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  • RDC: plus de 780 000 Congolais réfugiés dans un autre pays

    RDC: plus de 780 000 Congolais réfugiés dans un autre pays

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  • RDC: Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe lancent leur campagne à Camp Luka

    RDC: Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe lancent leur campagne à Camp Luka


    Par
    RFI

    Publié le 03-12-2018
    Modifié le 03-12-2018 à 00:54

    Membre d’une même coalition électorale, les opposants Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe étaient en meeting dimanche 2 décembre à Kinshasa. Il était question de lancer la campagne du candidat Félix Tshisekedi et c’était dans un quartier modeste de la capitale congolaise.

    Dès 12 heures, les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi et de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe se rassemblent au Camp Luka. Sous une pluie battante, ils chantent les noms des deux opposants, mais ce n’est finalement qu’à 17 heures que le meeting débute, pour des raisons de météo.

    Dans leur bref message, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi évoquent la pauvreté de ce quartier et s’attaquent au pouvoir : « C’est la désolation totale, ce que nous venons de voir ici. Et il faut le faire, il ne faut pas faire seulement des meetings dans des endroits où on est sous la protection des lumières ou on a le macadam. Il faut venir ici, à Camp Luka, pour voir la misère du peuple congolais. »

    À côté des militants de l’UNC et de l’UDPS, plusieurs jeunes supporteurs de l’opposant Martin Fayulu ont également donné de la voix. Et cela n’a pas dérangé Vital Kamerhe, selon ses propos : « Il y a plusieurs candidats, c’est ça la démocratie. Ce n’est pas mal, ça signifie que c’est le bastion de l’opposition. C’est une très bonne chose. Il n’y a pas de rivalité entre factions de l’opposition, il faut que les gens le sachent, nous sommes tous en train de nous battre pour le changement dans le pays. »

    Camp Luka est la première étape d’une campagne qui se poursuivra à Kinshasa lundi 3 décembre avant l’étape de l’est du pays.

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  • RDC: affrontements entre partisans du FCC et de l’UDPS à Mbuji-Mayi

    RDC: affrontements entre partisans du FCC et de l’UDPS à Mbuji-Mayi


    Par
    RFI

    Publié le 02-12-2018
    Modifié le 02-12-2018 à 12:30

    La campagne électorale a donné lieu à des affrontements à Mbuji-Mayi ce samedi 1er décembre. Partisans du FCC, issu du pouvoir en place, et ceux de l’UDPS, principal parti d’opposition, en sont venus aux mains. Bilan des affrontements, selon le gouverneur : une quinzaine de blessés dont 4 grièvement et 9 personnes arrêtées par la police.

    Selon des membres de l’UDPS, des jeunes envoyés par le gouverneur Ngoyi Kasanji, ont détruit le portrait de Félix Tshisekedi, placé devant le siège de leur parti et voulaient le remplacer par celui du candidat FCC, Emmanuel Ramazani Shadary.

    Version contredite par le gouverneur, qui rejette la responsabilité des incidents sur l’opposition. Selon lui, les jeunes de l’UDPS se sont attaqués à des manifestants de la majorité présidentielle qui défilaient pacifiquement sur la voie publique.

    Quinzaine de blessés

    Des témoins parlent d’affrontements violents entre les deux camps, des coups de feu ont été entendus. Pour le gouverneur il s’agit d’armes non létales. Et si du côté de l’opposition on préfère attendre pour donner le bilan, l’autorité provinciale, elle, parle d’une quinzaine de blessés dont quatre grièvement et de neuf interpellations.

    Il y a quatre jours, d’autres incidents avaient été enregistrés dans la ville de Mbuji-Mayi. Des commerces et la résidence appartenant à une femme de la majorité ont été pillés après une manifestation de l’opposition.

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  • RDC: les élections vont «bien se passer» estime Kabila dans un entretien au «Soir»

    RDC: les élections vont «bien se passer» estime Kabila dans un entretien au «Soir»


    Par
    RFI

    Publié le 01-12-2018
    Modifié le 01-12-2018 à 14:25

    Le président sortant de la RDC s’exprime dans les colonnes du quotidien belge Le Soir alors que Joseph Kabila est plutôt avare en interview. Sur quatre pages, il dresse en quelque sorte le bilan de ses dix-sept années de règne et se montre confiant sur l’issue des élections présidentielle et législatives prévues pour le 23 décembre. Enfin, Joseph Kabila égratigne ce qu’il qualifie de « tendance à l’ingérence » de la Belgique à l’égard de son pays.

    Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet

    Le président congolais estime que la République démocratique du Congo n’a pas de « comptes à rendre » au ministre belge des Affaires étrangères. La Belgique n’avait par exemple aucun droit de donner des conseils au Congo pour l’organisation des élections du 23 décembre, ou de soutenir une opposition qu’il estime en quelque sorte « organisée à l’étranger ». Pour Joseph Kabila, il n’appartient pas à la Belgique de faire le choix des dirigeants congolais, de les inviter, de leur « offrir des chocolats ».

    Les élections présidentielle et législatives de la fin du mois vont d’ailleurs « bien se passer » selon Joseph Kabila. Il souligne qu’elles ont été organisées souverainement par la seule RDC, et que des observateurs internationaux seront présents, notamment de l’Union africaine, de la Communauté des États d’Afrique centrale ou encore d’Afrique australe.

    Et même si l’UE ou les Etats-Unis regrettent que leurs observateurs ne soient pas conviés, leurs rapports n’auraient pas de valeur selon le président congolais car ces rapports sont déjà écrits à l’avance pour critiquer la RDC, explique-t-il.

