Tag: rdc

  • Elections en RDC: quid des observateurs?

    Elections en RDC: quid des observateurs?


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    RFI

    Publié le 01-11-2018
    Modifié le 01-11-2018 à 04:33

    Les observateurs électoraux se préparent en RDC à moins de 2 mois maintenant du scrutin prévu le 23 décembre. La Symocel, organisme de la société civile d’observation citoyenne des élections, a commencé cette semaine la formation de ses équipes. L’occasion de faire le point. Combien et qui devraient être les observateurs nationaux et internationaux sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement de ces élections ?

    Du côté des observateurs internationaux, il y a ceux qui ont été officiellement invités : l’Union africaine, qui enverra donc une mission (reste à en définir la taille et la durée) ; l’OIF a également été sollicitée.

    Puis il y a ceux qui n’ont pas été invités. L’Union européenne notamment, elle avait pourtant manifesté son intérêt dès le mois de juin, sans suite à l’heure actuelle. Les délais ne lui permettent plus d’organiser une mission selon ses critères. Elle n’observera pas le scrutin. « On ne va pas inviter des gens qui nous ont placés sous sanctions », aurait déclaré le président Kabila au Conseil de sécurité, selon plusieurs sources diplomatiques.

    Toujours à l’international, l’ONG américaine Centre Carter prévoit une soixantaine d’observateurs africains, américains et européens, mais reste depuis des semaines dans l’attente d’une invitation officielle, pourtant promise par la Céni. L’ONG pourrait être obligée de réduire la voilure faute de temps.

    C’est donc au niveau national que les observateurs devraient être les plus nombreux : 40 000 environ pour la Commission justice et paix de l’église catholique, plus de 20 000 pour la Symocel. Mais ces derniers restent soumis à une procédure d’accréditation fixée par la Céni, entre le 8 novembre et le 10 décembre. Avec le risque que les observateurs de longue durée ne puissent donc pas suivre l’ensemble de la campagne qui doit débuter le 22 novembre. « Un moyen de limiter l’observation », redoute un expert.

    Une crainte d’autant plus présente que la Symocel, déjà présente sur le terrain au moment de l’enregistrement des électeurs et du dépôt des candidatures, dit avoir déjà essuyé des refus d’accréditation dans plusieurs provinces cette année ce qui a limité son accès à certaines informations indispensables pour mener à bien sa mission.

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  • RDC: une ONG demande une règlementation sur le commerce des armes légères

    RDC: une ONG demande une règlementation sur le commerce des armes légères


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 11:12

    L’organisation non gouvernementale Cri de secours contre la prolifération des armes légères (Crispal-Afrique), qui lutte contre a circulation incontrôlée des armes légères en Afrique centrale, a déposé ce mardi 30 octobre au bureau du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, un mémorandum en faveur de la ratification du traité sur le commerce des armes par le Parlement de la RDC. L’ONG estime cette ratification serait un pas de géant.

    Ils étaient une vingtaine au palais du Peuple, le siège des deux chambres du Parlement congolais. Ces activistes disent être exaspérés par la quantité d’armes qui circulent dans certaines régions du pays. « La dernière étude qui a su faire la cartographie au Congo établit, juste pour la province du Tanganyika, les deux Kivus, Maniema et une partie de l’Ituri, 300 000 armes dans les ménages », selon Jean-Paul Matuk Munan, directeur exécutif de Crispal Afrique.

    Cet activiste espère que ce traité sera ratifié au cours de cette session parlementaire et avant les élections prévues le 23 décembre de cette année : « Ça sera une sortie d’honneur pour ce Parlement. C’est la dernière action responsable que le Parlement congolais pourra prendre durant toute sa législature. »

    Il en a également profité pour rassurer les dirigeants congolais sur le fait que ce traité, entré en vigueur 24 décembre 2014, ne devrait pas aliéner pas la souveraineté de la RDC : « Ce traité sur le commerce des armes n’est pas un traité de désarmement. Le traité reconnait le droit souverain à chaque Etat de réglementer exclusivement les armes à l’intérieur de son territoire. »

    En juillet, Crispal Afrique avait mené la même démarche au Nord-Kivu, auprès du ministre provincial en charge de la sécurité. Le Nord-Kivu et plusieurs autres provinces de l’est de la RDC sont des régions qui sont les plus touchées par les violences armées. 

