter les bibliothèques scolaires qu’on retrouvait dans certains coins du pays. Il existait des écoles qui disposaient des collections de livres. Le fonds de ces collections était toujours actualisé et chaque élève pouvait au moins faire sa lecture sans trop de difficultés. Cinquante ans après, le pays manque de bibliothèque digne de ce nom. Cette disparition des lieux de lecture démontre à suffisance qu’il n’existe dans ce pays aucune politique claire en matière de gestion du livre.

En peu d’années, le pouvoir a remplacé le livre par la bière (alcool) et la bibliothèque par les boites de nuit et « nganda » qui se sont multipliés à un rythme exponentiel. Raison pour laquelle on trouve des boites de nuit, bars et « nganda » à chaque coin de rue pendant qu’on a fermé les bibliothèques. Cette négligence a conduit à un abroutissement de l’élite congolaise à tous les niveaux.

BIBLIOTHEQUES EN RDC

De par sa définition proposée par l’Unesco, « est considérée comme bibliothèque, quelle que soit sa dénomination, toute collection organisée de livres et de périodiques imprimés ou de tout autre document, notamment graphique et audiovisuel, ainsi que les services du personnel chargé de faciliter l’utilisation de ces documents par usagers à des fins d’information, de recherche, d’éducation ou de récréation ».

Selon Bob Bobutaka, bibliologue et chef de travaux à l’Université de Kinshasa (Unikin) et l’Institut supérieur de statistique (ISS/Kin), une bibliothèque « vise l’épanouissement et la maintenance de l’intelligence, ayant pour cible avant tout le monde savant (professeur, enseignant, étudiant, élève, chercheur ).

Il convient de rappeler que schématiquement, on distingue plusieurs sortes de bibliothèques, notamment la bibliothèque publique, scolaire, spécialisé, universitaire

En RDC, l’histoire de bibliothèque remonte à 1890 avec l’abbé Hooge, prêtre catholique. La première bibliothèque fut installée à Matadi (Bas-Congo) et la première bibliothèque publique fut installée en 1925. De la colonisation à l’accession à l’indépendance, la RDC a connu plus de trois cents bibliothèques dont en voici la répartition à titre indicatif : province Léopoldville (Kinshasa, Bas-Congo et Bandundu) 63, Equateur 43, Province Orientale 61, province du Kivu 33, Katanga 53 et Kasaï 42.

Ici, les missionnaires catholiques continuent à assister des Congolais dans le domaine de la bibliothèque. A Kinshasa par exemple, on peut signaler la présence de deux grandes bibliothèques catholiques, celle de la faculté de philosophie Saint Pierre Canisus à Kimwenza et de Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS). Toutes les deux disposent d’un fonds documentaire le plus important de toutes les bibliothèques de la ville.

En dehors des bibliothèques précitées, on signale des bibliothèques de coopération ou culturelle, à savoir : la bibliothèque du Centre culturel français, la bibliothèque du Centre culturel américain, la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le Cedesurk, le Centre d’information publique (Pic) de la Banque mondiale et le Centre de documentation des Nations unies fermé sur décision du secrétaire général des Nations unies d’alors Kofi Annan, en 2003.

Toutes ces bibliothèques ont contribué tant soit peu à l’épanouissement et la maintenance de l’intelligence de l’élite congolaise. Aujourd’hui, la plupart de ces bibliothèques ne satisfont pas leurs usagers. Car beaucoup d’ouvrages ne sont pas d’actualité. Raison laquelle les salles de lecture sont moins fréquentées.

Le mal est si profond que même les bibliothèques culturelles ou de coopération qui bénéficient de subventions de leur pays passent leur temps pour animer des conférences autour d’un livre et de la bibliothèque, Mais elles sont incapables de répondre aux besoins réels de leurs utilisateurs. Car les usagers préfèrent trouver dans ces bibliothèques des documents qui traitent de l’actualité. Et puisque le circuit de fabrication du livre est long, les bibliothèques devraient en principe recourir aux quotidiens et revues pour remédier à la question de l’actualisation leur fonds documentaire. C’est dans cette logique que certains pays développés ont mis en place ou se sont connectés à la bibliothèque virtuelle. Par souci de répondre aux besoins de leurs utilisateurs.