    Joseph Kabila estime aussi que ses 17 années au pouvoir ont apporté stabilisation, réformes et modernisation à la RDC. Il a d’ailleurs bien l’intention après les élections de rester au Congo, où il sera sénateur de droit, où il a ses exploitations agricoles et où il rappelle qu’il est toujours militaire de réserve.

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  • RDC: incertitudes sur les préparatifs des élections du 23 décembre

    RDC: incertitudes sur les préparatifs des élections du 23 décembre


    Par
    RFI

    Publié le 01-12-2018
    Modifié le 01-12-2018 à 11:27

    La campagne électorale est lancée depuis une semaine. Trois scrutins doivent se tenir le 23 décembre : la présidentielle, les législatives et les élections provinciales. Si la Céni se félicite d’être en train de tout mettre en œuvre conformément à son calendrier pour tenir les délais, de nombreuses incertitudes pèsent sur la capacité de la Commission électorale à être prête en temps et en heure le 23 décembre.

    « Le 10 décembre, l’ensemble du matériel de vote sera disponible sur les 239 sites de formation », promet le président de la Céni, Corneille Nangaa. De là, il faudra l’acheminer jusqu’aux 75 000 et quelque bureaux de vote dans tout le pays. Là encore, Corneille Nangaa ne se dit pas inquiet. « Tous les bureaux de vote ouvriront bien le 23 décembre » assure-t-il.

    Les experts électoraux, eux, sont bien plus circonspects. Et notamment au vu du temps qu’il faut pour transporter ces machines à voter, urnes, isoloirs, etc, jusqu’aux bureaux de vote. Quinze jours au moins pour les bureaux les plus éloignés, estiment les experts. Avec ce trajet de deux semaines et les 24h nécessaires à la mise en place du matériel, « certains bureaux de vote ne pourront pas ouvrir le 23 décembre », affirme une source diplomatique.

    Formations et accréditations

    Autre inquiétude : la formation des agents électoraux. Une étape cruciale dans un pays où la machine à voter n’a jamais été utilisée. La Céni promet de démarrer ces formations lundi. Y aura-t-il suffisamment de temps pour former ces 500 000 et quelques agents ?

    Enfin, il y a les accréditations des observateurs qui avancent à pas de tortue et celles qui sont retoquées. C’est le cas des diplomates européens à Kinshasa. Ils ne pourront pas se rendre dans les bureaux de vote pour observer ce triple scrutin. « Le suivi diplomatique, ce n’est pas légal » justifie le président de la Commission électorale.

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  • RDC: Moïse Katumbi lance un appel à ses compatriotes

    RDC: Moïse Katumbi lance un appel à ses compatriotes

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  • «Congo Files»: le rôle trouble de militaires

    «Congo Files»: le rôle trouble de militaires


    Par
    Sonia Rolley

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 18:42

    C’est une fuite sans précédent. Des milliers de pages de documents confidentiels des Nations unies relatifs à l’assassinat de deux experts mandatés par le Conseil de sécurité. Michael Sharp et Zaida Catalan avaient été chargés d’enquêter sur les violences en République démocratique du Congo. Les « Congo Files » documentent les pistes et options levées par les enquêteurs ainsi que les multiples entraves qu’ils ont rencontrées entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs médias internationaux : RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT. Ces documents révèlent notamment le rôle trouble joué par certains officiers de l’armée.

    Kananga, capitale du Kasaï Central, province tourmentée de la République démocratique du Congo (RDC). Le 25 mars 2017 à 16h20, l’un des enquêteurs de l’ONU chargé de retrouver les experts disparus quinze jours plus tôt reçoit un SMS. Son auteur, Jean Bosco Mukanda. Rien d’inhabituel là-dedans : l’enseignant du village-paroisse de Bunkonde, ancien chef de milice et proche de l’armée congolaise, s’est imposé comme la principale source d’information des Nations unies sur le tragique destin de l’Américain Michael Sharp et de la Suédo-Chilienne Zaida Catalan, il « serait un témoin oculaire » de leur meurtre, précise-t-on sobrement dans le rapport transmis ce jour-là par l’équipe de recherche.

    Cette équipe de deux enquêteurs est déployée depuis neuf jours par la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) pour aider le bureau de Kananga, aux ressources limitées, à trouver des pistes censées guider les casques bleus et les policiers onusiens. En cette fin du mois de mars, le binôme a perdu espoir de retrouver les experts en vie et soupçonne déjà son meilleur informateur d’avoir été plus qu’un témoin passif de l’assassinat. Jusqu’ici, Jean Bosco Mukanda ne leur a jamais révélé le lieu où Michael Sharp et Zaida Catalan étaient enterrés. Mais ce jour-là, le message qui arrive sur leur téléphone leur offre une nouvelle piste :  l’arrestation d’un « garçon milicien », Marcel Tshibue Bibomba, qui pourrait, selon Jean Bosco Mukanda, les conduire jusqu’aux corps de leurs deux collègues.

    Treize minutes après le SMS de M. Mukanda, l’équipe reçoit un appel du capitaine « Jobe Bayiranga (en phonétique), commandant en second du 53ème bataillon FARDC basé à Bunkonde [qui] dépend de la 5ème Brigade ». Le capitaine Jove Balianga, de son vrai nom, est avec l’empressé Jean Bosco Mukanda. L’officier congolais lui passe son téléphone. M. Mukanda raconte alors aux enquêteurs onusiens avoir enfin obtenu des précisions sur le lieu où les experts sont enterrés. Cet appel est consigné dans les « Congo Files » auxquels RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT ont eu accès. Ces milliers de pages de documents confidentiels de l’ONU révèlent les démarches entreprises et les entraves subies dans les enquêtes de l’ONU entourant la mort de l’Américain Michael Sharp et de la Suédo-Chilienne Zaida Catalan.

