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  • RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle

    RDC: le GEC dénonce la politisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle


    Par
    RFI

    Publié le 03-11-2018
    Modifié le 03-11-2018 à 04:59

    A quelques semaines de la présidentielle, le Groupe d’étude sur le Congo vient de sortir le premier volet d’un rapport intitulé « RDC : les élections de tous les dangers ». Il y décortique deux institutions clés, la Céni et la Cour constitutionnelle, dont la politisation pourrait plonger le pays dans un nouveau cycle de violence.

    La Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la Cour constitutionnelle sont régulièrement accusées de faire le jeu de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo. Le premier volet du rapport « RDC : les élections de tous les dangers », publié le 1er novembre, revient sur l’histoire de ces deux institutions clés dans le processus électoral et sur ce qui a permis leur politisation.

    Le Groupe d’étude sur le Congo, qui dépend de l’Université de New York, se penche d’abord sur la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Son indépendance est consacrée par la loi, mais ça, « c’est la théorie », souligne le rapport très fouillé de 23 pages. Son bureau est composé à l’origine de six membres, trois issus de la majorité présidentielle, deux de l’opposition et un président provenant de la société civile. Mais les cartes ont été rebattues au fil du temps : aujourd’hui, cinq de ses membres sont perçus comme acquis à la majorité présidentielle.

    Et pour preuve de cette méfiance, un sondage publié par le GEC il y a quelques semaines indiquait que seuls un quart des Congolais estiment que la Céni organisera « des élections justes et équitables ».

    « Inféodée au pouvoir »

    Même rejet de la Cour constitutionnelle. Selon le même sondage, environ trois quarts des Congolais n’ont pas une bonne opinion de l’organe chargé de vider le contentieux électoral. Cette cour est constituée de neuf membres, dont trois nommés directement par le chef de l’Etat, trois autres par le Conseil supérieur de la magistrature et les trois derniers par le Parlement réuni en congrès. Un équilibre qui devrait être un gage d’indépendance. Mais toutes ces institutions étant dominées par Kabila et sa majorité, elle apparaît désormais « inféodée » au pouvoir.

    Enfin, ce rapport passe en revue plusieurs décisions importantes de ces deux institutions qui ont sapé la confiance de l’opposition et de la société civile et qui inquiètent la communauté internationale. Elles vont du « passage en force sur la machine à voter » jusqu’à l’arrêt qui consacre le second glissement du calendrier, en passant par l’invalidation des candidats de l’opposition ou encore le refus d’un droit de regard international sur le processus.

    Les observateurs, garde-fous

    Pour le GEC, il est aujourd’hui trop tard d’ici aux élections pour rétablir l’indépendance de ces institutions. Il est donc impératif de déployer des témoins et observateurs, nationaux comme étrangers, qui pourraient servir de garde-fous.

    Il faut que les gardes-fous, les contrepoids dans ce processus, viennent d’ailleurs que de ces institutions.

    Jason Stearns, directeur du GEC

    03-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    Comme il le résume également dans ce tweet :

    Short term solution: need other safeguards for these elections––observation missions, deployment of political party witnesses, critical journalism. Long term solution: much harder, need to reform how Constitutional Court and Elex Commission are named. https://t.co/i8S1xnARTf pic.twitter.com/3SQSiOI46o

      Jason Stearns (@jasonkstearns) 1 novembre 2018

    Kinshasa rejette ces accusations

    De son côté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé rejette ces accusations. Il accuse le GEC et en particulier son directeur Jason Stearns de chercher à décrédibiliser les institutions congolaises depuis qu’il a été expulsé par Kinshasa en avril 2016.

    Nous savons tous très bien que M. Jason Stearns, depuis qu’on l’a déclaré indésirable en République démocratique du Congo, passe son temps à pondre des rapports contre la crédibilité des institutions qui sont en place. Donc c’est quelqu’un qui est en train de régler un problème personnel et non pas qui fait un travail professionnel.

    Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement congolais

    03-11-2018
    – Par
    Florence Morice

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  • Crimes et atteintes envers les journalistes: l’Afrique aussi en pâtit

    Crimes et atteintes envers les journalistes: l’Afrique aussi en pâtit


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 14:32

    En décembre 2013, lors de sa 68e session, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 2 novembre Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Une date choisie en mémoire de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, au Mali, le 2 novembre 2013. Partout dans le monde, des journalistes sont tués pour l’exercice de leur métier, celui d’informer les populations. Le continent africain ne fait pas exception.

    Au cours des 12 dernières années, plus de 1 000 journalistes ont été tués pour avoir voulu couvrir des évènements et informer le public. Dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis. Si les envoyés spéciaux sont parfois tués sur des terrains de guerre, ce sont les journalistes locaux enquêtant sur la corruption, la criminalité et la politique qui constituent, de loin, le plus grand nombre de victimes.

    Selon Reporters sans frontières, la Syrie est le pays le plus meurtrier au monde pour les reporters, suivie du Mexique, le pays en paix le plus dangereux. Mais en Afrique aussi, l’exercice de la profession peut être périlleux, et les crimes commis contre des journalistes restent souvent impunis.

    « La RDC reste le pays d’Afrique sub-saharienne où sont enregistrées le plus grand nombre d’atteintes à la liberté de la presse », selon l’organisation Journalistes en danger (JED) qui publie son rapport annuel.

    De la menace à la mort, la triste réalité du journalisme en RDC

    Ces 15 dernières années, 12 professionnels des médias ont été assassinés dans le pays, le dernier en 2015, sans que les véritables auteurs de ces crimes ne soient inquiétés. Une « culture de l’impunité » qui, selon Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’organisation, « tue la liberté de la presse ».

    En 2018 encore, l’organisation a recensé 121 cas de journalistes interpellés, arrêtés, menacés ou encore victimes de censure. Le même chiffre qu’en 2017, selon ce rapport baptisé « Les élections de tous les dangers pour les journalistes ». Quelque 54 journalistes ont été, à un moment donné, privés de libertés en RDC en 2018. Un chiffre quasiment stable comparé à l’an passé mais avec une évolution notable : les cas de détention de plus de 48 heures ont doublé, 15 contre sept recensés l’an passé. Parmi eux, un seul journaliste, Tharcisse Zengia, du journal satirique Le Grognon, est actuellement détenu dans une affaire de diffamation.

    Viennent ensuite les pressions ou censures : 37 cas recensés ; puis les menaces et les agressions : 30 cas cette année. En première ligne, selon JED, on trouve les journalistes couvrant les manifestations de la société civile et de l’opposition, régulièrement interpellés, privés de leur matériel ou « passés à tabac » selon ce rapport qui revient également sur le cas de trois journalistes de la télévision publique « révoqués » selon JED pour avoir « tenté de diffuser » un reportage sur une marche hostile au pouvoir. L’organisation déplore également la tendance des autorités à couper l’Internet et les services de messagerie lors de ces manifestations.

    La « crise » en RDC génère de la pression sur les médias

    Les journalistes d’investigation ne sont pas épargnés. Un exemple : celui de ces deux documentaristes contraints, toujours selon JED, « de vivre en clandestinité après la diffusion de témoignages de personnes expropriées d’un terrain revendiqué par le chef de l’Etat ».

    Cette année encore, selon JED les services de sécurité, police, armée et agence nationale de renseignements sont responsables de 44% des cas de violations recensés.

    Pour JED, la « crise » dans laquelle se trouve plongée la RDC depuis 2016, suite aux différents reports de l’élection présidentielle désormais prévue en décembre, accentue la pression sur les journalistes.

    L’organisation déplore enfin que deux projets de loi, l’un sur l’accès à l’information et l’autre sur la liberté de la presse, soient bloqués à l’Assemblée nationale depuis 2015 et que « par manque de volonté politique », la RDC s’appuie toujours sur une législation « répressive » adoptée en 1996 du temps de Mobutu. Une loi qui « fait référence au Code pénal » et « prévoit des peines de prison et de fortes amendes pour l’injure et la diffamation », au point selon JED « d’anéantir par exemple toute possibilité pour les journalistes de dénoncer des tentatives de fraudes ».

