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  • Pas d’accord au dialogue en RDC : la plĂ©niĂšre suspendue jusqu’au 21 dĂ©cembre

    Pas d’accord au dialogue en RDC : la plĂ©niĂšre suspendue jusqu’au 21 dĂ©cembre

    -Les Ă©vĂȘques catholiques ont annoncĂ© samedi que des solutions consensuelles n’ont pas Ă©tĂ© trouvĂ©es dans les commissions traitant de la gouvernance et des institutions et dans celle en charge du processus Ă©lectoral. Ils ont levĂ© la sĂ©ance et appelĂ© la prochaine au 21 dĂ©cembre en attendant le retour du prĂ©sident et du vice-prĂ©sident de la Cenco (ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale des Ă©vĂȘques) qui doivent se rendre Ă  Rome pour une audience avec le pape.

    “Des solutions consensuelles autour de quelques questions confiĂ©es aux commissions du processus Ă©lectoral et la gouvernance des institutions n’ont pas Ă©tĂ© trouvĂ©es. Pour faire justice Ă  toutes ces questions, nous demandons aux commissions concernĂ©es de poursuivre leurs discussions sous la coordination du secrĂ©tariat technique de la Cenco, profitant de la prĂ©sence des Ă©vĂȘques modĂ©rateurs de ces commissions qui sont encore Ă  Kinshasa”, a indiquĂ©e l’abbĂ© Donatien Nshole, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la Cenco.

    Les travaux devront continuer dans ces commissions sous la coordination du secrĂ©tariat technique de la Cenco, en prĂ©sence des Ă©vĂȘques modĂ©rateurs restĂ©s Ă  Kinshasa.

    La Cenco annonce qu’elle poursuivra pendant ce temps les contacts aussi bien avec le pouvoir que l’opposition signataire de l’accord du dialogue de septembre et octobre derniers et celle qui l’avait boycottĂ©.

    Pour certains participants au dialogue cette annonce des Ă©vĂȘques constitue un aveu d’échec.

    Felix Tshisekedi

    Comme annoncĂ©,les discussions ont Ă©chouĂ©.À prĂ©sent,peuple congolais,la balle est dans votre camp!Ns sommes arrivĂ©s au bout de nos efforts. 

    “Comme annoncĂ©, les discussions ont Ă©chouĂ©. A prĂ©sent, peuple congolais, la balle est dans votre camp! Nous sommes arrivĂ©s au bout de nos efforts”, a postĂ© sur son compte Twitter, Felix Tshisekedi, fils du leader de l’opposition et secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint chargĂ© des relations extĂ©rieures de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (Udps) qui prend part aux negocitations. .

    Les divergences persistent notamment sur l’avenir politique du prĂ©sident Joseph Kabila dont le dernier mandat arrive Ă  la fin le 19 dĂ©cembre et sur l’Ă©tendue des pouvoirs devant ĂȘtre les siens pendant la transition points. La situation est tendue dans le pays car l’élection le successeur du chef de l’Etat congolais n’a Ă©tĂ© pas organisĂ©e avant la date consacrant la fin du dernier mandat de celui-ci, le 19 dĂ©cembre.

    Les Ă©vĂȘques ont dĂ» discuter vendredi avec Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition, et le prĂ©sident Kabila pour essayer de concilier les divergences persistantes entre les camps de ceux qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et celui de ceux qui l’ont boycottĂ©.

    Appel de paix de Washington

    Le gouvernement amĂ©ricain a, la veille, lancĂ© un appel Ă  la paix et demandĂ© aux autoritĂ©s congolaises et Ă  l’opposition de finaliser avant le 19 dĂ©cembre un accord inclusif sur la tenue des Ă©lections, le format d’un gouvernement intĂ©rimaire et le transfert pacifique de pouvoir.

    Le dĂ©partement d’Etat a, par la mĂȘme occasion, mis en garde contre la rĂ©pression violente des manifestations ou rassemblements pacifiques, ou la violence de l’opposition, qui sont incompatibles avec les normes dĂ©mocratiques et la primautĂ© du droit.

    En septembre, plus de 50 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es Ă  Kinshasa dans des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui rĂ©clamaient le dĂ©part de M. Kabila du pouvoir au 19 dĂ©cembre.

    Le président Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et lui interdit de se représenter.

    VOA

  • Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaĂźt pas. S’il veut la guerre, je vais le dĂ©molir !

    Edem Kodjo: Tshisekedi ne me connaĂźt pas. S’il veut la guerre, je vais le dĂ©molir !

    –AprĂšs dix mois de facilitation chahutĂ©e, l’ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OUA et ex-Premier ministre du Togo a dĂ©posĂ© (provisoirement ?) les armes. En exclusivitĂ© pour JA, et alors que les Congolais retiennent leur souffle dans la perspective de la fin du mandat du prĂ©sident Kabila, le 19 dĂ©cembre, Edem Kodjo raconte ici son parcours du combattant.
    Comment (et pourquoi) j’ai mis les pieds dans le « marigot »

    Je n’ai rien sollicitĂ©, c’est venu Ă  moi. Je me trouvais par hasard Ă  Brazzaville un jour de janvier 2016, lorsque j’ai reçu un appel du commissaire Paix et SĂ©curitĂ© de l’Union africaine, l’AlgĂ©rien SmaĂŻl Chergui. « Mme Dlamini-Zuma souhaite savoir si vous accepteriez une mission de bons offices en RD Congo, me dit-il. Il s’agit de mettre en place un dialogue entre le pouvoir et l’opposition et de dĂ©boucher sur un accord politique en vue de l’élection prĂ©sidentielle. » Rien de moins ! RĂ©ponse prudente de ma part: « Laissez-moi vingt-quatre heures de rĂ©flexion. » Cela tombe bien, un chef d’État d’expĂ©rience et qui connaĂźt la RD Congo comme sa poche, le prĂ©sident Sassou Nguesso, loge Ă  deux pas.

    Il me reçoit, je lui soumets la proposition, et il m’encourage aussitĂŽt Ă  dire oui : «Je connais tes convictions panafricaines, je ne vois donc pas comment tu pourrais te dĂ©filer. Je vais t’aider. » Ma dĂ©cision est prise : j’accepte. Vous ne vous en doutiez pas, mais la deuxiĂšme personne Ă  qui j’ai parlĂ© de cette mission, c’était vous-mĂȘme. Je me souviens de votre question: « Edem, qu’allez-vous faire dans ce marigot ? » Etde ma rĂ©plique : « Il faut bien que quelqu’un se sacrifie. »

    Premiers pas encourageants

    Muni du mandat de Mme Dlamini-Zuma, qui fait de moi un facilitateur du dialogue, je dĂ©barque Ă  Kinshasa, rĂ©solu Ă  entrer en contact avec toutes les parties. Paradoxal, au vu de ce qui allait advenir, mais vrai : c’est de la part du principal parti de l’opposition, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, que je reçois le meilleur accueil. Deux dĂ©lĂ©gations viennent me voir pour me fĂ©liciter, se rĂ©jouir du choix d’« un grand mĂ©diateur africain » (je les cite) et me prier de me rendre au plus vite Ă  Bruxelles pour y rencontrer le « lĂ­der mĂĄximo ».

    Ce qui, pour moi, allait de soi. Le 4 fĂ©vrier, j’effectue mon premier dĂ©placement dans la capitale belge, Ă  la rencontre de celui que vous avez surnommĂ©, Ă  JA, « Monsieur Non ». Tshisekedi me reçoit, entourĂ© de son fils FĂ©lix, de l’abbĂ© Tshilumba, son directeur de cabinet, et de son insĂ©parable assistant Gilbert Kankonde. Cette fois, il dit oui. Oui au dialogue, sans rĂ©serves apparentes. Bien qu’une partie de la mouvance de l’opposition s’obstine Ă  me regarder avec suspicion, le fait d’ĂȘtre soutenu par l’UDPS m’encourage. DĂ©but mars, je tombe malade et me fais soigner Ă  Paris.

    C’est lĂ  que le directeur de cabinet du prĂ©sident Kabila, NĂ©hĂ©mie Wilondja, vient me rendre visite Ă  mon appartement du XVIIe arrondissement pour m’annoncer qu’une dĂ©lĂ©gation de la sensibilitĂ© prĂ©sidentielle et une autre de l’UDPS se trouvent dans la capitale française pour y discuter du dialogue. Les deux parties, ajoute-t-il, demandent que je prĂ©side aux pourparlers. Convalescent, mais requinquĂ© par la nouvelle, j’accepte et choisis le lieu: l’hĂŽtel Raphael. Le 26 mars 2016, veille de PĂąques, on s’installe : six cĂŽtĂ© mouvance, six cĂŽtĂ© UDPS, et moi au milieu.

    Ce n’est pas la premiĂšre fois que les uns et les autres discutent. Pour le pouvoir, rechercher un accord avec Tshisekedi est une constante, en fonction d’un calcul simple: mouvance prĂ©sidentielle + UDPS = majoritĂ© absolue, plus besoin des autres.

