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Moïse Katumbi récupère enfin son passeport congolais
-L’opposant congolais en exil Moïse Katumbi a récupéré son passeport auprès de l’ambassade de la République démocratique du Congo en Belgique. Accusé d’usurpation d’identité par le régime sortant de Joseph Kabila, il lui était interdit d’obtenir un passeport valide.Son porte-parole a indiqué mercredi que l’opposant s’était rendu à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour entamer les démarches en vue de récupérer son passeport” congolais.
La RDC a un nouveau président depuis les élections du 30 décembre dernier.
Le nouveau Chef d’Etat, Félix Tshisekedi, a déclaré mercredi, à Windhoek en Namibie, où il était en visite, que tous les exilés devraient rentrer librement au pays.
La semaine dernière, les nouvelles autorités congolaises avaient annoncé des facilités pour les Congolais d’origine d’obtenir le visa d’entrée à l’aéroport ou le même jour dans les ambassades de la RDC.
M. Tshisekedi a affirmé qu’il compte sur la diaspora congolaise pour rentrer investir et contribuer au développement du pays.
Les autorités gouvernementales et judiciaires congolaises ont accusé M. Katumbi “d’usurpation de la nationalité congolaise”, pour avoir acquis la nationalité italienne; ce qu’il a toujours nié.
Des pro-Katumbi demandent à Tshisekedi une réponse à la “question de légitimité”Selon la loi congolaise, tout Congolais qui opte pour la nationalité d’un autre pays cesse d’être considéré comme Congolais.
M. Katumbi a été “injustement privé de ce passeport jusque-là, il doit être rétabli dans ce droit élémentaire dont jouit tout citoyen congolais,” selon son porte-parole, Olivier Kamitatu. “Ce déni de droit s’expliquait par le harcèlement politique, judiciaire et physique de l’ancien régime congolais envers Moïse Katumbi”, a écrit M. Kamitatu dans un Tweet.
Mais, “à ce stade, aucune date pour le retour au pays n’a été arrêtée. Les conditions politiques et sécuritaires ne sont pas remplies”, a-t-il expliqué, ajoutant que M. Katumbi et ses partisans vont poursuivre leur combat au sein de l’opposition.
M. Katumbi et un autre poids lourd de l’opposition, l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, avaient soutenu la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de décembre contre Félix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani, dauphin désigné par le président sortant Joseph Kabila.
Katumbi a été condamné par contumace à trois ans de prison dans une affaire immobilière dont il conteste tout fondement.
Les dirigeants du régime Kabila, qui promettaient de l’arrêter à sa descente d’avion en RDC, le poursuivaient également dans une affaire de recrutement de mercenaires.
Candidat déclaré à la présidentielle, Moïse Katumbi n’avait pu déposer son dossier. Il avait accusé les autorités congolaises de l’avoir empêché de passer la frontière dans les délais.
Avec VOA
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President Félix Tshisekedi rencontre l’envoyé spécial américain
-Le nouveau président congolais a reçu vendredi le nouvel envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands Lacs.Les deux personnalités n’ont pas fait de déclarations après leur rencontre. Mais auparavant, M. Phan a rencontré des membres de la société civile et le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.
Ils ont, selon l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa, parlé des “opportunités et défis face au contexte politique actuel en RDC et dans la Région des Grands Lacs”.
Le nouvel envoyé spécial américain pour les Grands Lacs visite la RDC au moment où l’administration américaine vient d’interdire l’entrée de son territoire, à plusieurs responsables de l’élection présidentielle en RDC, notamment le chef de la Commission électorale et le juge qui a validé les résultats, pour des faits de corruption grave.
Washington sanctionne le chef de la Commission électorale congolaise et plusieurs autres responsablesParmi les sanctionnés, se comptent le président de la Commission électorale Corneille Nangaa, le vice-président de cette instance Norbert Basengezi, le président de l’Assemblée nationale Aubin Ndjalandjoko et le président de la Cour constitutionnelle Benoît Lwamba Bindu.
