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  • CAN 2019: battue par l’Ouganda, la RDC ne se cherche pas d’excuse

    CAN 2019: battue par l’Ouganda, la RDC ne se cherche pas d’excuse

    -Une équipe de RD Congo un peu « perdue », qui « ne s’est pas donnée à fond » et qui « joue à deux à l’heure ». Les « Léopards » ne se sont pas cherché d’excuses après leur piètre performance face aux Ougandais (0-2), dans le groupe A de la Coupe d’Afrique des nations 2019, ce 22 juin au Caire. Tous pointent du doigt un problème mental à corriger avant un match crucial face à l’Égypte, le pays hôte de la CAN 2019, prévu le 26 juin.

    De notre envoyé spécial au Caire,

    « On savait que gagner le premier match dans une CAN à 24 équipes ouvrait quasiment les portes d’une qualification en huitième de finale. C’est donc un grand coup au moral. D’autant plus que, maintenant, il faut affronter l’Égypte… » Florent Ibenge, le sélectionneur de l’équipe de RD Congo, peine à masquer sa déception, ce 22 juin au Caire, après le revers 0-2 des siens face aux Ougandais. Plus que le résultat, c’est la manière qui semble l’affecter. « Il faut féliciter l’Ouganda bien sûr, mais on a vécu une faillite collective. Il nous a manqué le fighting spirit, soupire le technicien. Vous pouvez mettre en place n’importe quelle tactique, si l’envie n’est pas là, il n’y a rien à faire ».

    Manque d’entrain ou problème de stratégie durant cette rencontre du groupe A ? Pour le milieu de terrain Paul-José Mpoku, c’est un peu des deux. « On a joué contre une équipe qui était bien en place, qui était prête tactiquement, qui savait ce qu’elle devait faire, souligne le numéro 10. Malheureusement, on était un peu perdu. On n’a pas gagné le premier ballon, on n’a pas gagné le second non plus… On ne s’est pas donné à fond. Ça, ça se paie cash face à des équipes plus agressives ».

    Un groupe dans le doute ?

    L’ailier Yannick Bolasie tente, lui, de relativiser : « Nous avons perdu face à une meilleure équipe ce soir, tout simplement. Aujourd’hui, ce n’était pas notre jour. » Mais il ajoute aussi : « On ne se cherche pas d’excuses. Mais la préparation de l’équipe a été difficile. »

    Ces dernières semaines, les « Léopards » ont connu quelques déboires qui ont peut-être perturbé leur approche de la CAN 2019. Au point de ne pas être prêts le jour J ? « Si tu ne gagnes pas et que tu perds comme ça… On était prêt peut-être, mais on ne l’a pas montré. C’est bien de dire qu’on est prêt mais c’est mieux de le démontrer sur le terrain, lâche Paul-José Mpoku. Il faut maintenant que chacun se regarde dans un miroir et que chacun prenne ses responsabilités. Il faut oublier ce match au plus vite et espérer que le prochain soit meilleur. »

    Montrer autre chose face à l’Égypte

    Le prochain, ce sera donc face au favori du groupe A et de la compétition, l’Égypte, le 26 juin au Caire. « Pour moi, on est obligé de tout donner, avant toute chose, poursuit Mpoku. Parce qu’aujourd’hui on n’a pas donné, on n’était pas à fond. Mais si on est bien et qu’on gagne des duels, je pense qu’on pourra faire un bon résultat face à cette équipe d’Égypte. »

    Florent Ibenge abonde : « Après avoir montré cette image de nous-mêmes, on est surtout dans l’idée de montrer autre chose, parce que la RDC, ce n’est pas ça. » Yannick Bolasie conclut sur une note plus positive : « On est impatient de jouer face à des équipes comme l’Égypte, un pays hôte, dans un stade plein. C’est le genre de rencontre qu’on a envie de jouer. »

    avec RFI

  • Le retour de Jean-Pierre Bemba très attendu par son parti

    Le retour de Jean-Pierre Bemba très attendu par son parti

    -Jean-Pierre Bemba est attendu ce dimanche 23 juin en République démocratique du Congo. Le patron du MLC revient pour s’occuper de son parti.

    Il y a beaucoup d’attentes du côté du Mouvement de libération du Congo (MLC). Cela fait presque un an que l’ancien vice-président n’est pas revenu au pays. Il n’y a fait qu’un séjour depuis son acquittement à La Haye pour des crimes de guerreet crimes contre l’humanité commis par ses troupes en Centrafrique. À l’époque il était venu présenter sa candidature à la présidentielle, une candidature rejetée. Certains cadres l’avouent : la présence de Jean-Pierre Bemba leur a manqué pendant la campagne électorale.