    Ils se sont dĂ©jĂ  vus Ă  Venise, puis Ă  Ibiza, sans rĂ©sultats. Y parviendront-ils Ă  Paris? La rĂ©union dure deux heures, et je dois dire que nous faisons un excellent travail. Nous rĂ©glons tous les problĂšmes, ou presque, et nous signons un accord portant sur le comitĂ© prĂ©paratoire au dialogue, son rĂšglement, son ordre du jour et surtout sa composition. Trente membres au total : douze pour la partie prĂ©sidentielle, six pour la sociĂ©tĂ© civile et douze pour l’opposition. Certes, l’opposition, ce n’est pas que l’UDPS, mais il est clair que cette derniĂšre entend garder la main.

    Munie d’un mandat dĂ»ment signĂ© de Tshisekedi lui-mĂȘme, dont j’ai exigĂ© et conservĂ© copie (on n’est jamais trop prudent!), la dĂ©lĂ©gation UDPS au Raphael est conduite par deux de ses proches, Floribert Tendayi et Papis Tshimpangila. Elle comprend aussi l’un des propres fils du Vieux, Christian Tshisekedi, et l’un de ses neveux, Bona Kabongo. Comme rien n’est simple dans cette famille, FĂ©lix Tshisekedi me dira plus tard, sur le ton du reproche, que son frĂšre Christian n’y connaĂźt rien en politique puisque c’est un homme d’affaires. Comme si j’avais moi-mĂȘme composĂ© cette dĂ©lĂ©gation ! Toujours est-il qu’en ce 26 mars l’UDPS nous annonce qu’elle se rĂ©serve le droit de nommer elle-mĂȘme les douze personnalitĂ©s de l’opposition qui participeront au comitĂ© prĂ©paratoire. Explication : « On se connaĂźt entre nous, hors de question de nous laisser infiltrer par de faux-vrais opposants ! » AprĂšs tout, c’est son affaire. On se sĂ©pare donc bons amis.

    De retour Ă  Kinshasa, je reçois le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’UDPS, Bruno Mavungu, accompagnĂ© de FĂ©lix Tshisekedi. FĂ©lix joue les durs, et je m’aperçois rapidement qu’il a pris l’ascendant sur Mavungu, mais il ne remet rien en question. Il ne me reste plus qu’à recevoir la liste des opposants membres du comitĂ© prĂ©paratoire. On me l’annonce d’une heure Ă  l’autre. Je suis confiant, presque euphorique. À tort.

    Quand Tshisekedi tourne casquette

    J’ai en main les listes de la mouvance prĂ©sidentielle et de la sociĂ©tĂ© civile, mais, cĂŽtĂ© UDPS, rien ne vient. Une, deux, trois semaines, rien. Je me rends donc de nouveau Ă  Bruxelles pour y rencontrer Étienne Tshisekedi. Il me reçoit le 5 mai dans un hĂŽtel de la capitale belge, entourĂ©, cette fois encore, de FĂ©lix, de l’abbĂ© Tshilumba et de Gilbert Kankonde. Je les sens un peu crispĂ©s, exigeant notamment ce qu’ils appellent un renforcement de la facilitation. Mais comme ils ne me montrent aucune hostilitĂ©, je sors de l’entretien rassurĂ©, mĂȘme si je n’ai toujours pas obtenu la fameuse liste. Retour Ă  Kinshasa.

    Au sein de la mouvance prĂ©sidentielle et de l’opposition non UDPS, on s’impatiente et on me critique. À leurs yeux, je favorise l’UDPS, je fais tout pour ressusciter Tshisekedi et le remettre en selle. C’est alors que surgit cette Ă©trange idĂ©e de panel de personnalitĂ©s censĂ©es m’épauler et m’encadrer, afin de « remettre le dialogue sur les rails ». Puisque le facilitateur piĂ©tine, entend-on dire, aidons-le Ă  s’en sortir.

    C’est Ă©videmment tout sauf dĂ©sintĂ©ressĂ© car derriĂšre ce schĂ©ma se profile l’ombre des AmĂ©ricains, en particulier celle de l’envoyĂ© spĂ©cial pour les Grands Lacs, Tom Perriello. Via le panel, dont ils seraient membres, les États-Unis, puissance extracontinentale, souhaitent ĂȘtre directement au cƓur du dialogue, ce qui Ă  mes yeux n’est pas souhaitable. J’ai rapidement vu la manƓuvre, d’oĂč la contre-idĂ©e, lancĂ©e par moi, d’un groupe de soutien Ă  la facilitation, composĂ© de l’UA, de l’ONU, de l’Union europĂ©enne, de l’OIF et des organisations rĂ©gionales africaines. Cris d’orfraie de la part des AmĂ©ricains et des politiciens congolais qui leur sont proches !

    DĂ©but juin, je suis Ă  nouveau Ă  Bruxelles, face Ă  Tshisekedi. Je demande un tĂȘte-Ă -tĂȘte. On me le refuse, non sans une certaine indignation : « Le prĂ©sident ne voit jamais personne en tĂȘte Ă  tĂȘte! » Va donc pour l’inĂ©vitable duo Tshilumba-Kankonde, tĂ©moins muets de notre Ă©change. « Grand frĂšre, lui dis-je. J’attends les noms de vos reprĂ©sentants au dialogue depuis deux mois, quand les aurai-je ? » RĂ©ponse : « Petit frĂšre, nous sommes jeudi. Lundi, dans quatre jours, vous les aurez. » Je saurai plus tard que la liste, effectivement, Ă©tait prĂȘte. Elle ne m’a jamais Ă©tĂ© remise.

    Qui l’a fait passer Ă  la trappe ? MystĂšre. Pendant des jours, j’ai cherchĂ© Ă  le joindre depuis Kinshasa, en vain. Il a fallu m’y rĂ©soudre: Tshisekedi avait tournĂ© casquette. Pourquoi? Je me souviens que, pendant l’entretien, il n’avait cessĂ© de me rĂ©pĂ©ter que j’étais trop seul et que la formule du panel, qui avait la faveur des AmĂ©ricains, Ă©tait Ă  ses yeux la meilleure pour m’entourer. Est-ce lĂ  la clĂ© de sa volte-face ? Je l’ignore.

    Kodjo: « Quand aurai-je les noms des délégués au dialogue? » Tshisekedi: « Lundi, dans quatre jours. »

    Six mois, plus tard, j’attends encore


    Avec Katumbi, un rendez-vous manqué

    Heureusement, l’iceberg de l’opposition commence Ă  craquer. Le dĂ©putĂ© Samy Badibanga, qui deviendra Premier ministre en novembre, puis d’autres, manifestent avec insistance le souhait de participer au dialogue. Au mĂȘme moment se pose le problĂšme de MoĂŻse Katumbi. J’avais prĂ©vu de le rencontrer peu aprĂšs mon second sĂ©jour Ă  Bruxelles, dĂ©but mai.

    Mon projet Ă©tait d’aller le voir chez lui, Ă  Lubumbashi, ce qui d’ailleurs ne plaisait guĂšre au pouvoir en place Ă  Kinshasa, qui estimait que c’était lĂ  une sorte de reconnaissance. La veille du jour fixĂ© pour notre rendez-vous, l’un de ses proches, l’ex-prĂ©sident de l’assemblĂ©e provinciale du Haut-Katanga, Gabriel Kyungu, connu pour la brutalitĂ© de son langage, se livre dans les mĂ©dias locaux Ă  une violente diatribe contre moi, avant de conclure que je ne serai pas le bienvenu Ă  Lubumbashi.

    Dans la foulĂ©e, le G7, regroupement d’anciens kabilistes ralliĂ©s Ă  Katumbi, publie une dĂ©claration de la mĂȘme eau Ă  mon encontre, avant d’en appeler, lui aussi, comme par hasard, Ă  la mise en place du fameux panel cher Ă  M. Perriello. J’annule donc mon dĂ©placement et appelle Katumbi pour le lui signifier. L’échange est aigre-doux : « Kinshasa vous a empĂȘchĂ© de venir me voir ! » me dit-il. « Pas du tout, c’est votre ami Kyungu et vos alliĂ©s du G7 qui, manifestement, ne le souhaitent pas. Ma sĂ©curitĂ© n’est pas assurĂ©e Ă  Lubumbashi, pourquoi viendrais-je ? »

    La conversation terminĂ©e, je joins aussitĂŽt Mme Dlamini-Zuma pour lui proposer de faire venir MoĂŻse Katumbi en terrain neutre, Ă  Addis-Abeba, afin que nous parlions avec lui. Le principe est rapidement acquis lorsque surviennent l’affaire dite des mercenaires et l’ouverture d’une procĂ©dure Ă  l’encontre du candidat.

    Depuis lors, je suis intervenu Ă  sa demande pour faciliter son dĂ©part Ă  l’étranger, mais nous ne nous sommes toujours pas rencontrĂ©s. Dois-je prĂ©ciser que je n’ai aucun problĂšme avec M. Katumbi, qui porte le mĂȘme prĂ©nom que celui de mon pĂšre ? J’entends souvent dire qu’il est « l’homme des AmĂ©ricains ». Je l’ignore, mĂȘme s’il en est notoirement proche. Et dans ce cas, il n’est pas le seul.