    Ailleurs sur le continent

    Au Burundi. Le président de l’Observatoire de la presse au Burundi qui vit en exil (au Rwanda) dénonce l’impunité dont jouissent les responsables des crimes commis contre les journalistes depuis 2015 et la crise que traverse ce pays. Il parle notamment du cas de deux journalistes tués dont l’un exécuté ouvertement avec toute sa famille par des policiers d’une unité d’élite chargée de la protection des institutions. Innoncent Muhozi accuse le pouvoir d’être responsables de ces crimes, malgré les dénégations répétées de ce dernier.

    Beaucoup de journalistes ont été tabassés à diverses occasions, des médias ont été détruits, brûlés, et sont toujours occupés par la police […] Ces agressions viennent clairement de l’Etat qui ne s’en cache pas. Le système judiciaire sous contrôle ne fait que cautionner les actes du gouvernement

    Innoncent Muhozi

    02-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    Au Rwanda. Pour l’organisation de protection des journalistes Reporters sans frontière qui classe le président Paul Kagame parmi les prédateurs de la presse, le Rwanda est l’un des Etats les plus répressifs du monde où il a recensé de nombreux assassinats de journalistes depuis 1996, qui sont restés impunis.

    Dans la plupart des cas, on fait face à de l’impunité, ce qui équivaut à une sorte de permis de tuer. C’est ça qui fait pesée une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête des journalistes rwandais

    Arnaud Frogel

    02-11-2018
    – Par
    Esdras Ndikumana

    En Côte d’Ivoire, des journalistes doivent participer ce vendredi à une marche pour attirer l’attention sur l’assassinat de journalistes locaux et étrangers au cours des dernières années. De Guy-André Kieffer à Jean Hélène, ce pays n’a pas été épargné par les crimes envers les reporters.

    Un crime nous traumatise : celui de Guy-André Kieffer. Rien, rien n’a permis d’élucider ce crime

    Moussa Touré

    02-11-2018
    – Par
    Michel Arseneault

    En Algérie, une centaine de journalistes mais aussi employé de médias, chauffeurs, correcteurs,  ont été tués pendant la décennie noire.
    Parmi eux, Saïd Mekbel, directeur du jounal Le Matin, assassiné en décembre 1994. Lassé de commémorer uniquement sa mort, son fils a décidé de commémorer – chaque 22 mars, car ce jour-là, deux années de suite en 1993 et 1994 -, les Algériens ont marché contre le terrorisme, toutes les mémoires, celles des journalistes, mais aussi de toutes les victimes anonymes du terrorisme des années 1990 en Algérie. Pour ne pas oublier, et pour ne laisser ni l’Etat ni les islamistes réécrire l’histoire de ces années-là, Nazim Mekbel appelle aussi à se souvenir de tous les autres.

    Ne parler que d’une personne ou uniquement de gens connus, en oubliant les 200 000 autres, ce serait un tort.

    Nazim Mekbel, président de l’association Ajouad Algérie Mémoires

    02-11-2018
    – Par
    Marie-Pierre Olphand

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  • RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»

    RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 13:14

    Fridolin Ambongo Besunga a été confirmé archevêque métropolitain de Kinshasa par le pape François, jeudi 1er novembre. Il succède ainsi au cardinal Laurent Monsegwo Laurent Pasinya, dont la démission a été acceptée jeudi par le Saint-Siège. Le cardinal Monsegwo va ainsi pouvoir se consacrer pleinement à son rôle de cardinal. Ce changement intervient à un moment charnière de la vie de la RDC où la voix de l’Eglise est écoutée.