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  • Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi

    Elections en RDC: un sondage favorable à Félix Tshisekedi


    Par
    RFI

    Publié le 31-10-2018
    Modifié le 31-10-2018 à 07:36

    Le Bureau d’études, de recherches et de consulting international (BERCI) et le Groupe d’études sur le Congo, de l’Université de New York, ont publié mardi 30 octobre un nouveau sondage sur les élections prévues en RDC, le 23 décembre prochain.

    Le sondage a été réalisé du 29 septembre au 15 octobre sur un échantillon de 1179 personnes âgées de 18 ans et plus et réparties dans les 26 provinces du pays. Soit après la publication de la liste des 21 candidats admis à concourir pour la présidentielle. Pour les auteurs du rapport, cette publication « a bouleversé la scène politique congolaise » au profit de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

    Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba restent en tête dans la liste des personnalités politiques les plus populaires, selon ce sondage, et une large majorité de personnes interrogées désapprouvent l’invalidation de leurs candidatures. Mais ces deux poids lourds écartés, c’est désormais Félix Tshisekedi qui arriverait en tête des intentions de vote : 36% avec une progression dans l’ouest et le sud-est de la RDC, selon cette enquête d’opinion.

    Il est suivi de Vital Kamerhe à 17%, qui consoliderait sa position dans les Kivus et la Province orientale. Le candidat choisi par Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadari arriverait 3e avec 16% des intentions de vote devant Martin Fayulu et Freddy Matungulu.

    Dans ce sondage, 76 % des personnes interrogées disent avoir « une bonne opinion » de l’opposition et presque autant – 70 % – se disent favorables à une candidature unique pour cette opposition, soit 13 % de plus qu’en juillet. A en croire ce sondage en revanche, et malgré sa décision de ne pas se représenter, le président Kabila voit sa cote de popularité baisser : 18 % d’opinions favorables contre 21 % en juillet dernier : 57 % des sondés n’approuveraient pas le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat, selon cette enquête.

    Pour ce qui concerne les législatives, le sondage note là aussi une progression de l’UDPS au détriment notamment du MLC de Jean-Pierre Bemba. Cela pourrait s’expliquer « par le désenchantement de la population qui après avoir été enthousiasmée » par l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, « a été déçue par l’invalidation » de sa candidature, analysent les auteurs du sondage.

    Méfiance vis-à-vis du processus électoral

    Au-delà des intentions de vote, il en ressort une grande méfiance vis-à-vis du processus électoral, notamment vis-à-vis de la commission électorale. Elle persiste au fil des sondages : 64 % des personnes interrogées ne croient pas en la capacité de cette commission à « organiser des élections libres et transparentes ». Quant à son président Corneille Nangaa, sa cote de popularité a considérablement chuté, selon ce sondage : 74 % d’opinion défavorable contre 38 % il y a deux ans.

    Objet de doutes également : la machine à voter. Sept personnes interrogées sur dix ne souhaitent pas qu’elle soit utilisée. Presque autant de personnes interrogées souhaiteraient une révision du fichier électoral pour corriger ses irrégularités et notamment la question des personnes enrôlées sans empreintes.

    Pour autant, les deux tiers des sondés ne sont pas favorables à un report du scrutin. Ils se disent en revanche prêts à 56 % à participer à une manifestation si les élections sont « retardées » ou « truquées ». C’est 17 % de plus qu’en juillet.