    Son grand frĂšre, Katebe Katoto, que j’ai rencontrĂ© Ă  Bruxelles, Ă©tait un ardent dĂ©fenseur de la formule du panel et un critique acerbe de la facilitation que je menais, au point que j’ai dĂ» lui dire, les yeux dans les yeux: « Moi, Monsieur, je ne suis pas achetable ! » Au cours de cette mĂȘme rencontre, un membre du G7 s’est levĂ© : « Vous, vous avez un mentor qui s’appelle la France, a-t-il commencĂ©. Eh bien, sachez que la RDC, c’est le jardin privĂ© des États-Unis ! » Mon sang n’a fait qu’un tour : « Je ne sais pas si vous ĂȘtes conscient de ce que vous venez de dire, ai-je rĂ©torquĂ©. À votre place, je ferais tout pour que ça ne sorte pas de cette salle. Sinon l’Afrique entiĂšre va se moquer de vous ! »

    Coup de foudre Ă  Kinshasa

    Nous sommes en juin. L’UA a avalisĂ© mon projet de groupe de soutien Ă  la facilitation, et je dĂ©cide d’envoyer une nouvelle mission auprĂšs de Tshisekedi Ă  Bruxelles. À Genval, banlieue chic de la capitale belge, l’opposition, UDPS et G7 notamment, vient de lancer le Rassemblement anti-Kabila. Le ton s’est durci, et je crains que ma dĂ©lĂ©gation, composĂ©e des AlgĂ©riens SaĂŻd Djinnit et SmaĂŻl Chergui, ainsi que d’un diplomate belge, ne trouve porte close. Il n’en est rien, et le rapport de quelques lignes que me font ces Ă©missaires est totalement anodin, ce qui m’étonne un peu.

    Était-ce pour m’endormir? Le rĂ©veil sera brutal. Le 4 juillet, une rĂ©union du groupe de soutien Ă  Addis-Abeba dĂ©bouche sur une demande qui est presque une injonction : le facilitateur est priĂ© de mettre en place le comitĂ© de prĂ©paration au dialogue d’ici Ă  la fin du mois. Une date est retenue : le samedi 30 juillet. Mais il y a un problĂšme : de retour Ă  Kinshasa le 27, Étienne Tshisekedi a prĂ©vu de tenir un mĂ©gameeting le 31 juillet. L’UDPS hurle au complot : c’est du sabotage!

    D’ailleurs, me dit-on, vos Ă©missaires Ă  Bruxelles se sont entendus avec nous pour que les deux Ă©vĂ©nements ne coĂŻncident pas – si c’est exact, cela m’a Ă©tĂ© cachĂ© ; pourquoi ? OĂč Ă©tait mon intĂ©rĂȘt dans cette affaire, alors que je me battais depuis des mois pour inclure Tshisekedi dans le jeu ? A-t-on voulu me piĂ©ger, me discrĂ©diter afin de mettre quelqu’un d’autre Ă  ma place? Je n’en dirai pas plus, mais Mme Dlamini-Zuma, Ă  qui j’ai fait, fin octobre, un compte rendu dĂ©taillĂ© de ma mission, connaĂźt les tenants et aboutissants de toute cette histoire.

    Lors de son meeting devant des dizaines de milliers de personnes, Étienne Tshisekedi m’injurie. Je ne m’y attendais absolument pas. Il me traite de « petit kabiliste partial » et ajoute que je suis « un traĂźtre ». Oui, « un traĂźtre » ! PassĂ© l’instant de sidĂ©ration, je rĂ©flĂ©chis. Si traĂźtre il y a, l’insulte convient Ă  celui qui a signĂ© un accord et ne l’a pas respectĂ©. Or, Tshisekedi a violĂ© l’engagement que ses dĂ©lĂ©guĂ©s, mandatĂ©s par lui, ont conclu Ă  Paris en ma prĂ©sence. Donc le traĂźtre, c’est Tshisekedi. Partial? C’est risible.

    Pendant longtemps, la majoritĂ© prĂ©sidentielle et une partie de l’opposition, dont Vital Kamerhe, le G7 et la Dynamique, m’ont accusĂ© de favoriser l’UDPS et son vieux leader! Ce discours m’est tombĂ© dessus comme un coup de foudre. Je ne pardonne pas Ă  Tshisekedi de s’ĂȘtre montrĂ© aussi injuste Ă  mon Ă©gard. Il ne s’en est jamais excusĂ© ni expliquĂ©. Lorsqu’un ami commun, Mgr Monsengwo, a voulu que j’aille le voir chez lui, Ă  Limete, pour recoller les morceaux, j’ai refusĂ©. Peut-ĂȘtre nous reverrons-nous, mais ce ne sera pas Ă  son domicile. Tshisekedi ne me connaĂźt pas. S’il veut la guerre, je vais le dĂ©molir !

    L’Église catholique : pĂȘchez en paix

    Certes, l’Église est une institution en RD Congo. Certes, je suis moi-mĂȘme un catholique pratiquant et je me dois de passer le manteau de NoĂ© sur ce que fait ma hiĂ©rarchie et qui ne me plaĂźt pas toujours. Je ne dirai donc rien sur le cardinal Monsengwo, que je connais bien et que je respecte.

    Mais tout de mĂȘme. J’ai beaucoup comptĂ© sur la confĂ©rence Ă©piscopale, la Cenco, pour qu’elle m’aide dans ma tĂąche de facilitation. Au sein du comitĂ© prĂ©paratoire au dialogue, le reprĂ©sentant de la Cenco, l’abbĂ© Donatien Nshole, avait le beau rĂŽle. Idem lorsque, le 1er septembre, s’est ouvert le dialogue lui-mĂȘme. Surviennent alors les tragiques Ă©meutes des 19 et 20 septembre Ă  Kinshasa, lesquelles – il convient de le prĂ©ciser, car j’en ai Ă©tĂ© le tĂ©moin – ont commencĂ© par le saccage des siĂšges des partis membres du dialogue, perpĂ©trĂ© par des militants du Rassemblement de l’opposition radicale. Avant que les jeunes kabilistes aillent Ă  leur tour mettre le feu aux locaux de l’UDPS.

    C’est alors que les curĂ©s de la Cenco ont changĂ© de ton. AprĂšs avoir exigĂ© une semaine de deuil, ils sont venus poser des prĂ©alables au dialogue qui ne figuraient pas dans nos accords. J’y ai consenti Ă  une condition : qu’ils restent dans la salle. Libre Ă  eux, par ailleurs, d’aller Ă  la pĂȘche miraculeuse et de ramener dans leurs filets les opposants au dialogue. À l’heure oĂč je vous parle, la pĂȘche continue, et je souhaite qu’elle soit fructueuse.

    D’autant que Joseph Kabila, vous l’aurez remarquĂ©, joue le jeu et encourage les Ă©vĂȘques. Cela s’est discutĂ© fin octobre Ă  Luanda, en marge du sommet des chefs d’État de la rĂ©gion, qui a entĂ©rinĂ© l’accord politique du 18 octobre. Denis Sassou Nguesso et JosĂ© Eduardo dos Santos ont suggĂ©rĂ© Ă  Kabila de tendre la main au Rassemblement de l’opposition, via la Cenco, ce qu’il a fait. Je crois que tout le monde est un peu tĂ©tanisĂ© Ă  l’idĂ©e qu’il se passe quelque chose le 19 dĂ©cembre Ă  minuit et que chacun cherche Ă  conjurer les risques de dĂ©rapages.

    Présidentielle : 2018 ou le chaos

    Les AmĂ©ricains, les EuropĂ©ens, la Cenco, le Rassemblement: tous ou presque « exigent » que l’élection prĂ©sidentielle se tienne en 2017.

    Mais c’est impossible avant avril 2018 ! Cette Ă©chĂ©ance n’est pas le fruit du hasard : le fichier Ă©lectoral est corrompu, tout le monde l’a dit, sa refonte est indispensable. La RD Congo, c’est 2,5 millions de kmÂČ, 136 000 bureaux de vote, 20 000 tonnes de matĂ©riel Ă©lectoral Ă  transporter, le plus souvent par voie aĂ©rienne ou fluviale. La commission Ă©lectorale, les experts de l’ONU et de l’OIF, le gĂ©nĂ©ral malien Siaka SangarĂ©, que je considĂšre comme le meilleur expert Ă©lectoral d’Afrique francophone et que j’ai fait venir


    Tous sont formels : on ne peut pas, en resserrant au maximum les dĂ©lais, aller plus vite. Le fichier Ă©lectoral sera fiable et complet dĂ©but octobre 2017, il faut ensuite six mois pour organiser le scrutin. À condition, bien sĂ»r, que son financement – prĂšs de deux milliards de dollars – soit assurĂ©. PrĂ©coniser une prĂ©sidentielle bĂąclĂ©e l’an prochain, c’est irresponsable.

    J’ai entendu rĂ©cemment Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres, critiquer l’accord du 18 octobre et remettre 2017 sur le tapis. Cela m’a Ă©tonnĂ© : son ambassadeur Ă  Kinshasa ne lui a donc pas fait rapport ? Il parle en mĂ©connaissance de cause.