    A bientôt 59 ans, le nouvel archevêque de Kinshasa avait été nommé co-adjuteur en février dernier. Fils d’un travailleur des plantations d’hévéas, il a fait des études de philosophie au séminaire de Bwamanda et de théologie à l’institut Saint Eugène de Mazenod de Kinshasa, avant de s’engager dans l’ordre des Frères mineurs capucins. Il est ordonné prêtre en 1988.

    Ensuite, Ambongo poursuit les études doctorales en théologie morale à l’Académie alphonsienne de Rome. Revenu au pays, il enseigne aux Facultés catholiques de Kinshasa et au grand séminaire Saints Pierre et Paul de Lisala. Il est évêque de Bokungu-Ikela, puis Mbandaka-Bikoro, avant de se retrouver aujourd’hui à la tête de l’église de Kinshasa. Il affirme avoir conscience de la lourdeur de la charge :

    « La situation du pays, avec la période que nous vivons maintenant, un peuple qui évolue doucement vers des élections prévues pour le 23 décembre, cela fait partie du souci pastoral de l’archevêque de Kinshasa. »

    Autant que pour le cardinal Monsengwo, son prédécesseur à la tête de l’Eglise catholique de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo n’a toujours pas été tendre avec le pouvoir politique.

    Les évêques de la RDC ont prévu de se réunir entre le 20 et le 22 novembre. La rencontre sera entièrement consacrée à l’évaluation du processus électoral et devra s’achever le jour du lancement de la campagne électorale.

    → RELIRE : Le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais ?

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  • Expulsion de Congolais de l’Angola: la Cenco tire la sonnette d’alarme

    Expulsion de Congolais de l’Angola: la Cenco tire la sonnette d’alarme


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 14:55

    Les chiffres sont alarmants : le HCR parle de 300 000 personnes, l’Eglise congolaise, reprenant des chiffres de Caritas internationalis, parle de 500 000 Congolais refoulés d’Angola vers le Kasaï dans le sud de la RDC, déjà très fragilisée par la guerre de 2016.

    L’Angola a expulsé presque deux fois plus de Congolais qu’annoncé. Selon un décompte de l’ONG catholique internationale Caritas, plus d’un demi-million de Congolais ont été renvoyés en RDC. Les Nations unies parlaient plutôt jusqu’à maintenant de 330 000 personnes. La Conférence épiscopale nationale du Congo s’inquiète de leur sort.

    Dans un communiqué, la Cenco déplore que la plupart d’entre elles « errent » dans des villages frontaliers où elles dorment parfois dehors. Selon l’Abbé Donatien Nsholé, secrétaire général de la Cenco, les expulsions pourraient même menacer la paix entre la RDC et l’Angola.

    « Il y a les Congolais dans les réseaux sociaux qui commencent à s’en prendre aux Angolais. Il y en a qui commencent à injurier dans les deux sens. On est témoins de ces choses-là. Ça, ce n’est pas de bon augure », craint-il.

    Il est serait donc à craindre que des Angolais vivant en RDC fassent l’objet de représailles. « Nous ne souhaitons pas qu’on y arrive, reprend le religieux. C’est pour cela que nous exhortons le gouvernement à parler pour ne pas inciter à cela et un dialogue en amont peut faciliter les choses. Nous demandons à nos fidèles catholiques, aux hommes de bonne volonté et à la communauté internationale d’être très attentifs à cette situation. Ce n’est pas normal de laisser une telle masse de gens vivre dans ces conditions. »

    Violences et rareté des ressources

    Dans un communiqué, l’ONG internationale Oxfam a dénoncé mercredi 31 octobre la répression violente subie par ces refoulés congolais, dont une bonne partie vivait régulièrement en Angola. Cette organisation appelle aujourd’hui la communauté internationale à porter son attention vers le Kasaï et les centaines de Congolais refoulés de l’Angola.