    À sa descente d’avion, c’est à son état-major qu’il va donner sa priorité. Une réunion en petit comité est prévue avant un bain de foule. Le programme de sa visite et les grandes lignes de son discours ne sont pas connus. « C’est vrai qu’il ne nous les a pas encore dits », reconnaît l’un de ses proches collaborateurs.

    Deuxième parti de l’opposition après les élections de 2006 – scrutins boycottés par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) –, le MLC a connu depuis de nombreuses défections, notamment après l’arrestation de Jean-Pierre Bemba par la CPI en 2008. Une politique de débauchage qui n’aurait pas cessé avec l’arrivée à la présidence de Félix Tshisekedi. « On sait que des tractations sont en cours avec certains de nos cadres », confie ainsi un des responsables du MLC.

    Jean-Pierre Bemba conteste également les résultats des élections et notamment des législatives qui n’avaient donné que 22 députés à son parti, dont huit ont depuis été invalidés par la Cour constitutionnelle.

    Le président du MLC rentre donc au Congo pour regonfler le moral des troupes, mais aussi remettre de l’ordre et peut-être même faire tomber des têtes dans son parti. Car si le MLC a obtenu des élus presque partout, le dernier cycle électoral aurait révélé au leadership du MLC des faiblesses dans son organigramme, « des cadres qui sont en train de dormir », confie un proche de Jean-Pierre Bemba.

    L’opposant tiendra donc ce dimanche un meeting à 14h place Sainte-Thérèse, dans la commune de Ndjili, et non devant le siège provincial de son parti. Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, avait évoqué la crainte d’un affrontement avec les participants d’une messe organisée par des proches de Félix Tshisekedi. Malgré ce changement de lieu, les militants du MLC s’organisent pour accueillir leur chef.

    Nous serons tous pour l’accueillir car il nous a beaucoup manqué !

    Avec RFI

  • Tshisekedi a nommé 110 conseillers, toujours pas de Premier ministre

    Tshisekedi a nommé 110 conseillers, toujours pas de Premier ministre

    -Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé quelque 110 conseillers à la présidence, mais toujours pas de Premier ministre, un choix qui dépend d’un accord passé avec son prédécesseur Joseph Kabila.

    Au total 80 conseillers au cabinet du président ont été nommés dans 16 collèges à raison de cinq par collège, d’après une ordonnance en date du 6 mars reproduite lundi par le site d’information en ligne Actualité.cd.

    Ces nominations récompensent des fidèles du parti de Félix Tshisekedi, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ou de son directeur de cabinet Vital Kamerhe, chef de l’Union pour la nation congolaise (UNC).

    La semaine dernière, le président Tshisekedi avait composé son cabinet comprenant une trentaine de membres (quatre directeurs de cabinets adjoints, des conseillers “spéciaux” et “principaux”, des ambassadeurs itinérants…).

    Tribalisme, pouvoir limité, sous-représentation des femmes, cabinet pléthorique…: la liste du cabinet lue à la télévision nationale RTNC avait fait réagir les internautes.

    Plusieurs d’entre eux ont accusé M. Tshisekedi de privilégier des membres de sa communauté Luba.

    Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), très actif sur les réseaux sociaux, a dénoncé sur Twitter un cabinet “scandaleusement pléthorique (=budgétivore)” et “une dizaine seulement de femmes (17%)”.

    Le nouveau chef de l’Etat “n’a que le pouvoir de nommer les services personnels de son bureau. Quand est-ce qu’il va former son gouvernement ? Voilà les conséquences d’un pouvoir limité”, soulignait un autre commentaire de Denard Mobangwa.

    Le nouveau président n’a toujours pas nommé de Premier ministre depuis son investiture le 24 janvier.

    Sa coalition Cap pour le changement (Cash) doit former une “coalition gouvernementale” avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, qui a gardé une large majorité absolue à l’Assemblée nationale, selon un communiqué des deux plate-forme la semaine dernière.

    L’investiture de Félix Tshisekedi le 24 janvier en présence de Joseph Kabila avait représenté la première transmission pacifique du pouvoir dans l’histoire de l’actuelle RDC.

    Toutefois l’autre candidat de l’opposition Martin Fayulu accuse les deux hommes d’avoir organisé un “putsch électoral” et revendique la victoire avec 61% des voix.

    La RDC est un pays riche en minerais et les 2/3 des 80 millions de Congolais survivent dans une grande pauvreté avec quelques dollars par jour. Le budget de l’Etat pour 2019 est de 5,9 milliards de dollars, moins que celui d’une ville comme Paris avec deux millions d’habitants.