    Autre revendication de l’opposition radicale et de ceux qui la soutiennent : que Kabila dĂ©missionne au soir du 19 dĂ©cembre 2016 et laisse la place Ă  une pĂ©riode transitoire spĂ©ciale, avec Ă  sa tĂȘte le prĂ©sident du SĂ©nat, LĂ©on Kengo Wa Dondo, qui organisera les Ă©lections. Ce n’est ni constitutionnel – la Cour suprĂȘme a tranchĂ©, et les participants au dialogue en sont convenus – ni rĂ©aliste. Le mandat de Kengo est forclos depuis quatre ans, faute d’élections provinciales et sĂ©natoriales tenues dans les dĂ©lais. Quelle est sa lĂ©gitimitĂ©? Sur le plan strictement juridique, le fait que Kabila demeure en place jusqu’à l’élection de son successeur est objectivement la moins mauvaise des solutions.

    Une classe politique brillante, mais toxique

    J’ai eu affaire Ă  une classe politique Ă  la fois brillante, adepte des faux-fuyants, intelligente, toxique
 L’argent joue un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant: en Afrique de l’Ouest, les gens pensent qu’ils sont riches quand ils ont 100 millions de F CFA.

    Ici, ils le sont quand ils ont la mĂȘme somme, mais en dollars. Autre caractĂ©ristique: un sentiment national et identitaire Ă  vif. Est-ce un hĂ©ritage du mobutisme triomphant ? C’est possible, mais les Congolais en gĂ©nĂ©ral sont allergiques Ă  toute interfĂ©rence, en particulier occidentale – sauf bien entendu quand elle sert leurs intĂ©rĂȘts et qu’ils peuvent l’instrumentaliser Ă  leur profit.

    Aussi les chefs d’État africains, qui connaissent ce sentiment, sont-ils prudents dĂšs qu’il s’agit de se mĂȘler des affaires congolaises. Sassou Nguesso joue un rĂŽle positif, Dos Santos aussi, ainsi – et c’est moins connu – que Faure GnassingbĂ©. Le prĂ©sident togolais entretient des relations Ă©troites aussi bien avec Kabila qu’avec Vital Kamerhe. Si Kamerhe ne nous avait pas rejoints, il n’y aurait jamais eu de dialogue, et Faure a Ă©tĂ© dĂ©cisif dans son ralliement, tout comme son « envoyĂ© spĂ©cial », le ministre Gilbert Bawara, trĂšs introduit Ă  Kinshasa.

    Pourquoi (et comment) j’ai mis les pieds dans le « marigot »: suite et fin

    Ce n’est pas l’argent qui m’a motivĂ©, et je voudrais ĂȘtre clair, voire trivial Ă  cet Ă©gard : Kabila ne m’a pas payĂ©, ce n’est pas lui qui a rĂ©glĂ© mes frais de mission ni mes per diem.

    C’est l’UA qui m’a pris en charge, et il ne m’a rien donnĂ©. On a, Ă  ce sujet, racontĂ© n’importe quoi. Je me souviens du jour oĂč je suis allĂ© visiter le fameux barrage d’Inga et survoler l’embouchure du fleuve Congo, spectacle dont j’ai toujours rĂȘvĂ©. Une compagnie pĂ©troliĂšre avait mis un hĂ©licoptĂšre Ă  ma disposition Ă  cet effet.

    Le lendemain, des journaux ont Ă©crit que, ça y est, Kodjo est dans le pĂ©trole, Kabila l’y a mis pour l’acheter ! Par contre oui, mon ego, ma place dans l’Histoire, la volontĂ© de sortir par le haut, de ne pas partir sur un Ă©chec, celle aussi de dĂ©montrer Ă  M. Tshisekedi, qui m’a trahi, que je n’étais pas un nĂšgre de service, tout cela m’a motivĂ© et a forgĂ© ma rĂ©silience.

    François Soudan/Jeune Afrique

  • Les Ă©vĂȘques catholiques discutent avec Tshisekedi et Kabila

    Les Ă©vĂȘques catholiques discutent avec Tshisekedi et Kabila

    -Les Ă©vĂȘques catholiques, qui assurent la mĂ©diation aux discussions directes Ă  Kinshasa, ont discutĂ© la nuit derniĂšre avec Etienne Tshisekedi, leader de l’opposition, et attendent d’ĂȘtre reçus par le prĂ©sident Joseph Kabila.

    L’incertitude planait vendredi Ă  Kinshasa sur les chances de conclusion dans la journĂ©e d’un accord politique permettant de trouver une sortie de crise en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo avant la fin du mandat du prĂ©sident Joseph Kabila le 20 dĂ©cembre.

    Les nĂ©gociations qui se sont ouvertes le 8 dĂ©cembre sous l’Ă©gide de la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques catholiques du Congo (Cenco) sont censĂ©es s’achever vendredi, selon le calendrier dĂ©fini par les prĂ©lats.

    Le but de ce dialogue est de trouver un compromis sur la mise en place d’une pĂ©riode de transition politique devant mener Ă  la tenue de la prĂ©sidentielle.

    Cette Ă©lection devait avoir lieu cette annĂ©e mais n’a pas Ă©tĂ© organisĂ©e. Elle doit permettre la dĂ©signation d’un successeur Ă  M. Kabila, Ă  qui la Constitution interdit de se reprĂ©senter.

    Les dĂ©tracteurs de M. Kabila l’accusent depuis des mois d’avoir orchestrĂ© le report de la prĂ©sidentielle, de chercher Ă  se maintenir au pouvoir par tous les moyens et pour cela d’envisager de changer la Constitution comme l’ont fait plusieurs prĂ©sidents du voisinage de la RDC.

    FidĂšle Ă  sa rĂ©putation de taiseux, le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et ĂągĂ© de 45 ans, ne dĂ©voile rien de ses projets, si ce n’est, dans son dernier discours public mi-novembre, sa volontĂ© de se maintenir en poste aprĂšs le 20 dĂ©cembre jusqu’Ă  l’Ă©lection de son successeur.

    Le dialogue arbitrĂ© par la Cenco met aux prises deux dĂ©lĂ©gations. La premiĂšre regroupe des reprĂ©sentants de la majoritĂ© et d’une frange minoritaire de l’opposition ayant signĂ© en octobre un accord renvoyant la prĂ©sidentielle au plus tĂŽt Ă  avril 2018 et prĂ©voyant jusque-lĂ  un partage de l’exĂ©cutif entre M. Kabila et un Premier ministre issu de l’opposition.

    L’autre dĂ©lĂ©gation regroupe les opposants Ă  cet accord, essentiellement rassemblĂ©s autour d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise, ĂągĂ© de 84 ans.

    Jeudi soir, selon des participants aux nĂ©gociations, des progrĂšs avaient Ă©tĂ© enregistrĂ©s sur la question de la date et de l’organisation de la prĂ©sidentielle, mais l’impasse persistait sur celle de l’avenir politique de M. Kabila et de l’Ă©tendue des pouvoirs devant ĂȘtre les siens pendant la transition.

    – Dans l’antichambre du prĂ©sident –

    Alors que les deux camps soufflent le chaud et le froid avec des dĂ©clarations tantĂŽt maximalistes tantĂŽt conciliantes, l’Église a voulu se montrer encore optimiste vendredi matin.

    “Les Ă©vĂȘques ont Ă©changĂ© avec M. Tshisekedi cette nuit”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP l’abbĂ© Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco, pour qui ces Ă©changes ont Ă©tĂ© “positifs”.

    Selon l’abbĂ© Nshole, les prĂ©lats “ont sollicitĂ© une audience auprĂšs du prĂ©sident Kabila”, ce qui a Ă©tĂ© confirmĂ© dans l’entourage du chef de l’État.

    Vers 12H30 (11H30 GMT), ils attendaient d’ĂȘtre reçus par le prĂ©sident au Palais de la Nation avant de revenir “prĂ©sider la grande plĂ©niĂšre” devant dĂ©boucher sur la signature d’un accord, a ajoutĂ© le prĂ©lat.

    La RDC n’a connu aucune alternance dĂ©mocratique depuis son indĂ©pendance de la Belgique en 1960. État-continent de quelque 70 millions d’habitants au coeur de l’Afrique, le Congo (ex-ZaĂŻre) a Ă©tĂ© ravagĂ© par deux guerres entre 1996 et 2003 et la communautĂ© internationale craint que le pays ne plonge dans une nouvelle spirale de violence faute d’accord politique.

    Depuis 2013, plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans des violences à caractÚre politique à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays.

    M. Tshisekedi et ses alliĂ©s ont menacĂ© d’appeler Ă  des manifestations sur tout le territoire Ă  partir de lundi jusqu’Ă  ce que le chef de l’État quitte le pouvoir. Cet appel Ă  manifester contre M. Kabila est pour l’heure suspendu au rĂ©sultat des nĂ©gociations en cours.

    L’opposition ne semble cependant pas avoir mobilisĂ© ses troupes outre mesure en vue de manifestations. Signe nĂ©anmoins d’une certaine fĂ©brilitĂ© des autoritĂ©s, le gouvernement a demandĂ© jeudi aux opĂ©rateurs internet de filtrer ou couper les rĂ©seaux sociaux Ă  compter de 23h59 dimanche.