    EXCLUSIVE: After two U.N. experts were murdered in Congo last year, a U.N. panel concluded they had stumbled into a random ambush. But evidence now suggests they may have walked into a government trap. https://t.co/J1e8KRQYsZ

      Foreign Policy (@ForeignPolicy) 29 novembre 2018

    Retarder la découverte de la scène du crime ?

    Les enquêteurs dépêchés par la Monusco mettront plus de quinze jours à retrouver les corps de leurs deux collègues, faute d’une carte à jour, noyés sous un flot incessant d’informations contradictoires. Pourtant l’ONU a très vite su que les deux enquêteurs du Conseil de sécurité avaient disparu en ce 12 mars 2017 sur la route de Bunkonde.

    Quelques heures après le premier message d’alerte, le lundi 13 à 8h56, le chef du bureau de l’ONU à Kananga envoie un « flash report » donnant pour mort Michael Sharp et Zaida Catalan : « Ils auraient été tués par des présumés miliciens dans la région de Bunkonde, territoire de Dibaya ». Il mentionne même Moyo Musuila, la petite localité près de laquelle les corps seront finalement retrouvés.

    Si le 13 mars au matin, à Kananga, le sort des experts semble certain, dans les jours qui suivent, plusieurs sources démentent à l’ONU la mort de Michael Sharp et Zaida Catalan. Parmi elles, il y a un certain Pascal Mutombo, qui se présente comme le frère d’un prêtre de Bunkonde. C’est grâce à lui que la Monusco mettra la main sur « Patrick Alpha » et la vidéo du meurtre de Michael Sharp et Zaida Catalan.

    Parmi ces sources également, les capitaines Balianga et Mbwara, les deux officiers basés à Bunkonde qui sont en contact quasi quotidien avec Jean Bosco Mukanda et ne font pas mystère de leur collaboration avec lui. Le capitaine Jove Balianga est même l’une des premières personnes que l’ancien chef de milice, aujourd’hui inculpé pour dans ce dossier, a prévenu dans les minutes qui ont suivi la mort des deux enquêteurs du Conseil de sécurité de l’ONU.

    Le 16 mars 2017, la Monusco est bien décidée à dépêcher, en plus de casques bleus uruguayens trop peu nombreux pour mener les opérations de recherche, un détachement de forces spéciales tanzaniennes, spécialement venues de l’est. Mais les deux officiers congolais en poste à Bunkonde mettent l’ONU en garde : les deux experts « ont été kidnappés, mais ils sont toujours en vie ». Les deux comparses proposent même de mener une mission de reconnaissance pour chercher des « preuves de vie ». « Considérant la mention répétée que les deux experts seraient en vie, tout accroissement de la présence de la Monusco au sol, notamment par le biais de patrouilles dans le secteur où ces derniers seraient potentiellement détenus, pourrait présenter un risque pour leur sécurité », conclut le rapport quotidien de l’équipe de recherche daté du 16 mars.

    Vingt-quatre heures plus tard, c’est un complet revirement. Les mêmes officiers confirment que Michael Sharp et Zaida Catalan sont morts, prenant de court leurs interlocuteurs. Ils n’expliquent rien, ils confirment, c’est tout. Et quand le soir même, une patrouille des casques bleus uruguayens arrive enfin dans les environs de Bunkonde, c’est encore sur l’incontournable Jean Bosco Mukanda qu’elle tombe, les villages environnants semblent avoir été désertés.

    Les deux officiers de Bunkonde

    Les informations livrées par Jean Bosco Mukanda s’avèrent exactes. Les deux corps mal enfouis sont finalement retrouvés. La police des Nations unies (UNPOL) décide de son propre chef d’ouvrir une enquête. Rompue aux procédures, elle se met directement en rapport avec l’officier de police de judiciaire de Bunkonde. Cet entretien, les policiers onusiens le racontent dans leur rapport du 7 avril 2017 : « Ce dernier nous a confirmé (après avoir reçu un coup de fil du capitaine Mbwara) qu’il a auditionné deux éléments [des milices Kamuina Nsapu] qui ont été arrêtés par le dénommé Jean Bosco Mukanda, enseignant à l’école catholique de Bunkonde, en collaboration avec le capitaine Mbwara ». Dans cette note confidentielle, les policiers onusiens expliquent que l’un des deux, le seul qui semblait véritablement lié au dossier, s’est évadé le 2 avril avant que la Monusco n’ait l’autorisation de procéder à son transfert.

    Plus étrange encore, selon l’UNPOL, le président de la société civile locale avait été « invité par le capitaine Jove Balianga » à écouter les confessions du dénommé Marcel Tshibue Bibomba. L’entrevue a eu lieu au quartier général des FARDC à Bunkonde. Devant les militaires, des policiers et Jean Bosco Mukanda, le détenu débite une histoire qui accrédite la version des autorités congolaises, à savoir que des miliciens sont responsables de cet assassinat.