Il convient néanmoins de mentionner qu’un effort est en train d’être fourni dans certaines bibliothèques, cas de la bibliothèque du Centre culturel américain et du Centre d’information publique de la Banque mondiale qui ont disposé l’accès gratuit à l’Internet. Cependant, l’Internet n’est forcément pas l’outil indiqué pour les recherches, car Michel Cartier, dans son livre intitulé Information, nous informe que « l’un des principaux problèmes suscités par les inforoutes est causé par la circulation de trop d’informations sans tri ni synthèse, de la désinformation et nombreuses informations non validées ». C’est pour cette raison que certaines universités et instituts supérieurs n’acceptent pas plusieurs citations tirés de l’Internet dans des travaux des étudiants. Malgré cette carence, la bibliothèque nationale du Congo fonctionne tant soit peu. Seulement avec les moyens mis à sa disposition pour son fonctionnement, cette bibliothèque n’a pas la possibilité de publier la bibliographie nationale. La dernière bibliothèque date de 2000. Pourtant, la bibliographie est un précieux instrument de recherche pour une nation, car elle permet aux Congolais de se renseigner sur les publications nationales.

La bibliographie nationale est, en effet, le répertoire d’ouvrages produits au pays par domaine de recherche. Et c’est grâce à la bibliographie que le roi Léopold II a pu bien identifier le Congo. Il a bénéficié pour cela du concours de son conseiller, le bibliographe Emile-Théodore-Joseph-Hubert Banning.

La bibliothèque est, de ce motif, un instrument de développement et un instrument d’éveil de conscience. Ce qui fait dire aux experts en livre qu’elle représente la culture de l’économie. Qui veut dire que le développement humain passe par là. Et le manque de bibliothèques dans un pays a pour conséquence de produire des élites en manque d’arguments pour de grandes questions d’intérêt national et vivent en spectateurs face aux grands bouleversements qui s’opèrent dans le monde.

Le livre « Les sociétés sécrètes et leur pouvoir au 20ème siècle» range les hommes en trois catégories : « ceux qui agissent ; ceux qui sont spectateurs des événements et ceux qui s’étonnent qu’il se soit passé quelque chose». Face à cette classification, où rangeons-nous l’élite congolaise ? A chacun de répondre

Certaines sources renseignent que Emery-Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, travaillait à la bibliothèque. C’est de là qu’il a découvert beaucoup de choses. D’ailleurs lui-même dans son ouvrage intitulé « Le Congo, terre d’avenir, est-il menacé ? », Lumumba recommande aux Congolais de fréquenter les bibliothèques au lieu de passer leur temps dans des bars.

Avec cet état de choses où le pays n’a construit aucune bibliothèque, aucun centre de documentation en cinquante ans d’indépendance, un pays où la part de l’éducation diffuse est prépondérante, pouvez-vous croire au développement de ce pays comme par baguette magique ?

UNE ELITE SANS REPERE

La lecture est une nourriture pour le cerveau humain. Or, l’élite congolaise ne lit pas. Alors qu’elle a la responsabilité de donner le goût de lecture au petit peuple. Et puisque les secrets de la vie ont été cachés dans les livres, comme l’a su bien mentionner la revue Renaître: « les noirs ne lisent pas, si vous voulez cacher quelque chose à un noir, mettez-le dans un livre » ; les populations congolaises sont à jamais exclues de cercles de développement, faute d’avoir cultivé le goût de lecture en elles.

Il est honteux de suivre le discours de bas étage que distillent nos élites dans les médias ou sur la place publique. Que finalement, on se pose la question de savoir quel impact l’école produit sue le Congolais. Partout ailleurs, l’école a formé une élite qui impulse le développement de la société, mais au Congo-Kinshasa, l’école a produit une élite incapable de penser le développement de la nation. Son discours manque d’arguments, à défaut d’être incohérent. Elle fait la honte, car elle est incapable de défendre le pays dans de grands rassemblements à l’échelle internationale.

Au moment où les autres cherchent à comprendre et se documentent, l’élite congolaise se complait dans les réjouissances des bars, boite de nuit, au milieu des prostituées, en véritables épicuriens et fidèles disciples de la VVF (vin, voitures, femmes). Voilà l’image nauséabonde que présente l’élite congolaise en cinquante ans de souveraineté.