    Des sondés qui dans leur majorité ne font pas confiance aux cours et tribunaux pour trancher d’éventuels litiges issus des élections. Une méfiance vis-à-vis du processus électoral qui hypothèque leur vision du futur de la RDC : six sondés sur dix se déclarent pessimistes pour l’avenir du pays pour les cinq prochaines années.

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  • Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU

    Les violations des droits de l’homme en hausse en septembre en RDC, selon l’ONU


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    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 17:16

    Selon le dernier rapport du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, 620 violations ont été documentées au total. Et si le nombre de ces atteintes aux droits de l’homme attribuées à des agents de l’Etat est en baisse, celles commises par divers groupes armés ont progressé.

    La tendance à la hausse se confirme. Mais cette fois ce sont les violations des droits de l’homme attribuées aux groupes armés qui augmentent : + 43% par rapport au mois d’août.

    Dans le même temps, celles attribuées aux agents de l’Etat ont baissé de 22%, mais représentent toujours plus de la moitié du total des violations enregistrées (52%) avec par exemple, en septembre, l’exécution extrajudiciaire de 25 personnes, dont une femme.

    Les provinces les plus affectées, tous auteurs confondus, sont celles où se déroulent des conflits. Le Nord-Kivu, en tête, concentre 42% des atteintes aux droits de l’homme, suivi du Sud-Kivu et l’Ituri. Une augmentation à noter également en septembre dans le Tanganyika, en lien avec le conflit entre pygmées et bantou.

    Pour ce qui est des libertés démocratiques et du climat pré-électoral. L’ONU constate une amélioration en septembre, mais parle d’un respect de la liberté de manifester « à géométrie variable, au gré des affinités politiques ». Autrement dit, « moins de manifestations réprimées violemment » dans l’ensemble explique Adbul Aziz Thioye, le directeur du bureau conjoint de l’ONU, « mais dans certains provinces comme le Haut-Katanga par exemple, des « autorités » qui « continuent de faire du zèle », et « exercent des pressions énormes sur les manifestants », « à l’encontre des engagements pris par le gouvernement ».

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  • RDC: l’armée en renfort pour assurer la logistique pré-électorale

    RDC: l’armée en renfort pour assurer la logistique pré-électorale


    Par
    RFI

    Publié le 30-10-2018
    Modifié le 30-10-2018 à 11:54

    L’armée a mis à la disposition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) 18 aéronefs et 150 camions pour accélérer le déploiement des matériels électoraux dans le pays pour les élections prévues le 23 décembre. Cent cinquante autres sont annoncés dans une dizaine des jours. Pour la Céni, tout est presque prêt pour que les élections soient organisées en décembre.

    13 heures sur le boulevard du 30 juin. La circulation est impossible sur le tronçon compris entre la gare centrale de Kinshasa et le siège de la Céni. Les 150 camions de l’armée exposés depuis la matinée bloquent la circulation, créent un embouteillage monstre et attirent l’attention des Kinois.

    Devant quelques membres du gouvernement et représentants d’autres institutions, les clés de ces matériels roulants sont remises symboliquement à Céni. « Nous sommes tellement heureux de voir, au-delà de la symbolique, la nation dans ce qu’elle a de plus chère, c’est-à-dire sa dimension de défense [pour] appuyer le processus électoral. Vous voyez les camions de l’armée à la rescousse pour exprimer la souveraineté électorale de la République démocratique du Congo », remarque Henri Mova, vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur.

    Après cette brève cérémonie, la délégation se rend à l’aéroport de Ndjili pour la remise officielle, notamment des sept hélicoptères, cinq Boeing, quatre Antonov et d’un DC6. Ces images passent en direct à la télévision nationale. Pour Corneille Nangaa, président de la Céni, c’est la preuve que les élections seront bien organisées le 23 décembre. La Céni attend encore deux Iliouchine et un Boeing. Pour compléter la flotte, la centrale électorale n’exclut pas la possibilité d’affréter les avions des compagnies aériennes privées.