    L’information restera de deuxième main. Le « garçon milicien » ne sera jamais retrouvé. Dans un rapport daté de la mi-mai, après plusieurs entretiens croisés, la police des Nations unies s’agace de l’absence d’enquête sérieuse de la justice militaire congolaise sur les conditions de l’évasion de Marcel Tshibue Bibomba. Le capitaine Mbwara « qui a joué un rôle important dans la supposé évasion » et Jean Bosco Mukanda « qui a participé à sa libération » n’ont jamais été auditionnés. L’ONU devra se contenter de l’arrestation de quatre policiers, seuls blâmés pour l’opportune évasion d’un acteur peut-être clef mais sans contradicteur.

    Le capitaine Jove Balianga, chef de poste à Bunkonde, dit faire partie de l’ancienne 5e brigade des FARDC, celle qui était autrefois dirigée par le colonel Kasikila, un officier rendu célèbre pour avoir dénoncé en 2005 l’existence de fosses communes dans l’est du Congo et qui, pour cela, a immédiatement perdu son commandement. Au Kasai, dix ans plus tard, les militaires de la « 5e brigade » ne sont plus considérés comme les héros d’un combat perdu d’avance contre l’impunité.

    Après des années de brassage, cette unité – composée d’un mélange hétéroclite d’anciens de l’armée de Mobutu et de rebelles de l’est qui l’ont renversé – est à son tour soupçonnée d’être responsable de l’apparition des fosses communes dans la zone coutumière du chef insurgé Kamuina Nsapu. Ce sont ces mêmes militaires qui le 12 août 2016 partent à l’assaut de sa maison. Ce chef coutumier, Jean Prince Mpandi, sera tué, son corps mutilé, un crime à l’origine du soulèvement populaire qui dépassera les frontières de son royaume et du Kasaï Central.

    Depuis, les anciens de la 5e brigade sont soupçonnés de plusieurs massacres, notamment à Mwanza Lomba en décembre 2017 et à Tshimbulu en janvier et février 2017. RFI a pu obtenir six vidéos d’exactions qui leur sont attribuées, toutes tournées par des militaires. Quand le 8 mars 2016, quatre jours avant le meurtre des experts, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le prince jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, réclame une commission d’enquête indépendante, c’est avant tout pour enquêter sur les crimes qui se sont déroulés dans la zone de déploiement de cette unité. Depuis janvier 2017, ces militaires sont soupçonnés d’avoir tiré à coups de lance-roquettes sur de présumés miliciens Kamuina Nsapu, des femmes et des enfants pour la plupart, armés pour la plupart de bâtons, de couteaux et de quelques fusils de chasse traditionnels.

    L’unité de Nkonko Tshiela

    Les policiers onusiens se placent dans les pas des deux experts, ils retracent notamment le trajet qu’ils ont parcouru le jour de l’assassinat. Sur différentes cartes, ils signalent les positions de l’armée par lesquelles Michael Sharp et Zaida Catalan ont nécessairement dû passer. Car le jour du meurtre, les deux experts de l’ONU auraient forcé l’un des barrages de l’armée dans cette même localité de Nkonko Tshiela. Les militaires n’auraient pas engagé de poursuite et n’auraient appris que bien plus tard l’assassinat des enquêteurs du Conseil de sécurité de l’ONU, c’est la version officielle de l’armée congolaise.

    Le capitaine Hamuli Baguma, « chef de la position du 2101 régime d’infanterie basé à Nkonko Tshiela » est interrogé par les enquêteurs onusiens. Presque un mois après le meurtre, il leur dit se souvenir du passage des trois motos le matin du 12 mars 2017, sans être en mesure d’en préciser l’heure, deux « Boxer bajaj et une Yamaha, couleurs rouge et bleue » qui transportaient « deux Blancs et un homme noir ». Le capitaine Hamuli Baguma décrit l’équipage à grands renforts de détails, se souvenant même de leurs « petits sacs à dos » qui ne seront jamais retrouvés. Le chef de poste de Nkonko Tshiela dit se rappeler même de quatre motards qui seraient passés quelques temps après les experts. Mais il dément toute velléité de poursuites. Le capitaine Hamuli assure que lui et ses quinze soldats n’avaient pas de moyens de déplacement. « C’est une position statique », insiste l’officier congolais. Ce dernier jure que jusqu’à Bunkonde, la route est entièrement contrôlé par les miliciens Kamuina Nsapu.

    Cette version est d’autant plus surprenante pour l’UNPOL que trois jours après le meurtre, une mission, composée de policiers onusiens et de membres de la section des droits de l’homme, avait tenté d’emprunter la même route que celle des experts. Les enquêteurs de l’ONU qui cherchaient à confirmer l’existence de fosses communes ont tous, ou presque, rapporté des entraves, actes d’intimidation, menaces ou même mises en joue de la part des militaires déployés à proximité. La mission de Nkonko n’avait pas fait exception. Les policiers onusiens rapportent dans leur note confidentielle du 17 avril 2016 que le convoi de l’ONU a été « bloqué dans ses enquêtes sur les fosses communes par du personnel militaire près de l’école des officiers FARDC » de Nkonko qui serait « le site d’enfouissement des victimes des affrontements à Tshikaji de novembre 2016 ».

    L’UNPOL remet le sujet sur la table dans sa note confidentielle du 3 mai 2017. Les policiers onusiens s’étonnent ouvertement de l’attitude que l’armée congolaise prétend avoir adoptée : « Pourquoi les militaires ont-ils essayé d’arrêter les trois motos le 12 mars (…) ? Mais elles continuent ensuite dans une zone Kamuina Nsapu, les experts sont tués et rien n’est fait ? »  Entre mars et septembre 2017, les équipes d’enquête de la Monusco qui se sont succédé notent plusieurs faits troublants dans les agissements d’un groupe d’officiers autour de la date fatidique du 12 mars.