“Ces individus se sont enrichis personnellement par l’usage de la corruption ou en dirigeant et supervisant des violences contre des personnes exerçant leur droit à se rassembler pacifiquement et leur liberté d’expression”, indique un communiqué du département d’Etat américain.
Avec VOA
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Joseph Kabila resserre les rangs de sa majorité
-Un rappel des troupes suivi d’un message fort rapporté par ses protégés. Joseph Kabila a fait sa rentrée politique autour des membres du Front commun pour le Congo (FCC), mercredi, dans sa ferme privée de Kingakati. Au premier rang des revendications du clan de l’ancien président : la primature et le contrôle des assemblées, nationale comme provinciales.Pas un pas sans Joseph Kabila. C’est le message fort qu’ont relayé aujourd’hui les caciques du Front commun pour le Congo (FCC), après s’être réuni mercredi autour de leur chef. Et, fort de sa majorité au Parlement, le camp de l’ancien président revendique la primature, ainsi que le contrôle des assemblées, nationale comme provinciales.
À l’issue d’une cérémonie solennelle, tous les présents – dont Emmanuel Ramazani Shadary, Modeste Bahati Lukwebo ou encore Évariste Boshab – ont signé un « acte d’engagement » par lequel ils « réaffirment fidélité et loyauté » à Joseph Kabila, qualifié d’« autorité morale ».
Quelques jours après sa rencontre avec Félix Tshisekedi à la présidence, Joseph Kabila s’est pour sa part affiché en rassembleur dans son propre camp. Et même en médiateur, calmant les ardeurs de certains de ses cadres, dont Modeste Bahati Lukwebo, de l’AFDC et Alliés, qui a revendiqué lors de la rencontre la direction d’une institution.Le FCC, force politique incontournable
« Toutes les majorités sont nôtres, au niveau de l’Assemblée nationale et au niveau des 25 provinces », s’est félicité auprès de Jeune AfriqueAubin Minaku, l’ancien président de l’Assemblée nationale sous Joseph Kabila. De fait, le camp Kabila, qui s’est mué en regroupement politique sous la bannière du FCC, compte environ 350 élus nationaux, et a remporté la majorité dans la presque totalité des assemblées provinciales.
En face, l’actuel chef de l’État ne devrait pouvoir compter que sur les 59 députés de sa coalition, Cap pour le changement (CACH). Sans majorité parlementaire, Félix Tshisekedi est donc obligé de composer avec Joseph Kabila, dont des proches devraient, sauf surprise, être nommés au gouvernement et aux postes clés, à l’Assemblée nationale notamment.
Force politique incontournable, le camp de Joseph Kabila n’entend pas se laisser exclure de la recomposition politique en cours à Kinshasa. Lambert Mende, ministre de la Communication toujours en poste tant qu’un nouveau gouvernement n’est pas nommé, assure même qu’il n’y a pas lieu pour Félix Tshisekedi de désigner un « informateur » pour l’aider à identifier les équilibres parlementaires en vue de la formation du futur gouvernement, « la majorité parlementaire étant connue ».
Une coalition plutôt qu’une cohabitation ?
Sauf que pour la coalition de l’actuel chef de l’État, Cap pour le changement, le Front commun pour le Congo (FCC), n’a pas de majorité parlementaire. « Le FCC n’a pas la majorité parce que le FCC n’est pas une réalité juridique, nous sommes favorables à une coalition et non une cohabitation », a répliqué Jean Baudouin Mayo Mambeke, membre de la coalition de Tshisekedi.
« Au sortir des élections de 2018, aucun parti politique ni regroupement politique n’a réalisé la majorité parlementaire, c’est-à-dire 250 + 1. Normalement, si nous sommes sérieux avec nous-même, le président de la République doit nommer un informateur pour reconnaître une majorité qui se dégagera de ceux qui voudraient se mettre ensemble pour diriger le pays », précise-t-il.