    “Qu’on ait des garanties (sur la date des Ă©lections et le fait que M. Kabila ne cherchera pas Ă  briguer un nouveau mandat) et nous irons parler au peuple parce que de vrais dĂ©fis commencent aprĂšs le 19 dĂ©cembre”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Jean-Marc Kabund, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti de M. Tshisekedi.

  • Entre le marteau de la CommunautĂ© internationale et l’enclume du Peuple congolais

    Entre le marteau de la CommunautĂ© internationale et l’enclume du Peuple congolais

    -Le Face Ă  face du ‘‘Rassemblement majoritaire’’ et de la ‘‘MajoritĂ© minoritaire’’

    En quĂȘte de Consensus politique et national

    Entre le marteau de la CommunautĂ© internationale et l’enclume du Peuple congolais

     

    ‘‘La meilleure arme, c’est s’asseoir et parler’’

    Nelson Mandela’, PrĂ©sident de la RĂ©publique Sud-Africaine (RSA) 1994 – 1999 et HĂ©ros de l’abolition du rĂ©gime sĂ©grĂ©gationniste d’Apartheid

    Depuis le jeudi 8 dĂ©cembre 2016, Kinshasa est, indĂ©niablement, en pleine Ă©bullition. En effet, Ă  la veille de la fin du second et, surtout, dernier mandat de Joseph Kabila Kabange, la capitale politique et administrative de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) est, Ă  vrai dire, le théùtre des pourparlers politiques. En fait, ces nĂ©gociations politiques intercongolaises mettent face Ă  face les signataires du fameux ‘‘Accord du 18 octobre 2016’’ ou ‘‘le Pacte du camp Tshatshi ’’, conclu Ă  la va-vite Ă  la CitĂ© de l’Union africaine (UA), et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement – [politique et dĂ©mocratique NDLR] – dont l’acronyme est le (RFPSC).

    À la suite du monologue de la CitĂ© de l’Union africaine (UA), ce nouveau forum politique, se dĂ©roulant au siĂšge de la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (CENCO), rĂ©unit, en rĂ©alitĂ©, deux camps aux prĂ©tentions politiques et idĂ©ologiques, somme toute, variĂ©es et diamĂ©tralement opposĂ©es. Il confronte, rĂ©alistement, deux visions intrinsĂšquement liĂ©es Ă  l’avenir politique de la Nation et de l’État. D’un cĂŽtĂ©, se pavane comme un paon le conglomĂ©rat de celles et ceux dont le slogan est ‘‘Wumela’’. Ce signifie ‘‘RĂ©gner ad vitam aeternam’’.

    Cette Ă©quipe, certes, adossĂ©e au pouvoir finissant et vermoulu prĂ©sente, manifestement, cette particularitĂ© et cette singularitĂ© d’offrir sur un plateau d’or Ă  ‘‘l’imposteur’’ Joseph Kabila Kabange la certitude de ‘‘glisser’’. En effet, au travers d’une convention ‘‘privĂ©e’’ et ‘‘sectaire[i]’’, ce camp plutĂŽt motivĂ© par la seule et unique perspective de partage des maroquins ‘‘proroge’’, sans autre forme de procĂšs, de 18 mois le mandat prĂ©sidentiel de l’Usurpateur. Ce qui est, indubitablement, une maniĂšre d’accorder un sursis au pouvoir maffieux d’occupation Ă©trangĂšre et de pillage meurtrier de toutes ressources nationales. Il sied de mentionner que ce ‘‘cadeau’’ offert Ă  Joseph Kabila Kabange n’est pas vraiment sans rappeler le tristement cĂ©lĂšbre Ă©pisode de l’HĂŽtel des Cascades vĂ©cu Ă  Sun City, une station balnĂ©aire de la RĂ©publique Sud-Africaine[ii]. Sans compter que dans le cas prĂ©sent, il a nĂ©anmoins cette facultĂ© de violer, de maniĂšre flagrante, bon nombre de dispositions de l’édifice constitutionnel.

    Aussi cette Ă©quipe dont l’idĂ©ologie politique est, sĂ»rement, la ‘‘Wumelacratie’’ prĂ©sente-t-elle cette particularitĂ© et cette singularitĂ© de faire d’un simple accord privĂ© et sectaire – ce qui est incomprĂ©hensible et inadmissible – une ‘‘loi supraconstitutionnelle’’. Donc, ce conglomĂ©rat d’aventuriers et d’opportunistes – pour reprendre cette formule d’ailleurs chĂšre Ă  Mzee Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila (LDK) – s’arroge, toute honte bue, le droit d’exercer une compĂ©tence politique et constitutionnelle qui relĂšve, pourtant, du Parlement rĂ©uni normalement en CongrĂšs. Ce qui est, par essence, un impair politique ‘‘gravissime’’. Une telle forfaiture relĂšve, essentiellement, de la ‘‘haute trahison’’ d’autant plus qu’il s’agit, en l’espĂšce, d’un ‘‘coup d’État’’,  cette fois-ci soft. [Purement et simplement !]

    Aussi cette Ă©quipe au service exclusif de l’occupation Ă©trangĂšre et du pillage meurtrier prĂ©sente-t-elle cette particularitĂ© et cette singularitĂ© de faire retourner immĂ©diatement la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo Ă  l’époque de l’Alliance des forces dĂ©mocratiques pour la libĂ©ration du Congo-ZaĂŻre (AFDL). Cette triste pĂ©riode se caractĂ©rise par le fait que le destin politique de ce vaste pays au cƓur de la rĂ©gion des Grands Lacs africains et d’Afrique centrale dĂ©pend inexorablement d’un texte manuscrit. Celui-ci est, d’ailleurs, griffonnĂ© par une bande de soudards locaux et Ă©trangers dans l’optique d’hypothĂ©quer tous azimuts l’indĂ©pendance de l’État et la souverainetĂ© de la Nation.

    En face des signataires du ‘‘Pacte privĂ© et sectaire’’ du camp militaire Tshatshi, campent solidement les promoteurs de l’Accord de Genval (banlieue bruxelloise). Celui-ci porte, trĂšs naturellement, dans les fonts baptismaux le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Celles-ci sont rĂ©unies autour d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, leader charismatique de l’UDPS, qui plus est Opposant historique Ă  la triade despotique incarnĂ©e, personnifiĂ©e, Ă  diverses Ă©poques par le Togolais Mobutu Sese Seko du ZaĂŻre, le Malawite Mzee Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila et le Rwando-tanzanien Joseph Kabila Kabange. Il sied de souligner que ce camp est viscĂ©ralement opposĂ© Ă  toute prorogation du mandat prĂ©sidentiel de l’imposteur Joseph Kabila Kabange. À cet effet, celui-ci exige – rien que moins – le respect strict et intĂ©gral de la Constitution de LiĂšge du 18 fĂ©vrier 2006 qui est, par dĂ©finition, ‘‘un acte de vente [bradage, spoliation] des ressources du pays’’.

    Force est de relever que, vingt-quatre ans aprĂšs l’ouverture de la vĂ©ritable ConfĂ©rence nationale souveraine (CNS), l’Église catholique du Congo accepte volontiers de jouer, en sa qualitĂ© de puissance religieuse et d’autoritĂ© morale, la ‘‘ModĂ©ration’’ dans un forum politique. Cette institution adopte cette attitude dans l’optique de trouver une solution viable consolidant aussi bien la paix et l’harmonie que la libertĂ© et la dĂ©mocratie. Ce qui n’est pas sans arriĂšre-pensĂ©e surtout dans un pays gangrenĂ© par la montĂ©e en puissance des groupes charismatiques, syncrĂ©tiques et Ă©vangĂ©liques d’obĂ©dience protestante.

    Aussi convient-il de noter que, dix-neuf ans aprĂšs l’effondrement irrĂ©versible du rĂ©gime politique, directement issu d’une CNS revue et corrigĂ©e, ‘‘polluĂ©e’’ et ‘‘verrouillĂ©e’’ par les forces politiques mobutistes, cette Confession religieuse accepte volontiers de jouer la ‘‘MĂ©diation ou les Bons offices’’ dans une crise politique qui affecte sensiblement la CollectivitĂ© publique. Cette AssemblĂ©e ecclĂ©siastique accepte de jouer trĂšs ouvertement ce rĂŽle Ă  haut risque dans un conflit politique oĂč les dĂ©s sont pourtant – c’est, d’ailleurs, un secret de polichinelle – dĂ©jĂ  pipĂ©s. Pourquoi ?

    Comme Ă  l’époque effervescente de la CNS, ce conflit politique oppose brutalement ceux qui sacrifient Ă  tout prix la vie de la CommunautĂ© nationale[iii] et ceux qui privilĂ©gient la dignitĂ© du Peuple et la libertĂ© du Citoyen[iv]. Force est, toutefois, de reconnaĂźtre que dans cette crise politique, d’ailleurs, artificiellement provoquĂ©e par les officines Ă©trangĂšres, la ‘‘Moraliste’’ CommunautĂ© internationale cherche, d’abord et avant tout, Ă  sauvegarder ses intĂ©rĂȘts sacrosaints[v]. Ceux-ci passent forcĂ©ment et logiquement par l’expulsion pure et simple de l’Empire du milieu [la RĂ©publique populaire de Chine] qui a naturellement conquis, et ce sans coup fĂ©rir, le cƓur de l’Afrique et de la rĂ©gion des Grands Lacs.