Habituée des bars et « nganda », l’élite congolaise s’abreuve à la sagesse du livre écrit par le musicien, lui-même abrouti de la première génération. C’est d’ailleurs à lui que tout le monde on veut s’identifier. La preuve c’est qu’actuellement, au moins 98% d’autorités congolaises à tous les niveaux sont les petits copains des musiciens qui les chantent à longueur des journées, sans pudeur. Le phénomène est devenu monnaie courante qu’on a fini par s’accommoder. « Libanga esalaka mpe mwa bien », les entend-on dire comme pour se donner bonne conscience.

Renaître ajoute que « C’est l’ignorance, l’avidité et égoïsme qui vont le (noirs) maintenir esclaves». On se souvient encore de cet épisode lugubre d’une émission sur Tv5, un de nos ambassadeurs en Belgique, sous Mzee Laurent-Désiré Kabila, avait fait piètre figure alors qu’il était censé défendre à force d’arguments la cause de la RDC agressée par le Rwanda, le Burundi et Ouganda. En manque d’arguments, le sémillant diplomate a donc voulu puiser dans ses ressources physiques pour opposer à la force d’arguments de son contradicteur, ressortissant d’un de trois pays agresseurs. La suite est connue des Congolais.

La petitesse d’esprit est fatale à l’épanouissement humain et bloque dangereusement le développement du pays. Dans une interview à New York Times, le chef de l’Etat s’est plaint de n’avoir pas sous la main dix personnes pouvant l’aider à réussir l’oeuvre de la reconstruction nationale.

Bien avant lui, Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, faisait le même constat. S’adressant aux députés de la majorité, Kamerhe faisait remarquer que ceux-ci ne fournissaient aucun effort pour se documenter afin d’argumenter leurs interventions à l’hémicycle face à l’opposition qui n’affirmait rien qu’elle l’appuyait d’exemples et d’arguments savamment fouillés.

En cinquante ans d’indépendance de la RDC, son élite peut se classifier en trois groupes : élite pilleur, élite polygame et élite sentimentaliste. La question qu’on pose est celle de savoir s’il faut compter sur cette élite pour le devenir de la RDC ou en inventer une autre. Entre-temps, le pays est en danger. Le débat ouvert.

A son accession à l’indépendance, la République démocratique du Congo disposait plus de trente cents bibliothèques (publiques et privées), sans compter les bibliothèques scolaires qu’on retrouvait dans certains coins du pays. Il existait des écoles qui disposaient des collections de livres. Le fonds de ces collections était toujours actualisé et chaque élève pouvait au moins faire sa lecture sans trop de difficultés. Cinquante ans après, le pays manque de bibliothèque digne de ce nom. Cette disparition des lieux de lecture démontre à suffisance qu’il n’existe dans ce pays aucune politique claire en matière de gestion du livre.

En peu d’années, le pouvoir a remplacé le livre par la bière (alcool) et la bibliothèque par les boites de nuit et « nganda » qui se sont multipliés à un rythme exponentiel. Raison pour laquelle on trouve des boites de nuit, bars et « nganda » à chaque coin de rue pendant qu’on a fermé les bibliothèques. Cette négligence a conduit à un abroutissement de l’élite congolaise à tous les niveaux.

BIBLIOTHEQUES EN RDC

De par sa définition proposée par l’Unesco, « est considérée comme bibliothèque, quelle que soit sa dénomination, toute collection organisée de livres et de périodiques imprimés ou de tout autre document, notamment graphique et audiovisuel, ainsi que les services du personnel chargé de faciliter l’utilisation de ces documents par usagers à des fins d’information, de recherche, d’éducation ou de récréation ».

Selon Bob Bobutaka, bibliologue et chef de travaux à l’Université de Kinshasa (Unikin) et l’Institut supérieur de statistique (ISS/Kin), une bibliothèque « vise l’épanouissement et la maintenance de l’intelligence, ayant pour cible avant tout le monde savant (professeur, enseignant, étudiant, élève, chercheur ).

Il convient de rappeler que schématiquement, on distingue plusieurs sortes de bibliothèques, notamment la bibliothèque publique, scolaire, spécialisé, universitaire

En RDC, l’histoire de bibliothèque remonte à 1890 avec l’abbé Hooge, prêtre catholique. La première bibliothèque fut installée à Matadi (Bas-Congo) et la première bibliothèque publique fut installée en 1925. De la colonisation à l’accession à l’indépendance, la RDC a connu plus de trois cents bibliothèques dont en voici la répartition à titre indicatif : province Léopoldville (Kinshasa, Bas-Congo et Bandundu) 63, Equateur 43, Province Orientale 61, province du Kivu 33, Katanga 53 et Kasaï 42.