    Avant même que l’ONU n’ait eu la certitude que ces experts avaient été tués, un haut gradé de l’armée congolaise avait partagé mi-mars ses doutes, il avait « suggéré de regarder du côté des FARDC et de l’ANR comme de possibles causes de la disparition de nos collègues ». Mais ce jour-là, les enquêteurs des Nations unies prennent leur distance avec les informations fournies. Ils précisent que « tout n’est peut-être pas juste, qu’il s’agit d’une seule source ». « Sans avoir présenté des preuves de ce qu’il avançait », cette gorge profonde signale des mouvements suspects parmi certains responsables des forces et services de sécurité, le week-end du meurtre, comme la disparition du « Colonel Safari et de ses escortes » alors en poste à Kananga.

    Pour étayer son propos, cette source haut placée va rappeler quelques faits à ses interlocuteurs onusiens : l’unité sous commandement du colonel Safari n’est pas inconnue du système onusien. Ce sont les hommes du 812e régiment des FARDC, accusé de complicité avec la rébellion du M23. En février 2013, dans l’est du Congo, ces mêmes militaires avaient orchestré le massacre de plusieurs centaines de civils à Kitchanga.

    L’ONU avait appuyé les enquêtes de la justice militaire congolaise, mais les principaux responsables de la tuerie n’ont jamais été arrêtés. Ils avaient juste été déplacés loin de la frontière dans les Kasaï pour éviter toute trahison au profit des rebelles et de leur parrain rwandais. A l’époque, le groupe d’experts de l’ONU avait été le seul à nommer publiquement les officiers impliqués, sans parvenir à obtenir des sanctions à leur encontre. Ce sont ces mêmes officiers et leurs frères d’armes du 812e qui étaient déployés sur la route entre Kananga et le lieu où Michael Sharp et Zaida Catalan seront finalement tués.


    Un black-out le jour du meurtre

    Le dimanche 12 mars 2017, entre 12h06 et 16h49, Michael Sharp, Zaida Catalan et leurs trois accompagnateurs congolais connus ne passent aucun appel, ils sont tués peu après. Pour la justice militaire congolaise, ces cinq heures incommunicado représentent le temps que les experts ont passé entre les mains de miliciens insurgés Kamuina Nsapu qui les auraient dépouillés, privés de leurs moyens de communications. Pourtant, l’experte suédoise lance un appel à l’aide à 16h49, elle a bel et bien toujours l’un de ses portables en main.

    Les experts de l’ONU ne sont pas les seuls à disparaître des réseaux de communication. Fait inhabituel révélé par les « Congo Files », plusieurs officiers FARDC ne communiquent plus sur leurs numéros officiels, certains pour quelques heures, d’autres pour quelques jours. Quarante-huit heures avant l’assassinat, le colonel Safari, dont l’absence de Kananga avait été signalée par la gorge profonde de l’ONU, a éteint son portable, il ne le rallume qu’une semaine plus tard dans une autre province.

    Si le capitaine Hamuli Baguma, chef de la position FARDC de Nkonko n’est pas en mesure de préciser l’heure à laquelle Michael Sharp et Zaida Catalan ont forcé son barrage, il cesse toute communication après un dernier SMS à 11h53. Son collègue, le capitaine Mbwara de la position voisine de Bunkonde disparaît des « fadettes » toute la matinée, il n’échange qu’à l’heure où les experts sont kidnappés et est à nouveau injoignable à partir de 13h41. Les deux officiers retrouvent une activité téléphonique quelques minutes après le meurtre, respectivement à 17h10 et 17h19. C’est également le cas pour Jean Bosco Mukanda. L’ancien chef de milice, reconverti en informateur de l’armée, plutôt volubile, disparaît pendant plusieurs heures des réseaux en ce dimanche 12 mars 2017. Il ne rallume ses différents portables que pour diffuser largement la macabre nouvelle de l’assassinat de deux Blancs par les sanguinaires milices Kamuina Nsapu.

    Dans les « fadettes » obtenues par l’ONU, il y a d’autres détails plus troublants encore. Le lendemain du meurtre, le 13 mars, la carte SIM du présumé interprète des experts, Betu Tshintela, est réactivée, insérée dans un nouveau portable. Son numéro échange avec un certain Cris Tambwe. A ce moment-là, les policiers onusiens ont un lièvre bien plus gros à lever et ne réalisent pas immédiatement qu’il s’agit d’un colonel de l’armée. Grâce à l’analyse des « fadettes », un autre haut-gradé est entré dans leur collimateur. Jean de Dieu Mambweni est identifié comme « l’intermédiaire entre les experts et leur interprète » qui, apprend-on quelques jours plus tard, est « un ancien agent de renseignements ».

    Le colonel Mambweni est en contact avec l’incontournable Jean Bosco Mukanda, ils se parlent le jour de l’arrivée des experts à Kananga, ils auront des contacts plus régulièrement encore après leur mort. Dans sa note confidentielle du 3 juin 2017, l’UNPOL raconte une anecdote insolite sur la relation qu’entretiennent l’officier et l’ancien milicien : « Le magistrat militaire a décidé de relâcher Jean Bosco Mukanda, il dit avoir appelé le colonel Mambweni de la 21e région militaire pour qu’il envoie une Jeep pour aider Jean Bosco à retourner à Bunkonde ». Le magistrat instructeur justifie sa décision par l’insécurité qui prévaut sur la route. La veille, il avait assuré aux mêmes enquêteurs de l’ONU qu’il avait « reçu des instructions de sa hiérarchie pour arrêter Jean Bosco sans qu’aucune charge ne soit retenue ». En avril 2017, Jean Bosco Mukanda avait déjà été arrêté et libéré. La Monusco n’avait pas reçu plus d’explications la première fois.