    Avec VOA

  • Comment Tshisekedi est devenu président du Congo (1/2): la revanche d’Etienne?

    Comment Tshisekedi est devenu président du Congo (1/2): la revanche d’Etienne?

    -La République démocratique du Congo connaît la première transition pacifique de son histoire à la tête de l’Etat. Malgré les accusations de fraudes électorales, le nouveau chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, a été reconnu par l’ensemble de la communauté internationale et fait depuis des annonces très remarquées. Le Congo vit une situation inédite, la création d’une bien étrange coalition entre le parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi et le régime de son rival, le sortant Joseph Kabila. Retour sur ce revirement de l’histoire.

    « Moi, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, élu président de la République démocratique du Congo… » Son traditionnel béret vissé sur la tête, le patriarche de l’opposition congolaise ne doute pas de sa victoire lorsqu’il prête serment le 23 décembre 2011, devant ses partisans et la presse internationale, dans sa résidence de Limete, encerclée par des forces de sécurité acquises à son rival, Joseph Kabila. Cette victoire, il n’est pas le seul à la défendre. Il y a aussi l’incontournable cardinal Laurent Monsengwo qui, à l’instar d’Etienne Tshisekedi, a marqué l’histoire politique et démocratique de son pays depuis 30 ans. La Commission nationale électorale indépendante (Céni) a donné le sortant élu avec 48,95% des suffrages contre 32,33% à Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS, parti d’opposition historique. Le Cardinal Monsengwo ose dénoncer des résultats qui « ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ».

    A l’époque, l’Eglise catholique n’a pas encore opté pour une compilation citoyenne des résultats. « En 2011, nous étions comme tous les observateurs internationaux, nous avions travaillé sur base d’un échantillon », confie Monseigneur Fridolin Ambongo, vice-président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco) et actuel archevêque de Kinshasa. En ce mois de décembre 2011, Laurent Monsengwo va pourtant plus loin que son partenaire, le centre Carter. Un soir, au cours d’un entretien téléphonique accordé à la RTBF, le cardinal lâche le nom du vainqueur de la présidentielle : « C’est monsieur Tshisekedi qui a eu le plus de voix. »

    Dans cette même interview, le plus haut dignitaire de l’Eglise catholique au Congo recommande à l’opposant historique de déposer un recours auprès de la Cour suprême, qui sert à l’époque de juge du contentieux électoral. Pour Etienne Tshisekedi, cette Cour n’est qu’une « institution privée de M. Kabila » dont il ne souhaite pas reconnaître « une certaine légitimité ». Mais le patriarche de l’opposition n’a surtout pas les procès-verbaux de résultats nécessaires pour étayer son recours et préfère contester les résultats par la rue.

    Tirer les leçons de 2011

    Face aux premières accusations de fraude, le sortant Joseph Kabila, costume bleu sans cravate, chemise rayée, défend sa victoire en anglais le 12 décembre 2011 : « La crédibilité des élections ne peut pas être mise en doute ». Au cours de cet entretien, le chef de l’Etat congolais reconnaît des « erreurs comme dans toutes les élections en Afrique ». Des manifestations de protestation, pour l’essentiel dans la capitale, sont réprimées dans le sang. Entre le 26 novembre et le 25 décembre 2011, l’ONU a documenté au moins 33 civils tués, 16 autres portés disparus et des dizaines de blessés et de militants arrêtés à Kinshasa.

    « C’était un massacre, j’ai moi-même fait l’objet d’une arrestation le jour des élections », commente Me Jacquemain Shabani, secrétaire général de l’UDPS, le parti d’Etienne Tshisekedi, en 2011. Malgré la présence de plusieurs missions d’observations électorales étrangères et d’une Mission de maintien de la paix de l’ONU (Monusco), la communauté internationale ne soutiendra que du bout des lèvres ce combat pour la vérité des urnes, trop pressée de voir un retour au calme dans la bouillonnante capitale congolaise.

    Cet échec de 2011 va entraîner une révolution dans la stratégie du parti d’opposition historique en prévision des prochaines échéances que l’UDPS se voyait déjà remporter. Les options levées marquent les actions du parti d’Etienne Tshisekedi jusqu’à l’accession de son fils Félix à la tête de l’Etat. « En 2011, on a mené notre combat par rapport à la crédibilité des scrutins, ça nous a fait perdre du temps dans la préparation des élections », rappelle Me Shabani. Devenu patron de la centrale électorale de l’UDPS pour les élections de 2018, l’avocat se refuse à commettre deux fois les mêmes erreurs dues au manque d’expérience électorale. En trente années de lutte, pour la première fois en 2011, l’UDPS avait accepté de participer à un scrutin.