Ici, les missionnaires catholiques continuent à assister des Congolais dans le domaine de la bibliothèque. A Kinshasa par exemple, on peut signaler la présence de deux grandes bibliothèques catholiques, celle de la faculté de philosophie Saint Pierre Canisus à Kimwenza et de Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS). Toutes les deux disposent d’un fonds documentaire le plus important de toutes les bibliothèques de la ville.

En dehors des bibliothèques précitées, on signale des bibliothèques de coopération ou culturelle, à savoir : la bibliothèque du Centre culturel français, la bibliothèque du Centre culturel américain, la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, le Cedesurk, le Centre d’information publique (Pic) de la Banque mondiale et le Centre de documentation des Nations unies fermé sur décision du secrétaire général des Nations unies d’alors Kofi Annan, en 2003.

Toutes ces bibliothèques ont contribué tant soit peu à l’épanouissement et la maintenance de l’intelligence de l’élite congolaise. Aujourd’hui, la plupart de ces bibliothèques ne satisfont pas leurs usagers. Car beaucoup d’ouvrages ne sont pas d’actualité. Raison laquelle les salles de lecture sont moins fréquentées.

Le mal est si profond que même les bibliothèques culturelles ou de coopération qui bénéficient de subventions de leur pays passent leur temps pour animer des conférences autour d’un livre et de la bibliothèque, Mais elles sont incapables de répondre aux besoins réels de leurs utilisateurs. Car les usagers préfèrent trouver dans ces bibliothèques des documents qui traitent de l’actualité. Et puisque le circuit de fabrication du livre est long, les bibliothèques devraient en principe recourir aux quotidiens et revues pour remédier à la question de l’actualisation leur fonds documentaire. C’est dans cette logique que certains pays développés ont mis en place ou se sont connectés à la bibliothèque virtuelle. Par souci de répondre aux besoins de leurs utilisateurs.

Il convient néanmoins de mentionner qu’un effort est en train d’être fourni dans certaines bibliothèques, cas de la bibliothèque du Centre culturel américain et du Centre d’information publique de la Banque mondiale qui ont disposé l’accès gratuit à l’Internet. Cependant, l’Internet n’est forcément pas l’outil indiqué pour les recherches, car Michel Cartier, dans son livre intitulé Information, nous informe que « l’un des principaux problèmes suscités par les inforoutes est causé par la circulation de trop d’informations sans tri ni synthèse, de la désinformation et nombreuses informations non validées ». C’est pour cette raison que certaines universités et instituts supérieurs n’acceptent pas plusieurs citations tirés de l’Internet dans des travaux des étudiants. Malgré cette carence, la bibliothèque nationale du Congo fonctionne tant soit peu. Seulement avec les moyens mis à sa disposition pour son fonctionnement, cette bibliothèque n’a pas la possibilité de publier la bibliographie nationale. La dernière bibliothèque date de 2000. Pourtant, la bibliographie est un précieux instrument de recherche pour une nation, car elle permet aux Congolais de se renseigner sur les publications nationales.

La bibliographie nationale est, en effet, le répertoire d’ouvrages produits au pays par domaine de recherche. Et c’est grâce à la bibliographie que le roi Léopold II a pu bien identifier le Congo. Il a bénéficié pour cela du concours de son conseiller, le bibliographe Emile-Théodore-Joseph-Hubert Banning.

La bibliothèque est, de ce motif, un instrument de développement et un instrument d’éveil de conscience. Ce qui fait dire aux experts en livre qu’elle représente la culture de l’économie. Qui veut dire que le développement humain passe par là. Et le manque de bibliothèques dans un pays a pour conséquence de produire des élites en manque d’arguments pour de grandes questions d’intérêt national et vivent en spectateurs face aux grands bouleversements qui s’opèrent dans le monde.