    Devant le tribunal militaire de Kananga, le 18 octobre 2018, le colonel Mambweni a assuré ne rien savoir du projet des experts de se rendre dans la région de Bunkonde. En décembre 2017, lors d’un entretien exclusif accordé à RFI et l’agence de presse Reuters, le même colonel avait pourtant expliqué par le menu qu’il avait mis les experts en relation avec un policier qui avait parlé de « caches d’armes » dans la région de Bunkonde. Ils étaient « obsédés » par l’idée de se rendre dans cette zone, avait même confié ce colonel, avant d’assurer ne rien savoir des évènements de mars 2017.

    A la barre, Jean de Dieu Mambweni a également juré être sur la route de Tshikapa, sans réseau et sans batterie, le jour du meurtre. A en croire ses « fadettes », ce colonel était pourtant bel et bien à Kananga en ce dimanche 12 mars 2017, plutôt bavard sur ses deux numéros connus. Au moment où le vice-Premier ministre en charge de l’intérieur atterrit à Kananga et que tous les cadres civils et militaires sont réunis à l’aéroport pour l’accueillir, l’un des téléphones du colonel Mambweni accroche le signal de l’antenne-relais de Nkonko 1. Il est 17h25 précisément. Une demi-heure plus tôt, à 16h49, c’est l’antenne-relais voisine, Nkonko 2, que Zaida Catalan tente d’alerter sa soeur Elisabeth Morseby. En vain, quelques minutes plus tard, l’experte suédoise et son collègue américain sont assassinés.

    Toute la série sur les révélations des « Congo Files »

    ►Retrouvez le cinquième et dernier volet de cette enquête le 1er décembre 2018 à 17h TU sur RFI.fr

    DROIT DE REPONSE

    Cette enquête a nécessité presque deux ans d’investigations pour tenter de comprendre les conditions dans lesquelles les deux experts onusiens, Michael Sharp et Zaida Catalan ont été assassinés.

    Le procès ouvert le 5 juin 2017 à Kananga est toujours en cours. Il a été suspendu 10 mois sur demande du secrétariat général de l’ONU. Le procureur canadien Robert Petit a été nommé pour soutenir l’enquête judiciaire congolaise.

    • Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, appelle les Nations unies à transmettre toutes leurs informations, y compris relatives à des agents de l’Etat, à la justice militaire congolaise. “C’est parce que nous savons que des membres du personnel de l’Etat sont capables de poser des actes attentatoires aux lois que nous avons institué la justice militaire”, ajoute-t-il. Il dément en revanche toute responsabilité de l’Etat congolais : “La responsabilité pénale est individuelle”
    • L’auditeur général de l’armée, Timothée Mukuntu, dit ne pas avoir eu connaissance du dossier d’enquête de la police des Nations Unies. Il dément toute entrave de la justice militaire, mais reconnaît “une certaine lenteur mais pas de volonté d’entraver quoi que ce soit”.
    • L’un des porte-paroles du secrétaire général de l’ONU assure qu’Antonio Guterres a fait “tout ce qui était en son pouvoir” pour que justice soit rendue. Selon Stéphane Dujarric, “l’ONU ne peut qu’offrir son assistance ou, en cas de réticence d’un Etat membre, user de tous les outils diplomatiques et politiques pour persuader les autorités de faire le bon choix”.
    • L’ancien numéro 1 du comité d’enquête de l’ONU, Gregory Starr, assure “n’avoir voulu protéger personne”, il rappelle que ce comité n’était qu’une enquête administrative et pas une enquête criminelle.
    • Le présumé interprète des experts et ancien agent de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), Betu Tshintela, est donné pour mort par les autorités congolaises. La Monusco dit toujours rechercher son corps.
    • Le principal témoin, l’ancien chef de milice et enseignant, Jean Bosco Mukanda, a finalement été inculpé en septembre 2018, un an après les premières révélations de RFI.
    • Les deux inspecteurs de la Direction générale des Migrations et anciens collaborateurs de l’Agence Nationale des Renseignements, José Tshibuabua et Thomas Nkashama, ont été arrêtés depuis novembre 2017. Ils ne sont inculpés jusqu’à présent que pour le meurtre des quatre accompagnateurs congolais de Michael Sharp et Zaida Catalan. Ils ont comparu pour la première fois quelques jours avant la publication de cette enquête.
    • Le colonel Jean de Dieu Mambweni était indisponible pour répondre aux questions de RFI, mais lors d’une précédent entretien le 1er décembre 2017, il avait assuré n’avoir eu aucun contact avec les experts de l’ONU lors de leur dernier séjour à Kananga. Le colonel Mambweni avait également juré ne rien savoir du meurtre.
    • Le colonel François Muhire, les capitaines Balianga, Mbwara, Hamuli sont restés indisponibles pour répondre aux questions de RFI.
    • Sollicité par RFI, le colonel Isaac Safari a expliqué qu’il avait reçu le 9 mars 2017 l’ordre de se rendre à Lusambo dans la province du Sankuru. Il assure ne jamais avoir rencontré Michael Sharp et Zaida Catalan. Ce colonel dit avoir dû marcher à pied “dans une épaisse forêt” pendant six jours pour se rendre dans sa zone de déploiement, ce qui explique, selon lui, qu’il ait été injoignable.