    Schéhérazade Bouabid, chargée de la communication de Oxfam, s’alarme notamment de la malnutrition massive qui s’abat sur des centaines de milliers d’enfants : « C’est une région où les tensions communautaires existent encore. Et on ne peut pas oublier ce qui s’est passé en 2016. Un conflit très violent a conduit au déplacement de plus de 1,4 million de personnes et qui a laissé la population dans un état sévère de malnutrition. Dans la région, dans toutes les villes que nous traversons, le Kasaï, le taux de malnutrition est très, très grave. On a plus de 500 000 enfants dans la région, déjà, qui sont en état de malnutrition sévère. Donc c’est alarmant parce que les ressources sont trop fragiles et ces personnes, pour pouvoir se réintégrer dans les communautés, ont besoin d’aide. »

    « On a vu des milliers et des milliers de personnes sur les routes, qui souffrent énormément. C’est une situation critique, en effet. Et les violences qu’ont vécues ces personnes sont inadmissibles. Cette situation mérite l’attention de la communauté internationale », clame-t-elle.

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  • RDC: le Front commun conteste la valeur de l’étude du Berci

    RDC: le Front commun conteste la valeur de l’étude du Berci


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 11:58

    Un sondage paru cette semaine en RDC donne Félix Tshisekedi favori de la présidentielle et montre le scepticisme des Congolais sur la tenue d’élections transparentes. Cette étude est commentée et a suscité la ferme réprobation du Front commun. Mais les auteurs de l’étude se défendent de tout parti pris.

    Le Front commun pour le Congo (FCC) rejette les résultats du sondage publié mardi par le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (Berci) et le Groupe d’étude sur le Congo (Gec) de l’université de New York, dirigé par Jason Stearns.

    → RELIRE : Un sondage favorable à Félix Tshisekedi en RDC

    Ce sondage révèle qu’une majorité de Congolais ne croient pas que les élections prévues en décembre seront libres et transparentes et place l’opposant Félix Tshisekedi largement en tête des intentions de vote, jusqu’à 20 points devant Emmanuel Ramazani Shadari, le candidat du FCC.

    Adolphe Lumanu, cadre du Front commun et membre du bureau politique du parti présidentiel, estime que ce sondage est biaisé. En cause, selon lui, une supposée mainmise d’Olivier Kamitatu, un proche de Moïse Katumbi sur le Berci, qui a participé à l’enquête.

    « Qui est derrière les sondages ? Ce sont tous ceux qui sont contre ce que Kabila fait, ce que sa famille politique fait. M. Stearns est un ancien expulsé de la République démocratique du Congo. C’est un expert des Nations unies qui était dans ce pays et qui a été expulsé. Et Berci, on sait que ça appartient à Olivier Kamitatu qui est le porte-parole de Moïse Katumbi. Vous comprenez déjà que les conclusions sont orientées. On voudrait façonner l’opinion, planter le décor des violences pour que l’après-élection ne soit pas crédibilisée », estime le responsable.

    Des gardes-fous

    Mais Jason Stearns, qui dirige le Gec, conteste le fondement de ces accusations. Il reconnait qu’Olivier Kamitatu a bien participé à la fondation du Berci dans les années 1990 mais rappelle qu’il l’a quitté depuis longtemps. « Kamitatu a démissionné du Berci officiellement en 1999, lors des accords de Lusaka, quand il a rejoint le MLC, et il ne joue aucun rôle professionnel ni personnel au sein du Berci depuis longtemps. Il faut aussi souligner que l’opposition avait accusé Berci d’être partiel, il y a quinze ans, quand Berci sortait des sondages qui montraient que Joseph Kabila était assez populaire. Donc il me semble que ces accusations sont plutôt politiquement motivées par des gens qui n’aiment pas les résultats de Berci », argue-t-il.