Le livre « Les sociétés sécrètes et leur pouvoir au 20ème siècle» range les hommes en trois catégories : « ceux qui agissent ; ceux qui sont spectateurs des événements et ceux qui s’étonnent qu’il se soit passé quelque chose». Face à cette classification, où rangeons-nous l’élite congolaise ? A chacun de répondre

Certaines sources renseignent que Emery-Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, travaillait à la bibliothèque. C’est de là qu’il a découvert beaucoup de choses. D’ailleurs lui-même dans son ouvrage intitulé « Le Congo, terre d’avenir, est-il menacé ? », Lumumba recommande aux Congolais de fréquenter les bibliothèques au lieu de passer leur temps dans des bars.

Avec cet état de choses où le pays n’a construit aucune bibliothèque, aucun centre de documentation en cinquante ans d’indépendance, un pays où la part de l’éducation diffuse est prépondérante, pouvez-vous croire au développement de ce pays comme par baguette magique ?

UNE ELITE SANS REPERE

La lecture est une nourriture pour le cerveau humain. Or, l’élite congolaise ne lit pas. Alors qu’elle a la responsabilité de donner le goût de lecture au petit peuple. Et puisque les secrets de la vie ont été cachés dans les livres, comme l’a su bien mentionner la revue Renaître: « les noirs ne lisent pas, si vous voulez cacher quelque chose à un noir, mettez-le dans un livre » ; les populations congolaises sont à jamais exclues de cercles de développement, faute d’avoir cultivé le goût de lecture en elles.

Il est honteux de suivre le discours de bas étage que distillent nos élites dans les médias ou sur la place publique. Que finalement, on se pose la question de savoir quel impact l’école produit sue le Congolais. Partout ailleurs, l’école a formé une élite qui impulse le développement de la société, mais au Congo-Kinshasa, l’école a produit une élite incapable de penser le développement de la nation. Son discours manque d’arguments, à défaut d’être incohérent. Elle fait la honte, car elle est incapable de défendre le pays dans de grands rassemblements à l’échelle internationale.

Au moment où les autres cherchent à comprendre et se documentent, l’élite congolaise se complait dans les réjouissances des bars, boite de nuit, au milieu des prostituées, en véritables épicuriens et fidèles disciples de la VVF (vin, voitures, femmes). Voilà l’image nauséabonde que présente l’élite congolaise en cinquante ans de souveraineté.

Habituée des bars et « nganda », l’élite congolaise s’abreuve à la sagesse du livre écrit par le musicien, lui-même abrouti de la première génération. C’est d’ailleurs à lui que tout le monde on veut s’identifier. La preuve c’est qu’actuellement, au moins 98% d’autorités congolaises à tous les niveaux sont les petits copains des musiciens qui les chantent à longueur des journées, sans pudeur. Le phénomène est devenu monnaie courante qu’on a fini par s’accommoder. « Libanga esalaka mpe mwa bien », les entend-on dire comme pour se donner bonne conscience.

Renaître ajoute que « C’est l’ignorance, l’avidité et égoïsme qui vont le (noirs) maintenir esclaves». On se souvient encore de cet épisode lugubre d’une émission sur Tv5, un de nos ambassadeurs en Belgique, sous Mzee Laurent-Désiré Kabila, avait fait piètre figure alors qu’il était censé défendre à force d’arguments la cause de la RDC agressée par le Rwanda, le Burundi et Ouganda. En manque d’arguments, le sémillant diplomate a donc voulu puiser dans ses ressources physiques pour opposer à la force d’arguments de son contradicteur, ressortissant d’un de trois pays agresseurs. La suite est connue des Congolais.

La petitesse d’esprit est fatale à l’épanouissement humain et bloque dangereusement le développement du pays. Dans une interview à New York Times, le chef de l’Etat s’est plaint de n’avoir pas sous la main dix personnes pouvant l’aider à réussir l’oeuvre de la reconstruction nationale.

Bien avant lui, Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, faisait le même constat. S’adressant aux députés de la majorité, Kamerhe faisait remarquer que ceux-ci ne fournissaient aucun effort pour se documenter afin d’argumenter leurs interventions à l’hémicycle face à l’opposition qui n’affirmait rien qu’elle l’appuyait d’exemples et d’arguments savamment fouillés.

En cinquante ans d’indépendance de la RDC, son élite peut se classifier en trois groupes : élite pilleur, élite polygame et élite sentimentaliste. La question qu’on pose est celle de savoir s’il faut compter sur cette élite pour le devenir de la RDC ou en inventer une autre. Entre-temps, le pays est en danger. Le débat ouvert.