     → RELIRE : Les preuves, des faits : Organisation des élections en RDC: les incohérences de la Céni

    Pour certains membres de la société civile et quelques opposants, les doutent ne sont pas dissipés. Beaucoup s’interrogent sur le temps que prendra le déploiement de ces engins en pleine période de pluie et dans les zones caractérisées par l’insécurité.

    La Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (Symocel) salue un premier pas vers la tenue des élections à la date échue : « On peut considérer que, en ce qui concerne l’acquisition des machines et puis le déploiement, que cette étape-là est franchie avec ce qui a été avancé, se satisfait Bishop Abraham Djamba. Il est vrai que toutes les parties prenantes déclarent pouvoir aller aux élections le 23 décembre, ce qui est une bonne chose. »

    Mais son président persiste et signe : il faut un consensus général notamment sur la question de la machine à voter pour qu’il y ait des élections rassurantes pour tous. « Il y a des questions essentielles sur lesquelles quand même il faut que les partis harmonisent leurs vues : c’est la machine à voter, c’est le fichier électoral. Entre autres, il y a ces deux points qui semblent encore poser problème. Je crois qu’il faut qu’il y ait une évolution sur les positions des uns et des autres. Nous pensons que si cela peut arriver, on pourrait aller de manière plus sereine aux élections le 23 décembre. »

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  • RDC: polémique autour du financement du meeting du FCC

    RDC: polémique autour du financement du meeting du FCC


    Par
    RFI

    Publié le 29-10-2018
    Modifié le 29-10-2018 à 05:22

    En RDC, l’ACAJ, l’Association congolaise pour l’accès à la justice, s’interroge sur l’origine des fonds ayant servi à financer le meeting du FCC. Le Front commun pour le Congo a réuni samedi 27 octobre plusieurs dizaines de milliers de personnes au stade Tata Raphael de Kinshasa. A première vue, la rencontre entre Emmanuel Ramazani Shadary – le candidat de la majorité présidentielle – et ses militants était donc un succès. Mais l’ACAJ soupçonne les organisateurs d’avoir utilisé l’argent du Trésor public et demande des clarifications aux autorités.

    Par le biais de ses agents sur le terrain, l’ACAJ dit avoir recueilli des informations selon lesquelles de nombreux bus de la compagnie publique Transco ont été réquisitionnés illégalement pour l’occasion. D’après l’ONG, des représentants des forces de sécurités, en civil, étaient également présents dans les gradins. Et plusieurs participants se seraient vu remettre ou promettre des sommes d’argent.

    «  C’est un acte qui étonne, affirme Georges Kapiamba, président de l’ACAJ, pour lequel nous espérons recevoir vivement des explications de la part des organisateurs qui sont, pour la plupart, membres du gouvernement et donc soumis au principe de redevabilité. »

    Sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire contacté par RFI raconte avoir été enjoint de participer au meeting, sans quoi « il aurait des problèmes ». 17 000 francs congolais lui auraient été promis en échange. Il affirme n’en avoir touché que 2 000. Lambert Mende, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, dément catégoriquement : « Il n’y a jamais eu d’ordres donnés pour forcer les gens à venir ou des menaces contre les gens qui ne sont pas venus. Ca c’est complètement faux. »

    Le ministre dément également les accusations de réquisition illégales de bus Transco. Il assure que ceux-ci ont été loués grâce aux cotisations de chaque regroupement politique.

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  • RDC: Emmanuel Shadary, un candidat en retrait dans les pas de Joseph Kabila

    RDC: Emmanuel Shadary, un candidat en retrait dans les pas de Joseph Kabila


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 05:05

    Première grande sortie publique pour Emmanuel Ramazani Shadary qui depuis sa désignation surprise fin août est apparu plutôt en retrait. Présenter publiquement à la population de Kinshasa le candidat était l’objectif affiché du meeting du FCC, le Front commun du président Joseph Kabila organisé ce 27 octobre dans la capitale congolaise. Le stade Tata Raphaël ou stade du 20 mai était rempli. Les ministres du gouvernement et gouverneurs venus spécialement de l’intérieur du pays étaient nombreux pour afficher leur soutien au candidat choisi par Joseph Kabila.