    Toutefois, souligne le politiste, des gardes-fous ont été pris pour guarantir la transparence et la crédibilité de l’enquête. « D’abord au niveau technique, l’échantillonnage est fait d’une façon scientifique. Aussi, dans la façon dont les sondages s’effectuent, les gens qui interviewent les répondants enregistrent les réponses sur une tablette et les réponses sont téléchargées immédiatement sur un « cloud » [nuage en anglais ; outil de sauvegarde virtuel et accessible depuis différents lieux, NDLR] auquel nous avons tous directement accès. Et donc tous ceux-là sont des gardes-fous qui font que c’est difficile de manipuler les résultats. »

    Autre accusation formulée par le FCC contre ce sondage : le manque de représentativité. A ce propos, Jason Stearns rappelle que l’échantillon de 1779 personnes utilisé est « plus important que pour la plupart des sondages réalisés aux Etats-Unis, pays ayant au moins quatre fois plus d’électeurs que la RDC ». Il précise aussi qu’un autre sondage sera organisé avant le jour du vote afin de vérifier si oui on non, comme l’affirme le FCC, le meeting de samedi dernier a modifié les tendances observées dans ce sondage réalisé entre fin septembre et début octobre mais « doute qu’une manifestation organisée à Kinshasa puisse changer aussi drastiquement les points de vue des électeurs ».

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  • RDC: bienvenue sur Radio Céni

    RDC: bienvenue sur Radio Céni


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 12:04

    La Commission électorale nationale indépendante (Céni) congolaise a lancé sa propre radio, mercredi 31 octobre à Kinshasa. La Radio Céni a pour ambition de couvrir toute l’étendue de la RDC avant le 23 décembre afin, disent ses initiateurs, d’accélérer la sensibilisation à environ 50 jours des élections.

    Après la présentation des matériels roulants et aéronefs de l’armée mis à sa disposition, l’arrivée du lot des machines à voter devant desservir la partie ouest du pays, la Céni a inauguré sa radio, qu’elle annonce neutre et au service de toutes les tendances.

    « Une Radio Céni doit être une radio neutre. Ce n’est pas une radio où tel ou tel autre camp politique va venir présenter ses opinions politiques là-dessus. C’est pour l’information électorale et c’est destiné aux électeurs et à toutes les parties », présente Corneille Nangaa, président de la Commission électorale.

    De leur côté, les opposants, qui ont toujours accusé les médias officiels de jouer le jeu des dirigeants actuels, craignent que la Radio Céni ne soit pas accessible à toutes les tendances politiques.

    Et pour sa part, Tito Ndombi, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la Communication (CSAC), espère que ce nouveau média sera exemplaire en termes d’équilibre dans la distribution de la parole. « Un média comme celui-ci, je crois que son point d’honneur devra être vraiment la neutralité, l’équilibre, l’impartialité et une répartition équitable de la parole. »

    En plus de la radio, la Céni apprête déjà le dossier de sa chaine de télévision. Le dossier déjà sur la table du ministre de la Communication et des Médias.

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  • Elections en RDC: quid des observateurs?

    Elections en RDC: quid des observateurs?


    Par
    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 04:33

    Les observateurs électoraux se préparent en RDC à moins de 2 mois maintenant du scrutin prévu le 23 décembre. La Symocel, organisme de la société civile d’observation citoyenne des élections, a commencé cette semaine la formation de ses équipes. L’occasion de faire le point. Combien et qui devraient être les observateurs nationaux et internationaux sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement de ces élections ?

    Du côté des observateurs internationaux, il y a ceux qui ont été officiellement invités : l’Union africaine, qui enverra donc une mission (reste à en définir la taille et la durée) ; l’OIF a également été sollicitée.

    Puis il y a ceux qui n’ont pas été invités. L’Union européenne notamment, elle avait pourtant manifesté son intérêt dès le mois de juin, sans suite à l’heure actuelle. Les délais ne lui permettent plus d’organiser une mission selon ses critères. Elle n’observera pas le scrutin. « On ne va pas inviter des gens qui nous ont placés sous sanctions », aurait déclaré le président Kabila au Conseil de sécurité, selon plusieurs sources diplomatiques.

    Toujours à l’international, l’ONG américaine Centre Carter prévoit une soixantaine d’observateurs africains, américains et européens, mais reste depuis des semaines dans l’attente d’une invitation officielle, pourtant promise par la Céni. L’ONG pourrait être obligée de réduire la voilure faute de temps.