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  • Présidentielle en RDC: la sécurisation des candidats en question

    Présidentielle en RDC: la sécurisation des candidats en question


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 12:14

    La polémique enfle autour de la sécurisation des candidats à la présidence de la République en RDC. Sur les 21 candidats validés, seul un nombre réduit bénéficie de la protection recommandée par la loi. Certains candidats parlent d’un traitement inéquitable et menacent de solliciter une protection auprès de la Mission de l’ONU, la Monusco.

    Avenue des forces armées à Kinshasa, une bâtisse imposante surplombée de plusieurs drapeaux et d’un portrait géant abrite le quartier général d’un candidat à la présidence de la République. Depuis quelques jours, un groupe de policiers est positionné devant la parcelle. Selon la loi congolaise, chaque candidat à la présidentielle a droit à 25 policiers pour sa protection. Pour cette élection, ils sont 21 candidats. Mais, seulement cinq parmi eux bénéficient de cette protection.

    « Il y a des difficultés pour organiser la protection de certains candidats qui logent dans les hôtels dont les propriétaires sont allergiques à la présence des forces de l’ordre », expliquent les responsables de l’Unité de protection des hautes personnalités. Ces responsables révèlent également que certains candidats n’ont pas rempli les formalités requises ou tout simplement leurs adresses ne sont pas connues.

    « Faux », rétorque Théodore Ngoyi. Ce candidat déclare avoir reçu chez lui, deux hauts gradés de la police pour parler de sa protection. Une visite qui, selon lui, est restée sans suite. D’où sa décision de s’adresser à la Monusco pour assurer sa sécurité, et attirer l’attention de la communauté internationale sur ce qu’il appelle le caractère inéquitable du processus électoral.

    Selon le porte-parole de la police, le colonel Mwanaputu joint au téléphone, le candidat Théodore Ngoyi a exprimé des exigences exagérées. Pour cet officier, en dehors des hommes, des équipements et de la ration de ménage, la police n’a pas d’autres moyens à mettre à la disposition des candidats.

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  • RDC: le candidat de Lamuka Martin Fayulu dénonce des «entraves» à sa campagne

    RDC: le candidat de Lamuka Martin Fayulu dénonce des «entraves» à sa campagne


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 05:53

    L’équipe de Martin Fayulu, candidat de la coalition Lamuka à la présidentielle, dénonce des entraves à sa campagne électorale. Au cours d’une conférence de presse ce jeudi, Pierre Lumbi, son directeur de campagne, a accusé le gouvernement congolais de « retarder délibérément » les autorisations de survol et d’atterrissage des avions que l’opposant souhaite faire venir d’Afrique du Sud pour battre campagne. Le ministre des Transports s’en défend.

    C’est lundi que l’équipe de campagne de Martin Fayulu dit avoir déposé sa demande à l’aviation civile. Sans suite favorable pour le moment. Et pourtant le temps presse : le candidat prévoit de lancer sa campagne ce dimanche à Béni dans l’est du pays. Son directeur de campagne Pierre Lumbi dénonce « des manœuvres dilatoires » de la part du gouvernement : « Il s’agit là d’une stratégie savamment montée pour entraver la campagne du candidat commun de l’opposition. Cette attitude du gouvernement est inadmissible aux lois de la République [et] aux exigences les plus élémentaires d’une élection démocratique. La coalition Lamuka ne se laissera pas faire », a-t-il dit.

    Ce qui « indigne » Pierre Lumbi, c’est une déclaration ce jeudi de José Makila, le ministre des Transports. Ce dernier dément toute ingérence politique, mais assimile la requête de Martin Fayulu à une demande d’importation d’avions en vue d’exploitation et non une simple demande d’atterrissage et de survol. Par conséquent selon lui, des techniciens de l’aviation civile doivent se rendre en Afrique du Sud pour inspecter les avions avant toute autorisation. « Cette demande ne m’a pas été adressée, mais je vous parle sur la procédure : si vous voulez importer un avion qui vient ici pour un petit moment ou travaille sur le sol congolais, il doit subir cette procédure », explique-t-il.

    Il ne s’agit pas d’une importation mais d’une utilisation privée le temps de la campagne, répond Pierre Lumbi, pour qui les propos du ministre « cachent mal […] une instruction politique » donnée à l’aviation civile pour faire traîner les démarches en longueur.

    Le ministre dit n’avoir « aucune idée » du temps qu’il faudra pour répondre à la requête de Martin Fayulu, qui prévoit toujours de lancer sa campagne ce dimanche 2 décembre dans l’est de la RDC, précisément à Béni Butembo puis Bunia. Explication de son directeur de campagne : l’action prioritaire de Martin Fayulu en cas d’élection sera le rétablissement de la sécurité et de la paix, et Béni est emblématique à cet égard. Le candidat de la coalition Lamuka annonce qu’il présentera son programme complet ce vendredi.