    En République démocratique du Congo (RDC), on se souvient des diatribes d’Emmanuel Ramazani Shadary à l’Assemblée du temps où il coordonnait le groupe parlementaire de la majorité. Mais depuis qu’il est candidat à la présidentielle, il se fait discret, laissant le plus souvent d’autres cadres du Front commun (FCC) du président Joseph Kabila s’exprimer à sa place, y compris lors de diverses cérémonies organisées en son honneur.

    Ce 27 octobre encore, il s’est montré peu bavard. Son discours a duré à peine plus de 5 minutes devant une foule qui l’attendait dans la chaleur parfois depuis des heures. « Nous respectons la loi, la campagne n’a pas encore officiellement débuté », justifie Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement. « A ce stade c’est le front commun qui communique », précise une source à la présidence.

    Base électorale flottante

    A la tribune, Emmanuel Ramazani Shadary a donc essentiellement adressé des remerciements au chef de l’Etat notamment pour l’avoir désigné. « Je suis le candidat de Joseph Kabila. Derrière lui, nous allons poursuivre le travail de la reconstruction du pays », a-t-il déclaré, résolument dans les pas de son mentor. Rien, en revanche, sur le programme du Front commun annoncé pour la semaine prochaine.

    Ce 27 octobre, il s’agissait surtout d’une démonstration de soutien à un candidat dont les détracteurs affirment qu’il n’a pas de base électorale solide. « Sa base, c’est sa famille politique, c’est le Front commun », rassure Julien Paluku, l’un des nombreux gouverneurs venu à Kinshasa spécialement pour participer à ce meeting.

    ►A (ré)écouter : Emmanuel Ramazani Shadary : « On va respecter la Constitution »

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  • RDC: le président de la Fondation Moïse Katumbi enlevé pendant 24 heures

    RDC: le président de la Fondation Moïse Katumbi enlevé pendant 24 heures


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 03:26

    En République démocratique du Congo (RDC), Daddy Masamuna a fait une réapparition 24 heures après avoir été enlevé par des inconnus dans le centre de la capitale Kinshasa. Le président de la Fondation Moïse Katumbi déclare avoir été séquestré dans une maison difficile à identifier. Drogué, il aurait été libéré du côté ouest de la capitale, sur la route venant de la province du Kongo Central.

    En République démocratique du Congo (RDC), Daddy Masamuna déclare avoir été enlevé ce vendredi 26 octobre au matin au niveau du stade des Martyrs, dans la capitale Kinshasa.

    Un de ses proches, Jérémy Kilubu, dit avoir vécu la scène. Seul témoin des faits, il ajoute aussi que les ravisseurs l’auraient menacé en brandissant des matraques électriques et des revolvers dans sa direction. Cependant, ni la plaque d’immatriculation, ni le numéro de la voiture jaune attribué aux taxis par l’autorité urbaine n’ont été relevés.

    Implication des services spéciaux

    « J’ai été cagoulé par ses ravisseurs qui m’ont conduit vers une destination inconnue », explique Daddy Masamuna. Interrogé toute la journée, puis aux petites heures du matin sur son rôle au sein des organisations proches de l’opposant Moïse Katumbi, il aurait perdu connaissance après avoir ingurgité un verre d’eau servi par ses ravisseurs.

    « Au réveil, je me suis retrouvé libre à Mitendi, au fin fond de Kinshasa, sur la route du Kongo Central », explique Daddy Masamuna. Selon lui, les ravisseurs appartiendraient aux services spéciaux de la police nationale.

    Joint par téléphone, le numéro un de la police de Kinshasa a rejeté toutes les accusations formulées contre ses hommes. Pour le général Sylvano Kasongo, Daddy Masamuna invente des prétextes pour bénéficier d’un exil à l’étranger.