Du côté de Lamuka, la coalition qui a soutenu Martin Fayulu – candidat malheureux au scrutin présidentiel du 30 décembre dernier -, des critiques sont toujours formulées à l’encontre de Félix Tshisekedi, qu’ils accusent de ne pas avoir la main sur la gestion des affaires de l’État. « Le pouvoir de Tshisekedi a été négocié, il n’a aucun pouvoir. Le chef reste Joseph Kabila, c’est lui qui dirige », accuse ainsi Steve Kivuata, cadre de Lamuka joint par Jeune Afrique.
Avec JA
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Tshisekedi reverse 163.000 dollars au Trésor public
-Le nouveau président congolais Félix Tshisekedi, qui a fait de la lutte anti-corruption une de ses priorités, a marqué le coup en reversant au Trésor public 163.300 dollars, selon un document de la banque centrale de la République démocratique du Congo.Après sa première tournée en Angola, au Kenya et au Congo-Brazzaville, puis son déplacement au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, la présidence de la République a procédé à un “reversement de frais de représentation“, indique un bordereau de la Banque centrale du Congo (BCC) en date du 19 février dont l’AFP a pris connaissance.
Pendant les cinq dernières années du règne de l’ex-président Joseph Kabila, la Cour des comptes a toujours épinglé la présidence congolaise pour ses dépassements de crédits.
En 2017, la présidence congolaise avait enregistré un dépassement de “185% des crédits alloués”, avait reconnu le ministre des Finances congolaises Henri Yav devant les députés.
Dans son discours d’investiture le 24 janvier, M. Tshisekedi, avait qualifié la corruption de “fléau qui dévaste notre pays, ses institutions” et promis “une stratégie de lutte contre la corruption dans l’ensemble des rouages de l’administration publique”.

Deux de ses partisans ont retiré leur candidat aux élections sénatoriales en dénonçant la corruption des députés provinciaux qui souhaitaient monnayer leur voix.
La RDC a connu sa première passation pacifique du pouvoir depuis son indépendance le 30 juin 1960 avec la proclamation de Félix Tshisekedi comme vainqueur de la présidentielle, succédant à Joseph Kabila.
Cette première passation est contestée par l’autre candidat de l’opposition Martin Fayulu qui revendique la victoire et dénonce des résultats “fabriqués” par la Commission électorale.
Avec VOA
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Kikwit danse avec Fayulu et accepte Tshisekedi
-Les habitants de Kikwit, dans l’ouest de la République démocratique du Congo, ont dansé mercredi soir avec l’enfant du pays, l’ex-candidat Martin Fayulu. Il est reparti en tournée pour contester les résultats de l’élection présidentielle proclamés il y a tout juste un mois.La contestation de Fayulu n’empêche pas ces mêmes habitants d’accepter pacifiquement, comme dans toute la RDC, la victoire de son rival, l’autre opposant Félix Tshisekedi, quatre semaines jour pour jour après son investiture.
La grande ville du Bandundu, située à 550 km à l’ouest de Kinshasa, a accueilli en héros M. Fayulu, qui sillonne de nouveau la RDC après la campagne électorale pour remercier ses électeurs et demander “la vérité des urnes”.
A Kiwkit, où des violences ont éclaté autour de l’annonce des résultats le 10 janvier, certains de ses partisans ont demandé “des armes” au “soldat du peuple”, qui revendique la victoire à la présidentielle du 30 décembre avec 62% des voix.
“Meetings, sit-in et manifestations”, répond M. Fayulu, 62 ans, adepte de la “résistance pacifique”, avec en prime quelques pas de danse sur l’estrade à chacune de ses apparitions.
Originaire du Bandundu par sa famille, M. Fayulu a appelé la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) à publier un rapport sur les violences post-électorales à Kikwit.

Fayulu appelle les habitants de Butembo à poursuivre le combat pour la vérité des urnes
Ces violences, dont les traces sont encore visibles sur des édifices publics, ont fait plusieurs morts et des blessés, ont confirmé à l’AFP des victimes et leurs proches.
