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RDC: Le « Journal télévisé en lingala facile » suspendu pour trois mois

Par Martin Enyimo

Le bureau de la Haute autorité des médias (Ham) vient de sévir à nouveau. Cette institution qui doit bientôt laisser la place au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) vient de prendre la décision de suspendre le programme « Journal télévision en lingala facile » (JTLF) produit par Zacharie Bababaswe.

Par la décision n°HAM/B/CP/406 du 17 mars, l’instance d’autorégulation de la presse congolaise, précise en son article premier : « est suspendu pour une durée de 3 mois, le programme intitulé ‘Journal télévisé en lingala facile’ conformément à l’article 42 litera c de la Loi n°04/017 du 30 juillet 2004 ». L’article 2 de la décision instruit : « Tous les médias audiovisuels et en ligne opérant en République démocratique du Congo sont priés de s’abstenir de diffuser ce programme pendant la durée de la suspension sous peine de sanction conformément à la loi ».

Et l’article 3 pose cette condition : « Avant toute reprise de production et de diffusion de ce programme, son concepteur et coordonnateur est prié de prouver sa qualité de journaliste, conformément à l’article 5 de l’Ordonnance-loi n°81-012 du 2 avril 1981, auprès de l’instance de régulation et de fournir aux institutions compétentes les éléments prévus à l’article 57 de la Loi n°96-002 du 22 juin 1996 et à l’article 15 de la Loi n°04/017 du 30 juillet 2004 ». Enfin, l’article 4 de la décision de la Ham stipule : «Le procureur général de la République est prié d’apporter son concours à l’observance de la présente décision qui entre en vigueur à la date de sa signature ».

CAUSES DE LA SUSPENSION

Selon la Ham, le Journal télévisé en lingala facile « est une mixture d’amateurisme, de parti pris systématique, de théâtralisation inappropriée, de culte du sensationnel, de trivialité dans le langage et d’autopromotion excessive, violant allègrement les articles 2, 3 et 9 du Code de déontologie du 4 mars 2004 ». Par ailleurs, poursuit la Ham, le JTLF « pérennise les abus de liberté d’expression allant du clientélisme au trafic d’influence à travers les médias, en passant par la stigmatisation et la diabolisation de l’autorité publique ». L’instance de régulation de la presse rappelle que le JTLF a reçu plusieurs admonitions, à savoir, une mise en garde et une observation le 30 mai 2008, une observation et une recommandation le 3 juillet 2009 et enfin une mise en demeure le 23 septembre 2009.

Mais, indique la Ham, le programme incriminé persévère dans les violations récurrentes des normes professionnelles de la réglementation et de la législation en vigueur dans le secteur des médias.

Et de souligner : « sous prétexte de célébrer le mois de la femme, le JTLF confie la présentation de son journal même à des personnes non qualifiées à cet effet, banalisant ainsi la profession et énervant l’Ordonnance-Loi n°81-012 du 4 avril 1981 portant statut des journalistes en République démocratique du Congo, et tombant sous les prescrits de l’article 43 litera c de la Loi n°04/017 du 30 juillet 2004 sur l’exercice illégal de quelque métier de la presse ce faisant, le JTLF amène les hautes personnalités du monde féminin à participer à une opération de blanchissement des dérapages notoires… ».