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  • Chronique d’un President qui ne voulait pas organiser les elections

    Chronique d’un President qui ne voulait pas organiser les elections

    -Le président Joseph Kabila se maintient au pouvoir alors que son dernier mandat a expiré depuis bientôt deux ans. Une série de stratagèmes lui ont permis de faire glisser le calendrier electoral provoquant une des crises politiques les plus grave du pays.

    Pour s’accrocher au pouvoir, les autocrates d’Afrique centrale (et d’ailleurs) choisissent majoritairement de tripatouiller les Constitutions ou de bourrer les urnes (régulièrement les deux), le tout assaisonné d’une dose plus ou moins forte de répression. Au Congo-Brazzaville, au Cameroun, au Rwanda ou au Burundi, la méthode continue de porter ses fruits. Denis Sassou-Nguesso est président depuis 28 ans, Paul Biya depuis 35 ans, Paul Kagame depuis 2000 et Pierre Nkurunziza depuis 2005. En République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, en poste depuis 2001, a ajouté une nouvelle stratégie à celles de ses voisins pour garder le pouvoir : ne pas organiser les élections, ou plutôt, faire « glisser » le calendrier électoral. Une méthode visiblement efficace puisque le chef de l’Etat congolais est toujours au pouvoir aujourd’hui, alors que son dernier mandat s’est achevé en décembre 2016.

    La stratégie du glissement

    En 2013 et 2014, alors que la fin de son ultime mandat approche, Joseph Kabila a tout d’abord cherché à faire modifier la Constitution, qui lui interdisait de se représenter à la présidentielle de 2016. La technique est somme toute classique. Mais le président congolais, mal réélu en 2011 après des élections chaotiques, n’a pas réussi à convaincre. Et devant la levée de bouclier de l’opposition, mais aussi au sein de son propre camp, Joseph Kabila décide de reculer. C’est alors que l’idée de rester au pouvoir en repoussant la date des élections prend forme. En 2015, un texte tente de conditionner la tenue des élections avec un recensement complet de la population. Un projet louable, d’autant que le dernier comptage de la population congolaise datait de… 1984 ! Mais l’opposition a tout de suite compris que l’enregistrement de la population prendrait plusieurs mois, voir plusieurs années, au vue des infrastructures déliquescentes du pays.

    Deux dialogues pour rien

    Mi-janvier 2015, après quatre jours de fortes manifestations et d’une répression sanglante, le projet est retiré. Au moins une cinquantaine de morts sont à déplorer. Alors que de nombreux observateurs craignent que le président congolais ne cherche à s’accrocher au pouvoir, en mai 2016, une seconde alerte inquiète l’opposition. La Cour constitutionnelle autorise Joseph Kabila à se maintenir si l’élection n’est pas organisée avant le 20 décembre 2016. Avec cette décision, plus la date de la présidentielle approche, plus la situation se tend. Les 19 et 20 septembre, de nouvelles manifestations pour réclamer des élections dans les délais sont réprimées dans la violence. Joseph Kabila sort alors de sa manche l’arme secrète des présidents Congolais pour justifier leur maintien au pouvoir : le dialogue national. Un premier round, sous l’égide de l’Union africaine, peine à se mettre en place puisque les principaux ténors de l’opposition, à l’exception de Vital Kamerhe boudent la réunion.

    Début octobre, comme redouté, le président Kabila annonce le report du scrutin. Le pouvoir explique qu’il faut « mieux préparer le pays à ces échéances », et que 10 millions d’électeurs ne sont pas inscrits sur les listes. Après l’échec du premier dialogue, une seconde négociation est ouverte avec la médiation de l’Eglise catholique (Cenco) et la présence des principaux partis d’opposition. L’accord signé in-extremis fin décembre, permet au président Kabila de rester en poste jusqu’à fin 2017, mais il doit organiser des élections d’ici là et nommer un Premier ministre d’opposition. Joseph Kabila foulera l’accord de la Saint-Sylvestre du pied, puisqu’il ne nommera pas le Premier ministre proposé par l’opposition et n’organisera pas les élections fin 2017.