Mais elles n’avaient aucune connotation “ethnique” ou “tribale” comme on a pu le redouter, ont insisté auprès de l’AFP plusieurs sources officielles et communautaires.
– Aucun Luba visé-
Plus précisément, aucun membre de la communauté Luba (celle de M. Tshisekedi), venue des provinces voisines du Kasaï, n’a été visé.
“Les voisins ne se sont pas attaqués à nous”, affirme un responsable Luba, Baba Kalumba, 67 ans, dont 35 à Kikwit.

Fayulu contre-attaque
“Il fallait qu’on donne à Fayulu sa victoire”, ajoute-t-il pour justifier la “révolte” des jeunes de Kikwit.
Même si l’opposant de leur coeur n’a pas été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle à Kinshasa, les habitants de Kikwit ont “pris acte”, comme diraient les diplomates, de la victoire de M. Tshisekedi.
C’est lui qui incarne désormais l’espoir infini du “changement” après les 18 ans au pouvoir de son prédécesseur Joseph Kabila, dans une région qui manque de tout, à entendre ses habitants.
“Les élections sont passées, maintenant avançons”, intervient Ange Mangangi, dont le fils, Victor Mawika, a eu le bras gauche fracturé dans les violences qui ont suivi l’annonce des résultats.
“Dans le Bandudu, nous souffrons beaucoup. Il n’y a pas d’emploi. La majorité des enfants ne vont pas à l’école. Au delà de Kikwit, il n’y a plus de route”, détaille la mère de famille qui a voté Fayulu comme la majorité des habitants.

L’Afrique entérine la victoire annoncée de Tshisekedi
“Que le président Tshisekedi fasse tout son possible pour que la population fasse confiance aux autorités. Il doit être le père de tous les Congolais. C’est à nous de l’aider pour que le pays avance”, dit-elle.
– “On a changé d’entraîneur” –
A Kikwit, la vie est encore plus difficile pour les 24.320 déplacés qui ont fui les violences au Kasaï en 2016-2018, et les milliers de Congolais expulsés d’Angola fin 2018.
Ils ont tous échoué dans cette ville-carrefour qui ne compte aucune entreprise publique viable et où la “débrouillardise” est un mode de survie.
“Les élections, c’est comme un match de foot, une équipe gagne, l’autre perd, et la vie doit continuer”, philosophe Daouda Kimukedi, un refoulé d’Angola.
“On a un nouveau président,et nous devons tous l’aider à accomplir son projet”, poursuit-il.
“Notre espoir aujourd’hui est que les choses s’arrangent avec l’arrivée du nouveau président Tshisekedi. Nous lui demandons d’ouvrir les sociétés pour créer de l’emploi, de ne plus laisser le pays entre les mains des ONG, que l’État fasse quelque chose pour tout le monde”, ajoute le chef-adjoint de quartier, Crispin Matshidi.

Félix Tshisekedi proclamé président par la Cour constitutionnelle
Pour lui, il n’est plus acceptable de voir une “petite minorité vivre dans l’aisance” alors “nous le peuple nous avons faim”: “On a changé d’entraineur, il faut aussi changer les joueurs”, dit-il en filant aussi la métaphore sportive.
Comme l’ensemble de la région du Bandundu (divisé en trois provinces depuis 2015), Kikwit qui compte environ deux millions d’habitants, est dépourvu d’un système de distribution d’eau et d’électricité depuis au moins deux décennies.
“Il suffit d’un peu de volonté politique pour qu’on ait tout ça. Avec le nouveau régime, nous croyons que tout ces problèmes seront résolus nous espérons que le président Félix Tshisekedi va prendre en compte toutes les revendications de la population de Kikwit”, estime le maire Léonard Mutangu Katonga.
Il rapporte une information qui circule dans la presse congolaise: le nouveau président doit commencer dans le grand Bandudu une tournée dans l’intérieur de la RDC. Kikwit dansera-t-elle aussi avec Tshisekedi?