    Marie-Josée Ifoku veut se faire entendre

    Un autre opposant a des griefs à opposer aux autorités. Il s’agit en fait d’une opposante : Marie-Josée Ifoku, la seule femme engagée dans la course. Elle se plaint d’un manque d’équité dans le traitement des 21 candidats et appelle la Céni et le président Joseph Kabila à corriger le tir. « Aujourd’hui, vous avez l’occasion de redorer votre blason en étant d’une impartialité sans faille, s’est-elle exprimée jeudi au cours d’une communication devant les médias à Kinshasa. Je vous demande ici, formellement de mettre fin à ce que nous voyons : le candidat de la majorité jouit hélas de faveurs dont nul autre n’a droit. »

    Et d’ajouter : « Je voudrais ici m’adresser solennellement au président de la République, excellence M. Joseph Kabila. M. le président, vous avez conduit à un scrutin que nous voulons tous démocratique. Ces élections nous donnent l’opportunité de porter haut notre pays dans le concert des nations. En serrant la main de votre successeur, en toute sérennité et sécurité, lors de la prochaine cérémonie de passation de pouvoir, vous entrerez dans l’histoire par la grande porte et le monde entier, ainsi que les générations futures reconnaîtront votre passion du Congo. L’histoire que vous écrivez en lettres d’or brisera ce cycle maudit des passations de pouvoir dans le sang et une nouvelle ère s’ouvrira pour le Congo. »

    Au cours de cette rencontre avec les médias, Marie-Josée Ifoku s’est adressée également aux autres candidats d’opposition pour opter pour une candidature unique s’ils tiennent vraiment gagner la présidentielle. Et ce candidat unique souhaité, c’est bien sûr elle-même, parce que seule femme du groupe.


    Une campagne bien terne à Kinshasa

    La campagne électorale a officiellement débuté en RDC depuis le 22 novembre. Peu d’engouement est remarqué à Kinshasa, la capitale. Emanuel Ramazani Shadary, candidat de la coalition au pouvoir, se trouve dans les provinces de l’ex-Katanga, d’autres candidats ne se sont pas encore jetés dans l’arène surtout dans la capitale. Une semaine après le lancement de la campagne électorale pour les élections du 23 décembre, les candidats à la présidentielle tardent à se manifester. Si les photos, les calicots et autres panneaux de Shadary trônent un peu partout dans la ville, ce n’est pas le cas pour d’autres candidats. Paroles de Kinois.

    Il n’y a pas d’engouement dans la ville; c’est calme, que ce soit du côté de l’opposition ou de la majorité présidentielle

    Les candidats à la présidentielle tardent à se manifester ; les gens s’interrogent

    30-11-2018
    – Par
    Patient Ligodi

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  • RDC: le patron de la Gécamines rejette les critiques de mauvaise gestion

    RDC: le patron de la Gécamines rejette les critiques de mauvaise gestion


    Par
    RFI

    Publié le 29-11-2018
    Modifié le 29-11-2018 à 12:31

    En RDC, le président du conseil d’administration de la Gécamines, l’entreprise minière publique, s’en est pris mercredi 28 novembre 2018 à tous ceux qui critiquent sa gestion : les médias, les ONG. Il les menace de poursuites judiciaires, notamment après les accusations de la fondation Carter qui, elle, assure qu’entre 2011 et 2014, 750 millions de dollars ont disparu de la comptabilité de l’entreprise.

    Le président du conseil d’administration de la Gécamines menace de poursuites judiciaires les ONG et les médias qui parlent de la mauvaise gestion de cette entreprise d’exploitation minière. Au cours d’une conférence de presse aux allures d’un méga show, mercredi, Albert Yuma a cherché à démonter les arguments des ONG, qui évoquent l’opacité de la gestion de la Gécamines et des 750 millions de dollars dont, selon les ONG, il n’y aurait aucune trace.

    « Nous avons retracé au dollar près les fameux 750 millions de dollars manquants. Vous avez vu dans la presse, c’est de l’argent volé, argent disparu, argent dilapidé. Désormais, mesdames et messieurs, tous ceux qui reprendront les accusations du rapport de ces ONG, même en y accolant un conditionnel, se rendront coupables de diffamation. Ceux qui s’y livreront malgré tout signeront ainsi leur volonté de nous attaquer au nom d’un colonialisme moderne, teinté d’un paternalisme malsain. Au-delà du mal qu’il fait à notre entreprise, nous regrettons, je regrette, surtout les attaques contre notre pays, un grand pays d’Afrique, car elles contribuent à conforter l’image négative dont il est injustement la victime et à rendre sa marche vers le développement encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà », a déclaré Albert Yuma.

    Réagissant à ces propos, Jean-Pierre Muteba se dit révolté. Pour le vice-président national de la société civile Forces vives et leader de la Nouvelle dynamique syndicale, les propos d’Albert Yuma confirment les allégations des ONG qui l’ont accusé de mauvaise gestion.

    « Je suis aussi révolté. Parce que la gestion de la Gécamines est tombée trop bas. Je reprends ce que le chef de l’Etat avait dit, il n’a pas trouvé 15 personnes, des bonnes personnes, pour gérer avec lui le pays. On se rend compte que la Gécamines, malheureusement, a été confiée entre les mains de mauvaises personnes. Parce qu’aujourd’hui, on a vu tous les chiffres qu’ils ont étalés. Ils ne sont pas capables de produire plus de 7 000 tonnes l’an, alors que quand ils sont arrivés à la Gécamines, la Gécamines produisait 30 000 tonnes. Et eux, avec tous les chiffres qu’ils ont étalés, ils ne sont capables que de produire 7 000 tonnes l’an. Donc nous avons un problème, un problème réel. Donc, en fait, je crois, l’incompétence à ce niveau-là, ce n’est pas de faire de grands discours, ce n’est pas de faire de bonnes conférences de presse. C’est plutôt de produire des tonnes de cuivre et des tonnes de cobalt », estime Jean-Pierre Muteba.

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