    « Celui qui gagne est celui qui a les procès-verbaux »

    En 2018, quand les autres leaders de l’opposition menacent de boycotter les scrutins si la Commission électorale utilise la « machine à voter », l’UDPS rompt les rangs et se retrouve sous le feu des critiques. « Nous étions convaincus que ça allait nuire à la mobilisation des troupes sur le terrain, c’est pour ça qu’on a abandonné le slogan de la machine à triche  », justifie encore aujourd’hui ce haut cadre du parti désormais présidentiel, sans compter que la politique de la chaise vide ne paie jamais auprès des bailleurs de fonds.

    Pour cette deuxième expérience électorale, Me Jacquemain Shabani dit également avoir misé sur un réseau des témoins formés dans 22 des 26 provinces du pays, à l’exception des deux des provinces des anciens Katanga et Equateur. « En 2011, on n’avait pas 3% des procès-verbaux de résultats, on se disait élu. En 2018, avant la proclamation des résultats, on avait des PV pour trois millions de suffrages », commente fièrement Me Shabani, avant d’ajouter : « Ça, même l’Eglise catholique peut vous le dire ». L’ancien secrétaire général de l’UDPS insiste : « Celui qui gagne, c’est celui qui a les PV et personne d’autre ». Même si au final, malgré les contestations et les recours, la Commission électorale n’a pas publié de résultats détaillés et que la Cour constitutionnelle s’est refusée à consulter les procès-verbaux.

    « N’eût été l’Eglise et la volonté du peuple »

    En se remémorant le jour des élections, l’archevêque de Kinshasa ne cache pas sa fierté de voir « ce peuple » patienter des heures, « sans s’énerver » pour mettre son bulletin dans l’urne, malgré les menaces et entraves, les problèmes logistiques ou même les interdictions. L’image sans doute la plus patente de cette détermination à voter, c’est Beni et Butembo, ces deux localités du Nord-Kivu, menacées par Ebola et des groupes armés, privées d’élections par la Commission électorale, où des milliers de Congolais ont choisi de mettre un bulletin papier dans une urne citoyenne plutôt que de brûler les bureaux de la Céni. « Même d’obtenir ces élections, ce n’était pas gagner. Ça a coûté cher en vies humaines », rappelle Monseigneur Ambongo.

    Longtemps président de la Commission justice et paix, Fridolin Ambongo voit dans cet engagement des électeurs le résultat d’années de formations citoyennes et électorales dispensées par la Cenco : « Depuis 2013, nous avons investi dans la formation du peuple et nous avons formé des dizaines de millions de Congolais, toutes religions confondues. » Ces formations ont porté aussi bien sur des articles clefs de la Constitution, comme l’article 220 qui limite le nombre de mandats et l’article 64 qui prône la résistance pacifique, que sur le dialogue, l’enrôlement, l’importance de participer aux élections et de manifester pacifiquement.

    Ce sont parmi ces millions de Congolais que les évêques du Congo vont puiser leurs 40 000 observateurs et les participants aux marches des laïcs chrétiens de décembre 2017 à février 2018 qui revendiquaient l’ouverture de l’espace politique et l’organisation des élections. « N’eût été l’Eglise, la communauté internationale et la mobilisation du peuple, ce serait Joseph Kabila ou son dauphin Emmanuel Ramazani Shadary qui serait aujourd’hui au pouvoir », assure le vice-président de la Conférence épiscopale.

    L’improbable querelle des résultats

    En 2018, l’Eglise catholique et l’UDPS étaient sans nul doute mieux armés qu’en 2011 pour exposer une défaite de la coalition au pouvoir. Pendant la campagne, l’essentiel des dénonciations de fraudes et d’irrégularités sont le fait des observateurs de l’un ou des témoins de l’autre. Pourtant, sept ans après l’échec d’Etienne Tshisekedi, les deux principaux détracteurs de Joseph Kabila ne sont plus alliés. Et pour cause, pour les évêques du Congo, le vainqueur de la présidentielle ne s’appelle pas Félix Tshisekedi, mais Martin Fayulu, très bref candidat unique, désigné à l’issue de trois jours d’âpres discussions à Genève en novembre 2018 entre les principaux leaders de l’opposition réunis dans une nouvelle coalition Lamuka, parmi lesquels figurent l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba ou l’ex-gouverneur du Katanga, Moise Katumbi.