    Aussi importe-t-il de relever que dans ce conflit politique oĂč tout le monde a rĂ©ellement tout Ă  gagner et tout Ă  perdre, le Peuple congolais qui est, par dĂ©finition, plutĂŽt une vue de l’esprit pour l’élite dirigeante et ses soutiens internationaux, veut sans aucun doute le changement politique et dĂ©mocratique. En effet, celui-ci souhaite ardemment prendre part Ă  la gestion politique et administrative du pays comme tout peuple digne vivant sur son territoire national. Il souhaite, donc, vivre de toutes ses richesses, de ses immenses ressources autant minĂ©rales et naturelles que prĂ©cieuses et stratĂ©giques. ‘‘PrivilĂšge lui catĂ©goriquement interdit par la CommunautĂ© internationale, a fortiori occidentale, par l’entremise de sa classe politique moribonde et mentalement atrophiĂ©e[vi]’’. Ce dernier sera-t-il, vraiment, trĂšs largement entendu ? Sera-t-il effectivement le dindon de la farce ? Qui vivra verra !

    [i] Cette convention est conclue le 18 octobre 2016 entre le gouvernement, la soi-disant famille politique de Joseph Kabila Kabange et ses partis satellites. S’y greffent l’opposition alimentaire et les mendiants de la sociĂ©tĂ© civile.

    [ii] Le 19 avril 2002, la faction belligĂ©rante de Kinshasa incarnĂ©e par le gĂ©nĂ©ral-major Joseph Kabila Kabange et le Mouvement de libĂ©ration du Congo (MLC) animĂ© par nul autre que l’affairiste postmobutiste Jean-Pierre Bemba Gombo avaient signĂ© un accord pirate et sectaire de partage du pouvoir. Ce pacte clandestin qui excluait de ces pourparlers la vĂ©ritable opposition politique et dĂ©mocratique (UDPS) et le Rassemblement congolais pour la dĂ©mocratie (RCD)-Goma adoubĂ© par le Rwanda de Paul Kagame, avait pour effet de balkaniser la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo en deux vastes territoires distincts.

    [iii] Ce camp vise Ă  assouvir la soif de pouvoir pathologique d’un individu, a fortiori incompĂ©tent et kleptomaniaque, dans l’optique de se crĂ©er un espace d’enrichissement sans cause, donc une sĂ©curitĂ© matĂ©rielle et financiĂšre.

    [iv] Ce camp est, plutĂŽt, favorable Ă  l’équitĂ© et la justice en tant que garante des droits humains fondamentaux et des libertĂ©s rĂ©publicaines. Il s’oppose farouchement aux caprices loufoques d’un tyran aveuglĂ© par les richesses matĂ©rielles et obnubilĂ© par la violence, quelle qu’elle soit, dans l’intention fort dĂ©libĂ©rĂ©e de dĂ©truire la CollectivitĂ© publique et la CommunautĂ© nationale.

    [v] Dans l’agenda politique et diplomatique de la fameuse CommunautĂ© internationale, le Peuple congolais meurtri et asservi n’existe malheureusement pas.

    [vi] En clair, le Peuple congolais totalement nĂ©antisĂ© est le seul dĂ©tenteur des clĂ©s de cette crise Ă  la fois politique et dĂ©mocratique. En effet, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo sera Ă  l’image de ses propres phantasmes s’il se dĂ©cide finalement Ă  agir pour se libĂ©rer dĂ©finitivement de la camisole de force que lui font porter aussi bien de puissants intĂ©rĂȘts extĂ©rieurs que des geĂŽliers internes et qui entrave sa libertĂ©. Donc, la libĂ©ration nationale ne dĂ©pend pas de la classe politique. Ce processus rĂ©volutionnaire ou insurrectionnel dĂ©pend, plutĂŽt, forcĂ©ment et logiquement de l’implication positive et irrĂ©versible de la population. En d’autres termes, c’est le Peuple qui libĂšre vaillamment la Nation tout entiĂšre et les dirigeants politiques et gouvernementaux qu’il se choisit dans le secret des urnes, ne sont que ses serviteurs patentĂ©s.

  • La RDC en quĂȘte de cohĂ©sion politique et de stabilitĂ© nationale.  Que reprĂ©sente-t-elle vraiment ‘‘la date du 19 dĂ©cembre 2016’’ ?

    La RDC en quĂȘte de cohĂ©sion politique et de stabilitĂ© nationale. Que reprĂ©sente-t-elle vraiment ‘‘la date du 19 dĂ©cembre 2016’’ ?

    -La RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo en quĂȘte de cohĂ©sion politique et de stabilitĂ© nationale

    Que reprĂ©sente-t-elle vraiment ‘‘la date du 19 dĂ©cembre 2016’’ ?

    ‘‘Enjeux’’ et ‘‘Perspectives’’ du ‘‘Pouvoir’’ populaire

    La ‘‘Symbolique’’ de la ‘‘Puissance’’ dĂ©mocratique

    “A l’instant oĂč l’esclave dĂ©cide qu’il ne sera plus esclave, ses chaĂźnes tombent.” Mohandas Karamchand, alias Mahatma Gandhi

    Par Joël Asher Lévy-Cohen *

    Le ‘‘lundi 19 dĂ©cembre 2016’’, le mandat prĂ©sidentiel de l’usurpateur Joseph Kabila Kabange arrive, pratiquement, Ă  Ă©chĂ©ance. Ce terme lĂ©gal prĂ©sente cette particularitĂ© et cette singularitĂ© que ce ‘‘saigneur de paix’’ Ă  la tĂȘte de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo depuis quinze ans ne peut plus se reprĂ©senter Ă  un scrutin Ă©lectif pour assumer les plus hautes charges de l’État. Cette contrainte s’opĂšre conformĂ©ment Ă  l’esprit et la lettre de la Constitution de LiĂšge du 18 fĂ©vrier 2006. Mais, dans le contexte d’une crise politique artificiellement créée et, surtout, savamment nourrie par une classe politique moribonde et mentalement ‘‘atrophiĂ©e’’, que signifie-t-elle exactement cette date dont la portĂ©e ‘‘rĂ©flexive’’ et ‘‘universelle’’ est plus politique et idĂ©ologique que juridique ?

    Au-delĂ  de toute considĂ©ration personnelle, le lundi 19 dĂ©cembre 2016 veut dire que le Peuple congolais meurtri et asservi recouvre l’entiĂšretĂ© de ses droits de souverainetĂ©, d’ailleurs perdus brutalement le 14 septembre 1960[i]. Il sied de constater que ceux-ci ont Ă©tĂ©, pratiquement, perdus aux mains de la tyrannie des mercenaires locaux et Ă©trangers dont l’objectif primordial consiste Ă  prostituer la souverainetĂ© internationale ainsi que l’indĂ©pendance nationale de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Ils ont Ă©tĂ© perdus au profit des forces despotiques et ‘‘rĂ©trogrades’’ dont l’arbitraire est, Ă  vrai dire, le mode d’expression lĂ©gitime. Ils ont Ă©tĂ© perdus au bĂ©nĂ©fice des puissances rĂ©actionnaires dont la mission essentielle se rĂ©sume Ă  priver l’État du droit au dĂ©veloppement Ă©conomique, la population du droit au progrĂšs social, le Citoyen du strict respect des droits humains et des libertĂ©s publiques fondamentales.

    En d’autres termes, cette date fatidique du lundi 19 dĂ©cembre 2016 marque, en rĂ©alitĂ©, la rupture nette et claire du systĂšme politique axĂ© sur la rĂ©bellion Ă  la Loi fondamentale. Donc, celle-ci marque, dĂ©finitivement, une profonde cĂ©sure dans la ‘‘confiscation’’ de la dĂ©mocratie en tant que ‘‘capacité’’ du Peuple Ă  se choisir trĂšs librement des dirigeants politiques et Ă©tatiques, des dĂ©lĂ©guĂ©s ou reprĂ©sentants lĂ©gitimes. En clair, elle marque, de maniĂšre dĂ©cisive, la fin des putschs doublement militaires et rĂ©volutionnaires, des coups d’État Ă  la fois politique et Ă©lectoral.

    C’est donc, en vĂ©ritĂ©, le dĂ©but d’une nouvelle Ăšre. Celle de la dĂ©mocratie qui consacre le Peuple congolais Souverain primaire, qui exalte la CitoyennetĂ© en tant que participation Ă  la vie politique et nationale. Celle de la dĂ©mocratie qui s’appuie substantiellement sur l’éthique de libertĂ© et aussi de responsabilitĂ©, qui s’arc-boute sur la justice en tant que garant du dĂ©veloppement et du progrĂšs, de la paix sociale et de l’expansion individuelle et collective et, surtout, expression de la moralitĂ© publique. Celle de la dĂ©mocratie qui Ă©rige la Constitution en garant des libertĂ©s rĂ©publicaines, en instrument de sĂ©curisation du Citoyen et de protection de la Nation.