    Un conflit qui tombe à pic

    Pour justifier le second report de la présidentielle, les autorités congolaises prennent pour prétexte l’arrivée du conflit dans les Kasaï qui a empêché d’enregistrer tous les électeurs de ces provinces. Plusieurs enquêtes internationales (ONU, FIDH) ont dénoncé l’instrumentalisation des violences dans les Kasaï par le pouvoir, qui a réprimé de manière excessive et a alimenté le conflit en créant un groupe armé paramilitaire à sa solde – voir notre article. Le 5 novembre 2017, sous pression, la Commission électorale annonce enfin une nouvelle date pour la tenue des élections générales : ce sera le 23 décembre 2018. Après deux ans de pouvoir « hors-mandat », Joseph Kabila cristallise alors toutes les tensions. Les 31décembre 2017, 21 janvier et 24 février 2018, l’Eglise catholique, par l’intermédiaire du Comité laïc de coordination (CLC) organisent trois marches pacifiques à l’issue de messes du dimanche. Les marches sont encore une fois réprimées très violemment. La police intervient jusque dans les églises et le bilan d’une quinzaine de morts n’est qu’une estimation.

    Les silences de Kabila

    S’en suit alors un interminable feuilleton sur l’avenir politique de Joseph Kabila, censé quitter le pouvoir fin 2018. A chaque prise de parole (et elles seront nombreuses) le président congolais botte à chaque fois en touche, refusant d’indiquer s’il quittait ou non le pouvoir. Sous pression internationale et alors que la crise politique est à son paroxysme, Joseph Kabila annonce enfin, juste avant la clôture du dépôt des candidatures pour la présidentielle, qu’il ne sera pas candidat et désigne son « dauphin » en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary, le patron du parti présidentiel (PPRD). Avec le nom du possible successeur voulu par Joseph Kabila, on pensait la RDC désormais sur la route des élections. Mais aujourd’hui, à quatre mois du scrutin, plusieurs inquiétudes se profilent à l’horizon.

    Vers un troisième glissement ?

    On se demande en effet si Joseph Kabila a vraiment l’intention de laisser son fauteuil et souhaite organiser les élections. Car finalement, un nouveau report permettrait à l’actuel chef de l’Etat de continuer encore à rester en place, comme le permet la Cour constitutionnelle. Plusieurs arguments et éléments de langage se mettent en place dans l’hypothèse de ce scénario, et notamment auprès de la Commission électorale (Ceni), pour préparer le terrain à un possible troisième glissement du calendrier, au cas où le président déciderait que les conditions de sa succession ne seraient pas « optimales ». Deux dossiers, défendus par l’opposition, pourraient justifier le report du scrutin : l’utilisation des très contestés machines à voter et un fichier électoral rempli de potentiels électeurs fictifs. Le patron de la Ceni a prévenu : « sans machine à voter, les élections ne pourront pas avoir lieu en décembre ». Et si le fichier électoral venait à être une nouvelle fois révisé, les délais pourraient s’allonger. Ironie du sort, ce pourrait être à cause de l’opposition que les élections seraient repoussée.

    Retards logistiques et financiers

    Enfin, d’autres signes montrent que le président Kabila se hâte très lentement pour lancer le processus électoral. Les machines à voter sont encore loin d’être toutes arrivées… et testées. L’argent manque et n’a pas encore été entièrement décaissé pour financer intégralement le scrutin, comme l’a souhaité le chef de l’Etat, et la formation des agents électoraux a pris du retard. Dernière inquiétude : l’insécurité qui peine à être maîtrisée aux quatre coins du Congo. Un peu plus de 140 groupes armées pullulent encore à l’Est du pays et l’annonce opportune de la création d’une nouvelle rébellion obscure cet été a relancé le débat, faisant dire au président de la Ceni, Corneille Nangaa, que le retour des troubles dans certaines provinces pouvait impacter la bonne tenue du scrutin.