    Deux rencontres de conciliation ont lieu entre les experts de l’UDPS et ceux de l’Eglise Catholique. Le patron de la centrale électorale de Félix Tshisekedi en fait partie. « Les experts de la Cenco ne nous ont pas partagé leurs résultats et ils n’avaient pas les procès-verbaux », assure Me Jacquemain Shabani. Face au trois millions de voix de l’UDPS, les évêques du Congo disent pourtant disposer de trois niveaux de contrôle des résultats, un échantillon représentatif de près de 11% comme en 2011, mais les tendances sont confirmées cette fois par une compilation citoyenne à hauteur de 42% et de 71% des suffrages. Tous leurs échantillons donnent Martin Fayulu vainqueur et de loin, devant Felix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani Shadary. « En 2011 encore, l’écart entre les deux candidats n’était pas énorme, mais ici, nous sommes devant un cas flagrant », assure Monseigneur Fridolin Ambongo.

    Contrairement aux élections de 2011, dans le sillon de l’Eglise catholique et pour quelques jours au moins, les chancelleries occidentales comme africaines se sont mises à publiquement douter des résultats, y compris après l’annonce par la Commission électorale de la victoire de l’opposant Félix Tshisekedi. Mais pour l’entourage du nouveau président congolais, la Conférence épiscopale a depuis été « complètement décrédibilisée pour ses sympathies envers Lamuka ». Pour preuve, après avoir boudé l’investiture du nouveau chef de l’Etat congolais, la plupart de ces pays ont félicité Félix Tshisekedi, n’hésitant pas pour certains comme les Etats-Unis à contredire leur message initial.

    Au sein de la coalition pro-Kabila, on avance une explication plus simple à la désignation d’un opposant plutôt que l’autre. « Martin Fayulu n’avait pas les procès-verbaux, personne chez nous ne souhaitait d’un retour aux affaires de Bemba et de Katumbi, l’affaire était pliée », assure un haut cadre du FCC. Ce dernier vante plutôt les talents de négociateur de Vital Kamerhe, ancien directeur de campagne de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi qui « connaissait le jeu ». Selon cette source bien placée dans la coalition pro-Kabila, c’est Vital Kamerhe qui est venu voir « le chef » avec un argument de poids, les trois millions de voix qui « enterraient Shadary ». Et le désormais nouveau directeur de cabinet à la présidence a su « faire accepter à son candidat les garanties exigées » par le sortant Joseph Kabila.

    Avdc RFI

  • Jean-Pierre Bemba demande plus de 68 millions d’euros de dédommagement à la CPI

    Jean-Pierre Bemba demande plus de 68 millions d’euros de dédommagement à la CPI

    -L’ancien vice-président congolais, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » après plus d’une décennie en détention, a demandé plus de 68 millions d’euros de dédommagement, selon son avocat.

    « Le but de cette demande est de tenter de réparer une partie des dommages causés à l’homme (Jean-Pierre Bemba) et à sa famille par son arrestation, sa détention et les actes accessoires de la Cour et de certains États parties », a déclaré Peter Haynes, l’avocat de Jean-Pierre Bemba, dans un document transmis à la Cour pénale internationale (CPI) lundi 11 mars.

     

    « Un homme innocent a perdu dix ans de sa vie », a-t-il souligné. « Bien entendu, la Chambre ne peut pas revenir en arrière et lui rendre ces années. Le seul remède qu’elle puisse fournir est une réparation financière », a ajouté son avocat.

    « Au moins 12 millions d’euros pour sa détention »

    La défense de Jean-Pierre Bemba a demandé à la CPI d’ordonner le versement « d’au moins 12 millions d’euros pour la durée de sa détention, 10 millions d’euros au titre de dommages et intérêts aggravés, 4,2 millions d’euros pour ses frais de justice et un montant d’au moins 42,4 millions d’euros pour les dommages causés à ses biens », tels que le gel de ses avoirs.

    Jean-Pierre Bemba a passé plus d’une décennie en détention après sa condamnation en première instance en 2016, à dix-huit ans de prison pour les meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003. Mais le 8 juin 2018, la chambre d’appel a renversé la peine d’emprisonnement la plus lourde jamais prononcée par la CPI, l’acquittant de toutes les charges retenues contre lui dans ce procès.

    La demande d’indemnisation formulée par les avocats de l’ex-chef de guerre est une première pour la CPI.

    Avec JA

  • Les camps de Kabila et Tshisekedi s’accordent pour un gouvernement

    Les camps de Kabila et Tshisekedi s’accordent pour un gouvernement

    -Un accord a été signé entre la coalition qui est sous l’autorité de l’ancien président Joseph Kabila et celle de son successeur en vue de former un gouvernement dans les jours à venir. L’accord met fin à la prise de bec qui empoisonnait les relations entre les deux plateformes.