    Par consĂ©quent, dans la seule et unique perspective du lundi 19 dĂ©cembre 2016, ce qui  importe, Ă  n’en point douter, c’est moins le dĂ©part effectif de Joseph Kabila Kabange – en tant que dirigeant Ă©tatique et entreprise politique faillitaire[ii] – que l’émasculation de la dictature rĂ©pressive et oppressive. C’est la rupture absolue avec la tyrannie arbitraire en tant que mĂ©thode de gestion des ressources publiques et rĂ©gime d’administration de la chose politique. C’est la rupture nette et claire avec le despotisme Ă©clairĂ© en tant que systĂšme de paupĂ©risation des masses laborieuses, de spoliation des richesses nationales et d’asphyxie des libertĂ©s publiques fondamentales.

    D’oĂč l’intĂ©rĂȘt fondamental pour l’ensemble du Peuple congolais de manifester, au cours de cette journĂ©e consacrĂ©e entiĂšrement Ă  la libĂ©ration nationale et populaire, son ras-le-bol politique, sa dĂ©sapprobation dĂ©mocratique, en assujettissant coĂ»te que coĂ»te la dictature fĂ©roce aux ‘‘Principes’’ de la Raison humaine, aux ‘‘Lois’’suprĂȘmes de la DignitĂ© du Citoyen devenu pertinemment acteur politique et, surtout, Sujet des droits ‘‘sacrĂ©s’’, ‘‘inviolables’’ et ‘‘irrĂ©vocables’’.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

    [i] Il s’agit du jour oĂč le colonel-major Joseph-DĂ©sirĂ© Mobutu rĂ©alisa, en fait, son premier coup d’État militaire qu’il qualifia, d’ailleurs, non sans morgue, avec jactance, de ”coup de force”. C’est le jour que ce chef militaire, qui plus est commandant en chef de l’armĂ©e nationale congolaise (ANC), trucida la dĂ©mocratie nationale. Pour ce faire, il encercla le parlement de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo avec la soldatesque acquise Ă  sa cause. Cette instance politique et Ă©tatique venait, Ă  ce moment prĂ©cis, de renouveler sa pleine et entiĂšre confiance au Premier ministre nationaliste et panafricaniste Patrice Emery Lumumba et Ă  son gouvernement. Par consĂ©quent, le colonel-major Joseph-DĂ©sirĂ© Mobutu profita de cette occasion ‘‘unique’’ pour renvoyer sine die les sessions parlementaires, ainsi que les dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs.

    [ii]Certes, le MarĂ©chal-despote-pillard Joseph-DĂ©sirĂ© Mobutu Sese Seko du ZaĂŻre est bel et bien parti. Il a bel et bien quittĂ© cette Terre des Hommes. Mais, force est d’admettre qu’il est plutĂŽt revenu sous les traits arbitraires et totalitaires du Mercenaire Mzee Laurent-DĂ©sirĂ© Kabila. Cette brute dictatoriale s’est vraiment rĂ©incarnĂ©e et, surtout, a parfaitement pris le visage sanguinaire de Joseph Kabila Kabange. Raison de plus de chasser pour de bon, et ce Ă  compter du lundi 19 dĂ©cembre 2016, le tristement cĂ©lĂšbre MarĂ©chal-tyran Mobutu Sese Seko du ZaĂŻre et ses diverses incarnations hideuses pour avoir indĂ©finiment paralysĂ© le pays et, par consĂ©quent, plomber tant son ascension morale et spirituelle que son expansion intellectuelle et matĂ©rielle.

  • Dialogue en RDC : les travaux suspendus jusqu’à mardi

    Dialogue en RDC : les travaux suspendus jusqu’à mardi

    -Les Ă©vĂȘques catholiques ont suspendu les travaux du dialogue jusqu’à mardi prochain au terme de la sĂ©ance de vendredi Ă  Kinshasa boycottĂ©e par le parti de Jean-Pierre Bemba, ancien rebelle et ancien vice-prĂ©sident congolais.

    La sĂ©ance de vendredi a Ă©tĂ© levĂ©e aprĂšs validation des listes de diffĂ©rentes parties. Les prĂ©lats catholiques ont remis aux dĂ©lĂ©guĂ©s prĂ©sents des documents reprenant les thĂšmes qui feront l’objet des dĂ©bats au cours de ces discussions ainsi qu’un code de conduite.

    Mais la question de quotas continue à diviser les participants, surtout l’opposition.

    Le Mouvement pour la libĂ©ration du Congo (MLC), parti de Jean-Pierre a quittĂ© la salle avant la levĂ©e officielle de la sĂ©ance. Il conteste le quota de deux dĂ©lĂ©guĂ©s qui lui est attribuĂ© contre cinq pour l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (Udps), parti d’Etienne Tshisekedi.

    Quinze participants devront reprĂ©senter chacun de deux principaux camps en prĂ©sence dans ce dialogue. Celui de la majoritĂ© et des opposants qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et celui de l’opposition qui l’avait boycottĂ©.

    Le MLC et l’Udps sont, en fait, en tĂȘte de deux groupes de l’opposition (le Rassemblement et le Front pour le respect de la Constitution) qui s’avaient rejetĂ© le dialogue prĂ©cĂ©dant, le jugeant non inclusif.

    Le dialogue actuel a été convoqué pour trouver une solution à la crise causée par la non-tenue des élections (principalement la présidentielle) à la proche de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001.

    La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels et interdit ainsi à M. Kabila de se représenter.

    Les mouvements citoyens mais aussi l’opposition accusent M. Kabila d’avoir dĂ©libĂ©rĂ©ment manƓuvrĂ© pour ne pas organiser les Ă©lections et se maintenir au pouvoir.

    Plus de 50 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es en septembre dernier Ă  Kinshasa lors des affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui exigeaient le dĂ©part du pouvoir du prĂ©sident Kabila au 19 dĂ©cembre, date de la fin de son mandat

  • Le nouveau dialogue politique a dĂ©marrĂ© Ă  Kinshasa

    Le nouveau dialogue politique a démarré à Kinshasa

    -Les discussions directes entre le camp de ceux qui ont pris part au dialogue de septembre et octobre derniers et ceux qui l’ont boycottĂ© ont dĂ©marrĂ© jeudi Ă  Kinshasa sous la mĂ©diation de la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco).

    “Nous nous retrouvons ici pour la sĂ©ance inaugurale des discussions politiques pour un plus large consensus sur le processus Ă©lectoral”, a dĂ©clarĂ© Mgr Marcel Utembi, prĂ©sident de la Cenco devant un parterre de nĂ©gociateurs.

    Ces négociations visent à éviter le chaos au 19 décembre, date constitutionnelle de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila dont le successeur ne sera pas connu faute de la tenue des élections.

    Le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, Aubin Minaku, Ă  gauche, le Premier ministre Samy Badibanga, au centre, et le Directeur de cabinet du prĂ©sident Joseph Kabila, NĂ©hĂ©mie Mwilanya, prĂ©sents au lancement du dialogue politique, Ă  Kinshasa, RDC, 8 dĂ©cembre

    Le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, Aubin Minaku, Ă  gauche, le Premier ministre Samy Badibanga, au centre, et le Directeur de cabinet du prĂ©sident Joseph Kabila, NĂ©hĂ©mie Mwilanya, prĂ©sents au lancement du dialogue politique, Ă  Kinshasa, RDC, 8 dĂ©cembre

    Mgr Utembi a reconnu que le pays Ă©tait dans un enlisement et faisait face Ă  des “consĂ©quences sont incalculables”. Mais il a rappelĂ© aux acteurs politiques congolais que “le pape recommande aux acteurs politiques congolais de construire des ponts, pas des murs”.

    Le regard du nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en RDC Ă©tait prĂ©sent Ă  cette cĂ©rĂ©monie d’ouverture.

    “Les conclusions de ces travaux vont conduire urgemment Ă  la paix, Ă  la rĂ©conciliation, Ă  la tenue d’Ă©lections apaisĂ©es afin d’obtenir l’alternance politique, comme prescrit dans la Constitution”, a affirmĂ© le numĂ©ro un de la Cenco.

    Le prĂ©lat s’est fĂ©licitĂ© “des signaux forts et trĂšs encourageants” de la part du prĂ©sident Joseph Kabila. Il a ajoutĂ© que “cet Ă©lan d’encouragement (avait) Ă©tĂ© relayĂ©” par Étienne Tshisekedi, opposant de longue dans ce pays.

    DeuxiĂšme de la gauche, Monseigneur Luis Mariano Montemayor, Nonce apostolique en RDC, marche avec des Ă©vĂȘques congolais avant l’ouverture du dialogue politique, Ă  Kinshasa, RDC, 8 dĂ©cembre 2016. (VOA/Top Congo)

    DeuxiĂšme de la gauche, Monseigneur Luis Mariano Montemayor, Nonce apostolique en RDC, marche avec des Ă©vĂȘques congolais avant l’ouverture du dialogue politique, Ă  Kinshasa, RDC, 8 dĂ©cembre 2016.

    La RDC traverse une crise politique aiguĂ« depuis la réélection de M. Kabila en 2011 Ă  l’issue d’un scrutin marquĂ© par des fraudes massive dont M. Tshisekedi n’a jamais reconnu les rĂ©sultats officiels, se proclamant “prĂ©sident Ă©lu”.