    Huis clos

    A quatre mois de la présidentielle, on n’est plus vraiment sûr que Joseph Kabila veuille vraiment passer la main. En tout cas, le président a consciencieusement listé tous les prétextes et préparé tous les subterfuges pour justifier un troisième report des élections. D’autant que (autre signe inquiétant) la RDC poursuit son isolement diplomatique en refusant désormais la présence sur son sol d’envoyés spéciaux ou d’observateurs internationaux. Une visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a été jugée « inopportune » par l’entourage de Joseph Kabila en juillet. Tous ces très mauvais signaux font craindre une nouvelle volte-face du président Kabila, si ce dernier voit que le scrutin pourrait échapper à son poulain. Car en fait, pour le pouvoir, le meilleur successeur à Joseph Kabila reste Joseph Kabila lui-même. Pour l’instant, le président contrôle fermement l’État, la machinerie électorale, et continue de diviser l’opposition. Un scénario parfait pour reporter encore une fois la présidentielle et se maintenir au pouvoir après un énième dialogue national. En tout cas, le président fait comme si ce scénario était désormais le plus plausible.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • L’ONU optimiste mais prudente sur l’autorisation de manifester en RDC

    -Les Nations unies ont salué mercredi à Kinshasa la décision des autorités congolaises d’autoriser un meeting de l’opposition la veille dans la capitale, tout en déplorant la répression d’autres manifestations dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Mardi, l’opposition congolaise a pu tenir à Kinshasa son premier meeting autorisé par le pouvoir depuis septembre 2016, pendant lequel son leader, Félix Tshisekedi, s’est montré offensif à huit mois de l’élection présidentielle censée marquer la fin du règne du président Joseph Kabila.

     “La décision du gouverneur (de Kinshasa André Kimbuta) d’autoriser cette réunion politique est une décision que nous saluons, tout comme nous saluons le caractère pacifique de la réunion politique d’hier”, a déclaré Florence Marchal, porte-parole de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), lors d’une conférence de presse.

    Le directeur du bureau de l’ONU aux droits de l’Homme en RDC (BCNUDH), Abdoul Aziz Thioye, a pour sa part estimé qu’il était “trop tôt pour tirer une tendance” sur ce qui s’est passé à Kinshasa, alors que “quelques entraves” étaient observées dans d’autres villes du pays.

    “Hier (mardi), une manifestation a été empêchée à Kisangani (nord-est), un membre de la société civile a été arrêté et jugé en procédure de flagrance. Il y a une appréciation variable”, a rappelé M. Thioye dans cette conférence conjointe. “C’est quand même déplorable”, a-t-il regretté.

     Cet activiste, Mateus Kanga, accusé d’avoir incité la population à la “désobéissance civile”, a été condamné à 6 mois de prison, 24 heures après son arrestation.

    Mercredi, “une manifestation a été dispersée à Beni”, dans la province voisine du Nord-Kivu (est), a encore dit le chef du BCNUDH.

      Cette marche a été organisée par le mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (Lucha) “pour protester contre les massacres sans fin à Beni”, explique le mouvement sur son compte twitter.

    “La police nous a dispersé avec brutalité, 42 personnes ont été arrêtées et 4 autres blessées”, déclaré à l’AFP Ghislain Muhiwa, un militant ayant participé à la marche.

    Interrogé par l’AFP, le Colonel Safari Kazingufu, chef de la police de Beni, a affirmé avoir interpellé “40 personnes qui troublaient l’ordre public, nous les avons arrêtés sans brutalité”.

    La manifestation de l’UDPS, “démontre qu’il est possible d’organiser une manifestation sans pour autant que cette manifestation puisse dégénérer en violences”, a estimé M. Thioye.

    Il y a deux mois, le sang coulait dans les rues de Kinshasa pendant la répression de marches des catholiques interdites par le pouvoir.

    Avec AFP