    L’accord a été signé mercredi par Néhémie Mwilanya Wilondja, coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, et par Jean-Marc Kabund, président intérimaire de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) de Félix Tshisekedi, pour le compte du Cach (Cap pour le changement).

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    Le texte de l’accord que VOA Afrique a pu consulter recommande à M. Kabila “d’accomplir les devoirs de sa charge permettant au Chef de l’Etat de procéder à la désignation du Formateur du gouvernement”, et au président Tshisekedi “de nommer diligemment le Formateur du gouvernement”.

    “Les deux plateformes politiques affirment, par ailleurs, leur volonté commune de gouverner ensemble dans le cadre d’une coalition gouvernementale, ” précise le document.

    L'opposant Martin Fayulu lors d'un meeting à Butembo, Nord-Kivu, RDC, 15 février 2019. (Facebook/Michel Koyakpa)

    Une mésentente avait pris place entre les deux camps. Le FCC réclamant détenir la majorité, exigeait la nomination d’un Premier ministre issu de ses rangs. Mais le Cach se référait à un passage de la Constitution, souhaitant plutôt la nomination d’un “informateur ” en vue de déterminer la majorité.

    Le président Félix Tshisekedi avait même déclaré lors de son voyage à Windhoek, en Namibie, qu’il nommerait un Informateur car la majorité n’était pas formellement connue.

    Mardi, une énième rencontre a eu lieu entre le nouveau et l’ancien président à la ferme de ce dernier à l’extrémité de Kinshasa. Aucune déclaration n’a été faite mais la réunion semble avoir balisé le chemin.

    Le président nouveau Félix Tshisekedi, à droite, salue son prédécesseur Joseph Kabila à la Cité de l'Union africaine, Kinshasa, 17 février 2019. (Twitter/Joseph Kabila)
    “Après des échanges et débats fructueux, qui se sont déroulés du 04 au 06 mars 2019 (entre les deux parties), il dégage que le Front commun pour le Congo détient, de manière documentée, la majorité absolue à l’Assemblée nationale au sens de l’article 78 alinéa 1er de la Constitution, ” indique le document signé mercredi par les deux camps.
    Avec VOA
  • Fayulu à Bruxelles : “le peuple d’abord! c’est respecter sa volonté”

    Fayulu à Bruxelles : “le peuple d’abord! c’est respecter sa volonté”

    -L’opposant congolais Martin Fayulu qui continue à réclamer la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018 en RDC, a demandé, à son arrivée à Bruxelles pour une tournée euro-américaine, que la volonté du peuple congolais exprimée lors de dernières élections, soit respectée.

    “Félix Tshisekedi doit comprendre que le peuple d’abord veut dire : ‘respecter sa volonté’. On ne peut pas trafiquer la décision du peuple,” a-t-il répondu à une question lors d’une conférence avec des Congolais de la diaspora à l’université de Vrije de Bruxelles.

    Le candidat malheureux congolais a expliqué qu’il était “le président élu” et qu’il ne pouvait “pas travailler avec son frère Félix Tshisekedi” (le vainqueur proclamé pour la présidentielle) “dans le cadre des résultats fabriqués dans le laboratoire de Corneille Nangaa” (le président de la Commission électorale nationale indépendante)… “dans un cadre ici frauduleux”, a-t-il explicité.

    Pour lui, “faire la volonté du peuple, c’est ne pas accepter d’être nommé mais rentrer auprès du peuple pour lui demander de reconfirmer sa volonté puisqu’il y a doute”.

    M. Fayulu propose le recomptage des voix ou alors de nouvelles élections dans les six mois à venir.

    Son recours a été jugé non-fondé par la Cour constitutionnelle qui a proclamé Félix Tshisekedi président élu en janvier dernier. Lequel a été investi le 24 janvier dernier.

    Avec VOA

  • Réouverture de la Maison Schengen à Kinshasa

    Réouverture de la Maison Schengen à Kinshasa

    -Une cérémonie officielle de réouverture de la Maison Schengen, désormais appelée « Centre européen des visas », a eu lieu ce mercredi à Kinshasa, plus d’un an après sa fermeture à la demande des autorités congolaises.

    La Belgique et la République démocratique du Congo (RDC) ont signé le 22 février un « accord en vue de la réouverture de la maison Schengen », une sorte de consulat européen géré par la Belgique pour traiter les demandes de visas des ressortissants congolais, au nom de 18 pays européen. Dans le même temps, Kinshasa a autorisé la compagnie aérienne Brussels Airlines à effectuer à nouveau sept liaisons hebdomadaires entre Bruxelles et la capitale congolaise.