Avec VOA
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Elections en RDC: les grandes lignes des résultats provisoires
En RDC, le processus électoral est toujours aussi contesté. La coalition Lamuka qui a soutenu l’opposant Martin Fayulu à la présidentielle, a déposé ses recours dans la matinée de ce samedi 12 janvier, pour la présidentielle. Martin Fayulu, arrivé deuxième, revendique 61% des sièges. La Commission électorale (Céni) a fini, dans la nuit de vendredi à ce samedi, par donner les résultats des élections législatives. Le président proclamé, Felix Tshisekedi, aurait moins d’une cinquantaine de sièges, Lamuka aurait moins d’une centaine sièges et le Front commun pour le Congo (FCC), coalition au pouvoir, revendique, elle, une majorité absolue.Le Front commun pour le Congo, coalition qui rassemble les partis pro-Kabila, a revendiqué entre 250 et 300 députés. Ce serait un peu moins qu’en 2011. Cependant, il est extrêmement difficile de faire la filiation de tous les regroupements politiques et les candidats et c’est aussi l’une des particularités de l’ère Kabila. Les partis s’effacent derrière des regroupements, reconfigurables à souhait après les élections et c’est ce qui explique que le décompte soit difficile à faire.
Dans le détail, le PPRD, parti présidentiel, devrait perdre quelques sièges par rapport aux précédentes élections. C’est donc grâce à ses alliés que le FCC revendique, aujourd’hui, la majorité absolue.
Evidemment, dans les rangs de l’opposition, de la société civile, comme chez les observateurs, on s’étonne de ce score très élevé. La coalition qui détient le moins de voix à la présidentielle (4 millions pour son candidat Emmanuel Ramazani Shadary) raflerait 70 % des sièges ou même plus.
Quant aux coalitions de l’opposition, Cach et Lamuka, elles se retrouvent largement minoritaires tout en ayant recueilli plus de de 70 % des suffrages à la présidentielle. En effet, selon le premier décompte de Cach, la coalition de Félix Tshisekedi, l’UDPS, a au moins 31 députés et pour l’UNC et alliés de Vital Kamerhe, 18 députés. On se dit déjà prêt à introduire des recours. La coalition Lamuka qui revendique 61 % des voix à la présidentielle pour Martin Fayulu, pourrait ainsi devenir la deuxième force politique à l’Assemblée, tout en totalisant moins d’une centaine de sièges.
Recours et négociations
Joint par RFI, Thotho Mabiku, l’un des conseillers de Félix Tshisekedi, commente ces résultats. « C’est un peu un sentiment de déception. Nous trouvons que c’est vraiment très peu de députés pour notre coalition mais pour nous, le plus important, pour le moment, c’est que nous avons l’alternance, un nouveau président élu », a-t-il déclaré.
A la question de savoir s’ils vont avoir un contrôle effectif des institutions quand ils n’ont la majorité nulle part – à moins de rentrer dans la majorité, c’est-à-dire au sein du FCC – et qu’ils n’auront pas le Premier ministre qui contresigne l’essentiel des décisions du président, Thotho Mabiku répond que « la stratégie, nous laissons cela au président de la République ». « Nous croyons que les jours qui viennent seront très déterminants », souligne-t-il avant d’ajouter qu’ils ne rejettent pas les résultats.
« Nous prenons d’abord acte de ce qu’il y a mais les recours ne manqueront pas parce qu’il y a des coins où nous estimons que nous aurions pu gagner. Or, les résultats que nous voyons sont autres », précise Thotho Mabiku, conseiller de Felix Tshisekedi.
Ainsi, du côté de Cach, on réfléchit déjà à une stratégie qui passera nécessairement par la case Cour de justice mais aussi par des négociations notamment avec le FCC. En effet, avec 49 sièges à l’Assemblée, Cach ne peut pas revendiquer la primature et ne peut donc former un gouvernement.