    C’est donc au niveau national que les observateurs devraient être les plus nombreux : 40 000 environ pour la Commission justice et paix de l’église catholique, plus de 20 000 pour la Symocel. Mais ces derniers restent soumis à une procédure d’accréditation fixée par la Céni, entre le 8 novembre et le 10 décembre. Avec le risque que les observateurs de longue durée ne puissent donc pas suivre l’ensemble de la campagne qui doit débuter le 22 novembre. « Un moyen de limiter l’observation », redoute un expert.

    Une crainte d’autant plus présente que la Symocel, déjà présente sur le terrain au moment de l’enregistrement des électeurs et du dépôt des candidatures, dit avoir déjà essuyé des refus d’accréditation dans plusieurs provinces cette année ce qui a limité son accès à certaines informations indispensables pour mener à bien sa mission.

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  • RDC: une ONG demande une règlementation sur le commerce des armes légères

    RDC: une ONG demande une règlementation sur le commerce des armes légères


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 11:12

    L’organisation non gouvernementale Cri de secours contre la prolifération des armes légères (Crispal-Afrique), qui lutte contre a circulation incontrôlée des armes légères en Afrique centrale, a déposé ce mardi 30 octobre au bureau du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, un mémorandum en faveur de la ratification du traité sur le commerce des armes par le Parlement de la RDC. L’ONG estime cette ratification serait un pas de géant.

    Ils étaient une vingtaine au palais du Peuple, le siège des deux chambres du Parlement congolais. Ces activistes disent être exaspérés par la quantité d’armes qui circulent dans certaines régions du pays. « La dernière étude qui a su faire la cartographie au Congo établit, juste pour la province du Tanganyika, les deux Kivus, Maniema et une partie de l’Ituri, 300 000 armes dans les ménages », selon Jean-Paul Matuk Munan, directeur exécutif de Crispal Afrique.

    Cet activiste espère que ce traité sera ratifié au cours de cette session parlementaire et avant les élections prévues le 23 décembre de cette année : « Ça sera une sortie d’honneur pour ce Parlement. C’est la dernière action responsable que le Parlement congolais pourra prendre durant toute sa législature. »

    Il en a également profité pour rassurer les dirigeants congolais sur le fait que ce traité, entré en vigueur 24 décembre 2014, ne devrait pas aliéner pas la souveraineté de la RDC : « Ce traité sur le commerce des armes n’est pas un traité de désarmement. Le traité reconnait le droit souverain à chaque Etat de réglementer exclusivement les armes à l’intérieur de son territoire. »

    En juillet, Crispal Afrique avait mené la même démarche au Nord-Kivu, auprès du ministre provincial en charge de la sécurité. Le Nord-Kivu et plusieurs autres provinces de l’est de la RDC sont des régions qui sont les plus touchées par les violences armées. 

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  • Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi

    Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 07:36

    Le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo, de l’Université de New York, ont publié mardi 30 octobre un nouveau sondage sur les élections prévues en RDC, le 23 décembre prochain.

    Le sondage a été réalisé du 29 septembre au 15 octobre sur un échantillon de 1179 personnes âgées de 18 ans et plus et réparties dans les 26 provinces du pays. Soit après la publication de la liste des 21 candidats admis à concourir pour la présidentielle. Pour les auteurs du rapport, cette publication « a bouleversé la scène politique congolaise » au profit de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

    Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba restent en tête dans la liste des personnalités politiques les plus populaires, selon ce sondage, et une large majorité de personnes interrogées désapprouvent l’invalidation de leurs candidatures. Mais ces deux poids lourds écartés, c’est désormais Félix Tshisekedi qui arriverait en tête des intentions de vote : 36% avec une progression dans l’ouest et le sud-est de la RDC, selon cette enquête d’opinion.

    Il est suivi de Vital Kamerhe à 17%, qui consoliderait sa position dans les Kivus et la Province orientale. Le candidat choisi par Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadari arriverait 3e avec 16% des intentions de vote devant Martin Fayulu et Freddy Matungulu.

