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Six femmes du pasteur Mukungubila détenues en Zambie craignent pour leur vie

Mukungubila-Entrés illégalement en Zambie à la suite des événements du 30 décembre, 12 proches du pasteur Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont aux arrêts depuis le 14 janvier à Lusaka. Ils disent craindre la “persécution” en RDC et demandent l’asile. Requête, pour l’instant, rejetée par les autorités zambiennes.

Où est passé le pasteur Paul-Joseph Mukungubila ? Le 30 décembre 2013, des adeptes se réclamant de celui qui se fait appeler “le Prophète de l’Éternel” avaient attaqué plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Lubumbashi (Sud) et Kindu (Est). “La réaction aux provocations du gouvernement congolais”, soutenaient-ils, évoquant des accrochages ayant eu lieu quelques jours avant entre des fidèles et les forces de l’ordre au sud du pays. Une réaction aussitôt violemment réprimée par l’armée : plus de 100 personnes tuées en une journée ! Depuis, plus rien, ou presque.

Des adeptes “traqués”

Paul-Joseph Mukungubila, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis fin février, fait désormais profil bas. Est-il toujours en RDC ou se cache-t-il en dehors du pays ? Impossible de le savoir. “Pour des raisons de sécurité, nous préférons garder cette information sécrète”, dit-on dans son entourage. En attendant, ce sont ses “adeptes” qui se disent “traqués” par les forces de l’ordre. “Certaines femmes de l’église du pasteur Mukungubila ont été même violées, avant d’être arrêtées. D’autres fidèles ont été enterrés vivants”, accuse Déborah Nkulu, une fille du “prophète”. Une accusation difficile à vérifier.

Mais Déborah Nkuru, “ancienne journaliste à Kinshasa”, vivant actuellement en Belgique, signe et persiste : “C’est cette persécution qui a contraint les membres de ma famille, qui se trouvaient à Lubumbashi au moment des faits, à fuir vers la Zambie”, confie-t-elle à Jeune Afrique. Au total, ils sont 12 proches du pasteur Mukungubila à avoir traversé la frontière pour aller se réfugier en Zambie. “Il s’agit de ma mère et cinq autres femmes de mon père [Pasteur Mukungubila], ainsi que deux enfants à bas âge – un garçon de 4 mois et une fillette de 4 ans -, une cousine, deux sœurs des autres femmes du pasteur et une membre de l’église”, détaille-t-elle.

 

Une fidèle du “pasteur” demande la libération des enfants qui sont dans le groupe des personnes détenues en Zambie depuis le 14 janvier.

Sans papiers (ou avec des “fausses identités”) au moment de leur entrée sur le territoire zambien, ces 12 proches du pasteur Mukungubila ont été arrêtés et transférés à Lusaka où ils sont détenus depuis le 14 janvier dans la prison centrale de la capitale. À deux reprises, ils ont demandé le droit d’asile en Zambie, mais à chaque fois, l’administration leur a réservé une fin de non-recevoir.

Déborah Nkulu n’y voit qu’une machination politique. “Lorsqu’on sait que le président zambien et son homologue congolais sont en bonnes relations, la position de Lusaka dans ce dossier nous inquiète, car les autorités zambiennes menacent même de renvoyer ces proches du pasteur Mukungubila en RDC”, affirme-t-elle, appelant les ONG humanitaires ainsi que celles des droits humains à “s’intéresser davantage à cette situation alarmante”. “Toutes ces personnes risquent d’être éliminées, si la Zambie les renvoie en RDC”, avertit-elle.

Kinshasa rassure

Le fait d’être membre de la famille de Mukungubila ne constitue pas une infraction.

Un conseiller du ministre congolais de l’Intérieur

Pourtant, dans la capitale congolaise, on se veut plutôt rassurant. “À ce jour, la justice n’a lancé qu’un mandat d’arrêt international contre Paul-Joseph Mukungubila, responsable de tristes événements du 30 décembre”, explique un conseiller du ministère de l’Intérieur.

“Le fait d’être membre de famille de cette personne recherchée par les autorités judiciaires ne constitue pas une infraction. Ses partisans qui ont fui en Zambie, s’ils n’ont rien à se reprocher, sont les bienvenues sur leur territoire national”, ajoute-t-il. Suffisant pour les convaincre de regagner leur pays ? Pas sûr.

Jeune Afrique

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