Le FCC va-t-il leur accorder certains ministères ? Ce que propose, aujourd’hui, le docteur Kodjo Ndukuma, du FCC, à Cach, c’est d’intégrer une nouvelle majorité au pouvoir ou bien d’entrer dans une phase de cohabition. Cach, de son côté, pense qu’avec son poste de président, Felix Tshisekedi aura une influence sur les autres institutions.
« Une vaste blague »
Martin Fayulu de son côté, avec la Dynamique de l’opposition, sa coalition, n’était même pas sûr, ce samedi matin, d’avoir un groupe parlementaire. Lamuka est encore en train de faire les comptes mais ils auraient moins d’une centaine de députés, ce qui en ferait, si les résultats se confirment, la deuxième forme politique à l’Assemblée. C’est notamment la plateforme électorale de Moïse Katumbi qui obtient le plus de sièges. C’est aussi celle qui présentait le plus de candidats de toute l’opposition.
« C’est de la vaste blague. Monsieur Kabila s’est donné les deux tiers de l’Assemblée nationale parce qu’il pense, demain, avec sa coalition bidon, changer la Constitution. Et vous comprenez, comme je le disais, tout est cousu de fil blanc. Monsieur Kabila pense avoir trouvé quelqu’un qui va pérenniser son pouvoir. Le peuple congolais ne le laissera jamais faire cela. C’est pour cela que nous demandons le recomptage de toutes les voix sur toutes les élections, sur les trois élections : présidentielle, législatives nationales et législatives provinciales. Il faut recompter les voix. Et si monsieur Kabila et ses acolytes pensent liquider le Congo, nous, on ne le laissera pas », a déclaré, sur RFI, Martin Fayulu.
Implications institutionnelles
La victoire annoncée du FCC aux législatives pourrait avoir également des implications institutionnelles. C’est ce que redoutent les opposants à Joseph Kabila car les députés de la majorité pourront réformer la Constitution. Mais il faut attendre que tous ces résultats soient confirmés.
Il y a des périodes de recours qui s’ouvrent et qui pourront durer plus de deux mois. A partir de là, quand les assemblées seront figées et si ces tendances se confirment, le FCC devrait avoir la majorité des sénateurs. Ce qui pourrait offrir à Joseph Kabila la possibilité de venir président du Sénat, c’est-à-dire deuxième personnage de l’Etat et qui, éventuellement, s’il arrivait quelque chose au président – s’il était par exemple empêché – pourrait prendre la tête des institutions.
D’autre part, les experts électoraux observent qu’avec toutes ces forces politiques et avec cette répartition des sièges, si elle se confirme, le FCC pourra effectivement avoir suffisamment de sièges à l’Assemblée pour changer la Constitution et pour permettre un rééquilibrage des pouvoirs entre celui éventuellement du président et ceux du gouvernement des autres Assemblées.
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Législatives en RDC: les pro-Kabila resteraient majoritaires à l’Assemblée
Par
RFI
Publié le 12-01-2019
Modifié le 12-01-2019 à 06:50En RDC, la Commission électorale a finalement publié les résultats des élections législatives dans la nuit. Pendant un peu plus de deux heures, des agents de la Céni ont égrené les noms des 485 députés qui siégeront dans la nouvelle Assemblée nationale, sans préciser néanmoins l’affiliation de ces partis à telle ou telle coalition. Une Assemblée qui ne sera complète qu’en mars après l’élection des quinze députés des trois circonscriptions où le scrutin a été reporté. Mais d’ores et déjà, le parti au pouvoir et ses alliés du FCC pourraient rallier le plus grand nombre de sièges.
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Avec plus de 250 députés, le parti au pouvoir et ses alliés pourraient garder la majorité à l’Assemblée. Un chiffre qui devrait s’affiner au fil des heures, du décompte, et des alliances qui pourraient se confirmer.
Du côté de l’opposition, c’est beaucoup moins. La coalition de Félix Tshisekedi a emporté moins de 50 sièges. Ce qui veut dire que si sa victoire à la présidentielle devait être confirmée, Félix Tshisekdi ne pourra pas nommer de Premier ministre sans alliance et n’aura donc pas la main. La plateforme de son concurrent Martin Fayulu, elle, a emporté 59 sièges.