    Cet accord stipule notamment que la Maison Schengen « rouvrira sous un autre label, défini après consultation des partenaires de l’espace Schengen, suivant les formalités en vigueur en matière d’octroi des visas ». Le nouveau nom, officialisé dans une offre d’emplois publiée par l’ambassade de Belgique en RDC, est donc « centre européen des visas ».

    La partie congolaise a communiqué à l’ambassade qu’elle rétablissait – comme convenu dans l’accord du 22 février – l’immunité diplomatique sur le bâtiment du « Centre européen des visas », situé à côté de l’école belge de Kinshasa, en plein centre-ville, sur l’avenue Pierre Mulele (ex-24 Novembre).

    L’ambassade de Belgique en RDC a clôturé samedi dernier une offre d’emplois destinée à recruter des collaborateurs administratifs pour ce nouveau Centre européen des visas ». L’ambassade était à la recherche de collaborateurs (F/M/X, soit masculins, féminins ou les personnes qui ne peuvent se retrouver dans les deux sexes) administratifs, motivés et flexibles pour ce nouveau centre, qui délivrera des visas pour dix-huit pays européens (dix-sept Etats membres de l’UE, ainsi que la Norvège). « Cet appel à candidature est clôturé depuis le 2 mars 2019. Les candidatures soumises sont examinées ». Selon une source diplomatique, plus de 6.000 candidats se sont manifestés pour les quatre emplois proposés. « Nous ne pouvons malheureusement pas répondre à tous les emails. Seules les personnes dont les candidatures sont prises en considération seront contactées pour un test écrit/entretien », ajoute encore le texte.

    La réouverture de la Maison Schengen est une promesse de campagne du nouveau président Tshisekedi, avec le retour de l’ambassadeur de l’UE à Kinshasa, le diplomate belge Bart Ouvry, invité à quitter la RDC par le gouvernement congolais – qui est toujours en place.

    La Maison Schengen avait suspendu toutes ses activités après la décision de sa fermeture par le gouvernement congolais, le 24 janvier 2018, dans le cadre d’une énième crise diplomatique entre la RDC et son ancienne puissance coloniale. Sa fermeture par les autorités congolaises avait été décidée comme mesure de rétorsion contre la Belgique, qui avait suspendu une bonne partie de l’aide publique bilatérale décidée par Bruxelles. Cela afin de protester contre la répression de marches demandant le départ de l’ex-président Joseph Kabila resté au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

    Lors de la cérémonie de mercredi, lle chef de poste de l’ambassade de Belgique, Philippe Bronchain a indiqué que des modifications seraient introduites, dans le fonctionnement du Centre, dès son ouverture au public, vendredi prochain. Le plus important, d’un point de vue pratique, sera l’introduction d’un système de rendez-vous en ligne, a précisé le chargé d’affaires ad intérim belge à Kinshasa, lors d’une visite guidée du bâtiments. « Comme on le fait dans d’autres postes diplomatiques ou centres de traitement de visa », a souligné la diplomatie belge.

    Les nouvelles modalités prévoient ainsi que chaque voyageur crée lui-même son rendez-vous, gratuitement, via le site internet www.cev-kin.eu. Après avoir rempli le formulaire de demande de visa en ligne, le demandeur choisit une date de rendez-vous au CEV, par exemple la première plage horaire disponible ou une plage ultérieure qui lui convient mieux. Le rendez-vous est nominatif et non transférable, a précisé l’ambassade de Belgique dans un communiqué.

    Le voyageur recevra une confirmation de ce rendez-vous par e-mail. Ce courriel confirmant l’heure et l’identité du détenteur du rendez-vous doit être présenté par le voyageur à l’entrée du CEV. L’accès sans rendez-vous n’est pas possible. Les familles et les groupes pourront créer un rendez-vous groupé. Le mécanisme pour prendre rendez-vous en ligne est opérationnel depuis ce mercredi, sur le site internet du CEV.

    « L’accès au bâtiment est possible à partir de 30 minutes avant le rendez-vous et jusqu’à l’heure exacte du rendez-vous. La ponctualité garantit le confort et permet de respecter l’heure des rendez-vous ultérieurs pour l’ensemble du public », souligne le texte. Chaque rendez-vous prend quinze minutes, le temps de capter les données biométriques du voyageur et du dépôt du dossier papier du demandeur de visa. « Nous encourageons vivement les voyageurs à introduire un dossier complet, car l’examen d’une demande de visa et sa décision se font sur base des documents soumis. Des listes indicatives de documents à soumettre se trouvent sur le site du CEV afin d’aider le public à composer son dossier », insiste l’ambassade.