    M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

    NĂ©anmoins, la prĂ©sidentielle n’a pas Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  temps et la volontĂ© affichĂ©e de M. Kabila de se maintenir Ă  son poste au-delĂ  du terme de son mandat, le 20 dĂ©cembre, face Ă  une opposition qui brandit la menace de manifestations pour le faire partir, fait craindre une Ă©ruption de violences dans un pays qui ne parvient pas Ă  se relever des deux guerres de 1996 Ă  2003.

  • La liste complĂšte des dĂ©lĂ©guĂ©s au dialogue national qui “se poursuit” ce jeudi,

    La liste complĂšte des dĂ©lĂ©guĂ©s au dialogue national qui “se poursuit” ce jeudi,

    -Les discussions vont redémarrer ce jeudi aprÚs-midi à annoncé la CENCO.

    C’est la continuitĂ© du dialogue, “il faut aujourd’hui harmoniser les points de vue afin que les esprits s’apaisent”, a dit Ă  TOP CONGO FM, l’abbĂ© Jean-Marie Bomengola, de la commission sociale de la CENCO.

    “Ce que nous attendons de ces assises est que nous puissions tous voir les choses de la mĂȘme maniĂšre, que nous puissions nous entendre sur l’essentiel afin qu’il y ait la paix et l’harmonie entre tous”.

    La liste complÚte des participants 

    Répartis en deux groupes, les travaux se tiendront sous la médiation de la CENCO au Centre Interdiocésain.

    Il devrait y avoir 2 composantes

    Les Signataires accord 18 octobre (15 participants)

    La MP, 6 délégués

    – Nehemie Mwilanja
    – Alexis Thambwe
    – Adolphe Lumanu
    – Lambert Mende
    – Martin Kabwelulu
    – Norbert Nkulu

    L’Opposition au dialogue, 6 dĂ©lĂ©guĂ©s

    – Ambatobe Nyongole (UDPS)
    – Vital KamerhĂ© (UNC)
    – JosĂ© Makila(Atd)
    – Jean Lucien Bussa (CEDR)
    – Steve Mbikayi (NCPS)
    – Azarias Ruberwa
    – Mokonda Bonza

    La société civile, 3 délégués

    – Marie Madeleine Kalala
    – Maguy Kiala
    – Jean-Marie Ntantu Mey

    Le Rassemblement-MLC et leurs alliés

    – Jean marc Kabund (UDPS)
    – Felix Tshisekedi (UDPS)
    – Valentin Mubake (UDPS)
    – Gilbert Kankonde (UDPS)
    – Delly Sessanga (AR)
    – Christophe Lutundula (G7)
    – Joseph Olengha Nkoy (Dynamique)
    – Jean-Pierre Lisanga (alliĂ©s UDPS)
    – Eve BazaĂŻba (MLC)
    – FidĂšle Babala (MLC)
    – Raymond Ramazani (MLC)
    – Jacques Lunguana (MLC)
    – Wivine Tshimusa (FRC)
    – Bembe Bati (FRC)
    – Georges kapiamba (sociĂ©tĂ© civile)
    – Christopher Ngoy Mutamba (sociĂ©tĂ© civile)

  • Dialogue politique de la derniĂšre chance en vue avant la fin de la semaine

    Dialogue politique de la derniĂšre chance en vue avant la fin de la semaine

    Des Ă©vĂȘques membres de la CENCO lors d’une confĂ©rence de presse le 02/12/2016 Ă  Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

    -La situation politique bloquĂ©e depuis des semaines en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo a semblĂ© s’Ă©claircir mercredi avec la perspective de nĂ©gociations de la derniĂšre chance en vue de trouver une solution pacifique Ă  la crise qui mine le pays.

    Le mandat du prĂ©sident Joseph Kabila s’achĂšve le 20 dĂ©cembre, mais la prĂ©sidentielle devant permettre le choix de son successeur n’a pas Ă©tĂ© organisĂ©e, engendrant des violences dans un climat politique dĂ©lĂ©tĂšre.

    Pour Ă©viter que le pays ne retombe dans le chaos des deux guerres qui l’ont ravagĂ© entre 1996 et 2003, la communautĂ© internationale multiplie les appels aucompromis.

    Mardi encore, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Ban Ki-Moon a exhortĂ© “tous les acteurs politiques en RDC” Ă  adhĂ©rer Ă  la mĂ©diation engagĂ©e par la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo (Cenco) “afin de parvenir Ă  une solution consensuelle et pacifique Ă  l’impasse actuelle”.

    Dans un communiquĂ© publiĂ© tard dans la soirĂ©e, la Cenco a annoncĂ© que l’ouverture de ces pourparlers Ă©tait “prĂ©vue ce jeudi 8 dĂ©cembre 2016” Ă  10 h00 (9h00 GMT) Ă  Kinshasa.

    L’enjeu est de conclure un accord permettant d’organiser une transition jusqu’Ă  l’Ă©lection du successeur de M. Kabila, Ă  qui la Constitution interdit de se reprĂ©senter.

    Mardi, les Ă©vĂȘques catholiques ont “reçu les responsables de la majoritĂ© et de toutes les tendances de l’opposition”, selon l’abbĂ© AndrĂ© Masinganda, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la Cenco.

    Les prĂ©lats ont rencontrĂ© en particulier l’opposant historique Étienne Tshisekedi, prĂ©sident de l’Union pour la dĂ©mocratie et le progrĂšs social (UDPS), qui menace d’appeler Ă  des manifestations pour contraindre M. Kabila Ă  abandonner le pouvoir Ă  partir du 19 dĂ©cembre si aucun accord politique n’a Ă©tĂ© conclu d’ici lĂ .

    Selon un diplomate, le fait que M. Tshisekedi, 83 ans, ait acceptĂ© de se dĂ©placer est un signe encourageant dans la mesure oĂč celui-ci ne bouge habituellement pas de chez lui.

    Concurrent malheureux Ă  la prĂ©sidentielle de 2011, entachĂ©e d’irrĂ©gularitĂ©s massives, M. Tshisekedi n’a jamais reconnu la victoire de M. Kabila et se considĂšre comme “le prĂ©sident Ă©lu”.

    – ‘Bonne volontĂ©’ –

    Pour l’abbĂ© Masinganda, les rencontres de la Cenco ont permis de montrer “qu’il y a de la bonne volontĂ© de part et d’autre”.

    L’UDPS a boudĂ© le “dialogue national” ayant dĂ©bouchĂ© en octobre sur un accord entre la majoritĂ© prĂ©sidentielle et une frange minoritaire de l’opposition consacrant le renvoi de la prĂ©sidentielle Ă  une date non fixĂ©e et le maintien au pouvoir de M. Kabila en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition.

    Le “Rassemblement” de l’opposition constituĂ© autour de l’UDPS a refusĂ© cet accord, exigeant un “vĂ©ritable dialogue inclusif” dans l’esprit de la rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU sur le Congo votĂ©e en mars.

    Ces nouvelles nĂ©gociations devraient se dĂ©rouler en un temps rĂ©duit (trois jours) avec un petit nombre de participants reprĂ©sentant les signataires de l’accord d’octobre et ses dĂ©tracteurs.

    “Ces pourparlers directs […] doivent dĂ©buter vers la fin de la semaine”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Vital Kamerhe, dirigeant d’opposition ayant signĂ© l’accord d’octobre.

    “Raisonnablement c’est pour la fin de cette semaine”, estime aussi AndrĂ©-Alain Atundu, porte-parole de la majoritĂ©.

    “Nous avons fait des concessions majeures” en vue de ces discussions, a dit pour sa part Augustin Kabuya, porte-parole de l’UDPS .

    Plaidant la nĂ©cessitĂ© d’obtenir le consensus “le plus large possible”, la Cenco avait entamĂ© sa mĂ©diation en septembre en quittant le “dialogue national” aprĂšs la mort d’une cinquantaine de personnes en deux jours de violences ayant Ă©clatĂ© en marge d’une manifestation du Rassemblement Ă  Kinshasa.

    Vendredi, la Cenco avait dit craindre que le pays ne sombre dans “une situation incontrĂŽlable”, faute d’accord.

    La MajoritĂ© avait alors rapidement pris “acte de l’Ă©chec des bons offices des Ă©vĂȘques”, faisant craindre Ă  certains que le scĂ©nario du pire soit enclenchĂ© dans un pays n’ayant connu aucune transition pacifique du pouvoir depuis son indĂ©pendance en 1960.

    Alors que se multiplient les pressions diplomatiques, M. Kabila a comme remis la Cenco en selle lundi en lui demandant de poursuivre son oeuvre.

    Les Ă©vĂȘques ont nĂ©anmoins fort Ă  faire. Deux points cruciaux doivent notamment ĂȘtre Ă©claircis: celui de la date prĂ©cise des Ă©lections, et la question de l’avenir de M. Kabila, Ă  la tĂȘte du pays depuis 2001.

    Le prĂ©sident, ĂągĂ© de 45 ans, ne donne aucun signe de vouloir quitter le pouvoir, mais ses dĂ©tracteurs veulent obtenir l’assurance que la Constitution ne sera pas modifiĂ©e et qu’il ne se reprĂ©sentera pas.

    AvecAFP