Sans surprise par contre ont été réélus les grands cadres de la majorité, le président de l’Assemblée nationale précédente par exemple, Aubin Minaku, mais aussi l’ex-ministre de l’Intérieur Evariste Boshab ou encore le directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémi Mwilanya, tout comme la sœur et le frère du président sortant Joseph Kabila.
Du côté de l’opposition, la secrétaire générale du MLC, Eve Bazaïba, a été réelue à Kisangani, mais aussi l’ancien Premier ministre Adolf Muzito avec plus de 61 % des voix ou encore le chef de l’UNC, Vital Kamerhe. Martin Fayulu, lui, conserve son siège d’élu à Kinshasa. Le doyen de la nouvelle assemblée, Gabriel Kyungu, est également issu de ses rangs.
Un peu plus de 18 millions d’électeurs ont participé à cette élection d’après la Commission électorale. La Céni, qui se félicitait aussi que sur les 485 députés, 50 soient des femmes. C’est toujours très minoritaire, mais c’est 10 de plus qu’en 2011. Pour les autres, soit quinze sièges pour les députés de Beni-territoire, Beni-ville, Butembo et Yumbi, « on connaîtra les noms aux élections de mars », a déclaré le président de la Céni, Corneille Nangaa.
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RDC: la période de recours pour la présidentielle arrive à échéance
Par
RFI
Publié le 12-01-2019
Modifié le 12-01-2019 à 00:31C’est ce samedi que prend fin la période de recours pour la présidentielle contestée en République démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle aura ensuite sept jours pour rendre ses décisions avant la proclamation définitive des résultats. L’opposant Martin Fayulu est le seul à avoir confirmé qu’il allait se rendre à la Cour constitutionnelle. Sa coalition Lamuka a assuré que ce dernier a obtenu 61% des voix et non pas les 34,8% annoncés par la Céni.
Qui va déposer des recours et comment ? Du côté de Cach, la coalition du vainqueur proclamé, Félix Tshisekedi, on dit logiquement ne pas voir l’intérêt d’opérer une telle démarche.
Tous les partis disaient connaître des difficultés pour faire remonter les informations et procès-verbaux faute d’internet. C’est l’une des raisons avancées par la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo, pour ne pas avoir encore déposé un recours en faveur de son candidat Emmanuel Ramazani Shadary, alors même que le FCC se dit surpris par ces résultats.
Son porte-parole, Barnabé Kikaya, assure que leur compilation des résultats se poursuit, mais qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir présenter un recours dans le délai de 48h prévu par la loi.
Sur les trois principaux candidats à la présidentielle, Martin Fayulu est le seul qui a confirmé son intention de déposer des recours. Même si du côté de sa coalition Lamuka, on évoque toute une série de contraintes : les procès-verbaux volés au cours d’agressions, les PV des résultats compilés et même proclamés qui n’ont jamais été remis par la Céni et surtout le fait que, selon Lamuka, la Cour constitutionnelle est acquise au président sortant Joseph Kabila.
Du côté de l’opposition en général, comme de la société civile, on craint de voir ladite Cour constitutionnelle invalider les résultats de la présidentielle, plutôt que de les corriger. Une décision qui de facto permettrait à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.
■ Analyse
Pour Alain-Joseph Lomandja, ancien membre de la mission d’observation de la Cenco en 2011, se basant sur les articles 73 à 76 relatifs au contentieux électoral de la loi électorale, il y a plutôt 3 options si le juge de la Cour constitutionnelle estime que les recours sont recevables, qu’il accepte de les examiner.
Alain-Joseph Lomandja
12-01-2019
– Par
Léa-Lisa WesterhoffIl y a bien sûr la possibilité aussi que le juge de la Cour constitutionnelle rejette les recours s’ils sont jugés irrecevables sur la forme.
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RDC: Kikwit encore en proie aux violences, Lamuka appelle au calme
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