    Avec Belga

  • Les plateformes de Tshisekedi et Kabila optent pour une coalition gouvernementale

    Les plateformes de Tshisekedi et Kabila optent pour une coalition gouvernementale

    -Les plateformes Cach, de Félix Tshisekedi, et le FCC de Joseph Kabila, ont décidé mercredi de mettre en place « une coalition gouvernementale » ouvrant la voie à la désignation d’un formateur du gouvernement, selon un communiqué conjoint.

    Pour refléter la volonté du peuple exprimée dans les résultats de la présidentielle et des législatives, le Front commun pour le Congo (FCC), coalition des partisans de l’ancien président Joseph Kabila, et Cap pour le changement (Cach), la plateforme politique du président Félix Tshisekedi, ont affirmé « leur volonté commune de gouverner ensemble dans le cadre d’une coalition gouvernementale », selon un communiqué conjoint publié le 6 mars.

    Cette option vise à préserver « les acquis de l’historique passation pacifique du pouvoir qui a eu lieu le 24 janvier 2019, de conforter le climat de paix ainsi que la stabilité du pays (…) et de faciliter la mise en place rapide d’un gouvernement de plein exercice ».

    Désigner un « formateur du gouvernement »

    Les deux plateformes ont recommandé à l’ancien président Kabila, en sa qualité du chef du FCC, « d’accomplir les devoirs de sa charge permettant au chef de l’État de procéder à la désignation du formateur du gouvernement ».

    Elles ont également recommandé au président Tshisekedi « de nommer diligemment ledit formateur du gouvernement », poursuit le texte, mettant ainsi fin aux débats sur la désignation d’un informateur, c’est-à-dire une personnalité chargée d’identifier la majorité parlementaire au sein de laquelle devrait être désigné le formateur du gouvernement.

    La question de l’identification de la majorité parlementaire, revendiquée par le FCC, a retardé la formation du gouvernement par Félix Tshisekedi. Le président avait prévenu dans une déclaration qu’il n’accepterait pas d’être « un président qui règne mais qui ne gouverne pas ».

    Après des discussions entamées lundi par les deux plateformes, « il se dégage que le Front commun pour le Congo détient de manière documentée la majorité absolue à l’Assemblée nationale » après les législatives du 30 décembre, selon le communiqué conjoint. Cap pour le changement (Cach), la plateforme politique de Tshisekedi, ne compte qu’une cinquantaine d’élus nationaux sur un total de 485 députés de l’Assemblée nationale.

    Avec JA

  • Les évêques appellent Tshisekedi à rompre « avec les antivaleurs des anciens régimes »

    Les évêques appellent Tshisekedi à rompre « avec les antivaleurs des anciens régimes »

    -Les évêques catholiques ont appelé le président Félix Tshisekedi et les nouveaux dirigeants de la RDC à « rompre radicalement avec les antivaleurs » des régimes précédents, tout en assurant une bonne gouvernance et un État de droit.

    « Nous invitons les nouveaux gouvernants à rompre radicalement avec les antivaleurs des anciens régimes et à donner des assurances concrètes d’une meilleure gouvernance », a déclaré lundi l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), au cours d’une conférence de presse à Kinshasa.

    Un mois après l’investiture du président Félix Tshisekedi, la Cenco, qui avait donné Martin Fayulu vainqueur de la présidentielle selon ses chiffres, a ainsi souhaité donner une série de recommandations au nouveau dirigeant.

    « Les évêques leur donnent (ainsi) la chance de réussir », a expliqué l’abbé Donatien Nshole, ajoutant que « les évêques ne sont pas là pour leur échec. Le pays a besoin d’un nouveau leadership où l’homme Congolais sera au centre des préoccupations des autorités ».

    Les évêques ont entre autres appelé à l’établissement d’un État de droit – l’une des priorités du président Tshisekedi -, à la sécurisation des frontières et la pacification des zones en proie à l’insécurité par la présence des groupes armés. Enfin, la Cenco a préconisé la mise en place d’une bonne gouvernance et une politique de lutte contre la corruption.

    Les relations entre l’Église catholique et le régime de l’ancien président Joseph Kabila s’étaient tendues dès 2011. Les évêques contestaient alors la crédibilité de l’élection présidentielle donnant Kabila vainqueur cette année-là. Lors de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, elle avait également contesté les résultats provisoires publiés par la Commission électorale indépendante (Ceni), estimant que ceux-ci ne correspondaient pas aux données collectées par ses 40 000 observateurs.

    Avec JA