    Dans ce sondage, 76 % des personnes interrogées disent avoir « une bonne opinion » de l’opposition et presque autant – 70 % – se disent favorables à une candidature unique pour cette opposition, soit 13 % de plus qu’en juillet. A en croire ce sondage en revanche, et malgré sa décision de ne pas se représenter, le président Kabila voit sa cote de popularité baisser : 18 % d’opinions favorables contre 21 % en juillet dernier : 57 % des sondés n’approuveraient pas le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat, selon cette enquête.

    Pour ce qui concerne les législatives, le sondage note là aussi une progression de l’UDPS au détriment notamment du MLC de Jean-Pierre Bemba. Cela pourrait s’expliquer « par le désenchantement de la population qui après avoir été enthousiasmée » par l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, « a été déçue par l’invalidation » de sa candidature, analysent les auteurs du sondage.

    Méfiance vis-à-vis du processus électoral

    Au-delà des intentions de vote, il en ressort une grande méfiance vis-à-vis du processus électoral, notamment vis-à-vis de la commission électorale. Elle persiste au fil des sondages : 64 % des personnes interrogées ne croient pas en la capacité de cette commission à « organiser des élections libres et transparentes ». Quant à son président Corneille Nangaa, sa cote de popularité a considérablement chuté, selon ce sondage : 74 % d’opinion défavorable contre 38 % il y a deux ans.

    Objet de doutes également : la machine à voter. Sept personnes interrogées sur dix ne souhaitent pas qu’elle soit utilisée. Presque autant de personnes interrogées souhaiteraient une révision du fichier électoral pour corriger ses irrégularités et notamment la question des personnes enrôlées sans empreintes.

    Pour autant, les deux tiers des sondés ne sont pas favorables à un report du scrutin. Ils se disent en revanche prêts à 56 % à participer à une manifestation si les élections sont « retardées » ou « truquées ». C’est 17 % de plus qu’en juillet.

    Des sondés qui dans leur majorité ne font pas confiance aux cours et tribunaux pour trancher d’éventuels litiges issus des élections. Une méfiance vis-à-vis du processus électoral qui hypothèque leur vision du futur de la RDC : six sondés sur dix se déclarent pessimistes pour l’avenir du pays pour les cinq prochaines années.

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  • Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU

    Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 17:16

    Selon le dernier rapport du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, 620 violations ont été documentées au total. Et si le nombre de ces atteintes aux droits de l’homme attribuées à des agents de l’Etat est en baisse, celles commises par divers groupes armés ont progressé.

    La tendance à la hausse se confirme. Mais cette fois ce sont les violations des droits de l’homme attribuées aux groupes armés qui augmentent : + 43% par rapport au mois d’août.

    Dans le même temps, celles attribuées aux agents de l’Etat ont baissé de 22%, mais représentent toujours plus de la moitié du total des violations enregistrées (52%) avec par exemple, en septembre, l’exécution extrajudiciaire de 25 personnes, dont une femme.

    Les provinces les plus affectées, tous auteurs confondus, sont celles où se déroulent des conflits. Le Nord-Kivu, en tête, concentre 42% des atteintes aux droits de l’homme, suivi du Sud-Kivu et l’Ituri. Une augmentation à noter également en septembre dans le Tanganyika, en lien avec le conflit entre pygmées et bantou.

    Pour ce qui est des libertés démocratiques et du climat pré-électoral. L’ONU constate une amélioration en septembre, mais parle d’un respect de la liberté de manifester « à géométrie variable, au gré des affinités politiques ». Autrement dit, « moins de manifestations réprimées violemment » dans l’ensemble explique Adbul Aziz Thioye, le directeur du bureau conjoint de l’ONU, « mais dans certains provinces comme le Haut-Katanga par exemple, des « autorités » qui « continuent de faire du zèle », et « exercent des pressions énormes sur les manifestants », « à l’encontre des engagements pris par le gouvernement ».

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